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LA FRANC-MAÇONNERIE

Dans sa lettre ouverte à MM. Combes et Jaurès, >L Agostini, auteur et promoteur avec le général Février de li « Requête des légionnaires », disait que plusieurs F.*. M.-, se trouvaient parmi les premiers signa;aires de la « Requête des légionnaires». Nombre d'autres F.*, ont depuis lors suivi cet exemple. Il est d'ailleurs certainque la presque unanimité des F.*, du Grand-Orient ignoraient complètement ce qui se passait.

Au surplus, la Constitution du Grand-Orient est formelle. Elle porte :

Article i". — La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'humanité.

Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience.

Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique.

Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité.

L'art. 2 dit ensuite :

Elle (la Franc-maçonnerie) recomm.ande à ses adeptes la propagande par la parole, les écrits et l'exemple.

A l'art. S on lit :

Nul ne peut être admis à l'initiation et jouir des droits attachés au titre de F.*. M.*. : I' ; 2* s'il n'est pas de réputation et de mœurs irréprochables.

Puis, l'art. 9 s'exprime ainsi :

La qualité. de F.-. M.-., ainsi que les droits et prérogatives qui v sont attachés se perd: i* Par une action déshonorante

Terminons, enfin, par l'art. 15 :

Ils (les F.*. M.-.) s'interdisent tous débats sur les actes de l'autorité civile et toute intervention maçonnique dans les luttes des partis politiques.

La Constitution du Grand-Orient a donc été violée par ceux-là mêmes qui avaient pour principale mission de la faire respecter.

Au point de vue exclusivement maçonnique que doivent penser les F.', des autres fédérations maçonniques françaises et étrangères?

C'est de la Franc-Maçonnerie qu'est sortie la Révolution française. Elle a été la grande émancipatrice universelle. Elle était considérée par ses adeptes comme une grande école philosophique, moralisatrice et sociale, et tous les F. ' , honnêtes considèrent que la faire tomber au rôle de la plus exécrable congrégation, c'est l'avilir et la déshonorer.

En résumé, une poignée d'hommes — on estime qu'ils sont très peu nombreux — se prétendant républicains, ont opposé au cléricalisme jésuitique un véritable cléricalisme démagogique.

Ce n'est pas par de pareils procédés qu'on fait aimer un régime, qu'on gouverne un pays.

Les F.*, éclairés nont jamais considéré la Franc-Maçonnerie comme un instrument de combat, mais au contraire comme un moyen de se rapprocher, de s'apprécier, de s'instruire, de se mieux connaître de façon à faire triompher, par des groupements en dehors des loges, leurs principes et leurs idées.

Si le Grand-Orient ne veut pas disparaître dans cette tourmente, de même que les autres fédérations maçonnique? de France et du monde entier, il est nécessaire que les organisateurs de la délation soient désavoués par la Frar.c-Maçonnerie comme ayant violé la Constitution maçonnique.

Un maçon.

Ailleurs c'est un ancien haut fonctionnaire, un des meilleurs serviteurs de la République, qui a honoré toutes les hautes fonctions qu'il a occupées et qui s'adresse en ces termes au général Février :

Lundi, i6 janvier.

Mon cher général,

J'ai entendu samedi, à la Chambre, M. le président du conseil alléguer que la protestation des légionnaires manquait pour lui d'autorité parce qu'elle manquait de républicains !

Cette boutade m'a décidé à ajouter mon nom à une liste que je trouvais suffisamment significative, honneur et délation, cela va de soi, étant incompatibles !

Puisqu'il faut le dire, je n'admets pas pour la défense de la République les louches pratiques tant reprochées à Basile pour la défense du ciel.

Je n'admets pas non plus derrière le gouvernement officiel un gouvernement occulte. Je proteste, même avec la droite.

Ecarter les plus belles cartes, le patriotisme, la discipline militaire et l'honneur, s'étonner que l'adversaire les relève et les joue ! On n'est pas plus fou. Agréez, mon cher général, mes respectueuses et cordiales salutations.

Poubelle, grand-officier de la Légion d'honneur, médaillé militaire.

Monsieur le général,

Permettez-moi de joindre ma protestation à celle des autres membres de la Légion d'honneur au sujet des actes de délation.

Je suis d'autant plus engagé à protester que j'ai été moi-même, avec nombre de mes collègues des hôpitaux, blessé par une démarche officielle organisée pour nous faire déclarer a quelles sont nos opinions politiques ».

Veuillez agréer, monsieur le général, l'assurance de mes sentiments respectueusement dévoués.

D' Ch. Fernet,

Membre de l'Académie de médecine, médecin honoraire des hôpitaux et de l'Ecole normale supérieure, professeur agrégé à la Faculté de médecine.

Janvier 1905.

Ligny-en-Barrois (Meuse).

Jules Mangin, directeur des contributions directes du département d'Alger en retraite, républicain avant Combes, mais pas républicain de sa République, etc.. De notre chère Lorraine, 22 janvier 1905.

Mangin.

Anneyron (Drôme), le 25 janvier 1905.

Mon général,

Comme républicain, je m'étais condamné à une grande réserve. Mais après les paroles de M. Combes et de M. Jaurès qui nous appelle dérisoirement la vieille garde, j'estime que la vieille garde doit donner.

En conséquence, je vous prie de vouloir bien joindre ma protestation à toutes celles que vous avez reçues.

La Légion d'honneur ne doit point renfermer de mouchards.

Daignez agréer, mon général, etc.

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