‹ La Légion d'honneurChapitre 22 sur 209 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Mayenne, fut membre de la Convention et des Cinq cents; il écrivit plusieurs mémoires sur Tins* truction publique. En i8o/|, il était, comme Chénier, inspecteur général des études.

M. de Roquelaure, archevêque deMalines, reçut la croix au double titre de dignitaire de l'Église et d'académicien.

Napoléon mettait un noble zèle à récompenser les hommes utiles à l'humanité. D'après ce principe, le vénérable abbé Sicard aurait dû trouver, en cette occasion, le prix de ses longs travaux; mais cet académicien, d'un caractère Faible, avait laissé com-« promettre son nom dans des intrigues politiques ; de plus, ses créanciers l'avaient Fait incarcérer. : l'empereur venait de payer ses dettes, mais il refusa de lui donner la croix que Chaptal demandait en sa faveur'.

Ducis, ce patriarche de la littérature française, avait été dans sa jeunesse secrétaire du maréchal de fielle-Isle. Othello avait donné un grand éclata sa réputation. Le ministre Chaptal s'empressa de lui annoncer qu'il se trouvait porté un des premiers sur la liste d'admission dans la Légion d'honneur; le poëte tragique supplia Chaptal de faire effacer son nom. On n'a jamais su le véritable motif de ce refus. Quelques-uns l'ont attribué à la fermeté de ses principes monarchiques , d'autres à la singularité de son caractère.

' L'abbé Sicard reçut la croix en i^i/|, lors de la première restauration.

Delille, autre poëte proscrit plusieurs fois par les tyrans de la France. Il venait d'arriver à Paris dans le but de surveiller l'impression de sa traduction de XÉnéidey lorsque le ministre lui annonça que son nom allait être compris parmi ceux des littérateurs proposes pour être légionnaires. Delille répondit : x Je demande en grâce que l'on ne songe point à moi; sinon je reprendrai sur-le-champ le chemin de l'exil. »

Un des écrivains les plus populaires^ dont les ouvrages avaient touché tous les cœurs et charmé les esprits, Bernardin de Saint-Pierre, était tombé en ce moment dans la disgrâce, en raison de la vivacité avec laquelle l'auteur de Paul et Virginie avait pris ladéfensede madamede Staël expulsée de France. Le nom de Bernardin de Saint-Pierre ne figura point sur la liste dressée par M. de Fontapes ^

L0 comte de Bissy> lieutenant général, ancien gouverneur de la province du T^anguedoc, avait été admis à l'Académie française en 17 5a. Il se trouvait le doyen de la compagnie; il vivait constamment dans ses terres de Bourgogne, où le retenaient soq grand âge et ses infirmités. On crut sans doute inutile de lui envoyer cette nouvelle décoration.

L'abbé Morellet, le plus ancien académicien après le comte de Bissy, se glorifiait d'être le chef de l'école janséniste: à ce titre, il se trouvait tofa-

' Bernardin de Saint-Pierre reçut la croix deux ans plus tard.

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