CHAPITRE IV
en négociations, dès la fin de i8o4i avec le roi de Prusse, les empereurs de Russie et d'Autriche; ces princes nourrissaient contre la république, qui les avait humiliés, un ressentiment qu'ils mettaient beaucoup de soin à dissimuler; Télévation de Bonaparte à Tempire leur causa de vives alarmes, néanmoins ils n'éclatèrent point encore.
 la fin du mois de mars i8o5, Napoléon fit proposer aux létes couronnées l'échange de la plaque du Grand-Aigle avec leur ordre respectif. C'est ainsi qu'agissaient, depuis deux siècles, les souverains de la chrétienté , la première année de leur avènement au trône. Le roi d'Espagne s'empressa d'envoyer le collier de la Toison d'or en échange du Grand-Aigle; le roi de Portugal, Tordre du Christ. Le roi de Prusse imita cet exemple, après quelques hésitations, et fit remettre pprson ambassadeur, M. Lucchesini % la plaque de l'Aigle noir. On jugea inutile de faire une proposition analogue à la cour de Russie, que Ton savait déjà rattachée aux intérêts de l'Angleterre.
Sur ces entrefaites, INapoléon se rendit à Milan et s'y fit couronner roi d'Italie ; cet événement jeta Tempereur d'Autriche dans les plus yives inquié-
' Napoléon fit remettre, par son ambassadeur à Berlin, le Grand-Aîgle au feld-marcchal Moellendorf, l'ami plutôt que le serviteur de Frédéric II. Moellendorf était le général le l^lns vénéré de T Allemagne, autant par ses vertus privées qne par ses talents militaires.
M LA LÉGION DVONNEVR.
tudes. Letft goiiverneurs de la Hongrie et de la Bohême s'empressèrent de mettre spr le pied 4^ guerre les troupes cantonnées dans oes pays* Un rapprochement très-marqué avec l'Angleterre se fit incontinent, quoique M. de Ck>ben9^l9 apibiisisadeur à Paris, répondit p$ir des dénégations aux pressantes questions que lui lidressait le ministre des affaires étrangères. Napoléon n'ignprait aucune de ces menées: il voulut mettre en demeure la cour d'Autriche de s'eijJiquer petten^ent : l'uaibassadeur de France fut chargé de présepter la plaque du Grand-Aigle, et den^anda en échange celle de l'ordre de Sajnt-Stieniie, comme témoignage de la bonne amitié qui unissait les deux Etats. Le hasard voulut que cette mission délicate fût remplie par un grand seigneur arrivé récemment de rémigration, M. de la Rochefoucauld (juin i8o5). Le ministère autrichien, bannissant ses incertitudes accoutumées, répondit à M. de la Rochefoucauld en ces termes : « L^ titre de roi <c d'Italie^ que vient de prendre Napoléon, doit na- «t turellement apporter des modifications dans les «c relations établies entre les deux souverains. » £n définitive, l'échange des deux ordres fut renvoyé à une autre époque. Un courrier, expédié à Paris par M. de la Rochefoucauld, fit connaître à l'empereur cette réponse, de laquelle dépendait la question de paix ou de guerre. C'est ainsi qu'eut lieu la rupture avec les grandes puissances continentales. Quelques semaines après, la coalition fut définitivement signée entre l'Angleterre, la