‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 15 sur 117 · Morl on Crimuc maréchal de Franco · texte numérisé non relu

Morl on Crimuc maréchal de Franco

TaccompagnA et s'en va seul, faire son rapport au duc de Nemours, puis à l'ambulance où il meurt le lendemain. Au delà de ce premier obstacle, se trouve une deuxième barricade plus forte que la première, les défendeurs (lostês dans les maisons voisines tirent par les ci*ém!aux, [lar les fenêtres arabes grandes comme des embrasures ; les soldats du génie sont obligés de percer les nuirs et de cbeminer dans les maisons pour refouler l'ennemi; peu à peu, il est rejeté dans la Kasbali où le capitaine Serviez cberclie à pénétrer. La résistance cesse, le capitaine de Saint- Arnaud, presque seul, traverse toute la ville et pousse jusqu'à la porte d'El-Kantara annoncer le succès aux troupes postées sur le Mansourab.

De nombreux actes de bravoure s'accomplissent. Le fourrier Bresson voulant enlever un drapeau a le poignet fracassé ; le sergent-major Doze, à la tôte de quelques volonlaii*es , culbute les déft nseurs du drapeau et s'en empare. Le détacbement de la légion a 21 bomnies tués ou blessés; la ville étant rendue, le ImLiillon est désigné pour y tenir garni^fon; le cbef de bataillon Bedeau est nommé commandant de place.

A la suite de la prise de Constantine, la Légion reroit plusii urs réconii>ensi*s : le counnaudaut Bedeau i!ht nonuné lieutenant-colonel et le capitaine de Saint-Arnaud est décoré.

Peudant qu'à Constiinline, la Légion ajouUiit une page glorieuse à son bistoire, quatre compagnies, de concert avec deux compagnies du bataillon d'Afri()ue, repoussaient avec succès une attaque des Kabyles sur Bougie.

A la suite de la brillante conduite tenue par la Légion depuis ta réorganisation, le ministre de la guerre prescrit l'organisation des compagnies d'élite dans les deux bataillons existants.

Les cboix doivent porter exclusivement sur les militaires qui se sont fait remarquer à la prise de Constantine ou qui auraient été blessés à l'armée d'Espagne. Un troi-

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tfièine bataillon, sans compagnies d'élite, est formé. L'effectif total de la I^égion est fixé à 3)095 hommes.

Malgré la dispci'sion de la Légion et les colonnes anxqnclles elle prend part, le général de Négrier passe Tinspection générale;.

Il constate : « Que le service se fait bien malgré Teffectif « auquel s'est élevé le 1^' bataillon (2,248 hommes). « Ksprit tout militaire dont il sera facile de tirer un bon « parti et d'obtenir de bons résultats. Police et discipline « bonnes et bien conçues. L'activité du soldat est entre- « lonuo , l'administration et la compUibililé sont bien « tenues et à jour. »

Sur la demande du colonel de Ilulsen, demande appuyée par le gouverneur, la Légion est réunie en majeure partie à Alger.

A la requête que lui présente le colonel pour obtenir un drapeau, le gouverneur répond : « Que dans quelques « mois, lorsqu'il sera convaincu de la bonne conduite des « soldais du corps, il donnera un avis favorable pour l'ob- « lention de l'honorable faveur que le ministre se propose «c de solliciter de la bienveillance royale. »

1838. — Les 4 compagnies qui étaient à Dougie et le bataillon resté h Constanline étant rentrés au commencement de •l'année 1838, la Légion était répartie de la façon suivante : 3 compagnies à Tixeraïn ; 4 compagnies à Birkadem ; 5 compagnies à la ferme modèle ; 12 compagnies et l'état-major au camp de Kouba ; le dépôt à Alger.

A la date du 8 janvier, le ministre décide l'organisation d'un petit dépôt composé du major, de l'officier d'habillement, du trésorier et de la 2" section de la compagnie hors rang ; d'un dépôt de convalescents et d'une section, dite de discipline, dans laquelle sont incorporés les hommes incorrigibles et qui seront employés aux travaux les plus pénibles.

L'année 1838 compte peu de faits de guerre à son actif.

Les bataillons sont disséminés sur les i*outes et se

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livrent à des travaux de colonisation. Les camps où sont installés les légionnaires sont souvent le théâtre de vols d'armes commis par les Arabes, qui ne craignent pas de venir la nuit affronter le feu des factionnciires, pour enlever un fusil d^m faisceau et quelquefois le faisceau entier. Nul n'ignore Tattraction exercée sur les Arabes par la vue d'un moukala. Pour punir bîs amateurs d'armes, voici le moyen qu'avaient trouvé les légionnaires :

Un homme se couchait le long d'un faisceau feignant de dormir. La gâchetle d'un des fusils étant rattachée à l'homme i)ar une ficelle qui se nouait au pied du prétendu donneur, qui laissait approcher l'Arabe. Celui-ci enlevant le faisceau faisait partir le coup, et comme la balle avait été coupée en quatre, il était rare que le maraudeur ne fût pas victime de son vol.

Les cngagemeuls continuent et, au 10 novembre, l'effectif est de 2,823 hommes. Le 2° bataillon, avec une partie du H"^ bataillon, est à Bougie, sous les ordres du lieutenant-colonel Bedeau, commandant supérieur de celte place; les convalescents sont au fort l'Empereur et les disciplinaires au Fort-Neuf.

Le général Rulhière passe l'inspection générale. Ses observations sont les suivantes :

L'esprit de corps est bun, la discipline s'affermit, les ventes d'effets sont inoins nonibn^uscs ainsi <|ue les punitions ; la police est bien exercée. Lt'S cliul4;urii de Tété et les travaux du génie ont fait perdre le numienient d'armes; il sera nécessaire de reprendre un peu les exercices avec la fraîcheur de l'automne; il n'y a eu ni marches militaires, ni tir à la cible. Le recrutement de l'armée vient en majeure partie du Non! de l'Europe; les hommes sont de haute taille; les moins grands viennent d'Italie et d'Allemagne, mais l'excès de buisson pour quelques hommes est la cause de toutes les maladies. Les registres d'ordre des compagnies ne sont pas tenus très brillamment....

1839. — Les travaux de colonisation continuent pendant le premier trimestre de l'année 1839.

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Le 1" bataillon est désigné pour prendre part à l'expédition contre Djidjelli, commandée par le chef d'escadron d'état-major de Salles.

Lus transports portant les troupes arrivent devant la ville le 13 mai ; la ville se rend, mais les chalands échouent en arrivant près de terre, les soldats sont obligés de se jeter à la mer; en même temps, les Kabyles se retirent dans les montagnes qui entourent la ville et commencent le feu ; il faut les en déloger. La compagnie de voltigeurs, sous les ordres du capitaine de Saint-Arnaud, arrive aux ruines d'un marabout situé à l'ouest de la vilb» et rbassc les Aralins à la baïonnette. Le sergent de grenadiers Uriand, avec sa section, perd trois hommes en enlevant une hauteur en face de la ville.

Chaque jour les avant-postes sont attaqués ; le 17 mai, les Kabyles en masses compactes se portent résolAnient en avant. Un obusier mis en batterie par le capitaine LebfBur tire à mitraille sur l'ennemi que l'on a laissé approcher à vingt pas. 200 légionnaires se jettent, baïonnette au canon, sur l'ennemi et le repoussent.

Un groupe de Kabyles essaie de profiter du combat pour enlever le poste du fort Duquesne. Le sergent qui commando atl^Mvl reuncnii à l)out porU'int : ini caporal et deux hommes sont mis hors de combat, Tennemi envahit le poste, mais le capitaine de Saint-Arnaud arrive avec sa compagnie et l'en cbasse après lui avoir fait subir des perles sérieuses.

Les Kabyles voyant leur attaque repoussée, se retirent. Ce combat nous cause une perte sérieuse: le brave commandant Ilorain, un des anciens de la première Légion et qui avait pris part a tous ses combats, est blessé mortelleniont.

De son côté, le lieutenant-colonel Bedeau n'était pas resté inactif; à la suite d'ordres lui prescrivant de faire une diversion autour de Bougie pour attirer de ce côté l'attention des Kabyles, il s'était porté le 12 mai, avec

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une colonne forle de 600 légionnaires, dans la vallée du Sahel, mais les feux allumés sur les montagnes avaient appelé les Kabyles aux armes, ils vinrent Taltaquer dans le col de Tizi. Les assaillants se jetèrent sur rarrièn*garde composée des grenadiers, tuèrent 2 hommes et en blessèrent 8 \ il fallut charger à la liaïonnette [M)nr arracher les cadavrobà renncnii. Le commandant de ramêregarde, lieutenant Lecomte, se fit particulièrement remarquer. Il fut cité à rordi*e avec le commandant Ilonvaiu et plusieurs autres, par le lieutenant-colonel liedeau.

Le 3* bataillon quitte Bougie pour aller rejoindre le 1'' bataillon à Djidjolly. A peine arrivé dans cette place, le commandant Honvaux est blessé.

Quelques jours après , attaque générale de toute la ligne par les Kabyles ; le commandant Honvaux, malgré sa blessure, commande son bataillon, à la di*oite des troupes. Les Kabyles, qui ont pour objectif un blockhaus défendu i>ar le lieutenant Cliarratle, sont vigoureusement repoussés, grâce à des décharges de mitraille qui les déciment.

Le commandant Honvaux est nouuné commandant supérieur de Djidjelly, en remplacement du commandant de Salles, pronui lieutenant-colonel.

A la lin de Tannée 18.-1D, les compagnies sont réparties entre Alger, le Kondonck, Konba. Un bataillon est à Djidjelly, un balaillon et demi à Bougie, sous les ordres du lieuttnant-coloncl Bedeau. I^a Légion fait partie de la 2* division, général de Don, dont le quartier général est à Birkadem, et fait brigade avec le 48' de ligne, sous le commandement du général Corbin.

Dans son inspection , le maréchal de camp de Dampierre fait les remarques suivantes :

L'esprit de curps vbï purfuit, c'est une excellente troupe, la discipline est iimiiiteiiiie avec toute la sévérité eouvenable, lea ventes d'effets diniioueut. I^ dispersion de la Légion aux avantpoètes rend Tinstraction très difficile, d'autant plus qu'elle est

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employée toujours dnus les cainps aux travaux du gctiio et de tcrrassemcut. 11 y a quelques cas d'ivrognerie, cause de beaucoup de fièvres. Helle tenue sous les armes. Les armes du détachement de Djifljelly étant toujours cliarpécs, leur entretien souffre <le VA*.iU*. dÎNpfisition iiidisprnHHhlo devant l'iMMunni. AdiiiiniHtratiuii et comptabilité bonnes. A Hougie, les hommes sont installés dans des bâtinif^nts convenables; partout ailleurs, les détachements sont logés dans des baraques en planches <]ni ne garantissent pas assez du soleil et des pluies. A la kasbali d'Alger et à Bougie, la troupe a des fournitures ; dans les autres postes, des hamacs. La visière réglementaire est trop petite pour garantir de Tardcur du soleil, le corps a été obligé d*eu adopter une plus grande. La Légion vient encor»' «le soutenir sa réputation comme troupe de guerre aux affaires de Bougie et de Djidjelly.

L'inspection générale était à peine tiTminée, que de graves événements viennent troubler la sécurité relative qui régnait dans la province d'Alger. Au mois de juillet, une assemblée des principaux chefs arabes à Mascara avait, d'après l'instigation d'Abd-ei-Kader, décidé la guerre sainte contre les chrétiens. En apprenant le passage de la colonne, commandée par le maréchal et le duc d'Orléans, à travers le défilé des Portcs-de-Fer dans les Bibans, l'émir regarde la paix de la Tafna comme rompue et prescrit a ses lieutenants do se jeter sur les territoires occui)és par les roumis. Les liadjoutes, alléchés par le pillage, commencent le mouvement, ils s'attaquent aux douars restes fidèles, aux fermes et aux petits détachements ; le 20 novembre, la Mitidja et même le Sahel sont inondés de bandes de cavaliers arabes accourus de tous côtés qui pillent, brûlent, saccagent loute la plaine. En même temps, Abd-el-Karler envoie une déclaration de guerre arrogante au maréchal gouverneur.

Celui-ci relève une partie des troupes des camps retranchés et des postes fortifiés et en forme deux colonnes mobiles qui opèrent vers Bouiïarick et Ulidali. La Légion étrangère, qui a la plus grande partie de ses compagnies détachées dans la province de Constantine, occupe le Fon-

douck; elle fuit partie d'une colonne sons le général de Dampierre, chargé de ravitailler les camps de l'Arba, de MouBlaphaetduFondouck, qui couvrent TEst de nos territoires.

Pendant le cours de cotte année, radininistratlon fail divers essais, elle vtMit donner à la troupe la lente-bonnet do [lolice à 10 honnnes et la tente-nian|nih4! pour les oiliciers. Mais roxpôriruri* ne n'^ibsit [»as, les toiilus étaient trop lourdes à transporter et ne pouvaient servir dans les expéditions.

L'intendance met eu distribution de la semoule au lieu de pain de soupe, mais les hommes ne peuvent 6*accoutumer à cette nouvelle denrée.

Par ordonnance royale du l*' octobre 1839 ', un 4" bataillon était formé à Pan, sous les ordres du commandant Ferrari \ il se composait de réfugiés espagnols qui avaient contracté un engagement de tmis ans.

Le lieutenant-colonel Bedeau est nommé colonel et remplacé à la Légion, [var le lieutenant-colonel Picouleau.

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