CHAPITRE L
de toutes les puissanc^sde l'Europe eut renversé leur eDuemi commun. M* de Montlosier, qui avait brillé dans le côté droit de l'Assemblée conslituanle auprès deMaury et de Ca^alès^ avait obtenu la permission de rentrer en France, grâce k l'intervention de M. deTalleyrandy son ancien collègue : sa parole vive et mordante attirait sur lui l'attention dans les salons du beau monde ; il parla de Tinstitution de la Légion d'honneur en termes déplacés : il reçut incontinent l'ordre de $e retirer en Auvergne, son pays natal . Le premier consul fit publier te iiq floréal an x, comme loi de la république^ le projet adopté la veille par le corps législatif, en vertu duquel la Légion d'honpeur était instituée. Cette loi disait en substance : a II sera créé une Légion d'honneur, « destinée à récompenser les services militaires et « les vertus ciyiies. La Légion d'honneur sera divi- « sée en quinze cohortes ^9 à chacune desquelles « seront afTectés des biens natipnaux de la valeur « de deux cent mille livres de rentes. »
Tous les militaires, officiers ou soldats qui avaient reçu des armes d'honneur, étaient de droit mem«bres du nouvel ordre. Ces récompenses d'armes d'honneur avsiient été instituées par un décret du 3 octobre 1799: depuis cette époque jusqu'au mois de mai 1 80a, on avait distribué environ dix-huit cents armes d'honneur. Dans l'intervalle de ces deux ans et demi, trpi$ cents officiers ou soldats
' Le Piémont/récemment réuni à la république, composa la seizième cohorte.
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nantis de ces armes étaient morts; les quinze cents restant devaient être répartis dans les diverses cohortes. La haute solde qu'on leur payait formait plus de deux millions : chaque cohorte avait un commandant supérieur. Tout ce qui était relatif à l'organisation de la Légion d'honneur, à la division du territoire pour former la circonscription des quinze cohprtes, fut réglé par divers arrêtés qui se succédèrent dans l'espace de huit mois; mais, arrivé à cette époque^le chef de l'État n*avait encore rien statué touchant la forme du signe et la couleur du ruban. Il ne fit pas non plus aucune nomination, si ce n'est celles du grand conseil , du grand chancelier et d£s membres du comité de consultation: ceci était indispensable pour procéder a l'organisation de l'ordi'e.
Lacépède, membre de l'instilut, le savant continuateur de Buffon, fut choisi pour être grand chancelier. Le comité çle consultation se composa d'Abrial, de Bigot de Préameneu, de Chabert, de Fleurieu^de François de Neufchâteau, de Gondoin, de Vimar, de Jaubert, de Lacuée, de Siraéon et de Tronchet.
Nous avons dit que le dernier article du décret disait : « La Légion d'honneur ne sera définitivement organisée que le i" vendémiaire de Tan xii. » Dans cet intervalle de deux années, des événements immenses s'étaient accomplis : Bonaparte avait placé sur sa tête la couropne impériale cinq mois avant l'époque indiquée par le projet de loi.
Napoléon avait été proclamé empereur le 19 mai