I.AO. ^TRAKClilICII
CIIAIMTRK IV
Liconcicmcnl du i* haLiillon (Kspagiiolsi. — Le 7«hatailion (Polonais) vi«Mil rciiiplarr>r 1» \* à Oniii. -■ KiiiplarjMiiciil «les halailloris au 1*' jiiillrl \H:\\. — Lo5 \* L'I "i* haUtilloii-» l'uni |Mi'lii^ «lo la roloiiiu* commandée par le génjralTrézol. — (loiiibal duiii la forèl «liî Muloy- Isinuôl. — (tombal do la MacUi. — Dérailo de la coluiiiic. — Hclraile sur Arzcw. — Lellru du général Trczel. — Lo général d'Aiiangcs reuiplacu lo général TrA/el dans lo cuuimandomont de la division d'Oran. — C«*ssioii do la Légion élrang^ro ù riiH|>ugnc. — Trislo elTol que produit celto co:iâiun. — LoUre du conimandani d'KrIon. — Lellro du maréchal Maison. — Bmbarquemeiit de la Légion pour les lies Baléares.
L'année 1834 est moins mouvementée que 1833.
Le "J'i j.'iiivif!!' , \r. 7" L.ilailloii ( l^>lon;li^) vinit Irnir garnison à Bougie.
Le 11 mars, ce lialaillon, appuyé par quatre compagnie;» du 67* de ligne fait une sortie, aborde les Kaliyles à la haionnette I leur fait éprouver des pertes sérieuses et les force à repasser sur la rive droite du Sahel. Dans une autre sortie, qui a lieu le 23 avril, le bataillon montra encore de grandes qualités de vigueur et de dévouement.
A Oran, le 4* bataillon (espagnols), dont relTectif ne s'élevait plus qu'à 039 hommes, avait eu «'KX) hommes Itbér.ibles dans le commencement de Tannée.
Par décision du 14 février 1834, le ministre de lagueiTe autorise les réfugiés espagnols à i-enlrer dans leur patrie, à condition d'y remplir les engagements qu'ils doivent à leur Gouvernement.
Le 4** bataillon est donc licencié; les ollicici-s , sousofTiciers et soldats de nationalités difTêrentes que les BspagnolSy sont vei*sés dans les antres bataillons de la Légion.
PREMlknE LÉGION ÉTRANGÈRE. 19
439 Espagnols sont embarqués sur la frégate la Victoire et débarqués à Carlhagène, le 18 avril. Ces liommes, outre leur ling.î et chaussure, emportent Tbabit, la veste et le bonnet de police. Le montant des masses payées s'élève à 9,170 fr.
Quelque temps après, le ministre de la guerre décide que de nouveau, les engagements des déserteurs espagnols seront rerns, mais que ces engagés ne formeront plus de bataillon spécial.
Par suite du licenciement du 4* bataillon (Espagnols), le 7' batûllou (Polonais) quitte Bougie et vient tenir garnison îi Oran, où il devient 4' bataillon.
Le lieutenant-colonel Conrad , nommé en remplacement du lieutenant-colonel Neumayer, vient prendre à Oran le commandement des 4** et 5' bataillons.
Le 3' bataillon quitte la province d'Alger et vient tenir garnison à Bougie.
Voici remplacement des bataillons de la Légion au 1*' juillet 1834 :
fttat-major, 1*' et 2* bataillons, dépôt des convalescents, petit dépôt et Foclion de discipline à Alger et dans les environs;
3* bataillon à Bougie; 4* et 5* bataillons à Oran ; G* bataillon à Bône ; Dépôt général h Toulon.
Pendant le 2* semestre de Tannée 1834, seule, une compagnie de grenadiers du 2* bataillon prend part à une colonne commandée par le général Rapatel contre les Madjoules.
Cette compagnie, cliargée du service des tirailleurs, remplit bien sa mission et sait maintenir à distance du gros de la colonne, les cavaliers arabes.
1835. — Les premiers mois de Tannée 1835 occupent, eu reconnaissances journalières, à Tétablissement des
camps et travaux de forlificalions les 1*', 2"", S*" et 6* bataillons.
Dans la province d'Oran, les 4' et 5* bataillons font partie de la colonne commundée par le gOn<^ral Trézel contre Abd-el-Kader.
Le célèbre niaraltont, r(M*nnnu Kouvoniin do la plus grande partie de la province d*Orau, veut faire rentrer sous son conimandenient les Douaii's et les Sniélas, qui reconnaissaient l'autorité française.
Le 14 juin, le général établit d'abord son camp à Misserghin, puis il le porte an Figuier, et de là, au Tlôlat. Pour conserver la paix, on demandait à Abd-el-Kader do renoncer à ses prétentions sur les tribus soumises à notre domination.
Pendant que les pourparlers avaient lieu, les contingents d'Abd-el-Kader se réunissaient sur le Sig. Le 22 juin, les recomiaissancos signalaient l'attitude liostile des Gbarabah.
Des bommcs de la Légion qui étaient allés couxter du bois dans les environs du camp, recevaient des coups do fusil. En présence de ces faits, le général décide que, le 25 au matin, on marchera à l'eiuiemi.
La colonne se compose de : nn bataillon du GG* de ligne ; un bataillon d'infanterie légère d'Afrique; 5* bataillon (Italiens) de la Légion ; 3 compagnies du4M'ataillon (Polonais) ; Tinfanlerie est sous le commandement du lieutenant-colonel Conrad.
4 escadrons du 2* cbasseui*s d'Afrique, armés de lances et de mousquetons, une demi-batterie d'artillerie de campagne, 4 obusiers de montagne complètent la colonne, qui a en outre 20 prolonges du train et un convoi considérable de voitures de cantiniers et de mercantis qui entravent la marche des troupes.
Le 2G, à 5 heures du matin^ la colonne se forme en carré et se met en marche dans l'ordre suivant : 2 escadrons de chasseurs d'Afrique, les 3 compagnies du 4* ba-
PllKMrRTlE LKGION ÉTRANGÈRE. 21
tiillon de la Légion (Polonais) forment Tavant-garde. Le •V bataillon de la Légion (Ilaliens) et un escadron forment la face gauche du carré.
La colonne doit traverser la forêt de Muley-lsmaël, qui n*est qu'un taillis clairsemé de jujubiers sauvages, de lentisques et de tamarins. Dans cette forêt, Âbd-el-Kader a réuni 10,000 hommes et son bataillon de réguliers.
La roule suivie coupe une série de collines ravinées, de médiocre liauteur, qui s'élèvent entre les deux oueds du Sig et du Tléblal..
La colonne suit un chemin creux, lorsqu'elle est assaillie en tête et en flanc par des tirailleurs arabes. Les compagnies du 4** bataillon se portent i*ésolnment sur la ligne des tirailleurs ennemis qui démasquent les réguliers d'Abd-el-Kader. Ceux-ci refoulent les nôtres, les débordent à droite et à gauche et arrivent à hauteur du convoi, mal gardé par les flanqueurs, qui s'embarrassent dans les broussailles.
Pendant que le général rallie les flanqueurs sur le gros du convoi, le colonel Oudinot, commandant les chasseurs d'Afrique, rhargeant à travers les bois, est frappé d'une balle à la tête. Au moment où on l'emporte mourant, un trompette, on ne sait sur quel ordre, sonne en retraite, le convoi fait demi-tour.
Le général prend fi l'arrière-garde une partie du bataillon d'Afrique et le lance en avant pour dégager le carré. Le bataillon italien et le GG* ont alors le temps de se i*eformer ; ils marchent à l'ennemi et culbutent tout ce qu'ils ont devant eux. 11 était temps, déjà quelques Arabes avaient pénétré dans le convoi ; ils n'en sortirent pas vivants. Diuix voilures brisées durent être brûlées. Celles qui contenaient les tentes furent déchargées pour y installer les bli'ssés au nombre de 180, au nombre desquels élait M. le lieutenant Josefowich, du 4* bataillon, qui fut amputé de la cuisse le lendemain. En outi^e, on comptait 52 morts.
A midi, la colonue redescend dans la plaine et vient bivouaquer à 4 heures, sur les rives du Sig, au marabout de Sidi-Daoud. Les Arabes essayent encore d'arrêter sa marche, mais sans succès.
Le 27, la colonne fait séjour et on roconnnnnce à parlementer avec Abd-el-Kador, qui ne fait aucune réponse. Le général se décide alors à se diriger sur Arzew pour déposer ses blessés et se raviUiiller en vivres et en munitions.
Le 28, la colonne se met en marche dans l'ordre suivant :
Avant-garde : 2 escadrons de chasseurs , le bataillon d'Afrique et 2 pièces de montagne. Le convoi marche sur trois files. 11 est ilanqué à droite par un escadron de chasseurs, les 3 compagnies du 4' bataillon de la Légion et une pièce de montagne, à gauche par un escadron, le 5' bataillon de la Légion et imc pièce de montagne. Le bataillon du 66*, la dcmi-battcrie de campagne et un escadron forment Tarrière-garde.
Les troupes s'avançaient en bon ordre, loi*squ'à lOheui^s du matin, les tirailleurs ennemis paraissent et se mettent à harceler les tlancs de la coloime. La route longeait les marais à demi desséchés de la Macta, rivière formée par le Sig et rilabra; à la gaucho de la route, un contrefort de la foret de Muley-lsmaël ne laisse qu'un étroit déhlé.
Abd-el-Kader fait prendie les devants de la colonne à 1,500 cavaliers, doublés d'un fantassin, et, au moment où les troupes cheminent sous le soleil de midi dans le déiUé, l'incendie s'allume dans les joncs du marécage et en même temps le contrefort qui est à gaucho se couvre de tirailleurs qui, abrités derrière les broussailles, fusillent les flanqnenrs.
Le 5* balai lion roroit l'ordre (ri^nhîvtîr hîs crêtes, mais sans s'éloigner de la roule suivie par la colonne. Deux compagnies sont d'abord envoyées, elles ont beaucoup à souQ'rir du feu de l'ennemi et ne réussissent pas à le dé-
PIIEMIBUE LÉOION ÉTRANGÈRE. 23
loger. Le lieulenaut-coloiiel Conrad se met à la léte du reste du bataillon et parvient à refouler les assaillants jusqu'à rentrée du bois, mais là, il est reçu par des décharges meurtrières qui ébranlent le bataillon ; pendant ce temps, les Arabes ont profilé du vide qui s'est fait pour se jeter sur le convoi.
Le 5* bataillon, qui se voit pris entre deux feux, poussé par un ennemi supérieur en nombre, bat en retraite un peu en désoi'dre ; ce mouvement entraîne une portion de l'arrière-garde. Les compagnies sont éparpillées et le 1ioii(en.'int-r,olon(*l Conrad appnlh^ à lui los trois compagnies du 4" bataillon, chargées de la garde du convoi.
La supériorité numérique de Tennemi, la violence de son attaque, Tincendie qui entoure la colonne et le désavantage du terrain, occasionnent un moment de panique qu'il fut impossible d'arrêter. Un quart d'heure après, les troupes étaient ralliées à l'abri derrière un tertre.
Tri nous laissons la parole au général commandant la colonne, qui relate ces faits dans une lettre adressée par lui, le 12 niîirs 1842, à M. d(^ Colleville, qui collabora à l'histoire de l'ancienne Légion étrangère :
Il n'y aurait eu aucun accident filchonx, si lo lieutonant-colonel Conrad n'eut <lonnc l'onlrc itcrativcnicnt au connnandant Ilorain (tue depuis à DJi(ljelIi) de «(uitter le convoi avec ses trois compagnies polonaises pour suivre le 5" bataillon et servir à son ralliement. Conrad avait beaucoup de vigueur et d'entrain, mais peu de tête, il étnit malade et à pied, et vomissait au moment décisif de la Macta. Lui et bon uombre d'offîciers voulaient passer la Macta à gué et se diriger sur les montagnes. C'était une folie dont j'eus beaucoup de peine à arrêter l'exécution déjà commencée.
TiCS conip.'ignies dont le colonel (yonrad diflposnit ainsi, avaient été placées à la gauclie du convoi «les hlesséH, avec l'onlrc de n'en pas bouger, mais sans attendre mon retour à l'arrière-garde où je m'étais porté, le chef de bataillon «jui les commandait crut devoir obéir aux ordres contraires qu'il recevait «le son chef immédiat, surtout lorsqu'il s'agissait de se i>oi ter là on l'on se battait.
Par ce mouvement, le convoi se trouva un moment sans protection sufiisante, et les conducteurs des voitures se jetèrent dans
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le marais à Icar droite, où qaelqacs-uiis coa;)crent les traits do leurs chevaux pour s'échapper ; à Texceptiou de l'usca Iron du capitaine Bernard, le reste de la cavalerie fut cmmeué par son chef, et je ne la retrouvai que sur le bord de la mer.
Ainsi qu'on le voit par la letlvi} du général Trézel, en partant la cavalerie avait laissé un espace à découvert que Tarrière-garde arrivait pour couvrir, mais privée de ses chefs, blessés ou démontés, elle s'éparpilla entre les voitures.
Les Arabes qui harcèlent la droite de la colonne se jettent sur le convoi qui marche sans être protégé, s'emparent de quelques fourgons et massacrent en partie les blessés, enlre autres M. le lieutenant Josefowich , amputé la veille. Les conducteurs coupent les traits des chevaux et se sauvent \ des fuyards se jettent dans le marais de la Macta, s'y enlizent et s'y noient.
I^e général, à la léte de ce qui reste de cavalerie, dégage le chemin et la colonne se remet en route, un peu en ilésordre, et vivomonl pressée on tnte et eu quouo par les cavaliers onueuiis. Quelques pelotons d'iufaulerie, principalement du bataillon d'Afrique et de la Légion, couvrent les flancs. L'artillerie, qui a i^auvé ses pièces, met en batterie aussi souvent (|u'c11e lo peut, et tire à mitraille sur les assaillants.
Leurs attaques deviennent moins pn'ssautes, beaucoup sont occupés à couper des têtes et à piller les voitures du convoi qu'on a été forcé d'abandonner.
Quelques charges faites par les 40 ou 50 chasseurs d'Afrique qui restent et plusieurs coups de mitraille Unissent par leur faire abandonner la poui*suite.
A la nuit tombante, après dix-sept heui*es de marche et 11 heures de combat, la colonne arrivait à Arzew.
Les pertes sont les suivantes: 280 hommes disparus, dont 62 morts laissés sur le champ de bataille et 300 blessés.
La Légion avait eu 2 officiers tués : MM. les lieutenants
PnEMIÊnE LÉGION ÉTllANGÛRE. 25
Josefowich et Boldini ; au nombre des blessés, se trouvent le sous-lieutenant Bazaine et le sergent-major Imer.
Dans Télat où se trouvait la colonne, il était impossible ail général Trézel de songer à reprendre TofTensive. Les troupes reçurent Tordre de rentrer à Oran.
l/infanlerie revint par mer, et la cavalerie, renforcée par les contingents des tribus des Douairs et des Smélas, reutra en suivant la voie de terre. Le 4 juillet, toutes les troupes étaient concentrées à Oran.
Là, les reprocbes et les récriminations de chaque corps se firent jour, mais pour les faire cesser et jiar un sentiment d'abnégation bien rare, et qu'on peut citer comme un exemple à suivre, le général Trézel déclare dans son ordre du jour :
Que sur lui seul devaient peser toutes les fautes et tous les torts, qu'il eu subirait seul les conséquences et en acceptait seul la responsabilité.
On ne peut que s'incliner devant une telle grandeur d'âme.
Le 17 juillet, le général d'Arlanges remplace le général^ Trézel dans le commandement de la division d'Oran. 11 reçoit Tordre du Gouvernement de rester sur la défensive. Celte attitnde lui était d'autant plus imposée que les deux bataillons de la Légion placés sous ses ordres lui étaient retirés.
Par traité conclu entre la France, l'Angleterre, TEspagne et le Portugal, et signé à Paris le 28 janvier 1835, la Légion étrangère, tout entière, élait cédée à l'Espagne pour soutenir sur bî trône Isabelle II, fille unique de Ferdinand Vil et de Marie-Cbristine de Hourbon.
La convention, réglant avec TEspagne les conditions de la cession de la Légion étrangère à celte puissance, parvint à Algérie 8 juillet.
Elle affecta douloureusement les militaires de tout grade; tous refusèrent leur consentement à celte combi-
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naisou et prièrent le colonel (roire leur interprète auprès du gouverneur général. Ils disaient, avec juste raison, qu'ils s'étaient engagés pour servir la Franco et non toute autre puissance.
Une lettre du 9 juillet, écrite au nom du comte d'Erlon au chef de la Légion, lui faisait connatti^ les intentions du Ministre de la guerre. Ses ordres ne laissaient aucun doute sur le sort qui attendait officiers et soldats : ou ils iraient servir en Espagne; ou ils perdraient tout le bénéfice de leur position et des services qu'ils avaient rendus à la France.
Il suffit de citer les principaux passages de cette letti*e pour montrer avec quelle désinvolture était brisée la carrière d'iiommes qui avaient vei'sé leur sang pour la France.
Quant an personnel, vous devez engager les otliciers, sousofltciers et soldats à suivre la nouvelle destination cpii leur est offerte ; c'est d'ailleurs une néecssité pour les niilitaiires étrangers. Dans le cas on quehiuits utliciers coiiipris dans les ciilunnes "J et 4 de l'état ci-joint, montreraient de l'hétiitation et s'y refuseraient (co «lue le Ministre dit ne pouvoir supposer), vous les préviendrez qu'ils pertlraient leur emploi et n'auraient droit à aucune espèce d'indemnité; lo («ouvernenient ne se trouvant nullement engagé à les conserver à sa soKle. ils siéraient remis ai la dis[>osition de l'autorité civile et ils n'auraiient droit à aucun subside, car ils ne pourraient plus être traiités comme réfugiés. Quant aux sous-olHcicrs et caporaxix étrangers tenus au service par engagement, ils uo pourraient (|uitter la Légion ((u'ai l'expiration de la durée de cet engagement, ils sont donc liés jusqu'à un cei*tain point au sort de la Légion....
Les Fran^'ais qui, avant leur admission dans la I^égion étrangère, n'étaient pourvus d'aucun grade militaire en France, seront renvoyés en France comme particuliers, ou autorisés à rester en Afrifiue avec cette même qualité.
Quant aux olficiers et sous-ofliciers régulièrement pourvus de grade dans l'arméi; frnn(;Mi.s<:, il.s siéront considéréii comme en ndssion et maintenus sur les contrôles do l'armée; ils conserveront leurs droits aux récompenses cpie leur assurent leurs anciens services et ceux qu'ils rendront dans leur nouvelle position.
PHEMIBRE LÉGION ÉTnANGBRE. 27
Cependant si, malgré ces avantages, les officiers, sous-officiefs et caporaux se refusaient à suivre le corps dont ils font actuellement partie, les officiers ne pourront Ctre mis qu'en non-activité avec demi-solde, par suite de licenciement de corps....
Les étrangers suivront de droit la Légion en Espagne pour y achever leur temps de service.
Il est impossible de mettre plus impudemment le couteau sous la gorge à do braves gens dont le dévouement à la Fi*ance ne s'est pas démenti un seul instant.
Mais, le cvoiva-l-ou? les engagements pris par le Gouvernement Fraurais à l'égard dos olUciers et sous-olliciers, et relatés dans la lettre du coïnte d'Erlon ne furent même pas tenus!
Trois ans plus lard, le général Bernelle, qui commandait la Légion en Espagne, réclama auprès du Gouvernement finançais pour qu'il inlervienne auprès du Gouvernement espagnol, afin d'obtenir les vivres et Tannée de solde dus aux légionnaires, et auprès des carlistes, pour qu'ils reconnaissent les légionnaires français et étrangers comme belligérants et ne fusillent pas les prisonniers.
Le marécbal Maison répond :
Le peu de fondement de vos plaintes tient en général à Toubli du fnitf qui domine toutes les ([uestions que vous avez soulevées; je veux parler do la cession do la Légion étrangère à l'Espagne. Cette cession a été pleine et entière ; elle n placé dans la dépendance absolue du Gouvernement e8])ngnol, et soumis les militaires qui la composent au.x lois et au régime de Tarmée nationale.
Dans c'<;t étnt de clioKes, il (Ht évid(*nt que le Gouvernement français no peut en aucune fayon prendre l'initiative, soit pour aeeorder des récoiMpenscs on de ruvaiM-eiiient aux militaires do la lv«'gion, soit pour UHSurer l:i solde et reiitretieti de ce corps. La mente raison l'a enqtOelié d'intervenir pour faire régler, d'après les lois de la guerre, le sort des prisonniers qui pourraient tomber entre les mains du prétendant.
Cette lettre ne lient nul compte des engagements pris par le Gouvernement lors de la cession de la Légion à
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riîlspagne ! Laissons de côtelés élraiigei'S (officiers ou soldats), et ne nous occupons que des Français.
Le comte d'Erlou prescrit: «qu'ils seront considérés « comme on mission, qu'ils conservent leurs droits aux « récompenses que leur assurent liMirs anciens services », etc., etc.; non seulement on leur refuse ces récompenses, mais leur solde n'est pas payée, les carlistes fusillent les prisonniers français \ et lorsque, sur la foi des traités, ces Français réclament au Gouvernement qui les a vendus, ce Gouvernement répond qu'il n'a plus à intervenir ! On ne jette pas plus galamment les gens par-dessus bord.
Du reste, i)Our éviter les difficultés qui se sont présentées lors de la cession de la Légion à l'Espagne, la rédaction de l'acte d'engagement à la Légion étrangère fut modifiée par décision minislérielle du 7 juin 183G, on y ajouta: « Lequel a promis...., de suivre la Légion ou toute « fraction de la Légion partout où il conviendra au Gou- « vernemcnt de l'envoyer et de reslor sous les drapeaux « pendant l'espace de .... ans*. »
L'ordonnance du Roi en date du 29 juin 1835 prescrivit que la Légion étrangère cessait de faire partie de l'armée française *.
Deux commissaires délégués, l'un p<ir la France, M. le chef d'escadrons de la Hue, aide de camp du Ministre de la guerre, et M. le colonel Delvalle, pour l'Es^iagne, étaient arrivés en Algérie.
Grâce à l'énergique pression du général Rapatel, commandant les troupes du corps d'occux)alion et aux engagements pris par le Gouvernement français, relatés dans la lettre du comte d'Erlon citée plus haut, les légionnaires sont forcés d'accepter leur nouvelle position. Le colonel Bernelle et avec lui beaucoup d'officiers consentent h pasber au service de l'Espagne.
1 et t. Voir aux piôcos jusUfléalives.
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fiCs autres, soit qirils se fassent metire à lademi-Folde, s'ils sont ofriciei*6 français, soit qu'ils rentrent dans la vie privée, s'ils sont étrangers, sont assez nombreux, puisqu'on moment de rembarquement on doit faire les promotions suivantes: 1 chef rln bataillon, 28 capitaines, 28 lieutennnts et 28 sous-lieiilen;inl8.
Les états d'etlectif sont arrêtés, ainsi que les comptes des différents conseils d'administration, à la date du 27 juillet 1835, jour de la signature du procès-verbal de cession entre les deux commissaires. 123 ofliciers et 4,021 hommes de troupes, répartis en 6 bataillons, passent au service de l'Espagne. Le montant de lasonmie à payer par cotte nation pour l'armement, l'habillement et le campement de ces hommes est de 012,727 fr. 42 c.
Les 4' et 5*" bataillons vinrent rejoindre eu rade d'Alger; enfin, une escadre de 10 bâtiments embarque la Légion, le 30 juillet, pour les îles Baléares.
Le commissaire français ayant achevé cette triste besogne avait tellement hâte de rentrer à Paris, qu'il n'oubliait (|u'une chose en partant, c'était le drapeau de la Légion qu'il était cliargé de l'apporter en France. On dut le lui passer par un sabord. Ce drapeau est actuellement à Saint-Thonias-d'Aquin.
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