‹ La Légion d'honneurChapitre 68 sur 209 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Organisation des cohortes. — Projet d'échange entre la Légion d'honneur et la croix de Saint-Louis. — Croix d'ofïïcîer accordée h M. Oberkampf. — Incident de Picard et de Talma.— Eemardin de Saint-Pierre. — Mémoire composé par ma* dame de Genlis à l'occasion de la Légion d'honneur.

La France étant devenue un État républicain y les divers pouvoirs qui la régirent depuis sa transformation adoptèrent beaucoup de dénominations empruntées à la plus célèbre des républiques de l'antiquité. Chez les Romains, l'armée se compor ^ait de légions ; la légion se divisait en cohortes; chaque cohorte occupait un district dans les diverses provinces de la république , et chaque district avait une ville où résidait le chef supérieur de cette troupe. On voulut, par imitation , que l'ordre nouvellement institué reçût le nom de la Légion d'honneur, laquelle serait divisée en cohortes; chacune de celles-ci devait occuper, mais seulement d'une manière fictive, une certaine portion de pays.

En conséquence y le territoire français , formant à cette époque (i8o4) cent six départements, par suite de l'adjonction de la Belgique, des Provinces rhénanes et du Piémont, fut partagé en seize grands arrondissements, renferniant un certain nombre de départements, variant depuis six jusqu'à dix. Un château, un palais, propriété de TÉtat, fut désigné pourdevenir le chef-lieu de la cohorte, à laquelle on affecta également un revenu en immeubles, dont la quotité variait depuis 6oo,ooô francs jusqu'à 100,000 francs environ. La totalité de ces revenus s'élevait à la somme de 5^^65,^57 francs. Un grand conseili composé de jurisconsultes et de financiers, était chargé d'administrer les biens de Tordre. Chaque cohorte était composée de 7 grands officiers, de ao commandants, de 3o officiers et de 35o légionnaires; ainsi, l'ordre entier présentait un ensemble de 6,6 r a membres.

L'arrondissement territorial affecté à uhe cohorte embrassait dans son étendue plusieurs départements contigus les uns aux autres. Par exemple, la première, dont la résidence était le château de Fontainebleau, renferttiait l'Aube, la Marne, TOise, la Seine, Seitie-el-Oise et Seine-et-Marne, c'est-àdire toute rile-de-France, plus une fraction de la Champagne. La seconde retifermait les départements compris dans la pointe du Nord. La troisième englobait la Belgique en entiet*. La quatrième embrassait le Luxembourg et les Provinces rbétianes.

Pour satisfaire nbs lecteurs d'une manière corii-

GHAPITRE VIL IKl

plète^ nous allons présenter la nomenclature des cohortes d'après la répartition qui fut faite dans les premiers jours de l'année i8o5 :

COBOBTfiS.

Chat, de Fontainebleau.

Abbaye Sl-Waast, Arras.

iii«

Abbaye St-Pierre , Gand.

ly

Cbât. Brulk, Cologne.

Château de Saterne.

Page 1