‹ La Légion d'honneurChapitre 42 sur 209 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

le temps à Farinée russe d'arriver sur le Danube, etd'opérêrsajonctionaveclestroupesdeFrançoisII. La rapidité des mouvements de Napoléon déjoua cepian, qui ne manquait pas de sagesse. Les divisions autrichiennes furent battues en détail avec une promptitude surprenante. De toutes ces rencontres partielles , la plus marquante fut le combat de Wertingen, livré le 8 octobre par Murât et Lanoes au baron d'Auffenberg. L'infanterie alle^ mande se forma en carré et opposa au choc des Français une vigoureuse résistance. Le chef d'escadron Ëxelmans, aide de camp de Murât, chargea ce carré à la télé de 1200 dragons et parvint à l'enfoncer après avoir déployé la plus rare intrépidité. La division autrichienne fut détruite; on lui fit deux mille prisonniers. Napoléon reçut avec joie l'annonce de ce fait d'armes, qui ouvrait la campagne d'une manière glorieuse.il remit de ses mains la croix d'officier au chef d'escadron Exelmans, en faveur duquel se faisait la première application d'un des principaux articles de la loi qui avait établi la Légion d'honneur. Cet article disait que les actions d'éclat faisaient titre pour obtenir celte décoration sur le champ de bataille.

L'électeur fut rétabli dans ses États. Les débris des divisions battues en Bavière gagnèrent la Souabe etvinrenl se réunir, sous les murs d'Ulm, à l'armée principale. Napoléon fît manœuvrer tous ses lieutenants sur les deux rives du Danube, afin de resserrer le général Mack dans un cercle de fer. Le chef des Autrichiens, ignorant la force des Français,

90 LA UtelON DilQNNEUR.

n^al instruit de leurs mouvement», demeura inactif d^ns sa forteresse, ayant à sa disposition £0,000 combattants. L'archiduc Ferdinand, ne pouvfint le décider k recourir aux chances d'une bataille, prit la généreuse détermination de se faire jour à travers la ligne des Français; il y parvint et se retira en Bohême, suivi d'un corps de 18,000 hommes, dont la moitié de cavalerie.

Macki enveloppé de tous côtés, signa une honteuse capitulation, en vertu de laquelle il devait livrer h forteresse et toute son armée dans huit jours, si dans cet intervalle il n'était point secouru. Le terme fatal étant expiré, la capitulation reçut son entière exécutiop : 27,000 hommes défilèrent siir les glacis de la place devant Napoléon ; c'était le double de soldats que Charles XII commandait à Narva, lorsqu'il battit 80,000 Russes. Mack, humilié, remit son épée au vainqueur; on la lui laissa^ pourquoi l'en priver? elle n'était pas dangereuse ^

' La capitulation d'Ulm eut lieu le ao octobre iSo5, la veille de la bataille de Trafalgar ; un triomphe touchait à un désastre. Mack, que des écrivaios mal instruits ont représenté comme feld -maréchal, avait déjà été prisonnier des Français en 1800; il s'était évadé de Paris d'une manière peu honorable. Le malheur chez un vaincu commande le respect, mais la jactance quil a montrée doit diminuer ce sentiment. Mack, à ^exemple du prince de Gobourgy avait fait le ridicule serment de ne se débotter qu'aux Tuileries, Le baron Mack, fils d'un cultivateur d\k pays d'Ânspach, s'était élevé aux grades supérieurs par sa bravoure et son intelligence; renvoyé sur parole au sortir d*l}lm, ce général crut devoir se rendre auprès de son souve-

Page 1