CHAPITRE IV
DB idôo A lasi.
1850. — Expcdiiioa du géoén&l Je SfciQl-AmaaJ oooire les Nemt^ncbaâ.
— ConsInictJOQ du picuiu-iicïer île LAuitK*:às>a. — Le cbok-ra â Ili:>kni.
— BiDpUcemeDt des batailiou^. — 1851. — Le culooel CauiMiccia c:»i nommé au IS* de H'^ne »:i nrmplacé |»ar k culuii«*l Cieur. — K\pcdilioH du gcQcral de Siuat-Amaud d.uks les IHIni^ kab\los euins Hidi|>p«-villc cl hjidjelii. — llette i'X|i*-iliUoii dun* 81 joiir>i. — lu-u\. lulailJuiUi en fuiil |k&rlie. — Les gniiid«*> gu«*-Uv:> el le» li*^iouiiain*$ fashionables. — IV*Ule culoooe autour de Kiiêacbela. — Le calouel Cœur est nommé général do brigade et remi>Ucé par le colonel de Caprez, ser\'ant au titre étranger — lSô'2. — Le colonel va cben-ber le nouveau dra|»éau à Paris. — C«>ltmnes cIk-i les Kal»yii'S do tloUo.
— Le lieulenaut-eoionel Saint-PuI ea rcm|»lacé au corps |iar le lîoutouant-colouel Adam. — Colonne aux cnvirous de Guolma. — Colonnes chez ie.s llarraelas. — Kmplacemtut «l*^ liaLiilloiis. — IH5.1. (^donn«; du toloucl l)o.>v;iux v«'i-^ Ihiargla. -~ Pn-niier l'jssai d'iuraulorie ujontéi: sur ile:> cbaïueaux. — Colonne de» Babors. — 1854. — Répartition du régimenL — Formation de ^ bataillons de guerre pour la gueire d'Orient. — Le 3< bataillon et le dépùt sont envoyés en garnison à Bastia.
1850. — Le général de Saint-Arnaud, qui a remplacé dans le commandement de la division de Constantiue le général Herbillon, se résout à une grande expédition dans TAurès, dont les populations sont encore insoumises.
2 bataillons de la Légion, àrelTectif de 1,100 hommes, en font partie ; avec le 8* de ligne et les tirailleurs, ils composent la 2^ brigade commandée par le colonel Jamiu, du 8* de ligne. Le but est de pacifier TAurès, d'étaldirun poste pour tenir cette région, de réduire à merci complètement la gmndc Irilni des Nenionclias qui, malgré sa boumission apparente, refuse de payer Timpôt, d'obéir aux caïds que nous lui avons donnés et pille les tribus qui nous sont soumises.
2' RKOIMENT DE LA LÉGION KTllANGÈRE. 157
Jici colonne doit aussi opérer dans le sud de TAurès, dont les tribus ont fourni de nombreux contingents au marabout Sidi-Abd-el-Afid, qui nous a attaqués pendant l'intervalle des denx sièges de Zaatclia.
Jjes troupes se concentrent à Klienchela, et se mettent en marche le 9, se dirigeant sur Ras-el-6uéber ; les Nement lias ont fait le vide devant nous et se sont réunis en niasse, près d'El-Abid. Une colonne légère est formée pour les poursuivre, mais le rassemblement s'est dissipé et le d(''iacbement ne ramène que quelques chameaux et une quarauUiinc de prisonniers.
La colonne arrive le 17 à Tebessa ; elle y fait séjour le 18 rt le 19. Une rnzzia est faite contre les dissidents dont les douars sont pillés en un instant. Les troupes rentrent le 24 à Khench(»la, où on laissj 250 légionnairos pour la construriion de la redoute.
La colonne se remet en route pour TAurès qu'elle parcourt; elle passe à Kl-ILimman (Af/wc Cœsaris des Romains). El-Ouldja, petit ksar, est livré aux flammes et les habitants sont fusilles, pour les punir d'avoir assassiné 2 soldats du 20" de ligue à Médina; la colonne arrive le 12 juin à Hiskra. Le 18, les 2 bataillons étrangers rentrent à Batna.
Quelques jours après sa rentrée, le l**' bataillon est détaché à Lambessa pour travailler au pénitencier. Les fouilles qui ont été faites, amènent les découvertes de ruines romaines, de pierres milliaires, d'inscriptions tracées par les légions romaines, de tombeaux romains, etc.
Le choléra sévit fortement sur le pays et s'abat spécialement sur Biskra. Eu aoi^t et septembro, 4 ofllciers et 67 sous-oIUciers ou soldats succombent dans cette petite garnison ; à la (in de l'année, le régiment est réparti entre Hiskra, Biilna, Djidj(dli et Lambjssa.
1831. — Le colonel Carbuccia est nommé au commandement du 18' de ligne et remplacé par le colonel Cœur.
158 LA I.KrtION KTIIAN(;kllE.
Malgré les expéditions successives exécutées les deux années précédentes en Kuliylie, notre autorité est toujours contestée ; les deux frères Azzedin, que nous avons insl<illés comme caïds à la suite de Texpédition de 1849, sont impuissants; enfin il importe de soumettre complèiement la région montagneuse entre Pliilippeville, Djidjelli et Constantine.
lie 29 avril, le 1'' bataillon et les compagnies d'élite du 3% sous les ordres du commandant Meyer, quittent Batna pour Constantine ; ils en repartent le 4 mai [>our El-Milah où se fait la concentration de la colonne. Le 1'^ luitaillon fait partie de la 2* brigade, général Bosquet. I^e général de Saint-Arnaud partage la division en 4 colomies ; le bataillon du 2* étranger est placé dans la colonne de réserve, commandée par le lieutenant-colonel Espinasse.
Le 9, les différentes colonnes se mettent en mouvement. Le 11, dans la vallée de TOued-Endja, le batiillon est à rarrièreg<irde; les Kabyles occupent on forces le col du Fedj-Menazel. Le général, sentant la nécessité d'agir vigoureusement, fait tenir par les zouaves un plateau qui peut être utilisé pour forcer le passage^ les hauteurs à droite et à gauche du col sont ensuite enlevées. I^e convoi s'avance, le bataillon du 2' étranger lutte constamment contre un ennemi dix fois plus nombreux ; il couronne à son tour les hauteurs, et ne rentre au camp qu*à 7 heures du soir, après avoir combittu pendant cinq heures. La colonne perd 1 officier tué, 1 blessé, 15 hommes tués et 95 blessés.
Le 13, le bataillon est en té(e de l'avanl-gai-de ; il trouve l'ennemi à la dechera des Ouled-Malafi (fraction des Béni- Aïcha). Le combat s'engage vivement, l'ennemi tient bon, l'artillerie est mise en batterie et le village enlevé à la baïonnette. Après la graud'haltc, nu nouveau combat est livré aux maisons de M'harka, la colonne est obligée à un nouveau déploiement. Cette fois, le bataillon étranger
2** nfer.IMKNT DE LA LÉftlON ÉTRANr.kRE. lÔÎ)
tourne le village ; deux fois les tirailleurs qui ont à parcourir une pente excessivement raide sont ramenés ; enfin )os maisons sont enlevées, les perles sont sérieuses : G6 tués dont G officiers, 141 blessés dont 4 ofliciers, parmi lesquels M. le capitaine Collineau, atteint d'une balle dans la cuisse.
Le 14, 2 compagnies sous les ordres du commandant Meyor, réparties en tirailleurs, flanquent la gauche du convoi, et longent les montagnes des Beni-Habibi; elles ont avec ces populations un engagement assez vif, et leur marche se trouve très compromise ; le général les fait soutenir; à rarrivée des renforts, le commandant Meyer simule une attaque ;i la baïonnette, l'ennemi recule, le commandant en profite pour se dégager, et peut ainsi rejoindre le camp de lleursa, sur les bords de TOuedel-Kébir ; les pertes s'élèvent à 4 tués et 47 blessés, dont 1 officier, M. Brant, sous-lieutenant au régiment étranger.
Le lendemain, les Kabyles attaquent moins vigoureusement, la division arrive à Djidjelli, où elle séjourne jusqu'au 17.
Elle se dirige ensuite sur Tibaïren, village situé au sud et à 4 étapes de Djidjelli. La brigade Bosquet, qui est en tcte, rencontre un fort parti kabyle masqué par un pli de terrain, le général maintient l'ennemi de front, pendant qu'il le fait tourner par la cavalerie. Le terrain est difiicile, cependant les Kabyles sont débusqués, mais ils combattent jusqu'à ce que les troupes soient arrivées au camp. Les pertes sont de 4 tués, 28 blessés.
Cette affaire amène la soumission de plusieurs tribus; la division arrive à Tibaïren le 23, elle y fait séjour. Mîiis des bandes kabyles se reforment entre Djidjelli et Tibaïren ; le général de Saint-Arnaud, qui est obligé de se rendre à Sétif, donne le commandement de la division au généi*al Bosquet, et prescrit de se diriger vers le nord. Celui-ci visite les territoires des Beni-Foughal et des Beni-Med-
160 LA LÉGION ÉTnANGBnK.
jalid, los rassemblements se dispersent immédiatement. La colonne reconnaît à Aggadi un rocher portant des instrriptions très anciennes (Iladjar Mektoul)a des Arabes).
Le 3 juin, la colonne revient à Djidjelli. Le général de Saint-Arnaud reprend le commandement do la division et se dirige à Touest du terrain déjà parcouru antériouromeut, les tribus se soumettent, quelques coups de fusils sont à peine échangés, et les troupes, en attendant un ravitaillement, font t^éjour sur TOued-Ziama, qui sert de limite entre la province de Coustantine et le territoire de Bougie.
I^e 18 juin, la division ravitaillée i*eprend sa marche ▼ers l'Est; le colonel Kspinasse prend le commandement de la 2' brigade ou romplaceinont du géuéral Hosquet. Avant d'arriver au camp de Kisb i, les tirailleurs de la 4' compagnie, eu fouillant un bois d'oliviers, sont rerus par des coups de fusils parLint de derrière desépaulenientsdo 40 à 50 centiinètres de haut. Le reste du bataillon, suivi des zouaves, so i>orte à leur soronrs, reum^nn est drbusiiiir', nos tnnipes gagnent les cr«Hes, et s'emparent des villages des Ouled-Ally. Le combat dure jusqu'à 5 heiues, la plu- [Kirt des maisons sont briMées et les arbres fruitiers coupés. Los pertes s'élèvent à 1 tué et 10 blessés.
Le 24 juin, la colonne est harc(dée pendant sa marche jusiprà ElTebanna, sur le territoire des lieni-llabibi, et los esiannouches se continuent autour du camp jus(|u'à 2 heures du soir. Pour se dégager, le général ne laisse au (Uimp que 3 bat^iillons, et prescrit une attaque routiv les )>oints occupés par les Kabyles : 2 compagnies de zouaves sont à l'extri^me droite; puis le 3** bataillon d'Afrique, les tirailleurs indigènes, le 2' étranger et le l^MmUiillon du 11' de ligne. Au coup de canon qui doit servir de signal, la charge est sonnée', toutes les troupes s'élancent sur les Kabyles embusqués dans un ravin, ceux-ci, pris à l'improvibte, ne font que i>eu de résist;ince, nos pertes sont de G lues, 2 ofliciers et 28 hommes blessés.
2'" RÉGIMENT DE LA LÉGION ÉTRANGÈnE. IGl
Le 2(î juin, pendant la ni.irchc de lill-Tebaana à El- Konnar, le V bataillon du2*étrang3re8t d*aiTière-garde ; à mi-chemin près du village d'El-Affouzer, il est accueilli par le fou d'une nuée de Kabyles embusqués sur les crûtes. Les zoaaves, le bataillon d'Afrique et le bataillon du 2' étranger font aussitôt face à Tennemi, Tabordent et s'emparent des hauteurs: nos pertes s'élèvent à 27 tués dont 2 ofliciei's ; 100 blessés dont 3 officiers, parmi lesquels M. le sous-lieutenant Bécheroux, du régiment.
A El-Konnar, la division fait une évacuation de 400 honnnes sur Djidjelli. Puis, ravitaillée à 7 jours de vivres, elle preinl la direction de l'Est; elle arrive le 29 juin sur rOned-Kébir et rencontre le 1"' juillet les contingents des JJeni-Belaïd, près du bivouac de Bou-Adjeloul, et le 2, ceux des Beni-Meslem. Le bataillon du commandant Meyer, réduit à 20 oiïiciers et 650 hommes, est en réserve et est chargé de couper les oliviers ; le 4, il combat à El- Kolla entre Bou-Adjeloul et Sra; le 6, àrOued-Bouneba, entre Sra et Tsem-Ajeloul. La division arrive au bivouac d'EUMiliah et évacue 4 oHiciers, 90 hommes malades et blessés. Le 9, une colonne légère dont fait partie le bataillon du 2* étranger, sous les ordres du colonel Bouscaren, est dirigée contre la tribu des Ouled-Aïdoun; elle brûle les habitations, coupe leurs oliviers : toute résistance cesse jusqu'à Gollo, où le camp est installé le 15 juillet.
Le IG et le 17, des sorties sont organisées, le bataillon du 2" étranger en fait partie ; on trouve l'ennemi en forces au delà du col de Guedjouty. La cavalerie est chargée d'envelopper l'adversaire et de lui couper la retraite. Le commandant Meyer appuie ce mouvement, l'élan des hommes est le même qu'au premier jour. La compagnie de voltigeurs, commandée par M. Leclerc, sous-lieutenant, arrive la première en ligne et est immédiatement déployée en tirailleurs; elle essuie le feu d'une embuscade arabe, M. Leclerc et 3 hommes sont blessés. Toutes les tribus
Léo. KTItAMOÀRR. 11
ilemandeiitraman et la colonne, après 83 joursd'expétlitiou, est disloquée. Elle avait i>endant 3 mois parcouru un pays presque impraticable sans éprouver de revers, fait subir des pertes sérieuses aux Kabyles, soumis de nombreuses tribus et débloqué les deux postes importants de Djidjelli et de Collo.
Le 29 juillet, le 1'' bataillon rentre à Batna ; il a vaillamment fait son devoir, s'est distingué par sa conduite pendant les marches ; on appelait les légionnaires : les grandes guêtres ; le conmiandant Meyer avait (iiit fabriquer à ses hommes de grandes guôlres en toile qui protégeaient le bas de la jaml>e et du pantalon ; dans ce pays rempli de broussailles, ces guêtres étaient très appréciées des soldats. La propreté des lioniuies éU'iit aussi remarquée, car à peine arrivé au bivouac, le légionnaire lavait son linge, sa cravate, faisait sa toilette, et avec sa chemine blanche, sa cravate repai^sêe, les revers de la capote repliés, une fleur à la boutonnière ou au képi, il aimait à se montrer dans l(*s c^imps voisins.
Le général Saint-Arnaud cite à Tordre de cette colonne : le commandant Meyer, le capitaine CoUineau, les souslieutenants Béclieroux (trois blessures), Brout, blessé, Leclerc, Rousseau cl de Brian, le fourrier Valker, blessé.
Le régiment a eu 5 ofTiciers blessés, 8 hommes tués et 58 sousoiliciers cl soldais blessés.
Pendant celte expédition, le 2** ))aUiillon, qui occupe Djidjelli, repousse les incursions des Kabyles, et est employé au raviUiillement de la colonne de Saint-.\rnaud.
Le ô juillet, 2 com[»agnies du 3" bataillon, renforcées ensuite par deux autres, font partie d'une colonne confiée au colonel Marulaz qui rayonne ciulour de Khenchela, afin do maintenir les Nemenchas révoltés contre leur caïd.
Le dépôt formé par les C'* compagnies de chaque bataillon est installé à Philippeville; la compagnie hors rang est divisée en deux sections, Tune reste au dépôt à Phi-
2' UÉGIMENT DE LA LÉGION ÉTHANGÈRE. 163
lippeville, raiitre, dite section de guerre, est dirigée sur Ijaliia, la secliou de discipline est instiillée ùBiskra.
Par décret du 22 décembre 1851, le colonel Cœur est nommé général de brigade, et remplacé par le colonel de Caprez, servant an titre étranger.
1852. — Par ordre du gouverneur, les 6'* compagnies formant le dépôt sont, le IG mai, transférées de Pbilippeville à Batna.
Le colonel avec une députalion part pour aller chercher le nouveau drapeau du régiment ; il est délivré le 10 mai 1852 et porte la légende suivante :
Coiistaiitiiu;, 1837.
Colcah, 1841.
Zantcha, 1849.
Fcdj-Mciiazcl, 1851.
Le général de Saint-Arnaud , alors ministre de la guerre, ne voulant pas laisser oublier le beau fait d'armes de Tannée précédente. Pavait fait inscrire sur le drapeau du 2' étranger.
La colonne faite en 1851 avait débloqué Djidjelli et Collo, châtie les insoumis des Ouled-Aïdoun et des 13e ni-Tou fout, mais n'avait pas pesé suilisamment sur ces tribus ; il fallait, pour asseoir délinitivement notre dominalion, compléter la soumission du pays situé à Pest de rOued-El-Kébir (la continuation du llummel) jusqu'à la roule de Philippeville à Batna, et notamment du pâté montagneux du djebel Goufïi.
Un baUiillon mixte, formé des compagnies disponibles (le Dalna, est formé le 3 mai et placé sous le commandemenl de M. le chef de balaillon Monlmarié* et du lieutenant-colonel Saint-Pol; il est dirigé sur Milali, point de concentration, où il arrive le 10. Le bataillon, à PeiTectif
1, Mort gùuéral ilo lirigmlo.
104 LA LÉGION ÉTIIANGÈIIE.
de 15 officiers et 620 hommes de troupe, avec le 2' J)atail- Ion de chasseurs, le V^ lialaillou du 10*, le bataillon d'Afrique et le 1" bataillon de tirailleurs, forme la 2* briijade, général d'Autemarre ; la l'* brigade est sous les ordres du général Bosquet.
Le général de Mac Mahon commande la division. Du 12 au 19, la colonne parcourt de Test à l'ouest le territoire des Ouled-Aïdoun, mais elle n'éprouve pas la résistance que font prévoir les habitudes guerrières des Kabyles ; il n'y a que des attaques de nuit contre les grand'gardes et les faces du camp. Le 20, elle bivouaque à El-Miliah.
Le 21, formée en deux fractions, elle se dirige contre les Beni-Aouat pour les punir d'avoir donné asile au chérif Bou-Sba. La 1" brigade a pour objectif le village d'El- Arba-Khina. Parties à trois heures du matin, les troupes ont accompli leur mission à midi, sans trouver grande rébistance : les deux brigades se rejoignent et su disposent à relourner au camp. Aussitôt que le mouvement connnnuco, les Kabyles se rasscmlilent et se jettent sur rarricre-ganle formée par le bataillon du 10^ de ligne et celui du régiment étranger.
Se voyant vivement pressé, le colonel fait prendre position aux deux compagnies de grenadiera et fait exécuter plusieuin» retours offensifs; l'ennemi cède, après avoir laissé sur le ten*ain 19 morts et plus de 50 blessés.
Le lieutenant-colonel Saint-Pol est blessé dès le commencement, mais il n'en reste pas moins avec les deux compagnies d'extrême arrière-garde ; les deux capitaines de grenadiers, Martinez et Tmnchot, sont blessés, 3 sergents, 1 caporal et 9 grenadiers sont blessés.
«fusqu'au 22, la division opère autour d'El-Miliah ; du 27 au 30, elle campe à Tsem-Fedoun.
Le 31 , le général de Mac-Mahon prend avec lui la 2^ brigade, et se porte sur Chelfera ; legénéral d'Autemarre, avec le gros des ti*oupes, doit suivre la vallée pendant que le lieutenant-colonel Saint- Pol, avec le bataillon du 10^,
un du régiment étranger et une compagnie de chasseurs «à pied, doit suivre par les cnHos. L'avant-garde, formée par la compagnie de chasseurs à pied, arrive au pied d'une série de pitons fortement occupés; le colonel la fait prolonger à gauche par la compagnie de voltigeurs du 10*, h droite parla compagnie de grenadiers du 2* étranger; ainsi renforcée, Tavant-garde pousse tout devant elle, dégage la route de Gheffera et fait halte pour attendre le gros de la colonne. A ce moment, le cnporal Delageneste, envoyé en patrouille avec deux grenadiers, vient rendre compte que les Kabyles sont embusqués non loin de là dans un grand ravin. Le lieutenant-colonel les fait Ion nier par la compagnie de grenadiers et les attaque ensuite avec le reste de Tavant-garde.
Les grenadiers tuent plus de 30 hommes à la baïonnette, ils ont 9 blessés parmi lesquels M. le sous-lieutenant Pouzols, qui reçoit une balle dans la cuisse.
La marclie continue sur ChefTera sans être inquiétée, le reste de la brigade y arrive à son tour ; le général fait une halte jusqu'à trois heures, les troupes ne rentrent au r.unp f|u'à 10 heures du soir.
Le lieutenant-colonel Saint-Pol, qui n'est pas encore remis de sa blessure précédente, a son cheval tué sous lui, an moment on, avec la compagnie de grenadiers, il se précipite pour sanver deux chasseurs blessés, tombés dans les mains des Kabyles.
Quelques jours après, le lieutenant-colonel Saint-Pol paîrse au 52* et est remplacé par M. Adam, du S*" bataillon d'Afrique.
Sont cilés à l'ordre pour le coml»at du 31 mai: le licuteiiant-(:ol()U(;l Saint-Pol ipii, bbîssé cpielqnes jours anparavenl, avait voulu marcher quand môme; les capitaines Marling de Villiers, le lieutenant Arnoux, de Lageneste, périment, Scluvartz, sergent, blessé ; le grenadier Esachi, le sergent Unterberg et le grenadier Delduk.
Le 2 juin, la division se porte à Tarsett, chez les Béni-
16G LA LÉGION ÉTnANGÈnB.
Arbi et pai*coiirt, du Nord au Sud, du Sud-Ouo8tau Nord- Est, lo pays des Bcni-Toufout ; le 9, elle arrive à Collo. Le 10, elle va camper au plateau de Zadra où en 1843 avait dt^jà opéré le général Baraguey d'iiilliers.
Voyant les Arabes violer les tombes et outrager honteusement les restes des soldats morts, le général avait proscrit de briller les corps de ceux tombés en combattant, aussi les soldats appelèrent ce plateau « le camp de l'Knfer» et les Arabes «le camp de la poudre »((/(ir d buruud).
Dans la marche de Collo à Zadra, la compagnie de voltigeurs qui est à l'extrême arrière-ganle, est vivement pressée par des cavaliers ennemis; le lieutenant Hecifuet airâte sa compagnie, fait face à l'ennemi, se porte résolument en avant, et repousse rapidement les Arabes; cette compagnie a 3 blessés.
Le 11, le général reçoit de graves nouvelles au sujet de la tmnquillité de la portion est de la pi*ovince : les gens de la tribu des Ouled-Dhar, à quelques lieues de Guelma, ont «'issassiiu'; des soldats du 10" de lignt*, chargés de prot«'*ger à Aïn-Souda les travaux d'un caravansérail. Toute la i>opulation des montagnes court immédiatement aux armes et attaque les fermes des environs de Guelma. L'insurrection s'étrnd immédiatement chez les Heui-Salah, du ceirle deBônoetchezles Hamenchas: les deux bataillons du Kî" de ligue, celui du 2' étranger et une section d'artillerie, Kous les ordres du général d'Autemantî, sont dirigés desuite sur Constantine où ils arrivent le 14 juin, et eu repartent le 16. Le général avec cette colonne improvisée i)arcourt Iiondant 58 jours les tribus chancelantes, brûle les maisons et razzie les trou[>eaux des dissidents.
Le 20 juin, il est dans le pays des Ilarractas qui sont razziés complètement. Il se dirige ensuite sur M'daourouck, à l'est de Soukharras, et se met en ndation av(*c la colonne du colonel de Tuurville, ronunandant la subdivision. Le 11 juillet, il se réunit avec la colonne du général de Mac- Mahon à Tamatinat, dans le pays des Hamenchas. Les
deux colonnes réunies poursuivent les dissidents jusque sur le territoire tunisien, et franchissent l'Oued-Ourchir. Les troupes rentrent le 14 août, après avoir essuyé des fatigues et des chaleurs inouïes.
A la nouvelle de la défection des Uarractas, le colonel Desvaux, commandant la subdivision de Batna, organise une petite colonne pour se porter au secours du poçte d*Aïn-Beïda, menacé par les tribus dissidentes. Un demibataillon composé des voltigeurs du 1" bataillon, de la 4" compagnie du 2" bataillon, et de trois compagnies du 3" bataillon, sous Irs ordres du cai)itaino Bertrand, fait partie de celte colonne. Iî)lle va prendre position à Kliencliela pour çiuveiller TAurès et empêcher la jonction des Harra< tas avec les Neraenchas. Le 15 juin, la compagnie de voltigeurs fait une razzia sur les Uarractas ; le 23, les compagnies rentrent à Batna.
Pendant que ces colonnes opèrent en Kabylie et dans la Buiidivision de Boue, le chef de bataillon Gollineau, du régiment, commandant supérieur de Biskra, apprenant que le chérif d'Ouargla, Mohamed ben Abdallah^ était campé près de M'bli avec 2,100 fantassins et des cavalii'i's, part avec 32 spahis, 52 chasseurs d'Afrique, les 80 deiras du caïd Ben Ganah et le goum d*El-Outaïa. — L'infanterie aiabe ne résiste pas à la charge de cette petite troupe, elle Fuit laissant 150 morts sur le terrain, 324 fusils, la tente du chérif et 158 chameaux.
Celle brillante affaire nous coûte un chasseur d'Afrique et un spahis tués, 7 chasseurs d'Afrique et un spahis blessés.
Le lieutenant Seroka, chef du bureau arabe de Biskra, est r'\U\ )»uur sa vabnir et son entrain. L(^ conunnndant Collineau est nommé ofTicier de la Légion d'honneur en récompense de ce brillant fait d'armes.
Le 30 septembre, un bataillon de GOO hommes pousse une pointe chez les Ouled-Mahoub qui se sont insurgés; les donarssont surpris, 50 Arabes sont tués, 12,000 mou-
1G8 LA LÉGION ÉTIlANr.èllK.
tons sont enlevés, io bataillon reiilre lu 3 octobre à Balna. A celle dalc, le régiment occupo les emplacements suivants : 1*' bataillon, I3iskra;2* bataillon, Batna;3' liatail- Ion, Lambessa.
1853. — Les expéditions des deux années précédentes portent leurs fruits. Dans la Kabylie orientale, les routes sont sAres, les impôts rentrent régulièrement, mais les tribus sahariennes ne reconnaissent pas notre autorité, il faut leur prouver que nos armes peuvent les atteindre, mâme au milieu des sables.
Le 10 mars, un bataillon formé avec toutes les compagnies d'élite, moins les grenadiers du 3* bataillon, restés à Djidjelli, est réuni à Biskra, sous les ordres du commandant CoUineau, et eH destiné h faire partie de la colonne du Sud, composée surtout de cavalerie et placée sous Io commandement du colonel Desvaux, du 3' chasseurs d'Afrique. Le 11, la colonne se met en marche, passe h. Touost du Cliott-Mt;lrir, et se dirige vers Ouargla. Le 18 mars, le colonel, voulant se porter rapidement au sud-€st sur Djioud, in*en>i 200 légionnaires montés sur des chameaux, 200 cavaliers, et parcourt 32 kilomètres en moins de 4 heures. C'est la première fois qu'il est (|uestiou d'une marche faite pir des fantassins montés sur d4*s rliamt^aux.
A sa HMiti-ée, le 4 avril, le général «idresse fos félicilalions au Imtaillon d*élite du 2' étranger.
Après un mois de rjpos, les compagnies d*élite du 2^ bataillon Font dirigées sur Biskra pour renforcer la colonne d'observation qui occupe ce poste ; à la tin du mois de juin, elles sont dirigées sur Constantine, pour aller Inivailler à la route de Soukliarras.
Kn inénir innps, 4 ('onip;if;iii«\s du .*»" Kitaillon, sous UiH ordres du lieutenant-colonel Bataille, vont occuper Ain- Beïda, pendant les opérations (jui se font dans la Kabylie orientale. Le but de cette colonne d'observation, dite des
2* nÊOIMENT DE LA LÉGION ÉTnANGKRE. 169
Ba)»ors, est d'empêcher rûniigratiou vers le sud, et de rayonner au besoiu jusqu'à Tebessa.
Au 15 juillet, les troupes rentrent dans leurs cantonnements; le régiment est alors employé aux travaux de toutes sortes, les compagnies font à diverses reprises partie de colonnes d'observation dans le sud de la province.
1854. — Au 1" janvier 1854, le régiment, dont Teffectif est de 2,445 hommes, est réparti de la manière suivante :
A Batna. — Ktat-mnjor, compagnie hors rang, S" ])ataillon moins la 6* compagnie et les voltigeurs, grenadiers et voltigeurs du 1'' bataillon et 1'' du 3' bataillon.
A Lambessa. — Le 1''' bataillon, moins les deux compagnies d'élite et la 1".
A Doucen. — Grenadiers, 2% 3% voltigeurs du 2" bataillon, et voltigeurs du 3'' bataillon.
A Biskra. — 4% 5% 0% du 2" bataillon. G» du 3" bataillon et section de discipline.
A Philippeville. — 1'* compagnie du 3* bataillon.
îiC 14 mai, un ordre du jour fait connaître «au régiment <|uo le ministre a prescrit, fi la date du 10mai,au 2' étranf;or, de former deux bataillons de guerre destinés à faire partie de l'armée d'Orient. La compagnie hors rang et le 3" bataillon, ne comprenant que les cadres de ses compa^rnies et tous les hommes impropres au service actif, soiU dirigés Fur Philippeville; ils s'embarquent les 7 et •^ juin à destination de Baslia, où ils doivent former le drpôt (lu régiment.
Los deux bataillons du régiment, à l'ofrcîr.tif de 2,200 honnncs, s'embarquent à leur tour, 400 hommes complètent le chargement du Jean-Bari déjà occupé en partie par le 1" (Hran^^cr, il part le 22 juin. Les 1,800 hommes restants, prennent passage, le 27 à midi, sur le Labrador et VMhairns à destination de Gallipoli.