AAA LA IJSCION D'HONNEUR
ses fonctions de' ministre des afTaires étrangères; il y trouva les esprits aussi prévenus contre la Légion d'honneur que dans le congrès de Vienne : la suppression de Tordre semblait être irrévocablement décidée. M. de Chateaubriand se montrait fort ardent pour obtenir l'abolition d'une décoration qu'il n'avait point encore portée; son opinion était énergiquement appuyée par M. Pozzo di Borgo, qui remplissait la double fonction d'ambassadeur près le roi de France et de commissaire près l'armée anglo-prussienne. Les maréchaux Victor et Marmont) les généraux Clarke, Maison^ Beurnonville, Bordesoulle et plusieurs autres, qui avaient suivi Louis XVIII en Belgique, plaidaient auprès de ce prince avec une noble fierté la cause de la Légion d'honneur; ils furent appuyés en cette circonstance par un homme qui semblait devoir pencher du côté de ses ennemis : c'étaitM. de Richelieu, un des plus beaux caractères des temps modernes. M. de Richelieu ne rentra en France en i8i4 que trois mois après la retraite des armées étrangères : il exerçait auprès du roi la charge de premier gentilhomme de la chambre^ que son père remplissait avant la révolution.
Louis XVIII, que les épreuves du ao mars avaient éclairé sur les véritables dispositions des Français, eut la sagesse d'imposer silence à des clameurs outrageantes pour la nation, et le maintien de la Légion d'honneur fut arrêté dans son esprit. A peine avait-il franchi la frontière en reprenant le chemin delà capitale, qu'il fitd^s nominations dans l'ordre;