CHAPITRE II
lement discrédite auprès du nouvel épiscopal français. On mit une sorte d'afTectation à ne poinf l'admettre dans la liste des élus.
Parny ne figure pas non plus dans cette liste. L'écrivain licencieux comptait de puissants amis parmi les dignitaires de l'État; ils ne purent obtenir que son nom fut conservé. Cette fois Napoléon ne se laissa point fléchir^ et repoussa un choix aussi scandaleux.
Naigeon, disciple de Diderot, avait affecté, dans ses ouvrages, des principes d'impiété avec une sorte d'impertinence; son nom fut rayé impitoyablement.
Le grammairien Domergue et le vaudevilliste Cailhava ne furent point admis dans Tordre.
L'Académie française ne comptait dans son sein en ce moment que trente-neuf membres, la Harpe n'étant pas encore remplacé.
Parmi les niembres de la troisième classe de rinstiiut, ancienne Académie des inscriptions, figuraient des bomnies politiques qui siégeaient au sénat ou au corps législatif; à ce titre, ils furent admis dans les degrés élevés de la Légion d'hon* neur. Celaient Lebrun, ïalleyrand, Joseph Bonaparte, Grégoire, Reinbard, Toulongeon, Garran- Coulon, Germain Garnier.
On donna la croix aux autres membres dont les noms suivent.
Anquetil, ancien curé de la Yillelte près Paris. La publication de son Esprit delà Ligua l'avait mis au rang de nos meilleurs écrivains. Octogénaire en
i8o4> il se trouvait le doyen des historiens français.
Torcher, helléniste, faisait partie de l'Académie des inscriptions et belles-lettres avant 1789. Sa traduction d'Hérodote fonda sa réputalion. En 1804» son grand âge l'empêchait de remplii* le cours de littérature grecque au Collège de France, dont il était professeur titulaire. On lui donna Boissonade pour suppléant.
Bitaubé, né à Kœnigsberg de parents réfugiés français. Nourri de l'étude des anciens, il se consacra aux traductions des classiques grecs et latins; celles de Vllîadeeï de X Odyssée le firent nommer menîbre associé de l'Académie des belles-lettres avant 1789. A l'aurore de la révolution, il vintk Paris, et réclama ses droits de Français, qui lui furent rendus. Ayant manifesté du blâme pour les excès révolutionnaires, il fut arrêté, jeté en prison, et aurait péri sur l'échafaud sans la journée du 9 thermidor. En 1804^ Bitaubé fut appelé à l'Institut.
Dacier était, avant 1789, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions; la traduction de plusieurs ouvrages grecs avait fondé sa réputation. En 18049 îl venait de sortir du tribunat.
Laporte-Dutheil, ancien membre de l'Académie des inscriptions, helléniste et écrivain très-distingué, se trouvait en i8o4 un des administrateurs de la Bibliothèque nationale.
Améilhon, savant laborieux, occupé de recherches relatives à l'histoire de France. En ]8o4.