‹ La Légion d'honneurChapitre 184 sur 209 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

tillerie depuis la mort de Lariboissière ; il se si-^gnala dans les campagnes de i8i3, et dirigea, dans les grandes journées de Lutzen, de Bautzen, de Dresde et de Leipsick, cette artillerie dont Tusage forcé devait suppléer au manque de cavalerie et au défaut d'expérience parmi nos jeunes sol-* dats.

Le général Molitor, après s'être signalé en Italie et en Allemagne, avait fait honorer le nom français dans les provinces illyriennes, dont le gouvernement lui avait été conBé; il se couvrit de gloire dans la sanglante journée d'Essling, et prit une part des plus actives à la campagne de 18149 durant laquelle Molitor déploya autant de bravoure que d'habileté pour la défense de la Hollande.

Les généraux Compans et Curial avaient rendu des services inappréciables dans les dernières campagnes: leur présence sur un lieu quelconque faisait présager un succès ; l'un et l'autre contribuèrent puissamment à maintenir dans l'armée la supériorité de notre infanterie; les bataillons carréS) qu'ils savaient diriger avec une rare vigueur, défièrent, dans les circonstances les plus périlleuses, les efforts de la cavalerie ennemie.

L'armée d'Espagne, avons-nous dit, avait été négligée; elle le fut encore davantage lorsque les communications devinrent plus difficiles, par suite des événements qui se succédaient avec rapidité. I^a cessation des hostilités, en mettant au grand jour les immenses travaux accomplis par nos soldats au delà des Pyrénées, permit de récompenser

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enfin les généraux et les officiers qui ayaient rendu le plus de services dans celte malheureuse guerre.

Le maréchal Suchet s'était constamment maiDlenu en maître dans les provinces de ValeUce, d'Aragon et de Catalogne. Le général Reille fut son premier lieutenant, celui dont l'activité, la prévoyance et le courage le secondèrent le mieux ; l'estime des trouves lui avait depuis longtemps décerné la récompense qu'il reçut en rentrant en France à la tête de ses divisions.

Le général Decaen tint la même conduite que le général Reille, et mérita les mêmes éloges. N'ayant à sa disposition qu'une faible division^ il sut se maintenir longtemps dans les Àsturies et puis dans la Biscaye; les tentatives répétées faites par les Anglais pour déloger les Français de leurs postes vinrent échouer contre la froide intrépidité du général Decaen.

Le général Clausel avait empêché deux fois la ruine de l'armée française: la première, en i8fâ, après la bataille de Salamanque, lorsqu'une blessure grave avait contraint le maréchal Marmont à se démettre du commandement; la seconde, après la bataille de Vittoria, livrée contre son avis; à la suite de cette déroute, il sut, par de savantes manœuvreS; arrêter les Anglais dans leur marche victorieuse.

On remarqua avec surprise, dans ces premières promotions, le nom d'un général totalement oublié de l'armée : c'était Ijccourbe^ qui avait pris avec

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