CHAPITRE IV
tout de ne pouvoir atteindre les Français dans leur retraite; cette crainte ne fut pas de longue durée.
Il ne nous appartient point de faire le récit de cette rencontre mémorable : d'autres écrivains se sont acquittés noblement de cette tâche; néanmoins le sujet que nous traitons nous met dans Tobligalion de toucher quelques points, afin de pouvoir mettre en relief les actions d'éclat qui méritaient d'être récompensées par la croix de la Légion d'honneur.
Le a8 novembre , l'empereur leva son quartier général, quitta Brûnn et recula jusqu'à Wischau; pour la première fois dans cette campagne , il faisait un pas rétrograde, lequel pas était un chefd'œuvre de tactique : il prit position à Wischau, disons-nous , ayant à sa droite la route de Vienne, et en avant de sa gauche la route d'OImùtz à Brûnn ; il concentra toutes ses forces sur ce point : elles s'élevaient à 70,000 hommes; sept maréchaux allaient agir* sous ses yeux et d'après ses inspirations : c'étaient Berthier, revêtu d'un titre nouveau, celui de major général; Murât , Lannes, Davoust, Bessières, Bernadotte et Soult '• Davoust,
' Voici comment se trouvaient répartis les autres maréchaux : Masséna agissait dans la haute Italie contre l'archiduc Charles. Ney chassait du Tyrol les troupes de Tarchiduc Jean et achevait la conquête de cette province. Augereau^ arrivé le dernier en Allemagne par la Foret-Noire^ manœuvrait pour appuyer les opérations de Ney. Mortier se tenait avec la dernière réserve en avant de Vienne, sur la route de la Moravie. Jourdan corn-
né en 177O9 se troUTait seul un peu moins kgé que lui (trente-cinq ans); tous avaient acquis par la pratique une profonde expérience dans Tart militaire; tous reconnaissaient la supériorité du génie de Napoléon et s'inclinaient sans murmurer devant ses volontés. Aucun d'eux ne portait encore le titre nobiliaire dont ils furent décorés un peu plus taitl. Après les sept maréchaux venaient les généraux qui jouissaient déjà d'une réputation méritée : Oudinot , Suchet, Kellermann, d'Hautpoui, Legrand, Yandamme, Caffarelli, Rivaudy Saint-Hilaire, Priant, Nansouly, fiapp, Margaron, Yalhubeit^ Tliiébault, etc., etc. La réunion de tous ces chefs supérieurs , phis considérable peut'-édlB que ne le comportait le nombre des soldats 9 devenait en cette circonstance le principal élément de succès.
Le maréchal Soult reçut le commandement de la droite; Bernadolte^ celui du centre; Lannes fut placé à l'aile gauche , que Murât devait flanquer avec des masses dé cavalerie ; Davoust comman* dait la réserve ; Bessières, la garde et les grenadiers iiBunifl t il devait se porter sur les points où le danger deviendrait le plus pressant.
Du lieu où se trouvait plantée sa tente , Napo-
mandait en Piémont. Brune était chargé de veiller à la défense des côtes de Plessingue. Moncey résidait à' Paris, comme inspecteur général de la gendarmerie. Enfin ^ les quatre derniers, Lefebvre, Kellermann, Pérignon^ Serrurier, siégeaient au sénat.