‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 40 sur 117 · DB 1848 A · texte numérisé non relu

DB 1848 A

I8'i8. — Troubles diins TAurès. — Arrestation de rnncien boy (!•' Coiislanliuc. — EniphiccMneiil dos bataillons. — 600 Italiens et Polon:iis sont licenciés. — Le colonel (>anrobnrt est remplacé par le colonel Carbnccia. — L'élat-major du ré«,'inient et le dépôt sont Iransl'èrrs à Uatna . — Is** rr>/\i\\r\\l r^roit nn nonvean dra|)(*an . — Coiidnilft «MiiTf^iipio «In ser^'onl Knoll. — ISiîl. — Golmnie danî^ rilodnu. — ICxpéilition «•onln* l«'S {^^wn de Narali, dans TAurcs. — (îolonnc rn Kabylie, sous les ordnvs iln général llerbillon. — Colonne ruiilro les Ouled-Sahnonn. — Attupie de l'oasis de Zantclia. — Ji iitUique écliono. — La colonne <'st obligée de battre en retraite. — Attuipie de Sidi-Obka par Sidi-Abd-el-Alld. — Mort glorieuse du conimandunl Suint-Germain. — Nouvfîlle expédition conlr»? Zaatclia.

— Prise de Zaatclia. — Pertes du régiment pendant celte colonne.

— Colonnes. — Onnbat dans l'Aurés.

1848. — Par décret du Gouvernement provisoire, en dnto du 25 mai 1848, les militaires de la Légion étrangère ayant 5 ans de présence sous les drapeaux et qui voudraient devenir citoyens français devront soumettre leur demande au colonel du régiment; bon nombre d'étrangers se font naturaliser.

Les préoccupations politiques influent sur les opérations mililaires, qui sont peu intéressantes dans le cours de cette année.

Dans le massif de TAurès, qui n'a pas été parcouru depuis 1845, les tribus obéissent peu à leurs caïds et ne paient pas b^s iînpôts; d'autre part, la présence crAlnurd, ancien bey de Gonstantine, y entretient une sourde agitalion. Une colonne commandée par le colonel Canroberl, dont fait partie le 3" bataillon, sous les ordres de M. leclief de bataillon de Massane, est envoyée pour pacifier cette ré.izion.

144 LA LÉGION ÉTRANGKUE.

Le bataillon quille Bôiie le 23 avril, arrive à lialna le 4 mai el en repari le 10 avec la colonne. Celle-ci va camper le 11, par un temps affreux, à Zasi ; le 12, elle opère une razzia sur une fraclion des Ouled-Oudjaua et vient établir son camp le soir, à Taouzlant, aprl's une niaroke de 18 heures dans les montagnes. Le camp est ensuite porté sur rOued-Melayou.

Les Ouled-Oudjana viennent au camp solliciter Taman, qui leur est accordé ; le colonel emploie cinq jours [K)ur organiser leur pays. Il laisse au camp une ^^artie de sa colonne et son convoi et organise une petite colonne mobile avec 5 compagnies de tirailleur^, les couq>;ignîes d'élite du 43% celles de la Légion étrangère et la cavalerie. Du 20 au 24 mai, cette colonne myonne dans TAurès et rentre ensuite par le col de Khcncliela, au camp de rOued-Melayou.

Le 31 mai, la colonne vient camper sur TOued-Taya et descend la belle et riclie vallée de TOued-Abid. Une nouvelle colonne légère est organibée ; les deux coni|»ngnies d'élite de la Légion en font partie.

liadj-Ahmed, l'ancien bey deConstantine, s'était relii*é dans l'Aurès, à Kebaïch, point presque inaccessible. Sa présence était une cause perpétuelle Je soulèvement; des correspondances politiques des liabilanls de Coublautine, relatives à une vaste conjuration, avaient été saisies et compromettaient fort l'ancien bey. 11 était urgent de se rendre maître de ce personnage influent.

De son côté, lladj-Abmed, se voyant serré vei's le Sud par le connnandant Saint-Germain, avec la garnison de Biskra, et par la colonne légère du colonel Canroberl, fait connaître ses intentions de se soumettre et demande qu'on lui envoie un officier français entre les mains duquel il puisse se rendre.

Le colonel Canroberl, parti du camp dans la matinée du 3 juin, esta C heures du camp d'Ahmed, lorsqu'il reçoit cette dépêche \ prenant avec lui les compagnies d'élite du

2" nÉ.-iIWENT DE L\ LÉGION ÉTRANGKUE. 145

régiment, 5 coin^^agnies de tirailleurs et la cavalerie, il part à minuit et se porte sur Kebaïch, mais le détachement est égaré par ses guides, le chemin est affreux, et avant d'arriver, il apprend que le bey s'est reniu au commandant Saint-Germain.

Le colonel continue sa marche, campe à Mechounech, où le régiment s'était battu glorieusement quatre ans auparavant et arrive à Biskra. La colonne rentre à Batna le 14 juin, en servant d'escorle au bey, qui est dirigéensuite sur Constantine.

A la m«*me époque, 5 compagnies du 2' bataillon, sous les ordres du commandant Boudville, sont dirigées contre la tribu des Hamen^'has, qui refuse de payer l'impôt.

Pendant cotte année, le régiment est réparti entre Biskra, Batna, Philippeville, Djidjelli, Stora, Guelma. Los ( ompagnies du 1" balaillon sont employées aux travaux do construction de routos et à loxploi talion des forêts de cèdres.

Les idées philanthropiques de l'époque, d'après les- (iuellos los peuples sont Ions frères, se font sentir dans les conseils du gouvernement de la République et trouvent de ré« ho en Mgérie. L'ambassadeur piémontais réclame GfX) Italiens, engagés à la Légion, qui sont aussitôt licencies et rapatriés. Un peu plus lard, une mesure semblable est prise pour les Polonais; le régiment perd ainsi Il valeur de reffectif d'un bataillon, 618 bons soldats faits

et aguerris.

M. le colonel Canrobert quitte le commandement du rogiuieut et est remplacé, à la date du 31 août, par M. le colonel Carbuccia.

J/état-major du régiment et les compagnies de dépôt Font transférés à Batna. Tout est à créer dans cotte ville do nouvelle formation: il n'y a ni baraques, ni hôpital, ni ambulances; la situation est des plus précaires pour le régiment, surtout sous l'induence d'un climat presque

LKG. éTR\NOAllB. 10

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aui8i froid que relui de la France. Le petit dépôt d i ri^gimenl reste à Pliilippeville.

Le 30 déceml)re, le régiment reçoit le drapeau que lui a remis le gouvernement de la Rép^il^^in^'^ frnnraihO.

Aussitôt la.pi*oclamaliou du Gouvernement provisoire de mars, unedécision ministérielle avait prescrit d'enlever les coqs des drapeaux, do les remplacer par un fer de lance doré, et de supprimer la couronne royale sur la plaque du shako.

On ne peut passer sous silence, dans cette époque où la discipline a subi de rudes atteintes, Ténergie du sergent Knoll, commandant le petit détachement de Yagout : une partie du poste se révolte, deux des mutins restent sur le carreau, le chef et le reste du détachement sont chaudement félicités par les autorités supérieures.

1849. — Pour punir les lieni-IIassen de Djidjclli d'avoir, le 30 janvier, pillé un hatcau français, LaÈlisétieorde, (|ui éUit venu écliou(*r à la côte, M. Boudville, clinf du i^halailloii, commandant supérieur de Djidjclli, sort île la place, le 4 février pendant une nuit noire et pluvieuse avec 300 hommes de la Légion, surprend les Beni-Uassen, brAle les gourbis et emmène le cheik prisonnier.

Le grenadier Ros, voyant Tadjudanl Angelio et le sergent-major Pacoret enlever péniblement un homme qui avait été tué, se précipite, sous le feu de Tennemi, à leur secours, charge sur ses épaules le corps de son camarade et le porte aux cacolets.

Dans le lloina, au sud-ouest de lialna, il est indis^ionsable de mettre de Tordre dans les tribus, d'appuyer l'autorité des caïds, de réprimer les assassinats, d'assurer la rentrée des impôts et des amendes.

Une colonne formée des 1" bataillon et 3' bataillon, moins les compagnies formant la garnison de Biskra, sous les ordres du colonel Carbuccia, quitte Batna, le 25 mars, iraverse le Hodna et descend jusqu'à Biskra. Le 3 avril,

2' mCGIMENT DE LA LÉGION KTHANGÈRE. 147

le colonel est sur TOued-Barika, il choisit le point où sera bâti le ksar du caïd. Le 11, la colonne arrive sur rOued-Barouni ; les tribus viennent aussitôt faire leur soumission ; la colonne rentre à Batna le 16. Quelques jours après, la compagnie des voltigeurs est dirigée sur rOued-Barika pour travailler à la construction du bordj. Le 25 avril, le colonel apprend que les gens de Narah, petit ksar de T Aurès, ont assassiné leur cheik. A 4 heures dn soir, une colonne mobile composée de 400 légionnaires, de 2 pièces de montagne et de quelques cavaliers, se met en marche; à 11 heures, on fait le café à El-Ksour (route de fJiskrâ); à 1 heure du malin, le départ a lieu par une nuit rendue plus obscure par une pluie torrentielle ; les hommes marcbent à la file indienne, et n*ont pour se guider que le fallot pendu au fanion du colonel. Au point du jour, le détachement se trouve au pied du mouzaïade Makafa, une des plus hantes montagnes de TAurès ; il le gravit par un sentier de chèvres et fait grand'lialte à Aïn- Thourist. A 4 heures du soir, les légionnaires arrivent à Mennali, sur la rivcgauclie de TOued-Abdi; ils préparent leurs armes et gravissent la montée rocailleuse qui conduit à Narah.

A 5 heures un quart du soir, le village inférieur est attaqué par les compagnies d'infanterie, guidées par quelques sapeurs du génie, les défenseurs sont chassés, les îiiaisons sont pillées par les gensdeMonnah, qui viennent se joindre à la colonne, et le village est brûlé. L'artillerie, appuyée par une compagnie, va prendre position en face du village supérieur et ouvre le feu qui amène bientôt la destruction et Tincendie des principales maisons du k^ar; à G heures et demie, tout est en flammes. Le colonel ordonne la retraite; Tarrière-garde est formée par les voltigeurs du capitaine Gancz, et, malgré Tacharnement des gens du ksar qni harcèlent Tarrière-garde, nous n'avons que 1 tué et G blessés ; Tennemi a G tués et 22 blessés.

Les hommes avaient marché 26 heures, fait 25 lieues.

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ensuite combatlu et soutenu la retraite avec Tenlrain el la vigueur de troupes fratches. Us rentrent le 29 à U.itna. L'expédition de 1847 par le général Bedeau en Kabylie, avait fail espérer que de nouvelles complirations ne surgiraient pas de ce côté. Mais les frères Hen-Azzedin reconimiHicent dans le Zouagtia leurs déprédations contre les tribus soumises et font leur pos!>ihle |H)ur aiuiiliiliM* Tautorilé de leurs neveux, que nous avions insLillés comme i:aïds. 11 devient urgent de les faire rentrer dans le devoir. Une colonne sous les ordres du gônéral llerbillon est organisée ; un l)alaillon composé de 4 compagnies d'élite du 2" étranger et 4 du 8' de ligne, commandé par le cbef de bataillon Saint-Germain, eu fait partie.

I\artie le 18 mai de Constantine, la colonne a un peti; engagement le 21, près de Heïnina, sur les liordd de rOued-Ilbérab, en face des Heni-Mimoun ; 2 légionnaires sont blessés. Le 2 juin, au Fedj-Akdel, un groupe de Kabyles vient tirailler contre le camp ; une compagnie de grenadiers est envoyée pour les débusquer, elb!a lui liomme blessé.

Le nii*me jour, les rompngnies font une sortie contre les villages des Ib.'U-Azzedin, ceux-ci iirennenl la fuite; les arbres fruitiers sont rouprs, les blés et les jardins ravagés; les montiignards embusqués dans leui*s ravins se «b*ffudenl quand même; les tribus Unissent par ilemauder Taman, la pacification passagère duZouaghaest terminée. La colonnj se porte dans la vallée de rOued-(àuebii, qui descend sur Collo. Le 10, elle est rejointe |Kir une auire colonne venrint de Pliilippeville, commandée par le lieutenant-colonel de Tourville et dont fout partie 2couiliagnies du 2* bnt«iillon en garnison à Pliilippeville. Les deux colonnes se portent successivement à Souk-el Sebt, «h 'z les Heni-Salah, où nous avons encore 1 tué et 4 blésséh ; puis elle redesct^iitl Kiir («uUu. Pendant tonte rette marche difllcile, les compagnies d'élite se montrent dignes de la place qui leur est assignée à Pavant-garde, où elles

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allcnuMit avec les tirailleurs ; le bataillon rentre à Batna le 4 juillet. Le colonel cite dans son rapport le commandant de Saint-Germain, le capiUiine Bataille', le sergent LOaiidri, le lieutenant Monlalembert, le sergent-major Fourrier d'Hincourt, qui a sauvé la vie à un blessé, et le propose pour la Légion d'honneur.

Pendant que la pacification s'opère au nord, la défection se propage dans les tribus du sud de la province ; les tribus des Ouled-Sahnoun qui s'étaient soumises au mois de mars se révoltent. Le 27 juin, la 4* compagnie du 3' balaillon, sons les ordres du lieutenant Robert, qui est employée à la construction de la maison de commandement sur rOued-liarika, est attaquée par les contingents des Ouled-Sahnoun, au nombre de 1,500. La compagnie se retranche derrière les murs à moitié construits; les Ar«ibes après .3 heures de combat, se retirent en emportant leui's morts et leurs blcFsés.

Le colonel Carbuccia organise une colonne à Batna et, le 15 juillet, se met en route avec les 2 bataillons de la Légion; il trouve à l'Oued-Barika le 3*" bataillon d'Afrique, qui doit faire partie de l'expédition.

Le colonel, apprenant que les Ouled-Sahnoun sont campés à Test de Barika et se disposent à se retirer dans le Sud, forme une colonne légère composée de 600 hommes du régiment, 400 du bataillon d'Afrique, 250 cavaliers et une pièce de canon. Cette colonne quitte le camp à 8 heures du soir ; au 24* kilomètre, elle fait grand'halte et prend de l'eau.

A 3 heures du matin, les espions font connaître que les Onlcd-Sahnoun commençaient à fuir; on lance en avant la cavalerie, le goum, 4 compagnies de la Légion et du balailloii d'Afrique. Les voltigeurs du 2^ bataillon, capitaine iNiko, qui sont arrivés les premiers sur les fuyards, supportent seuls l'effort de l'ennemi, les 3 autres compa-

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