‹ La Légion d'honneurChapitre 189 sur 209 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

miaateur de l'Europe, chacun des ministres étrangers réunis dans la salie des conférences, sous la présidence de M. de Metternich, crut voir la couronne chanceler sur la tête de son souverain : les travaux diplomatiques furent interrompus pendant plusieurs jours; le premier moment de stupeur étant passé, les plénipotentiaires se. rassemblèrent, dans le but de prendre les mesures les plus énergiques contre ce terrible adversaire ; une déclaration foudroyante le mit au ban des nations. On prit la ferme résolution de ne plus garder cette fois aucun ménagement; on se promit de ne rien épargner pour renverser Napoléon, en effaçant les dernières traces de sa puissance ; des anathèmes furent lancés contre cette Légion d'honneur à l'existence de laquelle son fondateur attachait tant de gloire. M. de Metternich et plusieurs autres plénipotentiaires avaient arboré jadis avec orgueil le Grand- Aigle; mais ils s'étaient empressés de le faire disparaître de leur habit lorsque le maître de la France avait été écrasé sous le poids de ses ennemis. Un seul diplomate dans cette réunion portait encore la plaque: c'était M. de Talleyrand;loin de prendre la défense de la Légion d'honneur , l'ex-vice-connétable de l'empire approuva le projet de sa destruction ; il ne doutait pas que la plaque de l'ordre du Saint-Esprit ne dût remplacer bientôt sur sa poitrine la plaque du Grand-Aigle.

M. de Talleyrand se hâta , à l'issue des conférences de Vienne (i**" juin i8i5), de se rendre à Gand auprès de Louis XVIII, afin de reprendre

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