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CHAPITRE IX

L'archiduc venait iiii-méme d'exëculer un mouvement offensif en poussant les divisions du centre contre Oudinot, de sorte qu'à neuf heures du matin l'engagement était devenu général si^r toute la ligne^ et 3oo,ooo hommes, appuyés par 900 pièces de canon, s'entre-choquaient. Masséna et Bernadotte soutenaient une lutte terrible contre des forces inégales. Ils avaient perdu considérablement de terrrain, et l'archiduc se flattait déjà de voir exécuter son plan favori, consistant à passer entre le Danube et les Français, afin de leur enlever les ponts qui devaient servir à protéger leur retraite.

Napoléon, arrivant dans ce moment critiquje, embrassa d'un regard l'étendue du danger. A s^ voix, dont l'effet est irrésistible, l'artillerie de la garde, unie à celle du général Wrede, se met en mouvement sous le commandement de Lauriston ; cette artillerie arrive au grand trot sur le point indiqué. L'empereur les met en ligne lui-même, et place comme jalon Drouot, colonel-major des artilleurs à pied de la garde; cet officier supérieur aligne les pièces sur son épée. Ces bouches à feu tonnent, vomissent des milliers de projectiles, et arrêtent le mouvemenf: offensif de l'ennemi. En même temps l'armée d'Italie s'avance parallèlement à l'artillerie de Lauriston ; elle est commancjée par Macdonald, dont l'uniforme de général de la république attire tous les regards. Macdonald a formé de ses trois divisions (Lamarque, Broussier, Serras^ un carré long, que ferme Reille avec huit bataillons de la garde; il s'avance fièrement^ et reçoit avec

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une froide intrépidité les charges des cuirassiers allemands, que Tarchiduc dirige en personne, eu les faisant appuyer par l'artillerie volante. Napoléon, qui suivait de Tœil Macdonald, pousse des cris d'admiration en voyant sa noble attitude au milieu d'une pluie de feu. Le commandant de l'armée d^Italie continue sa marche en brisant tous les obstacles, sans ralentir son allure; il trace la voie qui doit conduire à la victoire; Napoléon, le comprenant comme lui, fait appuyer Macdonald par la grosse cavalerie de Nansouty et par toute la cavalerie de la garde. L'archiduc ne peut résister à ces efforts simultanés, le coup décisif est porté, les destins s'accomplissent, et la France peut inscrire dans ses fastes un triomphe de pins.

En effet, la trouée opérée par Macdonald à travers le centre avait renversé tout le système du généralissime autrichien, et en même temps elle avait favorisé les efforts produits simultanément aux deux ailes. Masséna avait refoulé Klenau, Bernadotte venait de reconquérir le terrain perdu, lardent Oudinot avait enlevé à l'escalade les hauteurs de Wagram, etDavoust, franchissant à son tour le Russbach, avait mis en pleine déroute le corps de Rosemberg. A quatre heures du soir l'archiduc, ayant fait replier les divisions de Klenau, désespérant de continuer la lutte à son avantage, fit donner à ses lieutenants le signal de la retraite; il l'exécuta lui-même lentement, à pas comptés, amenant presque toute son artillerie, se retirant enfin du combat comme un lion, les griffes pleines de

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