CHAPITRE IX
coud avec les divisions Molitor et Legrand } le reste de Vinfanterie remplissait l'espace contenu entre ces deux ailes : elle était soutenue par la cavalerie légère du général T^ssalle. L'empereur se tenait en seconde ligne, avec sa garde comme réserve. Il croyait que l'ennemi lui laisserait la faculté de faire passer sur la rive gauche la totalité de ses forces. Son espoir fut trompé^ et vers les trois heures de rapràs-midi Gross-Aspern et Essiing furent attaqués simultanément avec la plus grande vigueur. 35,ooo Français^ assaillis par 80,000 Autrichiens^ que soutenaient 200 pièces d'arlillerie, résistèrent jusqu'à huit heures du soir à des attaques succès* sives, et furent assez heureux pour se maibteuir dans leurs positions.
Dans la nuit du ori au 32 mai, iS^ooo hommes de diverses armes parvinrent à passer sjur la rive gauche et rejoignirent Tentpereur. De son coté ^ rarefaidue reçut 10,000 hommes de renfort et le reste de son artillerie. Confiant en sa supériorité numérique, le prince autrichien retKHivela ses attaques dès la pointe du jour. La lutte devint des plus sanglantes ; Gross-Aspern fut repris six fois par nos vaillantes troupes. Lannes se maintint dans Essiing^ que l'ennemi attaquait avec un acharneiafient inexprimable. Le général Saint-Hilaire fut blessé morlelkmeni aux> abords de ce viUa^. Toute la cavalerie française^ mise en mouven^nt par le maréchal Bessières dans ïa plaine qui séparait les deux points d'appui de la ligne, livra un combat qui dura trois heures. Les chasseurs à cheval de la
idt LA LÉGION D'HONNEUR.
garde eurent à soutenir un engagement des plus rudes contre les dragons de la Tour, que comman^ dait alors un Français j le colonel Roussel d'Hurbal. Le fameux étendard' de ce régiment se vit compromis au milieu des charges réitérées de nos cavaliers. Le général Espagne appuyait la garde avec une division de cuirassiers. Ce vaillant homme de guerre fut frappé par un boulet en télé de la première ligne. D'autres chefs supérieurs fureut grièvement blessés, vuotamment le général Fouler, qui fut renversé de son cheval par le choc d'un obus. Le général de la Grange, commandant une brigade de cavalerie légère, eut un bras emporté. Napoléon, jaloux d'exciter l'ardeur de sa cavalerie, poussa en avant son cheval afin de se mêler à ces charges. Le général Walther, commandant les grenadiers, lui barra brusquement le chemin, en l'apostrophant ainsi : « Retirez^vous, wSire, vos jours « nous sont trop précieux ; retirez-vous, sinon
' Cet étendard, célèbre dans les fastes de Télat mUitaire autrichien, portait au sommet de la hampe la grande médaille de la décoration de Marie-Thérèse, distinction qu'on lui avait accordée en souvenir de la belle conduite que ce régiment avait tenue à la bataille deKollin, livrée en 1767 par l'armée impériale à celle du roi de Prusse Frédéric IL M. Roussel d'Burbal^ colonel des dragons de la Tour à la bataille d'Ëssling, rentra, en 1810, au service de France. li est aujourd'hui (1845) lieutenant général, grand officier de la Légion d'honneur et l'un d^s commandeurs de Tordre de Marie-Thérèse, dont lé nombre est fort limité.