‹ La Légion d'honneurChapitre 3 sur 209 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Origine de la Légion d*honneur Discussion du projet de loi

au corps législatif et au tribunal. — Discours prononcé par Bonaparte dans le conseil d'État. — Adoption du projet de loi à une faible majorité.— Traits satiriques lancés contre la Légion d'honneur par madame de Staël , Montlosier et Benjaniin Constant. — Leur disgrâce.

Vers la fin de Tannée 1801, le corps législatif sur une pétition des habitants de Saint-Cloud, avait décidé que leur château serait destiné à devenir la résidence d'été du premier consul. Mais cette charmante habitation de la reine Marie-Antoinette, abandonnée par suite des troubles civils se trouvait dans un délabrement complet et hors d'état de recevoir de nouveaux Iiôtes. En attendant que les réparations indispensables fussent

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achevées, Bonaparte continua à résider à la Malmaison, dont il aimait singulièrement le séjour. Depuis le i8 brumaire il ne cessait d'augmenter ce domaine, que madame de Beauharnais avait acheté avant son second mariage aux héritiers de M. Le* couteulx de Canteleu. Le premier consul l'habitait même pendant la mauvaise saison, quoique les Tuileries eussent été mises à sa disposition.

Le chef de l'État travaillait la journée entière à Paris, dans l'ancien palais des rois de France, y donnait des audiences, y recevait les ambassadeurs, y réunissait les ministres; les afïaires étant terminées, il regagnait la Malmaison, et s'y délassait de ses fatigues dans la société des personnes que M""® Bonaparteavait invitées à dîner ou à passer la soirée : le nombre des élus était assez limité et ne se composait que des gens pour lesquels son mari témoignait une sorte de prédilection; ies hommes de lettres, et encore plus les savants, y tenaient une large place. Les dîners officiels et les grandes réceptions avaient lieu aux Tuileries plusieurs fois la semaine.

Bonaparte, même dans ces réunions intimes, parlait comme le premier magistrat de la république, et n'aurait pas permis que l'on tînt en sa présence des propos oiseux: il traitait constamment des sujets intéressants sans cesser de faire preuve d'une vaste érudition , principalement en histoire ; il n'appartenait pas à cette école qui veut absolument rompre avec le passé et condamner à l'oubli les glorieux événements de la monarchie française :

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