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CHAPITRE IV

La réduclioD d'Ulm venait d'imprimer uoe nouvelle activité aux opérations de la guerre. Napoléon, revenant sur ses pas, traversa la Bavière une se* conde fois, franchit Tlnn et se dirigea sur Vienne. Il rencontra les derniers corps autrichiens et une portion de Tarmee russe composant Favant^arde des forces que le cur conduisait en personne au secours de son allié; ,les engagements recommencèrent, et les Français en sortirent toujours victorieux. François II, éperdu, se vit contraint d'abandonner Vienne pour se réfugier en Moravie ; nos troupes entrèrent dans cette ville, sans éprouver de résistance, le i3 novembre. Ainsi, sept semaines après avoir franchi le Rhin, les Français avaient fait 5o,ooo prisonniers et mis hors de combat 5o,ooo hommes ; ils avaient conquis six places fortes, munies d'un matériel immense; enfin, ils occupaient la vieille capitale de l'empire germanique, dans laquelle jamais vainqueur ne fit flotter ses étendards. Certainement des avantages aussi brillants n'avaient pu être remportés sans des efforts inouïs; les divers corps de l'armée méritaient à bon droit qu'on leur distribuât des croix de la Légion d'honneur en récompense de ces hauts faits; les plus dignes s'attendaient à les recevoir, comme

rain; il fut arrêté, jeté en prison^ et après la campagne condamné à mort par un conseil de guerre. I/empereiy* lui fit grâce de la vie, et lui rendit la liberté au bout de quelques années. Mack mourut dans Toubli en i8a8.

gâ LA LÉGION D'HONNEUR.

Ëxelmans venait récemment d'obtenir le prix Se sa bravoure ; mais l'empereur annonça l'intenlion de renvoyer à la fin dé celte guerre toutes les nominations de ce genre.

La conquête de Vienne ne termina donc pas la campagne; Napoléon s'élança dans la Moravie, à la poursuite de l'empereur François II, bien décidé à recommencer une seconde lutte contre le czar, qui accourait au secours de son allié avec des forces considérables. Cette marche en Moravie était un acte de témérité que le succès seul pouvait justifier ; la valeur indomptable des soldats français lui assura un triomphe éclatant^ au moment où ses ennemis ne doutaient pas de lui faire essuyer une défaite décisive.

Les mouvements de Napoléon furent si rapides, que l'empereur François II ne put mettre à l'abri d'un coup de main la ville de firùnn, capitale de la Moravie, place susceptible d'une bonne défense; nos troupes y entrèrent sans coup férir ; l'avantgarde, poursuivant sa marche, se trouva le lendemain, 29 novembre^en présence des premières divisions des coalisés. Durant ce trajet, l'empereur avait étudié les lieux avec un soin infini, afin de découvrir une position favorable à ses projets; il ordonna à son avant-garde d'exécuter un mouvement réiiograde. Kutusow, généralissime de la coalition, se méprit sur les intentions de son redoutable adversaire, et n'aperçut point le piège qu'on lui tendait d'une manière si audacieuse; il se porta brusquement en avant, craignant par-dessus

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