‹ La Légion d'honneurChapitre 35 sur 209 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

d'ailledrs utl incident des plus remarquables vitit y apporter uué Sorte de diversion.

Vers les trois heures, au moment où les troupes commençaient leur évolution, afin de se mettre eti colotines serrées pour procéder au défilé, parut à la pointe du cap d'Alpreck une flottilledecinquante voiles, Tavànt-gàrde de celle du Havre, aux ordres de l'amirsll Magon ; on attëhdait ce convbi depuis très-lotigtemps: l'état de là mer l'avait empêché d'arriver à Bbulogtife. La croisière anglaise^ qui avait été en vue toute la journée, se rapprocha subitement, afiri d'arrêter la marche des bâtiments français ; une vive canonnade s'engagea.

Pendant la durée du défilé, l'empereur se mit plusieurs fols à suivre avec sa lunette le mouvement des vaisseaux ennemis. La violence des vents

rendit impuissants tous les efforts de la croisière anglaise; elle f\it obligée de battre en retraite; on la perdit bientôt de vue dans les brumes de l'horizon.

Cent mille personnes, accourues des départements voislhs, purent, du haiU des falaises et des coteaux environnants, jbuir du magnifique spectacle que présentaient aux yeux, dans un ensemble magique, l'armée défilant devant le trône impérial

temetits voisins, pour présenter leurs hommages au souverâiii et assister à cette pompeuse cérémonie. On distinguait en première ligne M. de Latonr-d'Auvergnei évéque d'Arras : Boulogne se trouvait une des villes principales de son diocèse. M. de Lacépède lui remit la croix de la Légion d'honneur.

et la rade remplie de vaisseaux Français et anglais, qui se canonnaient à grande distance. .

La matinée du lendemain fut consacrée à la distribution des croix aux ofTiciers et Soldats de la marine; elle eut lieu à bord des vaisseaux. Le reste de la journée se passa en fétcs, délassements militaires, courses, escrime, tira la cible; le soir, il y eut spectacle ; l'empereur avait fait venir de Paris la troupe de l'Opéra-Comique. Tous les militaires, tous les marins portant la décoration furent adoiis gratuitement dans la salie; on joua une pièce de chevalerie; Tacteur Gavaudan chantait un morceau commençant ainsi : « Chevaliers soutiens de fa France... » En prononçant ces mots, il fut interrompu par de bruyantes acclamations. Tous les légionnaires se levèrent spontanément et se mirent à crier, à diverses reprises, en agitant leurs chapeaux : Oui! oui! nous la soutiendrons !

Une foule d'incidents, plus ou moins remar-» quables, signalèrent ces deux belles journées des i6 et 17 août 1804 ; nous croyons devoir rapporter un de ces incidents, parce qu'il fait infiniment d'honneur au caractère français. Larrey, chirurgien en chef de la maison militaire de l'empereur, avait acquis une juste réputation, autant par son humanité que par son courage. Dans l'expédition d'Egypte, cet homme admirable avait été surnommé la Proifidence du soldat. Il avait accompagné Napoléon à Boulogne ; les débris de l'armée d'Orient se trouvaient au camp des côles de l'Océan. Ces militaires, dont un grand nombre devait la conserva-

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