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L EXPLOSION

Mario Christine, née i\ Naples, le 27 avril, 1800, était âgée de 27 ans et 5 mois,- au mo-

ment où, parla mort de Ferdinand VII, son époux, elle se trouva appelée à prendre en mains les rônos do la monarchie espagnole.

Belle, intelligente, ayant du goût pour l'étude, devenue on un instant dispensatrice de toutes les faveurs dans un pays où les hautes positions dépendaient exclusivement de la faveur royale, elle voulut gouverner selon les impulsions de son cœur généreux et de son imagination plus ardente qu'il no convenait i\ sa tâche aussi lourde que délicate. Elle fut bientôt dôbordco |)ur les libéraux auxiiuols résistait son premier ministre, Zéa-Bermudez, interprète fidèle des vues politiques de la régente.

Comme première manifestation do ces vues, Marie Christine promulgua, le 10 juillet 183 1, le |)rogramme do son gouvernement, sous le nom de Statut royal^ rédigé par Martinez de la Rosa, dans lequel tout en faisant quelques concessions à l'esprit qui régnait sur une partie de la nation depuis 1812et1S23, elle affirmait le pouvoir royal.

Les libéraux, de leur côté, réclamaient hautement la Constitution, dite de Cadix, qui

avait amené en Espagne l'intervention des puissances formant la Sainte-Alliance.

Le mécontentement des libéraux se Iraduisail par des actes tumultueux qui augmentaient les inquiétudes, déjà grandes, causées 'à la reine et à son gouvernement par une insurrection à main armée, née dans certaines provinces au lendemain de la mort do Ferdinand VU.

Les vives protestations de don Carlos, frère de Ferdinand, contre le testament du roi défunt qui, par Tabolition de la loi salique, Texcluait au trône d'Espagne au profit de sa fille Isabelle, avaient eu un retentissant écho sur plusieurs points de la péninsule, notamment dans les provinces du nord, dont les convictions religieuses et monarchiques avaient été préservées jusque-là du vent révolutionnaire par la nature abrupte de leur territoire.

T,o premier rri en faveur de don Carlos fut jeté, le l*"^ octobre 1833, à Tulavera, — Estramadure — par un administrateur des postes, nommé Gonzalès. Son appel fut peu entendu. Acculé e; poursuivi par les troupes

qu'aidaient les paysans eux-mômos, il fut fait prisonnier et fusillé avec ses deux fils, jeunes {îons do 10 à IS ans, auxquels il avait mis les armesàlannain. Î/Estraniadure n'était [)as une lorro pr()|)icOî\ Tinsurrootion; son voisinage du Porlugal. la facililô et la fréquence de ses relations avec la France révolutionnaire et l'Angleterre protestante, en avaient fait une proie facile pour le libéralisme. Gonzalôs paya de sa vie et do celle de ses enfants la faute de s'être trompé de temps et de lieux; mais les détonations de sa fusillade n'étoufifèrent pas son dernier cri : Vive don Carlos! Les montagnes du nord le répétèrent, et bientôt, des pics neigeux, comme des fraîches vallées de la Navarre, de TAlava du Guipuscoa, de T Aragon surgirent de nombreuses guérillas, joignant à leur valeur naturelle le fanatisme monarchique et religieux que leur soufflaient leurs chefs par des proclamations exaltées dont nous avons vu plus haut un spécimen. C'était: Zavala à Rilbao, Vérastôgui t\ Vittoria, Santos, Ladron à Pampelune. La vieille Castille, le Maestrazgo ne se font pas attendre: la Cata-

— Sologne même s'organise et arme ses bandes.

Cependant les promoteurs de ces mouvements n'auraient pas réussi sans un chef unique, spécial.

Par bonheur pour eux, ce chef vint à se manifester. Un lieutenant colonel de l'armée, natif d'Ormaiztégui, éloigné du service pour avoir manifesté d'une manière trop ouverte, ses opinions absolutistes, alors interné t\ Pampelune, s'était échappé de sa résidence, au premier bruit de soulèvement des Navarrais, et venait offrir son concours. Ses allures martiales, son rapide coup d'œil, le don du commandement qu'il possédait au plus haut degré , ses connaissances spéciales dans l'art do la guerre; plus que tout, réncrgio de son caractère et la portée de ses conseils avaient immédiatement fixé tous les regards.

Zumalacarrégui — chacun Ta reconnu à ce portrait que j'emprunte à un de ses adversaires politiques, M. Iluhbart, auteur d'une hisioire de l'Espagne moderne — Zumalacarrégui indique de suite la nécessité de se mettre en communication avec les députations do la Biscaye et de l'Alava, et se rend

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