PREMIÈRE LÉGION ÉTRANGÈRE. II
passa au 3* bataillou d'Afrique et mourut assassiné à Bougie (où il était commandant supérieur), par les ordres du caïd Ould-Rabah, qui Tavait attiré dans un guet-apens dans la vallée de la Souman, sous prétexte de traiter de la paix.
Pendant que ces faits se passaient eu Algérie, le ministre de la guerre avait fait autoriser, par ordonnance royale du 7 avril 1832, le gouverneui* général à former les compagnies d'élite dans les bataillons ayant atteint TefFectif réglementaire. Cette formation avait lieu immédiatement dans les 1", 2", S**, ty" et 6" bataillons.
M. le colonel Stoiïcl, mis en disponibilité, est remplacé par le colonel Combes, du GG" de ligne. Cet officier supérieur débarque à Alger le 24 juin et apporte avec lui le drapeau que, par ordonnance royale du 9 novembre 1831, le roi donne à la Légion.
Le drapeau porte, d'un côté : Le Roi des Français à la Légion étmngëre ; et de l'autre : Honneur et Patrie ! La hampe n'est pas surmontée du coq gaulois et ne porte pas de cravate. Il est remis aux troupes dans une revue passée au camp de Kouba; les trois premiers bataillons assistent à cette revue.
Au mois de septembre 1832, le colonel Coml)e8 rentre en France, il est remplacé par le colonel MoUenbeck, ancien lieutenant-colonel du 57* de ligne.
En attendant l'arrivée du colonel, le lieutenant-colonel Bernelle, du 10* léger, commande provisoirement la Légion.
Nous relevons dans l'ordre laissé au corps par Tinspecteur général que le nombre d'engagements volontaires, depuis 1831 jusqu'au 1" octobre 1832, s'élève à 5,538; on si^'uale quelques cas d'ivresse. La troupe a bon esprit et runion la plus grande règne entre tous, ofliciers et soldats, quelle que soit la nationalité : seule, la comptabilité laisse à désirer.
Les derniers mois de l'année 1832 se passent pour les
batailloiiB stationnés dans la province d'Alger en travaux de roule, en reconuaissances, etc., etc.
Le 6* bataillon (Belges et Hollandais), concentré à Boue, parfait son organisation. Malgi*é le choléra, les compagnies constituées prennent part à toutes les opérations conduites par le général d*Uzer.
Seul, le 4' bataillon (Espagnols) est engagé, le 11 novembre 1832, à l'affaire de Sidi-Chabal.
Madhi Ed-Din, accompagné d*Abd-el-Kader, se présentait devant Oran avec 3,000 cavalière et 1,000 fantassins. La ligne ennemie s'étend le long des hauteurs de Djebel-Tafaraouï , en passant par le marabout de Sidi- Chabal, entre les routes de Tiemcen et de Mascara.
Le général Boyer déploie sa colonne ; à gauche, sont les chasseurs non montés et la Légion; le 66% appuyé par l'artillerie, forme le centre ; la cavalerie (chasseurs d'Afrique) est à la droite. Cette dernière fut la pi*eniière et la plus vivement engagée, mais les obus lancés par l'artillerie jettent le dcsordro an milieu des cavaliers ara)>08. Le 66* de ligne, déployé en première ligne, aborde l'ennemi avec entrain ; la Légion attaque la gauche avec un magnifique élan, ses tiraiUeui*s soutenus par le bataillon en colonne à demi-distance, prennent les Arabes entre deux feux, la cavalerie ennemie est en déroute et les fantassins arabes, acculés à un ravin, ont 63 hommes tués et 146 blessés.
Les Espagnols, qui composent le 4* bataillon, presque tous anciens guérilleros, fout preuve d'une grande aptitude pour la guerre d'Afrique. Leur sobriété, leur endurance des fatigues, l'habitude d'un climat chaud, en font d'excellentes troupes. Ils luttent de ruse avec les Arabes et souvent avec succès.
Pendant l'année 1832, ils ont partagé avec le 66' de ligne le service fatigant des avant- postes.