‹ La Légion d'honneurChapitre 73 sur 209 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Elles ne manquaient pas; el M"*® de Genlis faisait ressortir leur valeuravec une complaisance qui n'était pas tout à fait désintéressée. Parmi les femmes de lettres on pouvait citer, outre M"*» de Staël el de Genlis, M°»«*Fanny de Beauharnais, Cottin, Duvernoy, Montolieuj Campan, Simous-Candeille, etc.; parmi les femmes artistes, M™®' Lebrun, Jacotot, Lescot, Benoist, Vincent, Gail, etc., etc. Le plus embarrassant était d'en citer dans les sciences : ceci ne devait pas être impossible ; en ce moment , M^^^Sopbie Germain, fille d'u'n ancien membre de la Constituante , proche parente du général Pernetti, excellait dans^a géométrie : elle avait présenté plusieurs Mémoires pour concourir au prix de mathématiques.Cettenouveauté occupait tout Paris: les membres de l'Académie des sciences en paraissaient Irès-morlifiés '. Le Mémoire achevé, à l'aide de ces divers éléments, M"* de Genlis le communiqua à M. de Tréneuil el à l'abbé Grégoire, visiteur assidu delà bibliothèque de l'Arsenal : ces deux littérateurs déclarèrent le Mémoire admirablement composé. Nous croyons bien que le premier mettait un peu de malice dans ses louanges ; le second, naturellement enthousiaste, pouvait être de bonne foi. A force de supplications, M"*® de Genlis obtint de son

' Après plusieurs tentatives des plus glorieuses, Mlle Sophie Germain eut le bonheur de voir couronner son Mémoire sur les équations, et reçut la grande médaille dW (1816).

gendre, le général Valence, sénateur, la promesse de présenter le Mémoire au souverain , créateur de Tordre. I^ général ayanijugé la circonstance favorable, lors d'une grande présentation (mars 1808), aborda la question assez timidement Napoléon comprit dès les premiers mots ce que Ton désirait de lui ; il repoussa la supplique eu termes énergiques. Ainsi Fauteur de Delphine vit s'évanouir poif r jamais ses flatteuses espérances.

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