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CHAPITRE V

LA GUERRli CIVILIS. — CABRERA. — MORT DIS

ZUMALACARRÊGUI.

Pondant (juc Zunfialacarrcgui luttait victorieusement dans les provinces basques et navarraises, oa vit paraître dans le Maestrasgo, Cabrera, d'étudiant transformé en simple soldat sous les murs de Morella, puis lieutenant d'une bande do neuf hommes; puis bientôt après, à la tùte de 135 soldats campés avec lui dans les environs de Valliborna, auxquels il distribuait quatre réaux (1 fr. 05) par jour, tout en s'instruisant avec soin des règles de la lactique militaire.

Cabrera, place aux confins des trois capilaineries d'Aragon, do Catalogne et de Valence, échappait à toutes les poursuites, en passant d'un territoire dans Tautre. Ayant pénétré en Catalogne, il fut battu, le 10 avril 1834, près de Mayols, mais cet échec fut bientôt réparé.

Au mois do juillol suivant, Uodil, qui venait do fairo campagne en Portugal, rentra on Kspagno avoc sa division forte do 18.000 hommes on bon état, et remplaça Quôsada dans le commandement de l'armée Cliristina.

Cet événement fit grand bruit à Madrid; mais lajoie qu'il y causa ne pouvait pas dissiper les inquiétudes provenant de l'apparition do Cabrera, et de l'arrivée récente, au milieu de ses troupes, de don Carlos, que l'on croyait interné à Londres sous la surveillance dos polices anglaise et française.

Rodil s'acharna spécialement contre la personne môme de don Carlos qu'il avait déj à traqué en Portugal ; mais il dut se persuader que ses efforts seraient vains. Trois défaites^ essuyées par ses lieutenants, vinrent le convaincre <iu'il eût mieux fait de s'attacher à remplir les devoirs d'un général en chef, que de faire Tofflce d'un simple colonel de gendarmerie.

Les défaites dos Christinos so succédaient, et leurs généraux en étaient réduits à se fortifier sur certains points de la Biscaye, comme Léquietlo, Plencia et Berméo, que

Espartero avait repris. Sous le coup de ceii revers, le gouvernement de Christine remplaça Ifodil par le vieux Mina, dont nous avons déjà parle. En attendant Tarrivôe do Mina, le général Osma prit le commandement de Tarmôe Christine. Il ne fut pas plus heureux que ses prédécesseurs; Zumalacarrégui lui enleva plusieurs convois, entre autres un de 2.000 fusils, le battit complètement à Algcria, lui tuant 1.000 hommes et lui faisant 2.000 prisonniers qui durent entrer dans les files CÉjrlistes.

L'âge, les maladies, les blessures avaient détruit la santé de Mina. Quoique Ténergio de Tilme eût résisté ii toutes les défaillances du corps, il lui était impossible de diriger par lui-même les mouvements de ses troupes.

Il fit de la politique et de l'administration, laissant l'exécution de ses plans de campagne à ses lieutenants qui étaient Lorenzo, Oraa, Espartero, Cordoba et O'Donnel. Ils n'cm pochèrent pas Zumalacarrégui de prendre successivement Arcos, Etcharri, Olo/agîjitia, Aranas et Villafranca, malgré leurs efforts pour l'en empêcher.

Mina sentait bion qu'il lui était très difficile, impossible môme, de suivre, en la dirigeant, une pareille campagne; aussi se décida-t-il, le 8 avril 1835, à envoyer sa démission au gouvernement, qui lui donna pour successeur Valdès, ministre de la guerre. Ce généra! eut l'honneur de signer le traité d'humanité par lequel lord Elliot espérait mettre un terme aux barbaries des deux partis.

Valdôs, après avoir reçu de nombreux renforts, marcha à la défense d'Estolla, scrréo de près par les carlistes. Les bataillons de Zumalacarrégui s'opposèrent à son passage à travers la Sierra d'Andie. Ils l'attendirent au pertuisd'Artaga, et l'obligèrent à accepter le combat dans ces parages neigeux et escarpés.

Les troupes christines parvinrent à franchir l'obstacle qui leur était opposé. Elles arrivèrent à Estella dans un état complet de délabrement, comme si elles avaient éprouvé un formidable échec. Dans la nuit qui suivit cet engagement, les soldats, obligés de marcher dans les ténèbres, se croyant tout à coup surpris, s'étaient mis à tirer les uns sur les autres, et une panique s'en était suivie. L'ar-

mée on resta triste, abattue; l'impression, au début de la guerre, était mauvaise, les soldats étaient découragés.

Quelques jours après, Zumalacarrégui tombait sur les chrJstinos à Guernica; il leiir tuait un millier d'iiom mes, leur on prenait 300 ainsi que deux pièces d'artillerie, uii convoi chargé d'elTcts, do munitions et do fusils. Co fut un désastre complet.

Don Carlos entre triomphalement i\ Estolla; Valdès recule sur toute la ligne; Zumalacarrégui poursuit ses succès; il s'empare de la route de Franco dont les Christinos tenaient à le séparer; il enveloppe Espartéro sur les hauteurs de Dcscarga et lui fait perdre 2.000 hommes. Espartéro court s'enfermer dapsBilbao avec les débris de son armée.

Don Carlos pouvait marcher alors sur Madrid. Ce ne fut pas Tavis de Zumalacarrégui dont les yeux étaient toujours fixés sur Bilhao, comme attirés parla fatalité. Co fut on cflct, devant cette ville, que, le 15 juin, Zumalacarrégui reçut une balle à la jambe, en réglant le tir d'une de ses batteries. Conduit à Durango, un empirique tenta do lui ex-

Irairo la ballo; rextraction faite le 24 dans do mauvaises conditions, amena la mort du blessé.

CONSftQUENCirS DE LA MORT DE ZUMALA-

CARRÉGUI

Aucun événement ne pouvait être plus fatal aux carlistes, plus favorable aux christinos. Zumalacnrréfïui avait été l'Amo de rinsurrection. C'est i\ lui qu'on devait tout, infanterie, cavalerie, artillerie, fonderie, personnel, matériel, munitions, approvisionnements, équipement. Tout reposait sur lui ; toujours »\ rouvre, no se reposant jamais, droit, inllcxible, nullement préoccupé des choses extérieures; sans vanité, mais avec la noble liertô de celui qui sent sa valeur; toujours pensif et réfléchi, pénétrant d'un coup d'œil profond la pensée de quiconque l'approchait, scrutant les consciences avec un regard d'aigle, rapide dans la conception, hardi dans l'exécution; plein d'égards pour le mérite personnel, dédaignant les formes

trop conventionnelles, il était simple jusqu'à Tabnôgation lu plus entière. Son testament no fut pas lonp; : « Jo laisse ma femme et trois a filles; ce sont les seuls biens que je pos- « sôdo. Je n'ai rien de plus à laisser (1). ©

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