‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 78 sur 117 · CHAPITRE ITl · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITl

1871. EN FRANCE. CAMPAGNE CONTRE l'aLLEMAGNB.

Travaux à la garo «le Vicrzon. — Marche sur Bourges. — Bncombro* nii*nt ties vuii>s fiTrin^s. - - Pelit combat du 1'^ haUiilou h Sainle- Mario. — Il onln; à Moiitbt'liard. — CumliaLs des 'i^ til 5* ItaUilloiis près do la TiTUie de Monlcbevis. — La désorganisation augmente cliaquo jour. — Distributions faites la nuit. — Les hommes ne pouvent prendre aucun repos. — Bruits d'armistice. — Los Allemands liMit connaître «(ue Besançon n*est pas compris dans la zone do l'armistice. — Un Turc, sous-lioutonant au titre êtmngcr. — Séjour à Bi^sançou. — Liecncicment de la classe 18C3 et des engagés |MiUr la durée de la guerre. — Portes du régiment pendant la campagne. — Circulaire ministérielle sur les man(euvres allemandes, américaines, etc., etc. — Une compagnie du réginu*nt à l'armée de Brt*tagne. — Bataille du Mans. — Licenciement de cette compagnie h Bennes. — l<*ormatiou d'un 6** bataillon & Dunkerque. — U est licencié avant «ravoir flni son organisation.

A partir du 2 janvier, les différents corps de la division fournissent 1,000 honimes de corvée pour Iravailler nuit et jour à la garo de Vier/on et y construire un (juai d'embarquement. Les troupes touchent 3 jours de vivres et se tiennent prêtes à ôtre embarquées en chemin de fer.

liO 4 janvier, un ordre du corps d'armée fait connaître que, par décret du 12 décembre 1870, M. le Camus, colonel d'infanterie de marine, est nommé général de brigade à titre provisoire et prend le commandement de la brigade.

Le 6 janvier, la 2' division, couverte par la légion bretonne qui occupe Salbris, est dirigée sur Bourges et campe à Mehun ; le 7, elle arrive à Bourges.

Le 1" bataillon et la moitié du 2* s'embarquent en chemin de fer à 8 heures du soir; le reste du régiment et l'état-major partent une heure après. Les hommes emportent 2 jours de viande cuite.

Le 1" tivaiiî arrive à Dijon et y séjourne G jours; le 2" reste (> jours à Chagny.

Il estdifRcile d'imaginer Tencombrement elle désordre qui existent sur la ligne du chemin de fer. Chaque voie de garage est garnie de trains de troupes, do munitions, de vivres, et chaque train ne se met en route que lorsque celui qui le précède a quitté la station située eu avant. Des wagons-salons transportent des canons Whitworth, des munitions, surveillés par des artilleurs installés confortablement sur les divans.

Ne sachant jamais les heures du dôpart des trains, les hommes n'osent sortir des wagons pour aller aux provisions ; on ne fait ni la soupe ni le café ; le froid est intense et beaucoup d'hommes ont les pieds gelés. Les gares sont envahies par des bandes de femmes qui vendent des denrées et surtout de la boisson de qualité exécrable. Le général en chef a télégraphié d'employer môme les réquisitions pour nourrir les troupes, mais ces ordres s'exécutent (lifîicihîment.

Pondant que les troupes font d'interminables stations dans chaque gare, l'armée de l'Kst, qui a fait son mouvement antérieurement, s'est dirigée par les voies ferrées sur Desanron, a livré le combat de Villersexel, puis s'est avancée sur la Lisaiue, où les Prussiens ont pris position, organisé vigoureusement la défense et ont même renforcé leur ligne avec des J)altories de siège.

Le 14 janvier, la P" fraction du régiment (1" bataillon et la moitié du 2**) descend de chemin de fer à Glerval et est dirigée sur Sainte-Marie, petit village sur la route d'Arccy à Montl)éliard. Le lendemain 15, elle part de très liouue heure, suit la grande route et s'engage dans les Jiois qui dominent Sainte-Suzanne, occupés par les avantpostes allemands. Un petit combat s'engage dans lequel M. le capitaine Gérésole est fait prisonnier*. Le détache-

1. Kiitiùrcineiil dùpouilld ot baUu n coups de crosse par les soldais

-11 LA LÉlilUN ÉTIlANliÈnB.

meiU pousse du premier coup jusqu'à Montliélinril qu'il oc<*up(! ; mais lo ('liAlc:ui, qui est défendu par un balailloii ol G pièces de canon, tient toujours.

La 2' fraction du rcgimcnt, coniman lée jiav le lii-iitenant-colouol, dél)arqucà Clerval, à minuit, g.igiie Sainte- Marie où olh» laiHse rn|)oser ses hommes très fati.^'iiês. Le 10, au matin, la première fraction, qui avait occupa Montbéliard, quitte cette ville et tout le régiment s'éLtIilii sur le plateau de Sainte-Suzanne.

AuHsil6i aprcK la soupo, la 2*" division va b'étahlir m arrière de la ferme de Montclievis, où un comlKil d'artillerie s'engigo et dure jusqu'au soir; nos perles sont lé-

^er»'6.

Après avoir ))ivona(|uc dans h) hois d'AIIondans, un peu à l'ouest, le n'^^iment repnHul, le lendemain 17, les niAnies |)Ositionsque la veille ; hi lutte d'artillerie recommenc(! avec aussi peu de succès. Vt3rs midi, une petite colo!U)e prussienne sort de Héthoncourt et marche à Ira- V(M's hois pour vtMiir aUa(]uar nos hatUirics. Le lieutenantculoiud diri;^(^ contre rettti colonne les 2' et 5' hutaillons couverts par des liraillrurs. Ceux-ci ne se hornent pas à faire rélro^'iadcr l'enn^'ini *, lances au {Mm de course, ils le poussent jusipie prèsih^ la Lisaine ; un mouvement d'hésitation nielle se mMuirestiM-he/.renui'mi, mais nos homiu's ne se voyant sonttMnis par aucune réserve, hatlent en l'rtraile sons le leu redonhlé thî l'artillerieqni leur inflige des perles h(*nsihl«?s.

A la nuit, les 2* et f)" hatailhms hivouaqnent à la fenne d* Mi»iilchevis ; Ui 1* halaillon près du ciinelièi*e.

Li* \X^ la canonnade reconnuiMice jurqu'àS heures. Une reconnais>anre prussienne sort de Monlh.*liaril et arrive à HiK) inèlru> dl^ nos tirailli-nrs qui sont renforcés ; rennemi ht* n*|die. Pendant la unit, h". ré;^'ini ml, qui orcniN> les

ili* l.i i:iiiilwi*lir IliiIuIm;. Ii! rapii.iiiic (>irdAiilo, qui parloit allcmanil, la {•laiiit ttu iiiajiir ilu huUilldii ifui fail coastor lue iiiauvuid Iraituiiiciili, uiaii iK- f.iil |i.iH ic.tiiic TaigiMit i|Mi lui u cl.! viiK*.

mômes emplacements que la veille, reçoit l'ordre de se replier sur Dung.

Le 19, an matin, à peine les bataillons marchant sur Dung sont-ils à 500 mètres de la ferme de Montchevis, que celle-ci est envahie par 150 à 200 Allemands. Les ofru'icîs comptables et le docteur du régiment qui s'y sont attardés, ont beaucoup de peine à s'échapper.

iiC capitaine Tri<ol, qui venait de quitter les fonctions d'ofTiciiM* payeur et qui avait encore sur lui la caisse du régiment(4,341 fr.), est tué; il s'étiiitun pou attardé pour pcignor sa bar])e ; les 4,341 fr. disparurent, bien entendu.

Ainsi que nous le disions à la fin du cbapitre II de ce livre, le î^ervice de grandgardes était fait avec la plus i;r;indenrglig(Mico. lia 7** compnguiedn 5* bataillon, n'ayant placé ni petits postes, ni sentinelles, est enlevée tout entière par una reconnaissance allemande qui enveloppe el met en joue les ofliciers et les soldats se chauffant tranquillement aniour d'im grairl feu.

11 faut dire à leur décharge, que depuis trois jours les lroupesl)ivouaquaient presque sans vivres sur ces plateaux où les voitur»»s n'avaient pu arriver, les chevaux n'étant pas ferics à glace; beaucoup d'hommes ont les pieds gelés.

La division campe à Longueville, près du Doubs. Le 20, le régiment sedirige sur Fontaine et de là sur Baumeles-Darnesoù il est rejoint par les cadres de 2 compagnies qui 8f)iit partis le 14 decembro de Mehun pour aller à Caliors chercher des recrues ; ils n'ont trouvé personne.

Du reste, il n'y a rien d'étonnant .à cela, car la désorganisation augmente de jour en jour. Les routes sont couverti's (le voilures de réquisition escortées de quelques hommes s:ms armes et sans sacs, d'isolés de tontes les annes rejoignant les gares de chemin de fer et cherchant leurs corps avec la ferme intention de ne pas le retrouver.

Ces liommf»s ])illent et volent sans honte môme leurs camarades. Des bandes de 20 à 30 hommes envahissent les inaisons et les granges pour y x^asser la nuit. Beaucoup

i\4G LA LKOION ËTIIANGBRK.

mendient et se font nourrir par les habitants après avoir jeté les vivres qu'on leur a distribués et qu'ils ne veulent pas porter.

Les hommes du régiment étranger, moins démoralisés et plus avisés, sont chargés de vivres (lard et viande) abandonnés sur la route pcir ces bandes de mauvais soldais.

Les bataillons sont placés généralement au bivouac, sans dresser les tentes, près des villages. On brAle de préféronco au bois de distribution les échalas des vignes qui sont secs. Les ofhciers et les sous-olliciers se répandent dans les maisons des villages pour chercher un abri et faire un peu de cuisine. Les marches sont pénibles a cause des arrêts qui se produisent à chaque insl^mt. Les distributions, qui se font la nuit dans les gares, privent les hommes de repos. Sans l'emploi du chemin de fer, il eût été impossible de nourrir Tarmée. Chaque gare, située en arrière de Tarmée en marche, est le refuge des traînai*ds et des fricotcurs, qui vivent et se; conduisent comme en pays conquis ; il est donc nécessaire de les surveiller très rigoureusement.

Le 22, la division campe à Uoulans sur les bords du Doubs. Le lendemain, elle se dirige sur Hesançon \ puis elle franchit le Doubs h Chalèze, s'élève sur les plateau.v qui bordent cette rivière au sud, contourne la place de Besancon et redescend ensuite à la nuit, près du petit village de Busy. Le régiment a été arrêté dans un chemin, où il bivouaque. Ce bivouac est un des plus mauvais que Ton ait encore rencontré. Il est nuit, le bois est dillicile à se procurer. Les jeunes soldats, Bretons pour la plupart, se battent au lieu de s'entr'aider ; les ustensiles de campement ont presque disparu ; on fait la soupe dans les grands bidons. Les oiriciei*s courentdans le village à la recherche

des vivres.

Les bruits les plus sinistres courent dans les bat^ûllons : les Prussiens enveloppent Besançon et se sont dirigés par

AFHUJUI-: ET (;A.MPAGNE de FnANCE. 347

Dijon sur Dôlc et Qiiiiigey à Touest. A 10 heures du soir, une brigade de cavalerie (cuirassiers de marche) monte à cheval et se dirige sur Besançon. Du reste, toute Taprèsmifli on a entendu le canon vers Saint-Ferjeux, sur l'autre rivr du Donhs.

Un chef de bataillon de nationalité espagnole appartenant au régiment, nommé au titre étranger par la Délégation de Tours, à la dîite du 12 décembre 1870, disparaît avec armes et bagages *.

La 2** division du lô'' corps se concentre dans la presqu'île formée par le Donbs rt la Loue. Il est important de ganb'r ce passage; aussi le 24, les 1" et 2* bataillons se portent en avant du village de Vorges avec la 2^ ))rigade \ le:V ])al;iilloM reste à Busy.

Les reconnaisj-ances prussiennes viennent tâter la 1'* ])rigade de la 2" division, mais évilent de trop s'engager. Le ;jy" de ligne supporte Tatlaque de rennemi. Le lendemain (H le surlendemain, on conserve les mêmes positions, rennemi renouvelle ses tentatives; les l*"' et 2' bataillons sont assez vivement engagés. Une compagnie du 25'* mobile exécute une contre-attaque contre Tennemi qui devient trop pressant; elle perd beaucoup de monde, car elle n'a pas (le soutien pour couvrir sa retraite; le même fait s'était déjà produit à Montbéliard, lors de l'iittaque de deux bataillons du régiment étranger.

Le 5" bataillon va occuper le bois du Gros-Fournier, situé sur les escarpements.qui commandent la Loue.

La division et une portion du lô*" corps campent sur des hauteurs boisées qui dominent le village de Busy, les feux des campements l»icn alignés font un bel effet, mais ont le défaut d'indKjuer à l'ennemi l'emplacement des troupes et de lui permellre d'évaluer le nombre des combattants. On a été forcé, en raison du peu de mobilité des troupes et du

1. Plus lanj, on roçoil des oUils do solde signés par co Irisle personnnRO qui (uticlic une nouvelle cniréc en campagne et un mois de solde à OrunoMo cl à Monlaubjin.

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peu de sécurité qui existe, par suite de la négligence des grand'gardes, de camper sur les positions que Ton veut défendre, au lieu de s'établir en arrière à Tabri des vues de Tennemi. Quant à nous, jamais nous n'avons pu voir un feu de bivouac des Allemands.

Une patrouille envoyée vers Chenecey annonce que ce village est occupé par des zouaves, des francs- tireurs et d'autres troupes qui ont fait sauter le pont sur la Loue, mais le 25, les patrouilles font connaître que Lïs Français ont évacué le village pendant la nuit, qu'il est maintenant occupé par les Prussiens qui forcent les habitants à reconstruire le pont.

La 2' division, qui est restée sur la Loue pour masquer le mouvement de l'année qui a pris la direction de l*ontarlier, se rapproche alors de Besancon ; le 39" occupe Larnod, le régiment étranger et le 25* mobile dont Teffectif est très réduit, sont à Pugey. Le 5' bataillon prend le service des avant-postes à la Grange-Rouge, où il est renforcé par une haltorie de montagntî.

Le «30 janvier, trois reconnaissances pnissiennes s'avancent contre le village de Bnsy et la Grange-Rouge. On a appris par les facteurs de la poste et par la population que l'armistice est signé, et les soldats disent que l'on ne doit plus 60 battre. Le chef de bataillon donne l'ordro d'ouvrir le ftMi, lorsque renuemi sera à bonne portée. lai batterie de montagne commence son tir, la fusillade éclate en avant du village de Busy : les postes avancés se replient en combattant sur la vieille route de Quingey.

Dc^s parlementaires quittent Larnod et viennent s'aboucher avec les Allemands qui déclarent n'avoir pas connaissance de l'armistice. L'ennemi se replie sur Vorges, puis dans la soirée évacue cette localité.

Deux petits faits sont à signaler dans cette alTaire de nulle importance, car ils prouvent le peu d'instruction des troupes.

Après Tarrivée des parlementaires, on se trouve dans la

nécessité de décharger deux pièces de canon, il faut les tirer, car en les chargeani, les artilleurs avaient mis les obus la fusée en arrière.

Un uhlan en éclaircur la lance basse se trouvait en conlre-bas, très près des tirailleurs qui ne rapercevaicnt pas, deux fois on leur envoie Tordre de s'en débarrasser, mais on ne peut arriver à faire déplacer les hommes embusqués derrière un petit taillis.

Le régiment garde ses emplacements mais diminue ses petits postes. Le lendemain, les Allemands font connaître rpie le département du Doubs n*ost pas compris dans la zone de rarinislice; la nouvelle de Tentrée en Suisse de l'armée de TEst arrive en même temps et trouble les idées de tout le monde.

Une noie de service envoyée dans tous les détachements prévient que le lieu de rendez-vous du régiment est à Caliors. Quelques oflicierslentent de s'évader dans la nuit, ni.iis reviennent cnsuilc» repnMwlre liîur place. Un rapilaine réussit à gagner Bordeaux où il est replacé.

Vn sergent et un caporal coupables de désertion, de vol et d'-ibuK de conliancc sont traduits en cour martiale et fusillés à Pugey.

Le 12 janvier, on apprend la reddition de Delfoitet rarmiî-tice qui comprend Besancon. A cette nouvelle, les cantonnements sont élargis de manière à permettre aux hommes de prendre du repos. Les effets sont lavés h Teau chinide pour détruire la vermine dont ils sont infectés.

Au bout de quelques jours, la sanlé devient meilleure dans les bataillons, les bronchitis disparaissent mais ensuite la surexcitation tombe, et les entrées à Tambulance anginentenl. Les fatigues éprouvées pendant cette campai;ne se font phis vivement sentir maintenant que Ton est au repos, et la mortalité dans les ambulances est considérable.

Le régiment reçoit un sous-lieutenant au titre étranger, un Turc, qui touche sa solde et son entrée en campagne.

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mais n'achète ni sabre, ni tenue. Il se bat avec ses hommes au lien de les punir. Au bout d'un mois de présence, on est obligé de demander sa révocation à l'autorité supérieure.

Après la lassitude morale qui a gagné tout le monde, ofllciers et soldais, arrive la période du besoin d'auiusements et du bien-elrc. Tous se précipitent vers Besançon et les autorités de la ville sont obligées de sévir contre des ofïlciers de divers corps qui couiprom }ttent la dignité de leur épauletto.

Pendant le séjour à Besançon, le régiment travaille à la première ligne de défense de celte ville. Le G mars, on apprend la conclusion de la paix. On reçoit Tcivis do licencier les hommes engagés pour la durée de la guerre et ceux de la classe 1863. Ces opérations sont faites les 17 et 22 mars, 415 hommes <|uittent le régiment; on accorde on même temps de nomlireuses perniii^sions aux olUciers et aux soldats, ce qui réduit retfectif à sa plus simple expression. Le iitmlenant-colonol et im chef de ItaUiilloii reslenl seuls comme officiers supérieurs.

Dans colle campagne, le régiment a perdu 5 officiers tués et 15 blessés ; quant aux hommes tués, Idessés, ou disparus, il est impossible d'en délerminer le nombre, les contrôles (Haut mal linuis et n'ayant jamais été mis à jour.

C'est pendant ce séjour à Pngey que l'on reçoit une note curieuse qui ne doit être communiquée qu'aux otliciers et qui a cependant été transmise aux bataillons restés en Algérie; elle est relative au secret de la manœuvre des armées prussiennes pour dérober leur présence dans les bois. L'auteur annonce qu'il a demandé GOO ballons pour surveiller lus environs de Paris, que 3 corps de 30,000 . Allemands ont clé exercés à se poster pendant 3G heures dans un bois en rt^stant assis on coucliés ; cette manmuvre s'appelle casser la noiselle. il conseille de se servir de dogues pour éventer l'ennemi, et d'arroser avec du pétrole lancé avec des pompes à incendie les forêts que l'on veut

dûtruire. Eiilin il ajoute, que Slierman a massacré 08,000 Américains par ce moyen.

La 2* division est licenciée et le 25 mars, le régiment, sauf 2 compagnies qui restent cantonnées aux villages de Dusy ot de Larnod, entre à Besançon où 4 est logé dans les baraques de Saint-Claude et du Polygone.

On apprend, à cette date, Tinsurrection du 18 mars, l'assassinat des généraux Lecomte et Clément Thomas, enlin tous les événements de Paris.

Lors (lu départ pour Orléans du 5* bataillon, on avait formé sous le commandement de 2 officiers, avec les homnms insulïisamincnt instruits, un détachement de recrues, fort de 195 hommes qni avait été dirige sur Brest.

Le 7 novembre, ce détachement est envoyé au camp de Conlie. Ses cadres sont complétés et il est organisé en une compagnie qui fait partie de Tarmée de Bretagne, sous les ordres du général de Kératiy : division qui devient plus lard la 4" division du 21" corps d'armée (général Gougeard).

Cette «ompagnie, jointe aux franrs-tii'eui's, est souvent employée comme troupe de partisans. La division rejoint le corps d'armée de Chanzy sur la Loire, et la compagnie est engagée lorsde la retraite d'Yvré où la brigade est attiiquée à Timproviste par les Allemands. Elle prend part, pendant la bataille du Mans, à la charge à la l)aïonnctto dirigée pour reprendre le plateau d'Auvours; dans la retraite, elle protège Tartillerie et les convois. A Beauniont-sur-Sarthe, elle soutient Tattaque de Tennemi, s»il)it des pcutes considérables et arrive à rejoindre le gros de la division.

La 4" division est désignée pour faire parlie des troupes chargées de couvrir et de défendre la Bretagne, la com pagnie est alors dirigée sur Pontorson.

A la conclusion de la paix, elle est envoyée à Rennes,

OÙ elle licencie tous les hommes engagés pour la chiréc de la guerre.

Dans le nord de la France, le gouvernemepl de la Dé- Tensc nationale avait décidé la formation d'un 6^ bataillon qui fut organisé à Dunkerque, mais la paix fut signée avant que ce bataillon, dont Teffectif ne dépassa jamais 300 liommes, fût apte à entrer on campagne.

Les cadres et les hommes non licenciés à la conclusion de la paix, furent dirigés sur Mascara pour rejoindre le dépôt du régiment; ils y arrivèrent au commencement d'avril.

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