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CHAPITRE XX

de son prédécesseur; en février i8i5, l'abbé de Pradt cessa ses fonctions : nous ignorons le véritable motif qui le contraignit à les abandonner. Louis XYIII lui conféra le grand cordon, en ajoutant à cette faveur une pension de lo^ooo francs; chacun trouva que le monarque agissait d'une manière magnifique : ceci n'empêcha pas M. de Pradt de publier de virulentes diatribes contre le gouvernement des Bourbons, comme il avait poursuivi de ses sarcasmes Napoléon malheureux.

M. de Bruges, lieutenant général, aide de camp du comte d'Artois, fut nommé chancelier de la Légion d'honneur, en remplacement de M. de Pradt. Le retour de Napoléon de l'Ile d'Elbe rétablit la Légion d'honneur sur ses anciennes bases; le formidable exilé, s'étant arrêté à Lyon, y rendit des décrets menaçants dans lesquels , en énumérant les griefs relatifs à sa personne, il se plaignait amèrement des atteintes portées à la Légion d'honneur. Rentré aux Tuileries le ao mars i8i5, il s'empressa d^annuler les nominations faites dans l'ordre par Louis XVUI, et mit au néant les changements introduits, soit dans les insignes, soit dans les règlements. Le général comte Dejean, ancien trésorier de l'ordre, en fut nommé grand chancelier.

La majeure partie des grenadiers de la garde qui suivirent volontairement Napoléon à l'tle d'Elbe portaient la croix de la Légion d'honneur ; les autres, sans en excepter un seul, reçurent la croix en cette occasion. Une foule d'officiers subalternes, de sous-officiers et de soldats, qui avaient

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fait la dernière campagne de France, soit en Champagne, soit à Tarmëe des Pyrénées, adressèrent leur demande, afin d'obtenir la décoration à laquelle ils croyaient avoir des droits ; on examina leurs titres, et un grand nombre de ces pétitionnaires furent admis dans l'ordre: on ne peut en évaluer le chiffre d'une manière approximative. Napoléon se montra aussi parcimonieux que par le passé quant aux grades élevés. Nous citerons quelques-unes de ces nominations arrivées à notre connaissance. On conféra le Grand-Aigle au général Pajol. Le colonel Bugeaud, du i/|^ de ligne, fut nomnné commandant. Le baron de Feuchères, major d'infanterie, reçut la croix d'ofïicier. Nous citerons, parmi les légionnaires, M. de Marnier, colonel des gardes nationales de la Haute-Saône ; M. Lacrosse, aide de camp; M. Larabit, officier du génie, aujourd'hui officier général. La nomination la plus extraordinaire (du ir avril 181 5) fut celle de M. Martignac, capitaine des troupes bordelaises.

Il se fit dans le civil quelques nominations ; la plus remarquable fut celle de M. Etienne, auteur dramatique, dont les pièces avaient obtenu un succès mérité.

Le désastre de Waterloo mit l'ordre de la Légion d'honneur sur le penchant de sa ruine; ceci mérite d'être expliqué.

La nouvelle du débarquement de Napoléon à Cannes produisit, au sein du congrès de Vienne, l'effet d'un obus enflammé tombant au milieu d'un bataillon carré. A l'apparition de l'ancien do-

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