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CHAPITRE iV

ver : « Souvenez-vous, dit-il, de Tordre du jour, qui défend de s'occuper des blesses durant Taction. » Trois colonels succombèrent : Castex, du iZ^ léger, atteint d'une balle au front; Morland, des chasseurs à cheval, tué dans la mêlée par les chevaliers^rdes du czar ; Mazas, du i4^ de ligne, nommé la veille général de brigade il : voulut encore une fois mener son régiment au feu ; il reçut plusieurs balles dans la poitrine au moment où,

conduisant la tête de la brigade Thiébault, il culbutait à la baïonnette la seconde ligne des Russes. La réserve et une portion de la garde, ao,ooo hommes environ, restèrent l'arme au bras et ne brûlèrent pas une amorce.

Les soldats, dans leur enthousiasme, décorèrent ce beau triomphe . du nom de Bataille des trois empereurs. INapoléon lui donna, dans ses bulletins, celui d'Austerlitz, quoique ce village n'eût joué aucun rôle dans le courant de la journée, tandis que celui de Marengo avait été repris plusieurs fois par les deux partis.

Les brillants succès remportés le a décembre i8o5 eurent pour résultat immédiat de contraindre l'empereur d'Autriche à venir demander la paix : elle fut signée à Presbourg le 26; elle terminait la campagne, et, suivant l'expression de Napoléon, on l'avait finie par un coup de tonnerre. Maintenant il s'agissait^ pour le nouveau César, de remplir ses promesses à l'égard de son armée et de la combler de récompenses ; c'est ce qu'il fit.

On ne pouvait conférer au maréchal Soult un

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grnde ptus élevé : il avait reçu le GranckÀigle ; l'empereur le récompensa en paroles ; « Souk, lui dit- Il devant touft les généntux réunis, voUs êtes le plus grand manœuvrier deTEurope'. »

Dix*huit cents nominations ou promotiofis dans la Légion d'honneur eurent lieu pour récompetMer toute la grande armée, y compris le corps de Mâsséna et celui de Gouvion Saint-Cyr, qui, durant là campagne, n'ataient cessé de livrer des combaU datis la haute Italie cbntrë l'archiduc Charles ; cette diversion eut pour résultat de mettre le prince autrichien dans l'impossibilité d'opérer sa jonction avec les Russes de Kutusow. Deux autres corps, commandés par Ney et AugereaU, avaient détruit dans le Tyrol plusieurs divisions placées sous les ordres directs de l'archiduc Jean, qui fit de vains efforts pour percer à travers la Bavière, afit> de courir au secours de Vienne. L'éloignement der diverses portions de l'armée et d'autres considérations, telles que l'examen des titres, occasionnèrent des relards. Ces nominations se firent en

* A Tissue au. combat deDimstein, livré le ii novembre sur la rive gauche du Danube par Mortier, Napoléon dit à celui-ci en faisant allusion à sa haate taille : « Maréchal, je crojais que vous ne pouviez plus grandir ; vous venez de prouver le contraire. M Mortier avait livré un combat liomérique : n'ayant avec lui que 4,000 hommes, il soutint pendant six heures l'atlaque de ao,ooo Russes, les contraignit de se retirer et resta maître du champ de bataille, après avoir fait essuyer à l'ennemi Une perte énorme.

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trois <$poque9 ; la deruièit) eut lieu au moi» de mars i8o6« Ces diK-huit cents nominations se divisèrent de la manière qui suit: neuf grands aigles^ sept grands officiers^ soixante-quatorze commandants^ trente^cinq officiers, etc., etc.

On pomma grands aigles les généraux Saint*Hilaire^ Vandarome, Legrand et Priante Ce dernier fut en réalité, après les maréchaux SoultyLannes et Bernadotte^ le véritable héros de la journée : ce fut le général qui, de sa personne, se présenta le premier au feu ; il accourut à la tête de sa division audevant de Buxhowden, qui, ayant débordé notre droite, essayait de dépasser les étangs pour couper la route de Vienne. Priant, disposant à peine de 7,000 hommes, parvint à contenir pendant huit heures la colonne des Russes, sans cesser un seul instant de combattre; il eut quatre chevaux tués sous lui, et fit éprouver à Tennemi des pertes considérables. Cette héroïque résistance permit au maréchal Soult et à Napoléon d'exécuter dans des circonstances favorables cette attaque sur le flanc droit des alliés, qui devait décider du sort de la bataille. Priant reçut, avec la décoration du Grand- Aigle, une dotation de vingt mille francs sur les biens de l'ordre.

Le général Bourcier avait secondé merveilleusement, avec sa division de dragons, les efforts de

< Deux mois après la victoire d'Austerlitz, le Grand* Aigle f\tt conféré aux généraux d'HautpouU Suchet^ GaffareUi^ Walther.

Priant pour arrêter la marche de Buxfaowden; il ëtait lieutenant général et grand officier de la Légion d'honneur; il ne fut pas compris dans cette promotion.

On nomma grands officiers les généraux Gazan, Belliard, Bisson, Léry, Mallier, Nansouty, Savary, Beaumont.

Parmi les soixante-quatorze commandants, nous citerons Schobert, colonel du 3® de ligne, qui avait été placé dans le village de Telnitz: c'est lui qui brûla la première amorce; il combattit toute la journée sans que l'ennemi pût le déloger de ce poste, dont la conservation était de la plus haute importance. Schobert, nommé colonel depuis la première distribution des croix dans les régiments, était simple légionnaire. L'empereur le créa commandant de l'ordre, lui faisant sauter ainsi un grade pour mieux récompenser sa belle conduite.

Pouget, du a6® léger , occupait dans le défilé le village de Bosenitz, dont la conservation était également d'une haute importance. Il sut s'y défendre pendant six heures avec la plus grande vigueur ; comme le précédent, nommé depuis peu de temps colonel, il reçut la même récompense, et de simple légionnaire il devint commandant de l'ordre.

Taupin, du io3® de ligne. L'empereur le remarqua au milieu de l'action; il le montra de la main à Berthier pour qu'il prît son nom.

Bardet, du 27® de ligne; Rey, du 37® : ce régiment avait été surnommé le Terrible dans les guerres d'Italie; Valterre, du 3o® de ligne ; Curial,

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