‹ (La) Légion d'honneur contre la délationChapitre 11 sur 20 · DEVANT LE PAYS · texte numérisé non relu

DEVANT LE PAYS

Les adhésions des légionnaires à la Requête arrivaient maintenant par centaines tous les jours.

Le }o janvier, M. le baron Séguier, commandeur de la Légion d'honneur; ancien Préfet du Nord, écrivait au général Février :

Monsieur le général.

Te lis dans les Dedans du 27 janvier, que continuant l'œuvre patriotique que vous avez menée avec un succès que ceux qui se sont groupés dès la première heure autour de vous, ne pouvaient espérer aussi formidable, aussi irrésistiljle, vous voulez bien permettre la publication d'un volume donnant « l'historique de la requête et les noms des légionnaires et médaillés qui y ont participé ».

Je me permets de vous exprimer toute ma gratitude et je sollicite l'autorisation de souscrire pour cent francs à l'exemplaire qui me serait réservé.

J'ai lu attentivement la lettre de M. Agostini précédant dans les Dedans votre communication.

Cette lettre rencontrera, je crois, l'approbation générale des protestataires, car elle traduit fidèlement les sentiments qui, en dehors de toute préoccupation politique, présente ou future, animent les légionnaires indignés avec vous. Monsieur le général, contre leurs camarades malheureusement compromis dans l'espionnage et la délation.

J'estime pour ma part que la certitude de savoir les officiers délateurs, quels qu'ils soient (je veux les croire peu nombreux), traduits devant un conseil d'enquête dont l'impartialité ne saurait être suspectée et dont le gouvernement respecterait l'indépendance, de savoir également les délateurs civils appelés à se défendre devant le Conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur qui a fourni la preuve de sa loyale et prudente fermeté aux heures troublées de ces derniers jours, donnerait les satisfactions que nous demandons tous avec vous, ramènerait l'apaisement dans l'armée, dans le pays, et rendrait à la Légion d'Honneur le lustre qu'elle a perdu en France et hors de France.

Autrement si la politique s'en mêle, si, cédant aux caprices éphémères et au bon plaisir des combinaisons parlementaires, on sacrifie ceux-ci pour sauver ceux-là, il ne nous restera plus qu'à cacher nos insignes, ne voulant pas être confondus avec ceux qui sont indignes de les porter.

^ Veuillez agréer, Monsieur le général, la nouvelle assurance de ma haute considération.

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