CHAPITRE PREMIER
La Légion on Espagne. — Noiivollcs Tormalions. — Oi»ùralion.s <'n Calulognc. — Opcralions à rarinôe du Nord. — Combat de Toinipogni. — Organisation d'un corps do lanciers polonais, d'une ballcrio «l'ohusiors do monti^^no ri il'iino compagiiii* d'infirmii^rs-liraiicnrilirr». --(Iiiinhat d'irigo. — l)ùpurl<ln gônùral Hi«rn«!llL', — Formation d'un 7« bataillon. — Le lieutenant-colonel Conrad prend le commandement particulier de la Légion. — Opérations contre Estelia.
— Le colonel Lebeau rentre eu France et est remplacé par le colonel Conrad. — Combat do llucrco. — Coml>at de Barbastro.
— Mort du colonel Conrad. — L'artillerie et Tescadron des lanciers restent attachés ù l'armée, rinranterio est envoyée h. Pampelune.
— Rôle de la Légion jusqu'à son licenciement. — Rentrée en France.
— Pertes pendant son séjour en Espagne.
Nous n'abandonnerons pas Tex-Légion en Espagne, et qnoiqu'clle ne fasse plus partie de Tarmée française, nous estimons qu'on sera heureux de savoir qu'elle s*y montra digne de son passé et Ht i)résager par son énergie, son courage et sou abnégation, la pari brillante que lui réservait l'avenir.
Nous résumerons rapidement les événements auxquels elle prit part pendant tout son Féjour en Espagne, renvoyant le lecteur qui désirerait avoir de plus grands deuils, à l'excellent ouvrage du général Beruelle, sur le rôle do Tex-liégion étrangiuc en Espagne.
32 LA LÉGION ÉTnANGKRE.
Le 10 aoi^t 1835, toute l'escadre qui portait la Légion étrangère était réunie dans le port de Palnia(îles Baléares), mais quelques cas de choléra b'étaut déclarés au départ d'Alger, les biUiuienis durent faire une quarantaine do huit jours.
Le colonel Bernelle en profita pour réorganiser le régiment, refaire le tiercenient dtïs olUciers ot surtout centraliser Tesprit de corps. Pour la première fois depuis sa création, Tex-Légion était entièrement réunie et les six bataillons devaient maintenant vivre côte à côte.
Il importait donc de fortiiier cet esprit de corps, qui était un peu alfaibli, surtout depuis la malheureuse alVaii*e de la Macta, où des dissentiments s'étaient élevés entre hs 4* et le 5* lataillons (Polonais et Italiens) qui avaient assisté à ce combat.
A cet elïet, les 48 < ompagnies de la Légion fm'ent réparties dans lesO bataillons, de manière que chacun d'enx possédtU un nombre à peu près égal d'honunes de chaque nationalité. On fit sagement disparaître les dénominations de bataillons allemands, belges, italiens, polonais. Cette méthode, qui donna d'excellents résultats, fut toujoui*s suivie depuis dans toutes les formations de la Légion.
Le nouvel ordre de bataille fut pris le 19 aoAt, jour du débarquement à Tarragone.
Le colonel Bernelle était nommé maréchal de camp des armées royales de Sa Majesté Isabelle II; le lieutenantcolonel Conrad, colonel ; et deux cbefs de bataillon, lieutenants-colonels.
L'ex-Légion commença ses opérations en Catalogne. Cette province était parcourue par de nombreuses bandes carlistes, et le corps fut dirigé sur Lérida; de là, les compagnies rayonnèrent sur le pays environnant où elles soutinrent de nombreux combats.
Deux compagnies, enfermées dans le bourg de Senahuga, repoussèrent pendant quatre jours les assauts dos carlistes.
M. le sou6-lieutenant Dumoaslîer ', commandant un poste avancé au-devant d*Artesa, après avoir brftlé toutes ses Cijrlouclies, tente une sortie ; mais, trahi par son guide, il tombe entre les mains des carlistes et est immédiatemont fusillé.
Le colonel, commandant les Et^pagnols an combat de Saint-Martin, signale la valeur des 4 compagnies de la Légion qui font partie do sa colonne ; elles s'emparèrent ensuite du fort de Qneniera, où s'éUiicnt rrfiigics 500 carlistes.
Le général Bernelle reçoit Tordre de laisser le 2" bataillon à Lerida et de se porter avec les 5 autres bataillons sur Harbastro, afin de défendre TAragon.
Les compagnies prirent part à une foule de petits combats. Deux compagnies enlèvent GeiTÎ de vive force.
Le colonel Conrad bat les carlistes à Pobla et Segura, sur la Noguera-Pallaresa. Les 3* et 6* bataillons rencontrent rcnnoini prôs du village» dos Aiigi^s, le 3" bataillon, engagé en tirailleurs contre la cavalerie carliste, est ramené, mais il est dégagé par le G^ bataillon qui se jette sur la gauche de Teimemi.
Le chef des lanciers carlistes fond sur le sergent-major Wolff et le frappe de sa lance en lui criant : « Vaga rtUed con Dios.... » — « Et toi va-t*en au diable », répond Wolff en le tuant d'un coup de feu à brâle-pourpoint.
L'ex-Légion occupa ensuite les Cincos- Villes et Sanguessa, puis fut dirigée, le 4 janvier 1836, sur Vitoria pour faire partie de l'armée du Nord.
Cette armée, sous le commandement du général Cordova, se mit en marche pour attaquer les carlistes qui s'étaient fortifiés sur la ligne de l'Arlaban, afin de couvrir le siège de Saint-Sébastien.
L'ex-Légion étaitau centre et devait enlever les hauteurs situées à la droite de la route suivie par le gros de l'armée.