‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 22 sur 117 · Mort gûndral do division · texte numérisé non relu

Mort gûndral do division

assaillants ; les Arabes cèdent devant cette démonstration, mais à peine les troupes sont-elles rentrées dans le camp, que les escarmouches recommencent.

Alln de les tenir à distance, le colonel veut faire enlever et occuper un mamelon, d'où les Arabes inquiètent le camp. La 2" compagnie du 2*^ bataillon, sous les ordres du lieutenant Eitorf, est envoyée dans ce but. Mais cet ofiicier se trompe de route, se trouve cerné au milieu des Arabes, et sous los feux croisés de Tennemi , il tombe foudroyé de deux balles, ainsi que le caporal Mettarly qui le suivait. Deux compagnies dirigées par le chef de bataillon sont envoyées immédiatement ; elles font reculer l'ennemi et sauvent le reste du détachement.

Dans ce petit combat, un chef arabe était tombé mortellement frappé par M. Vinoy. Un combat homérique s'engage sur le cadavre de ce chef entre les légionnaires et les Arabes qui veulent Tenlever. Ils y parviennent et l'ninpoi'ttMit dans hnirs hr.is, mais hioiitôt ils sont refoulés sur une petite plate-forme qui surplombe mi précipice. Plutôt que de se rendre, les Arabes s'enveloppent la tête dans le capuchon de leur burnous et se jettent dans l'abîme avec leur fardeau.

Dans cette journée, on n'eut qu'à se féliciter de l'application du système des avant-postes usités en Afrique, système dont voici les bases.

Une compagnie forme une grand'garde. Dans la journée, elle occupe un point dominant à 200 ou 300 mètres de la face du camp qu'elle est chargée de couvrir.

Deux ou trois csconados sont placées en avant comme petits postes, les scîntinelles j»ar deux sont rapprochées des petits poster. La grand'garde et les petits postes doivent se forlilior. Les travaux sont sommaires, un petite, fossé en fer à cheval, une levée de terre, un mur en pierres sèches; avec ces précautions on évite d'avoir des hommes lues ou blessés. A la nuit tombante, on reconnaît le nouvel emplacement que doivent prendre les avant-postes; ils

roccuponl avant que Tobscurilé soit complète et ont soin do se forlillor plus soliilemeut que dans le jour; les sentinelles sont rapprochées, elles surveillent attentivement le terrain qu'elles ont devant elles, chaque pierre, chaque touffe d'herbes, chaque buisson peut cacher un Arabe qui viendra les surprendre. Dans les postes, un homme sur deux veille son arme à la main. Si l'ennemi se présente on force, ou l'attend de pied ferme, sur le commandement de rorUcier, on fait un feu de peloton, puis une charge à la Imïonnelte et Ton rentre dans la position pour attendre de nouveau l'attaque de l'ennemi. Les sentinelles ne devaient jamais tirer, elles ne pouvaient se défendis qu'avec la baïonnette. 11 était alors de tradition dans la Légion qu'une sentinelle qui avait fait feu pendant la nuit et qui ne rapportait pas la tête de TAraliC, était punie de 15 jours do prison.

Le colonel Despinoy, îo conimamlant do Capn^z et le capitaine adjudant-major Vinoy sont cités pour leur bnivoure et leur belle conduite pendant toutes ces colonnes.

L'année 1842 6e termine par des colonnes de ravitaillement qui ne causent que des pertes minimes occasionnées par le feu de Tennemi ; elles sont plus nombreuses parle fait de l'iniprudence des légionnairesqui s'éloignent des camps pour chasser et pécher et qui tombent victimes des Arabes qui les guetteur, leur coupent le cou et les mutilent.

M. le général Fabvier pusse l'inspection générale du régiment ci Mostaganem, ainsi que des deux compagnies du 3' bat.iillon détachées à Arzew et du dépôt à Oran.

Nous extrayons de Tordre laissé au corps les remarques suivantes :

Le r<Sgiuieiit se fait autant admirer au travail que devant l'euneiiii, il est correct eu marche, ce qui lui donne une teinte gernianiciue. L'esprit de corps est bon, on ne fait pas de politique. Les hommes sont enclins à la discipline. Mais les règles de police

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9oiit plus (lifncilos à fairu^ubscrvcr. L*ivrr.88o est le mal doininaiit, il faut aiic scvcritc eoutciuic et exorcéo à propos.

Le corps était tombé bien bas sous une mauvaise direction, il se relève à vue dVil sous le chef actuel. Quelques sous-officiers comptables exploitent le soldat au profit de leurs plaisirs et de leurs passions désordonnées. Le régiment marche constamment, le tir à la cible a été bien suivi par les recrues ; les anciens soldats apprennent à tirer contre les Arabes. La nourriture est saine, mais souvent insuffisante en marche. Les soldats, hommes du Nord, d'une belle taille, forts mangeurs, ont souvent faim; ils ont alors recours à toutes sortes de moyens pour Tassouvir. Les armes a percussion ont été délivrées pour tout le régiment et sont bien entretenues. Les prix des pensions sont : officiers supérieurs, 100 fr., capitaines, 80 fr., lieutenants et sous-lieutenants 60 à Cift fr. ; :i Arzrw, 1<*« oOiricrs vivent de la chaise et «le la pôchc. Les légumes sont pris en partie dans les jardins de la compagnie.

1843. — Les deux premiers mois de Tannée sont calmes. Le colonel Despinoy est nommé au commandement du 06" de ligne et est remplacé au 1*' régiment étranger par le colon<»l Monrel.

Au mois de mars, le 2' bataillon fait partie de la colonno du général Gentil, chez les Dcni-Zéroulès, des Fliltas. Tous les troupeaux de la tribu sont razziés ; la population se retranche dans le marabout et la maison de Sidi-Lakdar. Attaqués jiar le 32^ de ligue, soutenu par les voltigeurs du 1" élranger, les Arabes se défendent bravement et opposent une vive résii>tance. 211 hommes sont tués et 713 sont prii^oiniiers.

Le lendemain , le 2* bataillon est à Tavant-garde et chargé de la conduite et de la garde de la razzia de la veilhî.

La conduite et la garde d'une razzia sont une des corvées les plus lîunuyeuses que Ton puisse imposer à des troupes franraises ; mener un nombreux troupeau composé de boucs, d'anes, de vaches, de moutons, de chèvres, do ihevaux, est un travail très fatigant, où 100 Français ne font pas la besogne de 10 Arabes; c'est une course de tous les instants pour ramener les fuyards vers le gros du

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convoi. 11 faut être doué d'une patience que rien ne rebute. H est vrai qu'arrivé à l'étape, un ou deux moutons viennent améliorer l'ordinaire des compagnies et compensent les ennuis que leur conduite a donnés.

Au mois de mai suivant, le général Gentil fait une nouvelle expédition chez les Flittas, pendant laquelle le capitaine adjudant-major Vinoy et le sergent-major Deschamps sont cités à Tordre.

En juin, le 2* bataillon fait (lartie de la colonne du général DourjoUy, dirigée dans TOuarensenis. Les tribus résistent avec vigueur dans les montagnes des Matmatas. Le 17 juin, en quittant le bivouac de Bou-Arbi, Tarrièregarde, engagée dans un défilé, est attaquée par Tennemi qui garnit les crêtes à droite et à gauche du chemin buivi par le l>ataillon. Les Arabes cherchent à couper le bataillon du gros de la colonne. Ils font rouler des quartiers de roche qui écrasent les légionnaires et obstruent la route ; le commandant de Caprez fait poser les sacs à terre à la compagnie dt! grenadiers et la lance à res4:alade dos rochers où sont embusqués les Arabes. Ceux-ci, chassés de leurs positions, se contentent alors de tirailler de loin contre Tarrière-garde. Le sous-lieutenant Berset, qui avait reçu 12 blessures au combat de Zubiri, en Est>agne, tombe frappé mortellement. Gn^co aux clforts de M. le Bous-lieutenant Koslowski et du capoi-al Stiitter, sou cadavre est enlevé à l'ennemi.

Le 4 juillet, la colonne attaque l'ennemi à Zamorah ; une portion du régiment, sous les ordres tlu colonel Mouret, prend part à ce comlkit qui est vigoureusement mené. Le 1'' bataillon fait partie de la colonne Pélissier, qui opère dans le bas Chélif, vers Ténès et Orléansville. Le 2 juin, la colonne Pélissier se réunit à Orléansville aux troupes conduites [»ar \r. maréchal Bugeaud. Ce l>ataillon prend part aux dillerentes expéditions tentées contre les tribus. La colonne est dirigée sur Ténès où le maréchal, en s'embarquant, décide l'installatiou d'une redoute. Le

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bataillon s'installe alors au camp d'El-Esnam, entre Ténès et Orléansville, et travaille à la route. Il prend part à une colonne dans TOuarensenis, sous les ordres du général Cavaignac, et y fait 500 prisonniers. Pendant le reste de Tannée, il est employé aux travaux de route, à la construction du poste d'OrléansvilIe, à jeter un pont sur le Gliélif et à faire quelques petites colonnes chez les tribus environnantes, toujours remuantes.

Le 3" bataillon est à Oran ; la compagnie de voltigeurs sert d'escorte au général de Lamoricière, dans la plaine de la Mekerra, vers le marabout de Sidi-bel-Abbès, où le général Bedeau établissait un poste pour maintenir les Deni-Amcr cl arrêter les incursions des Beni-Mataret des Djafras. Le reste du bataillon, sous les ordres du commandant Mancelon, vient rejoindre les voltigeurs à Bel- Abbès !i la fm de novembre et y reste jusqu'au mois de juin 1844. Le bataillon est campé, il fait des reconnaissances autour do son camp deux fois p.u* semaine.

L'inspection générale est passée par le général de Lamoricière, qui constate :

L'esprit de corps est bien supérieur à ce que Ton serait en droit d'attendre d'une troupe formée d'éléments aussi hétérogènes. L'esprit français anime les offîc'Jcrs ; lu type allemand domino dans la troupe; la police et la discipline sont sévères et justes, mais les moyens de répression sont quelquefois insuffisants pour l'espèce d'hommes composant \v. corps. Le répinient est continuellement en mouvement; les honnnes sont forts et robustes mais enclins à l'ivrognerie. L'intempérance chez les hommes du Nord est la principale cause des maladies pendant la saison des chaleurs; ils ont des tendances fâcheuses à la désertion, aux ventes d'effets. La casquette en carton laisse à désirer sous le rapport de la solidité, il vaudrait mieux une ca8(|uette sans carton.

L'administration et la comptahiiité sont suHîsantes; les oflîciers doivent coiinnître nominativement leurs honnnes, et môme surveiller leur conduite hors du rang.

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