‹ La Légion d'honneurChapitre 65 sur 209 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

nadifrs cfOudinot, arriva le i4 dèa la pointe du jour: il eut à supporter les attaques de 3o,ooo liotnmes, et se trouvait gravement compromis^ lorsque la venue de Mortier modéra la fureur des Russes.Trois heures après, Napoléon, qui marchait avec le corps de Ney, vint appuyer ses lieutenants; enfin, le premier corps , commandé par Victor, survint à quatre heures, après avoir hâté le pas d'une manière extraordinaire. L'empereur, ayant sous sa main 85,ooo hommes, résolut de livrer une action générale, quoique la journée fût déjà très-avancée: c'était l'anniversaire de Marengo; il voulait profiter de la faute que Benningsen avait commise en prenant une position aussi désavantageuse, n'ayant pour moyen de retraite que les ponts de Friediand. Ney, formant la droite, fut chargé de* percer à travers la ville et de s'emparer des ponts. L'empereur indiqua avec clarté à ses lieutenants le rôle que chacun d'eux aurait à remplir: il voulait que tout s'exécutât comme sur un champ de manœuvre. L'engagement comn^iença à cinq heures du soir (un dimanche). Ney attaqua avec impétuosité le centre des Russes , afin de les pousser sur Friediand; mais il rencon.tra une résistance inattendue: sa gauche, abordée vigoureusement par les gardes du czar, postés dans un ravin, se vit obligée de se rejeter en arrière. La mission de Ney allait être mise en question^ lorsque Victor se porta en avant avec vivacité à la tête du premier corps pour se placer à la gauche de Ney. Dupont commandait la première division ; le général attaqua à la baion-

i4i LA IJIGION IVHONNEUR.

nelte les gardes russes^ et les contraignit à regagner leur position; en même temps Victor, ayant fait réunir tous ses canons sur une même ligne, ordonna au général Sénarmont, commandant son artillerie, d'ouvrir le feu à demi-portée; le jeu de ses pièces produisit un effet terrible : tous les efforts des Russes vinrent se briser contre l'inébranlable fermeté de Victor et de Dupont ; pendant plusieurs heures le premier corps fut le nœud de l'action, et décida du succès de la journée en fournissant à Ney les moyens de pénétrer dans Friedland, et en laissant à l'empereur la faculté de donner à son plan de bataille tous les développements dont il était susceptible.

Les Russes, resserrés dans un espace de dixhuit cents toises, furent renversés sur Friedland ou culbutés dans la rivière, fortement encaissée: des compagnies entières se noyèrent avant d'atteindre la rive droite. L'action fut terminée vers dix heures du soir; l'incendie de la ville de Friedland éclaira la défaite des Moscovites. Napoléon, établi par une belle nuit sur le lieu où celte terrible action venait de s'achever, fut bientôt rejoint par ses principaux lieutenants, qui accouraient le féliciter; de son côté, le souverain distribuait à chacun d'eux les éloges qu'il méritait. Voyant arriver lecommandant du premier corps, il fit quelques pas vers lui en disant: « Général Victor, je vous fais maréchal sur a le champ de bataille '. »

' Le décret impérial relatif à cette nomination est destiné

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