‹ La Légion d'honneurChapitre 24 sur 209 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

AmeilhoD était directeur de la bibliothèque de l'Arsenal.

Anquetil Duperron, frère de Thistorien, orieuta» liste justement célèbre. Il s'était instruit dans les langues de l'Asie par de nombreux voyages, aussi pénibles que dangereux^ dans lesquels il consuma la moitié de sa vie. En 1804^ Anquetil était employé à la Bibliothèque nationale.

Pastoret avait été admis à l'âge de vingt-trois aus à l'Académie des inscriptions. Avant T789 il était conseiller à la cour des aides de Paris; il fut uii instant ministre de l'intérieur en 1790. Pastoret siégea à la Législative et aux Cinq-Cents, se. fit remarquer dans ces assemblées par son élo« quence, et prit une part active aux discussions les plus importantes. En i8o4 il était professeur de droit des gens au Collège de France.

Danse de Yilloison , helléniste et antiquaire^ était membre de l'Académie des inscriptions avant 1789. U avait accompagné M. de Choiseul dans son ambassade de Constantinople, et avait recueilli de précieux documents historiques dans ses voyages du Péloponèse et de l'Asie Mineure. En i8o4 Danse occupait la chaire de littérature grecque au Collège de France.

Silvestre de Sacy, ancien membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Quoique jeune encore, il passait en i8o4 pour un des plus savants orientalistes de l'époque $ ses vastes travaux le recommandaient à l'estime de tous ses collègues; il avait traversé les orages de la révolution sans man-

»0 LA LÉtlO^ D'HONNEUR.

i\i\eb Sises ^Hncipeà. Silvestre dëSacy était, à l'époque dont nous parlons, professeur d'arabe âii Cbllëge dé Franbé.

Lëvesque, moraliste et nistoHen, ancien membre dé l'Académie des itiscriptions. Sa traduction de Thucydide l'avait ihis en crédit dans le modde sa- Vânt.

Gossellin, helléniste, nûtitiiàmâlé, consèrvat'eukdu cabinet des antiques à là Biblibihèque.

Chataipaghe^ helléniste, directeur du Prytabée tWDçais.

Les académiciens des inscriptions que l'on n ad- •ttiit point leli ce moment dauâ l'ordre de la Légion d'honneur furent Daunou '; Mentelle, géographe ; Dupont de Nemours, économiste; Lakanal, ancien rhëmbre db la Cobvention^ classé parmi les moralistes; Ginguené, poète lyrique, régent de collège; DU^uis, antiquaire, auteur de V Origine des cuites j àkvant pal^àdoxal : siégeàtit: à la Convention, DupUis fit preuve d'un courage bxtraordibaîré en volàut pour empêcher que l'onjUgèât Louis XVl;]Jîercier, écHvaib saliril^de, célèbre jJar Sbii Tabîeaù de Pa- Hs; Delisle de Sales^ savabt distingué, cbbtinUateiiî* de Xffistovre de î'àbhéMiiïot ; Larévelliêre-Lépaiix,

\ bàunoiiy ancien oratoHeri, kaVàut deâ plus erudits, avait Tait pitWe de Ift Convention , des Cihq-Cehts bt du THbuiiat. Il jouissait d'une gtandë eonsidération dans le mondé {Politique, mais il venait de mécontenter le nouveâli pouvoir en se mon-< trant très-opposé à la création de Pempire. Daunou obtint la croix quelques années plus tard.

bHÀPIT&E tl. 51

ahdeU tfaeiubbë de la Convention , dassë pakini les lûdKilistes til s'était attiré le ridicule comme pontife dësthéôphilàtithropesjSainte-Croix^âtUiquaitegéogtat^hi^, ââVànt dés plus estimés ; Lâriglès^ orientaliste, léttt^lbyé à la Bibliothèque toatiôhale ; Pougehs, saVaUt infatigable, géographe, naturaliste; Mohgèz^ antiquaire et biogt*àphe; Camus, ancien membHe de l'Académie deâ inscriptions^ siégea à la Convention à c^té de Rbbespierre : il (\it nommé sous lé Directoire garde des Archives , se montra fortoppbséà la création de Tempire; Le Blond, antiquaire étoipldyé à la Bibliothèque nationale; Le Breton, ancien théétin, tradut^teUr de plusieurs histbriens latins. Lé cbvtité ée Choiseul-Gduflier était, avant ^789, ambassadeur à Constantinople^ et l'un des quarante de l'Académie française; longtemps proscrit, il avait publié à l'étranger un voyage dans la Grèce et dans l'Asie Mineure^ ouvrage qui servit à illustrer s6n nom dans toute l'Europe. Rentré en France en i8b:i, M. de Choiseul fut placé dans la troisième classe de l'Institut, ce qui le mécontenta singulièrement; il vivait très-retibé dans une maison bâtie en forme de temple grec, à l'extrémité des Champs-Elysées. La commission jugea inutile de lui envoyée H croix.

On commit uh oubli impardonnable à l'égard d'un littérateur qui méHtait la distinction nouvelle titiedx tjue nul autre de ses confrères : nous voulons parler de Gaillard, membre de l'ancienne Académie française et de celle des belles-lettres avan t 1789) historien véridique, écrivain élégant, auteur

de la RwaUté de la France et de r Angleterre. Gaillard, inébranlable dans ses principes monarchiques, étranger à toute coterie, vivait fort retiré dans la banlieue de Paris ; personne n*eut la générosité de le signaler à Tempereur , qui , sans aucun doute, se serait empressé de mettre au rang des élus un homme d'un mérite aussi éminent.

La quatrième classe de l'Institut, ancienne Académie des beaux-arts, compta également un grand nombre d'élus parmi ses membres. Ce furent, dans la peinture, David, fondateur de la nouvelle école; Van Spaendonck, Vincent, Regnault, Visconti, Valenciennes, Ménageot, Redouté, Lagrenée ; l'illustre Vien , nommé sénateur, reçut à double titre la croix de commandeur.

Parmi les sculpteurs. Houdon, Pajou , Moitte, Dejoux, Gondoin, architecte.

Denon, directeur des musées, faisait partie de l'Académie des beaux-arts comme dessinateur et graveur ; il disait, dans la soirée de la Malmaison, qu'une croix émaillée, suspendue par un ruban rouge, habillait l'homme. On la lui donna accompagnée de paroles charmantes.

L'école de musique avait à sa tête Lesueur, Gossec, Grétry, Méhul, Monsigny et Paêsiello, compositeur italien ; on les nomma légionnaires. Un autre artiste italien, devenu Français par son séjour dans notre pays, rivalisait avec eux de talent: Chérubini; il ne fut point compris dans cette promotion. Le fameux maestro avait eu l'imprudence, l'année précédente, de blesser Famour-propfe du

Page 1