‹ La Légion d'honneurChapitre 7 sur 209 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

« tre une république ancienne ou moderne dans a laquelle il n'y a pas eu de distinctions. On ap- «pelle cela des hochets? Eh bien! c'est avec des a hochets que Ton mène les hommes. Voyez comme « aujourd'hui le peuple se prosterne devant les déa corations des étrangers, » Bonaparte donna un grand développement à sa pensée, mêlant des expressions triviales à des traits de sublime élo« quence. Les deux discours prononcés à cette occasion, dans le conseil d'État, par cet homme extraordinaire^ sont des plus curieux, et le font mieux connaître que les plus savants commentaires.

Le projet fut appuyé par le second consul Cambacérès, qui, examinant la question en jurisconsulte, prouva d'une manière victorieuse que la constitution n'avait point interdit les distinctions. Portai is prit la parole après le second consul. On le regardait à juste titre comme une des lumières du conseil d'État ;il s'était fait remarquer au conseil des Cinq Cents par un caractère plein de modération et de noblesse : il défendit avec sincérité le projet, et cita à l'appui de son opinion ce que J. J. Rousseau avait dit au s\x]el de V influence et de la nécessité des signes*

Deux autres séances furent consacrées au même objet; dans la dernière, celle du a4 floréal, le projet fut violemment attaqué parThibaudeau, que la fermeté de ses principes républicains avait fait surnommer à la Convention la Barre dejer. Thibaudeau représenta la loi soumise à l'examen comme une violation manifeste de toutes les institutions

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t*éirolutiof)dâireây comme la ruine de cette égalité au nom de laquelle la nation combattait depuis douze ans. Il conclut à ce que l'on renvoyât à une époque plus éloignée la présentation du projet, comme le proposaient plusieurs conseillers d'État. Le premier consul, qui présidait la séance, mit aux voix l'ajournement, lequel fut écarté par quinze voix contre neuf.

Le travail Ainsi élaboré fut soutnis le lendemain, i4 itiai 1801, par^ trois conseillers d'État, Matthieu Dumas^ Marmont et Rœderer, au corps législatif, dont la clôture était annoncée pour le troisième jour suivant. Rœderer lut \è projet ; à l'issue de cette lecture, il fit l'exposé des motifs, et dans cet exposé, évidemment difcté par le premier consul, se trouvait cette phrase : « Il s'agit ici de la te création d'une nouvelle monnaie, dont le titre « est inaltérable. » Chose remarquable! on reproduisait dans cet exposé les mêmes expressions dont s'était servi quatre mois auparavant Bonaparte, en répondant aux objections de Monge touchant l'ordre de Saint-Louis, dans la soirée de la Malmaison. Il est évident que la discussion avec l'inspecteur général de l'École polytechnique avait été alors provoquée à dessein pour sonder l'opinion publique. Parmi les dispositions de la nouvelle loi, se trouvait l'obligation imposée aux légionnaires de faire le serment de défendre l'intégrité du territoire, les lois de la république, les propriétés qu'elles ont consacrées, enfin de combattre toute entreprise tendante à rétablir le régime féodal, à repro-

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