‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 80 sur 117 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

EN AFRIQUE (de 1870 A 1875),

1870. — Les 3« et i« bnlaillons en Algérie. — DifTicultés malériellcs |iour r(|uiper ces baluillons. — 1871. — Coluiiiies conlre Si-Kadduur IwMi IlaiDZO. — Envoi d'un dclaclimient do trois compagnies aux colonn«»s de Kabjlie. — Rentrée des bnlaillons do France. — GoloniK's onlro rilierclicll et Miliantili. — Rrnlrùo du dûluclit'nicnt îi Mascara. — Mn seplrnibrr, lii-i-ncinnenl dn 5" Itatnillon. -- Colonne ronlre Si-Koddonr. — 1872. — Emplacements des bataillons. — Licenciement des 7* Pt8« compagnies. — Hcvision des grades des ofllciiMS.-- 1873.— Instrurtionsminislcricllcs concernant le recrutement «lu rrf(iinent. — Emplacemeiils des bataiilonc. — 1871-1875. — Snp- ))rcssion des 5« et G« compagnies. — Le régiment reprend le nom de Légion «Hningère.

Restés en Algérie, les 3* et 4* batiillons renforcés des Allemands des !•' et 2' bataillons qui n'avaient pu suivre leurs compagnies pendant la campagne de France, avaient eu un rôle moins périlleux que celui de leurs camarades, mais cependant bien utile. La province d'Oran coraplètemcnl dégarnie de troupes, n'avait pour la défendre que les balaillons du régiment et les mobiles, sur lesquels ou ne pouvait eulièrement compter.

\ai 18 octobre 1870, le o** baUiillon est dirigé de Saïda sur Géryville pour y remplacer le bataillon d'Afrique qui [»art pour la France. Il délaclie une compagnie à Slissifa des Gliotts et une section à Kreneg-el-Azier.

Le 4^ bataillon est dirigé sur Saïda, où se forme uni* colonne mobile.

Lors du départ des 1*' et 2*" bataillons pour la Franro, on a retiré aux deux bataillons restant en Algérie, tout co qui était nécessaire en habillement et en équipcmciit aux bataillons partants. Les hommes restés en Algih'io n'ont pas (Ir pantalon do drap, pas de capote, pas de sac, pas de fourniment. On remplace les sacs par des ballots ticelés avec des courroies que les hommes portent de leur mieux. Les poches des pantalons remplacent la cartouchière. La section hors rang travaille ferme à Mascara pour équiper tout ce monde, mais le drap manque. Et ce n'est qu'an printemps 1871, que le 4* bataillon est enfin sulflsamnient équipé et habillé.

La 6" compagnie du 4"" bataillon est laissée à Mascara pour recevoir et incorporer les recrues. Aussitôt qu'elle peut (Hro mise en route, elle est dirigée sur Magenta, déjà occupé par une compagnie de mobiles.

Le drapeau du régiment est versé par ordre à l'arsenal de Mascara*.

L'hiver 1870 se passe dans l'attente. Les Arabes ne bougent pas encore, mais on sait qu'il existe une grande fermentation dans les tribus, que nos revers sont racontés et grossis démesurément.

1871. — Le 14 avril 1871, dans le but de montrer aux Arabes que l'Algéricî n'est pas dégarnie de troupes, une colonne mobile formée du 4"^ bataillon et de 2 compagnies du 3*" bataillon du régiment, quitte Saïda et Xi<ircourt le pays jusqu'à Sebdou. Cette colonne rentre à Saïda le 8 mai.

i. Voiidu pur le Domaine cummo vieux cuivre, il fut racliolé e rruncs à un juif par M. Kuliiol, ufDcier (riiabillemunl, (jui se trouvait là par hasard. (.0 drapeau, qui élail celui do l'ancien X* rêgimeat, le drapeau du Magenla et de (Limerone, fui placé à la liildiotlièquo du corps, où lo> Huld.ilH .se parlagènsul rélolTc cuniuie souvenir. Lu hampe du drapeau e.st déposée au magasin du corps avec la main de bois du capitaine Uanjou, le héros do Camerooo (M. Uai\jou avait eu la muia druile omporltSo par un accldoui on service commandé). Voilà deux beaux trophées pour la suite d'honneur du régiment.

«KGIMENT ÉTUANGEU ET LÉGION ÉTltANGÈnE. 369

Le ?}'' bataillon laisî^e mm seule compaj^nie à Géryville et se rond à Sai Ja, on il doit faire partie d'une nouvelle colonne, mais contre-ordre est donné et le bataillon rentre €^ Géryville le 2 mai, il y reste jusqu'en octobre 1871.

La (7 compagnie du 4* bataillon, dùtachûe à Magenta, ne reste pas inactive. Elle fait p.irtie d'une petite colonne composée de 2 escadrons de cavaleriiî, de 3 compagnies de mobiles et desgonms des cercles de Daya et de Saïda, qui, sons les ordres du lieutenant-colonel Demesloizes, va se placer en observation à Magourab, sur la frontière du Marof.

Si-Kaddom-bcn-lIamza a fait appel aux tribus marocaines (lc\s Maïa, (pii se rénnissent anx Oidod-Sidi-Clieik. Le 17 avril, les vedettes françaises signalent Tapprocbe de reniiemi. Si-Kaddom-, à la tête de ses contingents, délileâ 1,000 mètres du camp, se dirigeant vers Touest.

Le lienlcnant-colonel laisse au camp les bagages sous la g.irde des mobiles, et marcbe vers Tennemi avec la compagnie du régiment étranger, la section d'artillerie, les deux escadrons de cavalerie et les goums.

On rejoint Si-K;iddonr à f) kilomètres de Magourah. L'artillerie lance ses obus sur la cavalerie ennemie qui cbarge immédiatement sur nous, mais elle est décimée par les ïrwx i;ii)i(les de la iV compagnie.

Llle se reform(î, cliarge nos goums, commandés par Si- Slimaiin, et les met en déroule. Les deux escadrons de cavaleri(^ cliargent à leur tour, les deux capitaines sont tués. Se voyant entouré de tons cotés, le lieutenant-colonel fil il lorincr à la 0* compagnie un carré irrégulier dont la 4** face est formée par un escadron de chasseurs. Les 2 piè es d'artillerie se placent an centre «In carré et liront à obus et à mitraille sur tons l(*s rassemblements qui se trouvent à sa portée.

L«» carré gagne en man haut \)v\\ à pou, un mamelon donûnant la plaine et d'où il peut battre les Arabes qtii y sont ri'pandus.

;>K". KTRANOKItK. 24

Pendant nne heure, itt cavalerie ennemie, attaque le ilanc droit du carré ; son infanterie 8'<icharne sur le liane gauche. Mais décimés par le feu des chassrpots, les Arabes ne peuvent approciier et battent en reimite. Nos goums qui 6e sont ralliés les poursuivent et en tuent un grand nombre.

(^o cuuibal fait lioinienr à la ()" cunipagnio, «ONipnséedo 218 recrues qui voyaient le feu pour la première fois. Encouragés et soutenus par leurs officiers (capitaine Kaufmann), ces recrues ne se laissent pas inlluencer par les cris et la fantasia des Arabes; de plus, sur les reconunandations de leurs ofTiciers, ils surent ménager leurs munitions.

La petite colonne rejoint son c.unp sans ùtre inquiétée.

La G*" compagnie continue à faire partie de la colonne mobile de Sebdou. lilUe rentre à Tlemcen au mois de juin, où elle est renforcée par une autre compagnie du 4* ba- Uiillon.

Le 26 aoiit, ces 2 compagnies rejoignent à Mascara Télat in.'ijoi* du régiment et les i\ bataillons arrivés do France le 22 juin.

La défaite de Si-IIamzaà Magourah a refroidi Tenthousicisme de ses partisans, et le calme renaît dans la province d'Oran. *

Mais il n'en est pas de même dans les provinces d'Alger et de Conslantine, on les Kabyles se sont révoltés, briMent les villages, mat^sacrent les colons et coupent tontes les communications. Au sud de Constantine, lebachagha Si- Mokrani tient la campagne et assiège Bordj-boii-Arréridj, tonte la vallée du Sahel est en feu.

Le gouverneur général envoie Tordre de former nu détachement de 500 honnnes encadrés qui sera dirigé vers la Kabylie. Il n'y a en ce moment, de disponible à Mascara, que la 2* compagnie du S'' bataillon qui arrive do

Géryville.

Les 2 compagnies qui sont à Saïda sont nippelées. C4es

HKGIMENT KTnANf.F.n ET T.KfflON ÉTnANGHRE. 371

3 coinpagnios forment un détachement de 12 odiciers et dn 585 pons-odlcicrs ot soldais, sous le commandement de M. GacliP, chef du G' bataillon licencié à Dunkerque et qui vient (rarriver de France.

i\r (h''tar.|i(»mc;ut rapid(Mn(Mit formô quille Mascara lo 23 mai ot arrive le 25 à Alger. Il campe In 2G;i la Maison- Curre, et le 27 à TAlina, où il entre dans une colonne composée de 3 compagnies du 2"^ zouaves, 3 compagnies du 2" tirailleurs, sous les ordres du colonel Desandré.

r/objnclif est de débloquer d*abord Dra-el-Mizan.

La colon no se met eu marche le 30 mai, fait sa jonction lo 3 juin aux Issei-s avec la colonne du général Gérez et vient débloquer le 5 Dra-el^Mizan.

liOs Kabyles chasses par l'arrivée de la colonne se sont réfugiés sur les hauteurs, et de là inquiètent les postes avancés. Le détachement du régiment est chargé de les eu chasser.

INîudaut qu*une compagnie est [»lacée en soutien, les 2 autres se portent en avant et vont occuper une crête escaritéc qui domine la roule à gauche du côté de Bou- Faliima.

L'opération est vivement exécutée et les Kabyles se dispersent.

f^e G et lo 7 juin, le délachemenl fait séjour à Dra-el- Mizau, le 8, il fait partie d'une colonne sous les ordres du colonel Goursault, chargée de pacifier le pays qui borde rOu(Ml Saliol ; il visite successivement Beni-Mansour, Bordjnouira, ICl-Iîadjeba et Aumale.

Le 28 Juin, il pénètre sur le territoire des Beni-Abbès, où il tire quelques coups de feu.

Le 4 juillet, la colonne arrive au Maollet-Ramdam, dans le 'reuiel-Dj.idoub, sur le versant sud du Djurjura. Les Kabyles «onroiment les hauteurs de droite et de gauche et veillent s'opposer à la marche de la colonne.

Après un combat de deux heures, combat dans lequel les zouaves, les tirailleurs et une compagnie du régiment sont

engagés, Tennemi abandonne ses positions et liât en retraite.

Les 2 autres compagnies du régiment, qui sont au convoi, arrivent au camp à 2 heures du soir, et sont chargées d'enlever un mamelon occupé par les Ktibyles sur lequel ou vont élablir uuu compagnie de graud'garde. Ku 25 minutes les compagnies se rendent maîtresses du mamelon, elles ont 1 caporal tuô et ;) hommes blessés.

La colonne séjourne à Ramdam jusqu'au 10 juillet.

Le 11, 2 des compagnies appuient un mouvement de la colonne Gérez chez les Beni-Kouffi.

Le 12, dans une sortie faite contre les Kabvles embusqués près du village de MaoUet, un homme est tué. On tue ou blesse 16 Kabyles, on brûle et on coupe les oliviers et les figuiers; le détachement rentre au camp ramenant quelques prisonniers.

Les 13, 14, 15 et IG juillet, on fait des sorties qui amènent successivrmrut la soumission des insurgés.

Le 17, hts troupes sont liceuciées et le détachement reçoit l'ordre de rejoindre la portion centrale à Mascara. Parties de Ramdam le 18, les 3 compagnies arrivent le 24 à la Maison-Carrée, où elles doivent prendre le chemin de fer ; mais là, elles reroiveiU Tordre de se rendre à Miliaucih, où elles arrivent le 20, pour faire partie d'inie colonne commandée par le colonel Nicot du 11* provisoire.

Cette colonm; est destinée à opérer dans le pâté montagneux (le la Petite Kabylie, compris entre Cherchell et Miliauah. Les tribus des Beni-Menacer se sont révoltées et vienu(n)t commettre des déprédations dans les villages bAtis le long de la voie ferrée et jusque dans les environs de Miliauah.

La colonne se compose d'un bataillon du 11' provisoire, 3 compagnies du 80" d<; marche, 3 compagnies du 81* du marche, 3 compagnies du 2"" zouaves, 3 compagnies du régiment étranger, 1 compciguie du 23* chasseurs à pied, 1 escadron du U* chasseurs a cheval et 2 sections d'artil-

RÉaiMKNT ÉTUANGBll ET LKGION ÉTltANGKRi:. îMi\

lerie. Une semaine entière est employée à organiser r.etle colonne dont les moyens de transport comprennent 014 mulets de réquisition portant 10 jours de vivres.

Le t»îrritoinî occupé par les tribus soulevées se comiK)Si3 d'un masfcif de montagnes très rudes, très ravinées, boisées, qui s'étend entre la vallée du CbélifT et la mer.

Les dissidents se sont réunis dans la montagne du Bon- Mad, où ils ont caché leurs familles et leurs troupeaux. Ils occupent de préférence le col d*El- Anacer et prétendent que les montagnes elles-mêmes se soulèveront pour repousser les roumis. Une colonne partie de Cliercliell doit appuyer la colonne partie de Miliauali et prendre Tennemi entre deux feux.

IjC 2 aont, à 2 heures de l'après-midi, la colonne quitte Milianali, au milieu d'une afllueuce considéi*able de population affolée de peur qui acclame ses défenseurs. Il est vrai d'ajouterque le danger passé, cette même population, oubliant les services rendus, accueille la rentrée de cette mémo colonne avec la plus grande froideur.

On campe le soir dans la plaine à Touest de Milianah, le lendemain on remonte vers le nord et l'on s'engage dans les montagnes.

Le 4 aoOt, la colonne doit camper aux fontaines de Guerou-Drah, distantes de 15 kilomètres, mais les Kabyles occupent les hauteurs qui dominent les sources et il faudra les en déloger pour aller boire. Le sentier suivi ne peut donner passage qu'à deux hommes de front, il est tracé àmi-llanc d'une montagne bordée d'un précipice profond.

Deux pièces de canon sont mises en batterie, la coloime se masse, le convoi serre sur la colonne. Le mouvement en avant est ordonné. Une compagnie du régiment fait [•arlie dcî l'attaque de gauche, qui ne dure qu'un moment ; les Kahyles sont chassés. A droite, où combat le 80*, la lutte est plus longue et une section du régiment est envoyée eu soutien. Les Kabyles battent en retraite et le camp

374 LA LÉGION ÉTRANGÊnE.

s'établit. Les compagnies envoyées en avant sont placées en grand'garde et font ( hercher les sacs que les honiiue:» ont dû déposer pour grimper les pentes presque à pic.

Pendant la nuit une alerte se produit, mais nos perles sont nulles.

Le 5 août, le camp doit être transporté à la fontaine du col d'Anacer. L'ennemi en défend lesapproclirs. 11 occupe les hauteui*8 couvertes de chênes à glands doux, petits et rabougris dont les brandies intlexibles forment un obstacle sérieux pour le passage. Sur les deux étages de la montagne, fourmillent les K<ibyles. Deux compagnies du régiment boni en tête de la colonne, elles s'engagent rapidement, sur la gauche combattent les zouaves. Il est diiiicile d'arriver à déboucher au sommet de la croie et le coml)at dure une heure el demie ; à la fin, la rapidité du chargement du chassepot nous assure l'avanlage ; nous avons 2 tués et 10 bles:;és.

La dernière compagnie, qui est au convoi, reste en position jusqu'à ce qu'il ait complètement délilé, puis vient se joindre aux duux autres pour l'attaque du plateau.

Le camp s'installe tout prèsde la source de Sidi-Auacer, les troupes sont 1res fatiguées, la moitié d'entre elles sont en grand'garde et tiraillent toute la nuit avec l'ennemi.

Le G août, la colonne descend sur l'Oued-Tazemourt, elle traverse la plaine cultivée, coupée de champs d'orge et <ie vergers an niilieu desquels sont bâtis une cerUiine quantité de gourbis. Pendant la marche, les Kabyles cherchent à jeter les compagnies dans le ravin, mais elles ne se laissent pas entamer. Lorsque le convoi est réuni sous la protection de l'avant garde, les compagnies du régiment étranger forment l'arrière-garde.

Du camp de l'Oued-Tazemourt où la colonne fait séjour, ou se metenconunuuicationavec la colonne de Cherchcll. Le colonel fait faire des sorties sans sacs et rayonne dans le pays pour en «iniener la pacilication. On brûle les mai-

sons, les récoltes ; on coupe les arlues fruiliers, mais la résistance de rennenii ne faiblit pas.

\jr, \î^ août, la colonne continue sannrclie. Les Kabyles tiraillent de loin sur Tariière-garJe. Un légionnaire qui a quitté 1 1 colonne pour aller chercher de Teiu, a le cou coupé.

On fait séjour à Souk-ElSeht rt les sorties Fans sacs recommencent. Les Kabyles finissent par se lasser de celte lutte inégale, surtout depuis leur défaite des 4, 5 et 6 août.

La colonne se remet en marche le 16 août; elle longe le bord de la mer en suivant la route de Cherchell à Téurs et vient cnmper à Tembouchure de TOued-Messeloum.

fit; 18, elle arrive devant les villages des BoniZeni, tribus où se fabrique beaucoup de poudre. Sur les hauteurs, les villages de Thanout et de Ighil-Ouzrou ont été mis r\) étal de défcuse par b;s Kabylns, mais ils sont enlevés sans coup férir par les grand'gar.les des chasseurs à pied. Les Kabyles commencent à être épouvantés de la portée du ( basscpot qui les atteint à un kilomètre.

Le 20, la coloime occupe ces villages et les hauteurs qui les environnent, où Ton trouve à peine assez d'eau pour les besoins de la troupe.

Une nouvelle sortie sans sacs amène la pacification du pays; les Kabyles demandent l'aman.

La colonne revient sur ses pas, et le 27, elle campe à Souk-Ll-Sebt. Peu lant les journées du 29, 30 et 31 août, les trouprs appuient les Kabyles soumis, qui font eu.xinéiiios la police du pays et eu chassent les derniers révoltés.

Le 3 septembre, la colonne se met eu marche pour Miliaiiab, fait étapi; à 13ordj-el-K.hamis, à 4 kilomètres de Tizi-Franco, puis rentre à Milianah le 5, à 10 heures du matin.

Nous avons dit plus haut la triste réception qu'on lui lU.

376 LA LÉGION ÉTnANiiÈRE.

Les 3 compagnies fout séjour à Miliaiiah les 0 et 7 septembre, et le 8 6ont dirigées sur Affreville où elles prennent le chemin de fer jusqu'à Perrégaux, elles arrivent le 10 à Mascara.

Elles étaient en colonne depuis le 23 mai.

Aussit<5t la rontn^e dos kilaillons de Kniiice, les compagnies sont dissi^niinées ilans do nombreux dùtacliements. Le 1" bataillon reste à Mascara ; le 2* va à BeUAbbès, 2 compagnies sont envoyées à Tlemcen. Le ô' bataillon va à Tiaret et détache des compagnies à Saïda et à Frendah.

En octobre, le 1*' bataillon va relever le 3* à Uéryvillei le 5* est concentré à Saïda et fait partie d'une colonne d'observation qui va occuper Shssifa des Chotts.

Au 1" décembre, le ministre donne Tordre de licencier le ô* bataillon. Les Français sont versés dans les régiments d'infanterie statioimés en Algérie, et les engagés volontaires pour la durée de l'insurrection arabi; sont renvoyés iluus leurs foyers.

Le régiment perd ainsi 1,200 hommes. Les étrangers du ô' bataillon sont versés au 1'* babiillon à Géry ville. A la fin de décembre, le 4* liat«iillon quitte Mascara pour Saïda.

A la lin de Tannée 1871, déjà si remplie pour le régiment, des colonnes sont formées pour opérer dans le sud; 2 liataillons du régiment en font partie.

Les Ouled-Sidi-Cheik dissidents, sous les ordres de Si-Kaddour, sont venus camper sur TOued-Gharbi au nonl des Aregs. Le 1'' bataillon quitte Géry ville le 17 décembre, descend par les Arbaouat sur ElAbiod Sidi-Cheiket Benoud. Les goums de la colonne attaquent les tentes des dissidents à Mengoub et les razzient complètement.

Us leur prennent 19,000 (hameaux, un grand nombre de tentes et plus de 80,000 moutons.

Le bataillon remonte par Noukhaïla, Bou-Senighoum, Ghellala et Géi7ville, où il arrive le R janvier 1872.

La 2*" coloiiuei formée à Saida, est destinée à appuyer la colonne de Géryville, et à couvrir les campements des tribus du cercle de Saïda dont la majeure partie des cavaliers fait partie» dos f^onmsdo la colonne de Géry ville.

La colonne quitte Saïda le 27 dccemlne, elle campe à Slid, 2 compagnies sont envoyées pour faire rentrer dans le devoir deux tribus hésitantes.

La colonne avance ensuite jusqu'à Fouffot et rentre le 14 janvier à Saïda,

1872. — Kn janvier 1872, le régiment occupe les postes suivants :

1" bataillon : Géry ville, Slissifa et Kheneg-el-Azier;

2" baUillon : Hel-Abbès, UoukanéUs et Magenta;

3" bataillon : Mascara, avec Tétat-major du régiment;

4'' bataillon : Saïda et Frendah.

Autant l'année 1871 a été mouvementée, autant celle de 1872 est calme.

Le 2'* bataillon rejoint Mascara, puis va relever le 1" bataillon à Géryville. Le 3*" bataillon quitte Mascara et est dirigé sur Aïn-Fekan, où jusqu'en juin il travaille à la construction de ce centre de colonisation.

Un décret en datedu lOjuillet 1872, signé par M. Thiers*, l)rescrit de licencier les 7* et 8* compagnies de chaque bataillon ; le régiment est alors ramené sur le pied des régiments d'infanterie.

C'est à cette époque que se règle la question si délicate de la position des ofliciers.

Un cerUiin nombre d'officiers promus pendant la guerre passent au titre français ot sont envoyés dans des rôgîmtMits provisoires d'infanterie, d'autres sont revisés par la fommission de révision des grades.

Kniin, nn ccrlain nombre qui ne présentent p«is lesqua-

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