‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 27 sur 117 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

\S\7. — Kinplacemenl dos bataillons. — Colonne Renault. — Colonne Ciivuignac dans le sud ei sur les hauls plateaux. — Souirrances puduréos pendant cette colonne. — Opérations aux Moghar. — Belle coiiduito do lu fiûgion. — Le colonel Mollinel est promu officier d<* lu liL'gion d'honneur. — (Julonno d'Arbouvillo. — Place de bataille do la liégiou. — I8W. — Ri»l-Abb6s devoiui subdivision est coninuindoe par le colonol Mollinet. — Le régiment reçoit un nouveau drapeau. — I8i9. — Colonne Mellinot. — Travaux de colonisation. -— Apparition du choléra. — Dévouement de Taidc-major Dziewoski.

— Colonne Mac-Mahon. — Inspection du général Pélissicr. — Ordre flaltour laissé au corps par cet inspecteur général. — 1851 et 1852.

— Travaux de colonisation. — Grande expédition contre les Beni- Snassen. — Brillante conduite du 2« bataillon : Ordre du généra Nfoiilaiihnu. — Cliangonir;nts il.ins runilornie. — I85:J et 185 i. — L'oiivui do la razzia du capitaine Lacret(;lle sur les Uczuïna-Gharaba. -* Le l«f bataillon occupe Tlcmccn. — Emplacement des compagnies eu 1831. — Iléunion do tout lo régiincut ii Bol-AI)bès. — Départ pour l'Orient. — Ordre du général Pélissicr.

Au 1*' janvier 1847, le régiment occupe les emplacements suivants : 1" et 3* bataillons à Sidi-bel-Abbès, sous les oitlres du colonel Mellinet; 2* bataillon dans des petits postes autour d'Oran, sous lo commandement de Tadjudanl-major de Sorbier.

Jusqu^au 28 mars, on fait quelques petites colonnes autour de Bel-Abbès. La tranquillité est à peu près complète ; Abd-el-Kader s*étant retiré sur la frontière du Maroc, où il trouve appui chez les tribus qui campeiU sur les hauts plateaux et dans les Ksours du Grand- Atlas.

Pour réduire ces tribus, une grande expédition est résolue. Sous les ordres du général Renault, une colonne partie de Mascara fut dirigée vers Ghellala et les ksours de TEst, tandis que, sous les ordres du général Cavaignac,

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une autre colonne formée avec les troupes des siib'livisions de Tlemcen et de Bel-Alibès devait parcourir les ksours do TOuest. Ces deux colonnes, quoique indépendantes, devaient se prêter un appui moral mutuel.

Le 6 avril, le colonel de Mac-Malion arrive àDayaavoc les troupes de la subdivision de Tlemcen; il est rejoint, le 7, par le colonel Mellinet qui amène les ti*oupes dn Bel-Abbès et un gros convoi. Le 8, le général Cavaignac prend le commandement général, organise sa colonne et se met en route le 12.

L'itinéraire est tracé par Ël-Hammam, Djarf-el-Rlioral», Bouguem, le teniet Sidi Moliamod-el-llouari oii Ton francbit le Djebel-Amrag, prolongement de TAnUir, les puits de Nebeck, Kliebazza (actuellement station de cliemin de fer), Oglat-Feratis, Aïn-Melali et le ksar d'Asla.

Pendant ces marches, les lionnnes souffrent considérablement du froid et de la neige. Les deux premiers jours on ne trouve pas d'eau cà l'étape. Le passagedu tcuietSidi- Molianied-el- llouari au milieu dc^b s^ililcs mouvant.^ ebt très pénible. A Oglat-Feratis, la neige tombe en aliondaiice et le froid ost tellenieiil vif, «jne, faute de Iniis, la colonne est obligée de se remettre en route et de marcher la nuit à la boussole; on faitainsi 12 kilomètres en 7 heures. On se sert de thym et d'alfa [K)ur mire la soupe. Des Arabes du convoi, des bœufs, des moutons et des chameaux meui*ent de froid. Dans la journée du 20 avril, quelques rayons de soleil percent les nuages, mais leurs reilets éclatiints sur la neige rendent la marche encore plus dilllcile; quelques hommes sont fi-appés de cécité pendant plusieurs heures.

La colonne arrive à Asla, petit ksar de 80 maisons accolées à un rocher qui domine le terrain cultivable. Celui-ci est partagé en jardins clos de murs en terre; l'eau de l'oued est employée à l'arrosage des jardins. Quelques palmiers produisent des dattes qui mûrissent mal et qui ne sont pas bonnes. Les gens du ksar ^ont

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Iiavee, déguenillés, pâles, paresseux et forment une race dégénérée par rapport aux Arabes pasteurs. Pour payer les 3,000 fr. qui leur sont imposés, les ksouriens viennent au camp vondro des haïks, des burnous, des paniers (le dattes, etc., etc.

Après deux jours de repos à Asla, on se dirige vers Tliiout. Le ksar est plus riche et bâti au milieu d'une oasis (le 5,000 palmiers. Les jardins contiennent de nombreux arbres fruitiers, Torge y pousse, et Toued, qui a une certaine importance, fournit du poisson. Sur les rochers qui sont en amont de la rivière, on remarque des sculptures représentant des girafes, des éléphants, etc., etc., qui in- IrigntMil les archéologues de la colonne. A notre approche, les habitants avaient fui dans la montagne ; les cavaliers jMivoyés en parlementaires no peuvent les décider à rentrer. Le général défend de dévaster et de piller le ksar; il espère, par celte conduite, les ramener; mais il menace <le revenir tout détruire après avoir visilé les Moghar, 8i les habitants nereîitrent pas dans l'oasis. La colonne, après avoir campé à AïnM^I-Iladjcj, petite oasis de peu dMnipor- Uuice, arrive devant Moghar-Tatani. Des parlementaires sont envoyés; rinri ont le cou coupé; le général apprend qu'un parti des Ahmour est venu renforcer les gens du ksar et que tons se préparent à la résistance.

L'artillerie commence l'attaque et chasse un certain nombre d'Arabes qui défendent l'entrée des jardins. L'infanterie s'élance à l'assaut au cri de : « En avant !» et le ksar est enlevé, fouillé et à moitié détruit. Les défenseurs se sont retirés sur Moghar-el-Foukani, à l'entrée d'une gorge (lifRcile formée par des monUignes escarpées.

Deux conqiagnies de chasseurs à pied et deux compagnies (][\ r' étranger, sons les ordres du colonel Mellinet, sont poussées en avant et soutenues par le reste de la colonne, les Arabes qui défendent les approches du ksar sont refonlês ; les chasseurs couronnent les hauteurs de droite, les légionnaires se jettent sur la gauche, franchis-

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sent les murs du village et en chassent les hahitanls h la baïonnette; ceux-ci se sauvent i>ar les ravins. Le souslieutenant de grenadiers Delubecque ', arrivé sur une hauteur, se heurte à un groupe d'Arabes assez nombreux, quelques hommes sont tués et blessés autour de lui, entre autres les sergents YankofT et Lacour; le grenadier Villiaus reçoit un coup de feu et un coup de yatagan en arrachant un camarade des mains de Tennemi, le reste de la compagnie arrive et met les Arabes en déroute. Pendant ce temps, la colonne détruisait le ksar, coupait les palmiers et enlevait les récoltes.

A la suite de cette all'aire, le général Cavaignac complimente les Légionnaires sur leur belle conduite. 11 félicite tout pariiculièrement le colonel Mellinet qui a brillamment enlevé ses troupes et lui annonce qu'il le propose pour officier de la Légion d'honneur*.

Fidèle à sa parole, le général Cavaignac revient le 1*' mai à Thiout, dont les liabitants sont encore dans la nionUigno; l4*s ithtolles S4»iit délniites et la colonne; se dirige sur Aïn-Sefra, ksar au pied d'une dune de sable qui menace d'engloutir quelque jour maisons et jardins.

Avant d'amver à Aïn-Sefra, on trouve sur la droite de foiis rassemblements d'Arabes hostiles composés d'Ilamyan et d'Ahinour, postés sur les derniers contreforts du djebel Aïssa; d'un autre côté, les habitants d'Aïn-Sefra, en armes, sont accroupis devant leurs jardins, attendant l'issue de la lutte pour se jeter sur les vaincus.

Le général prescrit au colonel Mellinet d'alUiquer de front avec les compagnies d'élite du 1" étranger, tandis que le colonel de Mac-Mahon, avec 3 comitagnies de chasseurs, 3 du 41* et 3 du 1*' étranger, se portera contre le flanc droit pour déloger les contingents ennemis. Celui-ci

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