CHAPITRE II
Colonnes contre Boii-Maza. — Crôuiion ilo 8idi-bcl-AblM*8. — Inspection tlu général Thierry on 1814. — I8ij. Opérations contre Buullaza. — Gliangemcntâ dans la tomu*. — Colonnes du colonel Haint- Aniaud. — Colonne Lamoricirro clicx les Plittas. — (lulonno do Dourjolly attaquée par lion-Mazii. — Le marabout est Iile»s4^. ~ Inspection du général Thierry. — 18)6. i^olonnos du rolonul Korte. — (Construction et insiullalion du poste do Dayu. — Mort du colonel Mourct qui *)sl n^mplacû par le colonel Mellinot. — Colonne Caiirobert. — Coloiuio lioche. — Los grenadiers Dukick ai Schritt penlent la colonne i*t r<Mitrent 11 jours après à Bel-Abbès, avec leurs muh'ts, leurs amies et les luigagcs de leur capitaine. — Le colonel Mellinet est nommé un cumniandement du corcle do Bcl- Abbès.
On coutiniK*, ou 1844, Ic8 travaux (!utn!|iri8 à la liu ilc Tannée prêt édeulc.
Au mois ilu mai, le 2" biilaillou prend part à roxpédilion commandée par le ( olonel de Saint-Arnaud, du 53' de ligne, conlrc le marabout Hou-Maza, qui avait soulevé le Dahra. A la rentrée du bataillon à Orléaufiville , le marécbal Bugoaud réunit les officiers et les complimente sur la vigueur et la constance dont le Imtaillon a fuit preuve. Plus tard, le baiaillon prend part à une nouvrlle expédition dans rOuarensonis, sous les oi-dres du duc d'Aumale. La compagnie de grenadiers, «(ui esta l'arrièregaitle, se fait remarquer par sa bravoure et sa bonne tenue, elle s'attire 1( s compliments du prince.
A la lin du mois de juin, le ^' Uitaillon est envoyé à Mostaganem et employé à dos travaux d'irrigation. Au 15 août, il va oc( uper le poste du Kiiamis des Beui- Ouragh.
Ce po» te se compose d'une petite redoute l»âtie sur les
bords de l*Oued-Riou, près d'un grand marché qui doit être surveillé (aujourd'hui Ammi-Moussa). Un carré de ninrs, défendu par des fossés ayant à chaque angle un bastion, entoure les magasins et quelques baraques en planches ou en pisé. Les magasins contiennent un approvisionnement de 100,000 rations ; la cavalerie a ses clievaux à la corde le long des murs de la redoute et au pied de Inquelle coule TOued-Riou , torrent impétueux en hiver et simple ruisseau en été.
Aussitôt son installation terminée, le bataillon fait des expéditions de nuit, dans le but de surprendre Bou-Maza; il a quelques engagements avec les Beni-Ouragh et les Sbéah, tribus pillardes renommées dans la région.
le 17 septembre, le colonel Mouret, avec le 2" bataillon et les deux compagnies d'élile du 3', fait partie de la colonne du général Bourjolly, qui pousse une pointe jusqu'à Tiaret.
Les bataillons actifs passent le printemps et une partie de Télé à faire colonne, soit sous les ordres du général Bourjolly, soit sous ceux des colonels Saint-Arnaud et Canrobert. Ce ne sont que marches et contre-marches à la poursuite du chérif Bou-Maza.
Au mois d'octobre, une partie du régiment va occuper Bel-Abbès, petite redoute construite l'année précédente pour servir de biscuit-ville pour le ravitaillement des colonnes opérant dans la vallcn de la Mekerra. Au mois de janvier 1845, cette redoute fut attaquée par des Arabes qui avaient tenté de surprendre le poste : 43 Arabes furent tués et enterrés au pied du peuplier d'Abd-el-Kader.
Ce peuplier, le fouI qui nxista dans la contrée, ct.iit plante dans le terrain où se trouve actuellement le jaixlin public; il servait de point de repère aux colonnes qui opéraient dans le pays.
La fin de l'aunéeest assez tranquille sous le rapport des opérations militaires. Les légionnaires déposent le fusil et travaillent aux fortifications de Sidi-bel-Abbès, à
iK) LA LÉGION ÉTllANGkRK.
Mascara, au Rio-Salado, au Khamis des Bcui-Oui*agh, au camp (les Gorges près de Ténès; la secliou de discipline coustruil le village de Saiul-Deuisdu-Sig.
L'iuspeclion générale esl passée par le géuéitil Thierry, commandanl la suMivisiou d'Orau, délégué. Il coaslale que :
L'effectif da régiment hbï de 2,7B4 hommes ; lei moyeiiA
do réproMioii sont iiiButfisautfl pour rc8|>èce d*liomines dont l<* corps est composé. La santé de certains soldats se ressent de l«*ur iucouduite. Le pain conte GO cent, le kilogr. ; la viande, 70 cent.
Pendant Tannée 1844, Tuniforme avait subi quelques changements.
La troupe conserve Thabit à la française, le pantalon garance, la capote avec six gros boulons d'uniforme. Les boutons portent le numéro du régiment avec la légende : Légion étrangère.
Les sous-ofllciers portent la capote à taille avec 6 gros boutons au lieu de 7, pour ne pas les confondre avec les olllciers.
Les officiers conservent Thabit à la française, la capote à taille avec 7 gros boutons, le baudrier et le grand collet en drap bli*u, prescrit par Tordonnance de 1821. Le shako ne porte plus que la cocarde nationale et le numéro du régiment en cuivre jaune poli, s'adaptant sur le milieu du bourdaloue par une agrafe verticale.
1845. — I/anuée 184;*) donne lieu à plus d*opérations de guerre que Tannée précédente.
Bou-Maza tenait toujours la campagne et venait de bc faire proclamer sultan du Dahra par ses [lartisans.
Le commandant Manc'elon occupait le posUî du Kliamis, au pied de TOuaronsenis, avec le 3* liataillon. Au mois de février, le commandant, apprenant que Bou-Maxa a reçu la diifa dans un tluuar tles Sbéab, tente une petite expédition pour enlever le marabout. Il fait une marche
de unit et arrive au petit jour près du campement où le chérif était établi ; tout était prêt pour Tatlaque , lorsqu'on mettant les capsules sur les clieminées des fusils, un coup part et donne Talarme dans le camp ennemi. Bou-Maza, à la tête de quelques partisans, saute à cheval et parvient à s'enfuir. L'expédition était manquée.
Quelques jours après, les tribus insoumises du cercle d'Orléansville pénètrent par force sur le territoire soumis et y campent. Le commandant Mancelon les surprend au point du jour, les bat et leur razzie leurs troupeaux.
BouMaza, continuant k(îs voyages à Iraviîrs les tribus, est reçu avec entliousiasmc dans la zaouia de Chedly où les Deni-Mcsselem lui offrent la diffa. Il importait de frapper un coup décisif et de mettre lin par un coup de force aux défections qui se produisaient dans les tribus soumibes.
Une colonne commandée par le colonel de Saint-Arnaud part d'Orléansville et parcourt toute la subdivision. Le 2* batf'iillon, qui fait partie de cette colonne, prend part aux combats des 20 et 21 mai sur les plateaux des Tedjamals et sur les hauteurs de Sidi-ben-Abbcd, chez les Beni-Mezroug. Placé à l'aile droite, le bataillon débusque l'ennemi de ses positions et le rejette dans les bois ; puis les Ouled-Touaès sont surpris et razziés.
Par ordonnance royale du 25 avril 1845*, la tenue 8u))it les modifications suivantes:
L'habit à la française est supprimé et remplacé par une tunique de drnp bleu boutonnant droit sur la poitrine au moyen ^le neuf gros boutons ; collet, parement et pattes de parement en drap dn fond ; passe- poils et attributs en drap garance; les boulons restent les mêmes. La capote, dite capote-pardessus, en drap gris de fer, est maintenue ; les sous-ofliciers et les musiciens ont aussi la capote, sans taille. La capote d'oflicier est supprimée ainsi