‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 14 sur 117 · Voir aux pidcesjustiflcaUves · texte numérisé non relu

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taillon qui devra pi^endre pari à l'expédition de Constau- Une.

Les difficultés de l'administration étaient grandes, car eu même temps que l'on orgaaisiiil le deuxième iKiUiillon, il fallait préparer le détachement destiné a Bougie et le bataillon de mai*che fort de ôOO hommes prélevés sur les deux autres lialailloub. Le cliuf de bataillon Hodu«ui en avait le commandement.

Les compagnies de la Légion étrangère débarquent les 22 et 24 septembre à Bône, où règne un mouvement extraordinaire par suite de l'arrivée des troupes de toutes armes, du 12* et du 26* de ligne, du matériel de siège, enfin du duc de Nemours avec une suite nombreuse \ il est accompagné du général Valée, de l'artillerie, et du général Rehaut de Fleury, du génie. Le 26, le bataillon va bivouaquer au camp de Dréau. Le 27, il sert d'escorte au duc de Nemoure et arrive au Ciimp de Medjez-Amar où s'organise le corps expéditionnaire. Celui-ci est divisé en quatre brigades : la premièi^, sous les ordres du duc i\r. Nemours ; la deuxième, ëous le général Trézel ; la troisième, composée du bataillon de la Légion étrangère, du troisième bataillon d'Afrique, du 1*' bataillon du 26', de deux escadrons du V chast^eurs d'Afrique, de deux osc^idrons de spahis et de deux sections de pièces de montagne, est sous les ordres du général llulhière; la quatrième brigade e8l connnaudce par le colonel Condie, du 47*'.

L'armée française en deux échelons, à vingt-quatre heures d'intervalle, n'est pas inquiétée dans sa marche sur Couslantiiie ; les deux premières brigades, formant le premier échelon escortant le matériel de siège, partent le 1*' octobre; le deuxième échelon, composé des 3* et 4' brigades avec le convoi, se mettent en marche le 2 et campent au sommet du col de Ras-el- Akba ; le 3, à Sidi- Tamtam ; le 4, les deux échelons réunis arrivent à Somma et vont s'installer au camp où avaient été massacrés les soldats du 62*, en 1836.

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Le mauvais temps commence, une pluie glacée vient mouiller les soldais jusqu'aux os. Le 6 octobre, T.ivantgnrdiî prend pied sur le plateau du Mansourah, le parc de siège sous la garde de la 2' brigade sur le plateau de SidiMabrouk, tandis que les 3" et 4^ brigades, sous les ordres du général Rulhière, vont s'installer sur le Coudiat- Aty , position excellente à portée du point d'attaque probable. Le terrain forme un plateau assez vaste qui s'abaisse vers Constantine par des escarpements rocheux, formés par des terrasses successives et coupés de ravins permotUuit à l'ennemi de s'cipprocher presque à couvert.

Le général de Rulhière dispose sa brigade dans l'ordre suivant : IV bataillon d'Afrique, 20' de ligue, Légion étran- ^'ère, il fait couvrir immédiatement les camps par un mur en pierres sèches. La précaution était bonne, cardans la nuit du 6 au 7, 400 à 500 Kabyles prolitant d'un ravin se jettent sur la gauche de la ligne ; ils sont repoussés par l'artillerie et la Jiégion.

Malgré les sorti(»s des assiégés, les batteries de siège n'en sont pas moins commencées ; le général Valée, qui dirige l'artillerie, en fait construire trois sur le Mansourah et deux sur le Coudiat-Aty. Le 7, à 7 lienres du malin, la sortie de la nuit est renouvelée sur deux points différents: les zouaves sont attaqués sur le Mansourah, tandis que 1,200 à 1,500 Kabyles, profitant des couverts du terrain, se jettent sur les camps du Coudiat-Aty ; en même temps, le 47^ qui couvre les camps du côté de la campagne, est attaqué par la cavalerie arabe.

Les Kabyles s'élancent d'abord sur la Légion: leur pi'emier choc est repoussé par les feux de deux rangs ; ils reviennent à la charge ; un groupe de réguliers, entraînés par un chef, vient piauler \\\\ drapeau rouge siu' ime ruine, à dix pas du retranchement. Une section, commandée par le sorgent-major Doze , se précipite à la baïonnette cl enlève le drapeau. Les Kabyles reviennent à la charge et attaquent le 26'' placé au centre. Us sont repoussés, tandis

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que le 47* et le 1" chasseurs, soutenus par deux pièces de campagne, tiennent la cavalerie arabe en respect.

Les souffrances qui avaient accablé les troupes au premier siège recommencent, les pluies continuelles détrempent le terrain, les hommes pataugent dans la boneet ne pouvonl 60 séclior; c^)Kt avec bien du mal qu'ils peuvent garantir leurs armes et leurs munitions de riiumidité.

Malgré les pluies torrentielles, les accidents de toute sorte, les pièces de 24 et de 16 renversées dans les ravins, les difficultés occasionnées par le manque de terre pour construire les coffres des batteries que Ton est obligé de faire avec des sacs à terre, que Ton se passe de main en main, les travaux de siège avancent cependant vigoureusement.

Le 9 octobre, la canonnade commence, Tartillerie de la ville est réduite au silence, mais les bombes n'allument que de vai*es incendies au milieu des maisons arabes. La ville continue sa résistance.

Les assiégés renouvellent la tentative du 7 et essaient une sortie. Les légionnaires accueillent l'ennemi avec leur tactique ordinaire : ils le laissent arriver à petite portée, font une décbargo, franchissent le rctrancbonicnt et se jettent en avant à la baïonnette. Cette affaire coûte au bataillon cinq tués et vingt-un blessés.

Le plateau du Coudiat-Aty est choisi pour établir les batteries do brèche. Celles du Mansourah sont désarniécs et presque tous les hommes du bataillon sont employés comme ti^availlcurs pour la construction des quatre batteries que l'on y élève.

Le 11, le feu recommence, l'artillerie ennemie est réduite au silence, les murs sont démolis en plusieurs endroits, le tir en brèche est commencé aussitôt, il est continué le 12 ; dans la nuit, la liô^^ioii fournit encore dtîs travailleurs à la tranchée construite en avant des batteries. Le 12 au matin, le général en chef Damrémoni est tué par un boulet, tandis que son chef d'état-major, le

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général Perrégaux, est blessé mortellement d'une balle à la ttîle.

L(î général Valée prend le commandement et, dans la nuit, fait paraître Tordre donnant les dispositions de Tassant ()ni aura lieu le lendemain 13.

A cinq heures du matin, les trois colonnes d'assaut se massent dans la place d'armes et dans le ravin attenant à la batterie de brèche.

La première colonne est sous les ordres du lieutenantcolonel de Lamoriciëre. La deuxième est commandée par le colonel Combe, du 47' (ancien colonel de la Légion); il a sous ses ordres les chefs de bataillon Bedeau étLeclerc, du bataillon (TAfriiine.

(«ctte colonne se compose de 80 sapeiu's du génie, 100 hommes du 3' bataillon d'Afrique, 100 hommes de la Légion, formés en deux pelotons commandés : le premier, par le c.ipitaine Serviez et le deuxième par le capitaine de Saini-Arnaud * ; ol onlin, de 300 honnnos du 47" de ligne. La troisième colonne est connnandée par le colonel Gorbin.

A 7 heures, l'assaut est donné ; la première colonne franchit la brèche, s'engage dans la ville où elle trouve une résistance acharnée ; ime mine qui saute , un pan de nuir qui s'écroule, ensevelissent de nombreux assaillants,

La deuxième colonne est lancée par détachements successifs, dès que la première a dépassé la brèche. A droite de la brèche, une mine fortement chargée éclate et brûle un gmnd nombre de soldats. J^es Turcs et les Kabyles se défendent avec rag<», la colonne (mi suivant la rue du Marché vient se heurter contre la barricade où s'est faite l'explosion qui a arrrté la première colonne; la barricade est enlevée, mais le colonel Combe est blessé mortellement de deux coups de feu ; il ne veut pas que personne

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