CHAPITRE XX
toire des croisades lui avait ouvert en i8i3 les portes de rAcadémie française. Il fut nommé officier de Tordre sans avoir été légionnaire.
Voici quelles furent les autres nominations qui eurent lieu, en i8i4f dans les diverses classes de l'Institut.
Académie française.
I/abbé Morellet passait, sous le Directoire, pour être le chef de l'école janséniste. Napoléon, fort scrupuleux touchant ces matières, raya son nom de la liste présentée par Fontanes; néanmoins on parvint à diminuer ses préventions, et Morellet entra dans l'ordre quelques années plus tard, en même temps que Bernardin de Saint-Pierre. Il reçut en i8i4 la croix d'officier, en qualité de doyen de sa compagnie.
Picard, l'auteur dramatique, avait du recevoir la croix en 1807; nous avons dit comment son espoir fut trompé ; on la lui donna en i8i4 ^ il en témoigna une joie d'enfant.
M. Lacretelle jeune, un des historiens les plus remarquables de Técole impériale.
L'abbé Sicard, l'instituteur des sourds-muets, avait brigué inutilement celte distinction, que beaucoup de ses confrères de l'Institut obtinrent avant lui ; elle lui fut également donnée en i8i4.
Campenon, qui eut l'insigne honneur de remplacer l'abbé Delille à l'Académie.
438 LA LÉGION DHONNEUB.
Inscriptions et belles-lettres.
M. Sylvestre de Sacy, professeur d'arabe au Collège de France; ses immenses travaux avaient agrandi sa réputation depuis 1804» et le firent pro- ! clamer le premier orientaliste de l'Europe : oa lui donna en \%iI\\9l croix d'officier; le monde savant sanctionna hautement cette nomination.
M. deChoiseul-Gouffier, le patriarche de la science historique^ prit alors rang parmi les légionnaires; | on avait craint de lui un refus en i8o4-
M. Walckenaêr, historien et géographe.
Cau8sin*Perceval, helléniste^ traducteur d'Apollonius de Rhodes.
Barbier du Bocage, historien et géographe.
D. Brial, annaliste, dernier débris de la savante congrégation des Bénédictins.
Académie des sciences.
Arago, savant des plus laborieux, successeur de Lalande au Bureau des longitudes.
M. Biot, professeur de physique au Collège de France, membre du Bureau des longitudes; on l'avait toujours signalé comme un des adversaires les plus prononcés du gouvernement impérial.
Thénard, professeur de chimie au Collège de France et à l'École polytechnique ; il occupait à l'Institut la place laissée vacante par la mort de Fourcroy.