‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 26 sur 117 · Actucllemont Nomours · texte numérisé non relu

Actucllemont Nomours

M£0. AtkAROKRB.

08 LA LÉGION ÉTUANOKIIK.

ger n'y prend pas pari. Il est dirigé sur Bel-A))bès el fait partie de la colonne du général Thierry, commandant la subdivision d*Oran, qui a pour mission de maintenir dans le devoir les quelques tribus des Beni-Amer qui n'avaient pas quitlé le pays, et de protéger les territoires dt^ l'Est, contre une pointe d'Alxl-el-Kador qui pousse jusqu'à la Mekerra.

Le bataillon rayonne autour de Bel-Abbés, de Mascara et du Tlélat; il prend part à une razzia sur les Azedj, près de rOued-Sarno. G,000 sacs de blé sont envoyés à Bel- Abbès et 20,000 à Oran.

Après avoir pacifié l'Ouest de la province, le général de Lamoricière s'occupe de dégager Mascara, de rétablir les communications de cotte ville avec Oran et de réduire les tribus restées* fidèles à Abd*el-Kader. Pendant que le général Bourjolly et le colonel Saint-Arnaud opèrent dans les Flittas et sur la Mina, le général de Lamoricière prenant Mascara comme base, bat tout le pays depuis la Mina jusqu'à Saida. I^cs Arabes, poursuivis constamment par des colonnes légères, razziés à blanc, sont amenés à composition et font (leu à peu leur soumission.

Le 1*' étranger fournit un bataillon de marche à la colonne du général Korte, (|ui a remplacé dans le commandement de la sulxlivision de M;Lsrara le génênil (léry, rentré en France pour y mourir. Apprenant que le général de Lamoricière a suq)ris les tribus dissidentes aux environs de Tiaret, le général Korte opère de manière à couper à l'ennemi les it)utes de l'Ouest. Il cam[>e successivement à Traria, à Aïn-Fekan et se rapproche de la colonne de liamoricici*e campée à Tagnnnaret.

Quoique la soumission devienne presque complète, des douars dissidents et des maraudeurs isolés tiennent cependant la campagne et conunettcmt des ;u>sassinats. Vu officier du 4' chasseurs d'Afrique est tué sur la route de Mostaganem aux Flittas, près de Ben-IIassel.

Le général Korte donne immédiatement l'ordre au corn-

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mandant Gharras de venir le rejoindre avec le 1" bataillon du 1*' régiment de la Légion étrangère, et de punir les douars où se sont réfugiés les meurtriers. Parti des environs do Del-Al)l>ès le 30 décembre 1845, le bataillon passe rOued-el-Hammam le 1*' janvier 1846, razzie les trois douars soupçonnés d'avoir donné asile aux assassins de roflicier de chasseurs, et arrive àMascai*a le 3 janvier; il rejoint ensuite le général Korte à Saïda.

A peine arrivé, le bataillon prend part à une razzia opérée au sud de Tafaroua contre une portion des Djafra qui s'est enfuie sur les hauts plateaux. La colonne rentre à Saïda le 12 janvier ; la Légion, qui a marché sans trôve ni merci depuis le 29 décembre, est exempte de service pendant quatre jours.

Le 15 février 1846, le 1" bataillon retourne à Daya; il consti*uit la route qui se dirige sur Bel-Abbès, par la Tenira, afin de permettre d'amener le matériel nécessaire à rinstallation du poste. Au mois de juin, le bataillon rentre à Oran après cinq mois de colonnes et de travaux divers; après quelques semaines de repos, il est dirigé sur Ténès.

Pendant que le 1" bataillon opère dans le sud de la province, les compagnies d'élite des 2'' et 3* bataillons forment un bataillon de marche, sous les ordres du commandant de Caprez qui va rejoindre sur le Chélif la colonne du gouverneur général. Il prend part à la soumission des tribus installées sur le versant sud de TOuaransenis^ et arrive le 24 février 1846 sur TOued-Isly, affluent du Chélif; il va camper au Fondouck avec une partie de la colonne de Saint-Arnaitd. Le 11 mars, le bataillon de niai'clii; est dii?KOUK, les coiiipagnics du 2*" bataillon se rendent à Mascara, celles du 3* à Oran.

Ainsi qu'on le voit, toutes les compagnies du 1*' régiment de la Légion étrangère prennent part aux expéditions qui ont pour but de réduire l'insurrection de 1845. Mais leur colonel ne pouvait les suivre, tombé malade à la suite

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de la colonne de Salda, le colonel Mourel avait élé dirigé snr Oran et mourait à l'hôpital d'une i)éritonite aiguë. Chef de corps consciencieux, il avait su rétablir la disci pline, et refaire radministration ainsi que la comptabilité qu'il avait trouvées dans un état déployable. Il était remplacé par M. Mellinet', lieutenant-colonel au 32* lU*. ligne.

En avril, les compagnies du centre du 3* baUiillon sont relevées au Kbamis des Heni-Our.igli ; elles quittent ce poste et sont dirigées sur Sidibel-Abbès.

Le 21 avril, le 2^ bataillon quitte Mascaiti pour rejoindre à Dar-Sidi-Abdallifli, la colonne du colonel Canroliert qui opère vers Ténus.

Deux ou trois cents Aralies, de la tribu di; Meydiou, attaquent le camp; la compagnie de voltigeur:^ (capit^iine Cliariatie), qui est de grand'garde, repousse l'ennenii et lui tue une dizaine d'honmies.

Le lendemain, les Arabes, en plus grnud nombre, attaquent de nouveau : la l'' com|)agnie, appuyée |uir le reste du bataillon, leur fait éprouver des pertes sérieuses, mais plusieui*s des nôtres sont blessés; le lieutenant-colonel Canrobert, à la tête de la cavalerie, refoule l'ennemi au loin et assure la tranquillité du camp.

Le chef de baUiillon, plusieurs oiflciei*s et soldats sont cités à Tordre. Le T'mai, le 2^ bataillon rentre à Mascara.

Le 1'' bataillon escorte Ici convois entre Ténus et Orléansville et fait ensuite partie de la colonne du duc d'Aumale, formée de deux brigades conunandéos (kar les colonels Picouleau et Leilô. Le bataillon est attaché à la 2^ brigade (colonel Leflô).

La colonne, rassemblée le 2 avril sur l'OuedBorina, se porte le lendemain sur Timaksouin ; les 7 et 8, la 2^ brigade a un léger cngagcMncnt avec les tribus révoltées au Chabet-Tendagh. Le 1*' bataillon, placé à la gauche de la

1 . Géuénil de divitioa acIuoUemcat d«nt It cadra df r(i«f rvo,

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ligne, s'avance de position eu posilion et enlève successivement toutes les hauteurs. L'cnuemi est poursuivi jusque sur rOuod-Fodda. La ])rigade Leflô reçoit Tordre de se replier sur Timaksouin, où la colonne est licenciée le 13 avril. Le 1'' bataillon est dirigé sur Oran et Bel-Abbès.

Mais le repos n'est pas de longue durée ; dans le courant du mois de mai, 1rs Djafra et les Beni-Matar quittent leurs campements pour aller rejoindre Abd-el-Kader. Le 3*^ bataillon et les compagnies d'élite du 2' bataillon, sous les ordres du lieutenant-colonel de Noue, du 1**' étranger, font partie d'une colonne conniLindOo par le colonel Roche, du 3*" de ligne. Cette colonne se dirige sur Daya et Ras-El-Ma (actuellement Bedeau), avec mission de faire rentrer les deux tribus dans le devoir. Le gros de la colonne et le convoi, sous le commandement du lieutenantcolonel de Noue, restent à Taëraiza, puits peu profonds dans une cuvette entre Ras-El-Ma et El-Aricha.

Les quatre compagnies d'élite et la cavalerie, sous le ronimandcnicMit du colonel Rocho, poussent jusqu'au Chott- El-Gharl)i,par El-Aricha, à la poursuite des fnyards. Malgré la ra[)i(litn de sa marche, la colonne ne rejoint les tribus que le 14 juin: mais ce n'est que l'arrière-garde des DjafTra à laquelle on razzie les troupeaux. Une centaine dn traînards sont faits prisonniers. Les troupes souffrent beaucoup de la chaleur, plusieurs hommes meurent d'insolation. Le 17 juin, en revenant sur Taërziza, la colonne, trompée par les guides, marche pendant 24 heures sans trouver d'eau ; ce n'est qu'au prix de grandes soulfrances qu'elle rejoint son convoi. On rétrograde sur Daya ; le 3* bataillon est alors dirigé sur Sidi-bcl-Abbès et les compagnies d'éliln rejoignent le 2" )»ataillon,;i Mascara.

Pendant cette expédition, les grenadiers Dickick et Schritt, ordonnances du capitaine Sylvestre, du 3' bataillon, font preuve d'une intelligence et d'une énergie remarquables. Le 17 juin, ces deux hommes suivent la cavalerie avec les deux mulets de la compagnie pour aller à la

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recherche do Teau. Arrivés à un redir, ils perdent la trace des escadrons. I^a nuit arrivant les force à s'arrêter. Le lendemain, ils essaient de retrouver leur route, mais, sur les hauts plateaux, rien ne sert de point de repère au voyageur, dans les vastes plaines de thym et d'alfa. Les Arabes eux-mêmes dont Tinstinct est remarquable, ne peuvent se diriger par les temps de neige ou de brouillard. Pendant trois jours, nos deux légionnaires marchent au hasai*d et prennent la direction du Sud, buvant dans les redira, vivant des provisions trouvées dans les cantines portées par les mulets et du produit de leur chasse; leurs nmlets broutent les racines d'alfa. Cette plante dispiirattâ mesure qu'ils avancent et est remplacée par les plantes du Sud (le senraa et le drinn). A riiorizon, se découpent des montagnes inconnues dont les pierres sont noires ; les hommes rebroussent chemin, gagnent les sources de la Meckerra, vera Ras-El-Ma et rentrent à Bel-Abbès, le onzième jour de leur absence, ramenant tous les effets du capitaine.

Du mois de juillet au 15 septembre, le régiment se rei)0se et se prépare à l'inspection générale, qui est |)assée par le général de Lamoricière. Les Légionnaires reçoivent avec joie l'ordre de remplacer le col d'ordonnance par la cravate de coton bleu.

Les grandes chaleura passées, le 2* baUiillon est dirigir le 25 septembre sur Orléansville pour faire partie de la colonne Saint- Arnaud, chargée de faire rentrar les iml)Ats. Cette colonne qui a été formée à Aïn-Mérau, gagne le TIélat des Cheurfa et, après quatre jours de séjour dans les tribus, elle rentre à Aïn-Mérau où elle est dissoute ; deux compagnies sont dirigées sur Orléauiville, le reste du bataillon occupe la redoute d'Ain-Mérau.

A la tin de novembre, le 2* liataillon rejoint Hel-Abliès 011 il reti*ouve hï cohuiel MtdliiH^t qui, rf.ntrant ih; congé, reprend le commaudement de son régiment et celui du cercle de Sidi-belAbbès.

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