‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 84 sur 117 · Voir AUX plôccs jtistincalivcs · texte numérisé non relu

Voir AUX plôccs jtistincalivcs

«']84 LA LÉGION ÉTnAN(2KRK.

bataillon à Saïda et Aïn-el-Hadjar ; 2* bataillon. Mascara et Gc'fi7ville ; 3' bataillon, Bel-Abbés ; 4' bataillon, Tiaret etFrcndah.

On reçoit Tordre de diriger le 3' bataillon snr Uaya et BonGnern, à Tonest du Chott; le 4' bataillon à l'est, snr Aîn-Guelifa.

Deux compagnies du 2* bataillon avec le commandant l^tffont quittent Mascara le 24 avril, sont transportées par les voies ferrées sur Saïda, qu'elles quittent le 24 à minuit avec deux compagnies du 1*' bat^iillon. Ce bataillon mixte arrive à Knirallah le 25, à ti beures du matin.

Les goums du cercle de Saïda y sont réunis ; ils paraissent hi^sitants, mais l'arrivée des troupes les nifTemiit et leurs caïds promettent de marcher avec nous. Les goums partent à 2 heures pour Slissifa et rétablissent les conununicalions avec ce poste.

Le commandant LafTont propose de i)artir de suite avec son luitaillon, nnmi de 5 jours de vivres, pour Kl-May et de là sur SlissîTa, alhi d'appuycM* nos goums et d'écmser rinsurrection dans ruuf. 11 sullirait ensuite d'envoyer un convoi de rcivilaillement de H à Ifi jours de vivres. Ses propositions sont rej)0ussées.

Le 2(> avril, le colonel inuocenti, du 4' chasseurs d'Afrique, (|ui doit roNUU.uidtM' la colonne en formation, arrive à Krafallah.

Le 27 avril, les Tratis metttmt en déroute les goums du cercle de Saïda, commandés par le vieil agha Katldonr- Ould-Adda\ l'uis ils se replient vers le sud, rejoignent le ô mai, à Asla, le marabout BouAmema et se dirigent sur Kl-Abiod-Sidi-Clieik dont le caïd est gagné à leur caust*.

Bientôt arrivent à Krafallah un bataillon de tirailleurs et un halaillou d(* zouavns. Le gênerai Colliguon, comman-

1. I/ughu ûiuit lelluiiiciil A^e «|iie ilcux cavaliurs ûlaieul oblig«to ilu lo M>u(uiiir sur m mIIc.

nÉGiMKNT ÊTHANGt:» KT LÉGION ÉTRANGÈnE. 385

danl la subdivision de Mascara, vient prendre le commandement de la colonne el la fait rétrograder sur Tafaroua, où elle achève de s'organiser.

IjC 3 mai, elle se met en roule pour Géry ville, où elle arrive le 8. Klle y Féjonrne 5 jours. Le général Collignou entre à riiôpital et le colonel Innocenti prend le commandement de la colonne.

Le 14 mai, la marrhe est enihi reprise en suivant l'itinéraire ci-après : Méchéria, Kl-Hadj-ben-Alimeur, Bol- Mataroua, les Arbaoual, Oglat-el-IIamman.

Le 19, la colonne en route sur Cliellala est attaquée par les (lissiilenls, à liaiiteur des Moualok. Le bataillon de la Lé.^ion est placé sur la première face du carré; il tient rennemi à distance par des feux de salve et lui cause des perl(\s sérieuses. Sur l'ordre du commandant de la colonne, on pose snc à terre et Ton marclu? en avant. Ou u(î s'explique; pas Tabandou des sacs qui sont pillés en partie et que le bataillon est obli^'é de venir recbercber en faisant un mouvement de retraite.

Le convoi, qui s'est allongé démesurément et dont la garde est insullisante, est attaqué par les goums ennemis qui le pillent en partie. Un oiiicier et quelques hommes du 4" chasseurs d'Afrique sont tués.

Après s'être ralliée, la colonne va camper à Tazîna ely fait séjour. Dans la nuit, les grand'gardes sont attaquées, mais l'ennemi est repoussé. Dans la marche sur Chellala, les cavaliers ennemis harcèlent la colonne sur la droite. On arrive à Chellala à ô heures du soir; on y fait séjour le lendemain. Les campements de Bou-Amema sont en vue ; on projette de les attaquer le lendemain, mais, pendant la miit, hîs dissidents se dérobent.

Le 2:>, la colonne camiieà Chellala-Gueblia. Un bataillon se met en marche pour surprendre l'ennemi ; mais il a (Micoie une fois disparu ; on perd môme 8es traces.

Bou-Amema s'est dirigé vers le sud pendant qu'un groupe de ses tribus, les Laghoujt du Ksel, s'est porté vers

t.KO. KTRAJCGJÏHK. 13

;S8() L\ i.i:r.ioN K'riiAN«;iniK.

le nord-eht poiii* eiilriiiiier dans la révolte Les tribus du cercle do Qi^ryville.

Le 25 mai, le commandant supt^rieur deGér^'villc, prévenu de la présence des insurgés à Bou-Ahmeur, se met eu marche avec la ^arnibon de Géryville : deux compagnies de la Légion, la compagnie de discipline, doux pièces de canon servies par des légionnaires et les goums du cercle.

Le goum engage la fusillade avec Tennemi ; le commanflant fait dégager son front, forme ses troupes en carré et ouvre le feu. Nos cavaliers cherchent à couper rennemi de la route de liou-Alem.

liOs dissidents battent en retraite, peixient 28 hommes tués ou blessés et laissent entre nos mains 20 chameaux et 1,.^K)0 moutons. De notre côté les perles sont nulles.

La colonne Innocenti se porte ensuite sur Asla, oûelle vide les silos des dissidents, puis remonte vers le nord par Messif et N<iama. C'est à Naama que le sous lieulen«int Scohier, de la Légion étrangère, est tué eu faisant une ronde de nuit^ Elle vient à Fekarine chercher sou convoi de ravitaillement que lui amène la colonne du colonel de Mallaret.

Cette nouvelle colonne a (fuilU^ Del-Abbès le 25 avril, s'est dirigée sur Daya, où elle a fait séjour jusfprau lî mai. Les hommes portent deux joui*s dr vivres de réserve ui 78 cartouches. La colonne cou)prend le 3' h^itaillon de la Légion, un escadron du 2* chasseurs d'Afrique et deux escadrons de spahis; le convoi est formé avec 500 chameaux. Klle se dirige par Aïn-Chaib, KMI.innnam hur Bou-Guern où elle arrive le 1) mai ; elle y séjourne jusqu'au 16 ; puis elle remonte sur Kl-llammam où elle reçoit un convoi de 15 jouis de vivres, escorté par 2 comjKigiiies du

1. Col ofllcior Ui»«kiii( imiiici ;»uii >abro avuil sigualû sa |»reseiiCtf à Teu* Dtmi. Riiierre provi»uirciii«iil a Tuuuiljcur, mm reslcs furuiil lraii»|»uriu» lUut lard a Uoclitiria.

IIKOIMENT ÉTHANGER ET LÉGION ÉTRANGÈRE. 387

bataillon d'Afrique et une section d'artillerie qui doivent faiin partie de la colonne.

Le 23 mai, la marche vers le sud est reprise par Djarfel-Hornb, Oglat-Srour et Ain-Fekarine. Le 27, la colonne est rejointe par un convoi de ravitaillement escorté par les 2 compagnies du 1*' bataillon de la Légion qui occupaient Saïda aniêrieurement.

Le 2î) arrivn la colon un Innocenti venant do Chellala, qui 80 porte an-devant du convoi qui lui est destiné.

Le 30, un drlacluîmcut fort de 3 compagnies est envoyé à Hir-el-Auira au-dovant du général Détrie qui arrive escorté d'un escadron do chasseurs d'Afrique. Le 31 mai, les deux colonnes Innocenti et de Mallaret se dirigent vers I3ir-el-Anua et sont mises sous le commandement du géuornl Détrio; mais elles restent séparées ainsi que leurs convois pour pouvoir agir isolément.

Les colonnes nrrivcMit au KreidiT le l^juin, et y restent pïsqu'.in (>. r.e t^êuiMal Détrif^ f>nînd le coinmandnmnntde la (-olouiKî iuiioceuli. j^e colonel esl désigné pour alh'r prendre le commandement de la subdivision de Mascara. Le f), la colonne Délriese met en marche sur Kadra; le G, la colonne du Mallaret se porle sur Tismouline, par Menezla et Ilassi-el-Hadri.

Tour protéger le sud de la province d'Orau, des troupes ont été pl.icées sur les points suivants:

1" Une colonne fournie par la subdivision de Tlemcen rouvre le terrain compris entre Fll-Aricha et Bou-Guern. 2" La colonne Dufilhol est à Sllssifa.

3** La colonne Druuctière est à Ain-Medrissa. 4" et ô" L(îs colonnes Détrie et de Mallaret opèrent vers le Kreifhu*.

Jusqu'à cette épofjue, ou ignore ce qu'est devenu 13ou- Aiuoma -, enlin on apprend (ju'il s'est porté dans l'est pour entraîner les Uarrar, qui refusent de le suivre. Il se rejette dans le nord, vient couper le chemin d(îfer à Krafallah et «lélruirc les chaïUiers d'alfa.

388 LA LEGION ÈTIiANGi:ilK.

Ce mouvement amène la colonne de Mallarct à remonter rapiih'ment vers le nord par Oualied, Menrzla et le Kroider. Pendant cette marche, on signale des feux vers l'rst et l'apparition de cavaliers. Le 15 juin, à 9 heures du matin, un courrier annonce (|uo rcnnenii t>c diri^i; voi*b le* ksar des Onled-Sidi-Kliralifa. L'ordre est donné de manger la soupe et de partir à 2 heures. Kn arrivant près du ksar, on aperçoit 1,000 à 1,200 cavaliers parUigùs en trois groupes à 3,000 mètres environ de la colonne. L'arlillerie tire G coups do canon, puis Tordre oi>t donné de camper.

Le lendemain, l'ennemi a disparu V(M*s l'ouest; on marche dans s(*s traces, mais sans le rejoindre. Arrivée à Chaïl), la colonne y séjourno jus(|n'au 21 juin, pni.s rtiviont par nou-(inern, Djarr-el-Uorah, Kl-llanunam et Hab-cl- Ma, oii le lieutenant-colonel Duchesne, de la Légion, vient remplacer h; colonel de Mallan*t dans le conmianth'ment de la colonne.

Pendant ce temps, le ^éniM*al DcHrie a continué si's 0|hv i-ations par licdrous, Kadra, où il laisse le Uitaillon dn la Légion à la garde du convoi. Puis il pousse jusqu'à Krenegel'Azier avec, les zouaves ni les tirailleurs. Là il riMoit des renst'ignenuints certains sur la marche dtï Bon-Amoma. Il hat les Laghouat à Mekani-Sidi (llieik, près de l'Oued- Sidi-en-Naceur, mais ne peut rejoindre la marahout qui est remonté vers le nord.

Le haiaillon a suivi, avec h; convoi, la marcht: de la colonne, i^e 1) mai, il se porte avec ses 2,000 chanu;aux sur Krcneg-el-Azier et en r(4)art le 12 iK)ur Kadra et Slissil'a, où il rejoint la colonnu Dulilhol.

Le gênéiMl Di'lrle réclamant son convoi, il part le moine jour pour Kch-dluMlgera, où il arrive à 9 heures du soir par un lenips épouvantahle. Le H, le hataillon revient à Slisbifa où il est njoint, le Kî, | ar le gros de la colonne.

On apprend que Hou-Amema a franchi leChottà Amiat-

RÉGIMENT ÉTHANGEIl ET LÉGION ÉTIIANGÊRE. 389

Chergui, détruit le puits et le caravansérail (l*El-May, les chantiers d'alfatiers et qu*il se dirige sur le Kreider.

Le 17 juin, toute la colonne se met en marche sur le Kreider ; elle y arrive le 19 et y séjourne jusqu'au 29.

Les compagnies du V^ bataillon recoivenl Tordre de vers(M- leurs hommes dans les compagnies du 2* bataillon, délies ci doivent rejoindre à Géryville les deux autres compagiûrs du haiaiilou qui dorénavant fera partie de la colonne de ce posle. Les deux compagnies partent le 29 et trouvent, à Slissifa, un convoi pour Géryville qu'elles esi ortenL de concert avec la colonne Duûlhol ; elles arrivent îi Géryville le 4 juillet, où le 2" bataillon se nouveau roinplel.

Le G juillet, la colonne DufiUiol repart pour Sûssifa. Le bataillon escorte jusqu'à Kadra le convoi qui remonte à vide et rentre le 10 à Géryville.

Le 4" bataillon prend i)art aux colonnes qui ont lieu (l.uiK U; cercle de TianU. L(îs 2" et ?»" compagnies font partie de la colonne Brunetière qui rayonne autour d'Aïn- Medrissa.

Les goums des Uarrar rencontrent les Laghouat à Madena et entament le combat. Au bruit de la fusillade, les deux compagnies et les spahis se portent sur le lieu de Taclion -, les cavaliers ennemis se replient alors en désordre sur Aïn-Guetifa.

Les 2 compagnies conservent cette position du 14 juin au 7 juillet ; elles sont rejointes par la 4* compagnie; leur mission est de protéger les campements des Harrar placés à l'est de Frendah.

Le 13 juillet, les trois compagnies formant une colonne légère se dirigent vers Aïn-Guelifa, mais, entendant la fusillade vers le camp qu'elles viennent de quitter, elles rétrogradent et se portent au pas gymnastique sur le lieu (lu combat. Elles viennent se placer à la gauche des troupes déjà engagées et dirigent leurs feux sur les groupes ennemis les plus nombreux. 250 hommes et les goums pour?

390 LA LÉfilON ÉTnANUKllB.

suivent rennemi qui bat en retraite. Ce détachement campe le Boir à Ras-ol-Ain, poursuit les dissidents le 14 et le 15 et rentre le 17 à Aïii-Medrissa.

Jusqu'au 7 octobre , le A'' bataillon occupe les camps d'Aïn-Medrissa et de Ras-Mina.

Le colonel de Négrier, nommé au commandement de la Légion, en remplacement du colonel de Mallaret, arrive à Bel- Abbés et presse l'organisation du 1'" bataillon, qui est formé avec les deux compagnies revenues du Kreider et les deux provenant de la colonne diî llas-el-Ma. Ce bataillon est destiné à faire partie de la colonne de Géryville qui doit être placée sous le commandement du colonel de Négrier.

Celui-ci quitte Del-Abbès le 28 juillet, passe par Saïda et est chargé avec la colonne Duhlhol d'escorter un convoi à destination de Géryvilie, où il arrive le 4 aoilt. La colonne du sud comprend alors les !•• et 2" l)ataillons de la Légion, 1 bataillon de tirailleurs, 4 escadrons de cavalerie? el nue siM-lioii d'artillerie.

Pendant ces événemenls dans la partie des Hauts- Plateaux voisins du Tell, le 2" bataillon, qui était resté à Géryvilie, prenait part à diverses opérations assez décousues par suite du peu de renseignements que Ton possédait sur les niouvemenls de renneini.

Une colonne, dont fait partie le 2" bataillon, se porte le 13 juillet sur Oudeï-el-lladjel, à l'est de Géryvilie.

A la nouvelle que les dissidents ont traversé le Chott et marchent vers Touest, la colonne fait une pointe sur Magran où elle espère trouver les troupeaux des Tralls, puis elle marche sur Aïn-el-Orak.

Les derniers renseignements parvenus font connaître que Bou-Amema a passé à Chellala et se dirige sur le Maroc avec ses partisans.

Les sjKiliis et les gounis lancés à sa poursuite font des razzias assez importantes. La colonne rentre à Géryvilie, en passant par les petits ksours de Si-el-Hadj-ben-Ah-

HKGIMKNT ÉTRANGER ET LÉGION ÉTRANGÈRE. Sdl

iiicur, <le Keriikdti et de Ilassoul, qui ont fait défection; on vi^le les silos, on détruit les maisons, ou ramène des prisonniers. Le 29 juillet, la colonne rejoint Géryville.

Le G août, le colonel de Négrier forme une colonne mobile dont fait partie le 2' bataillon et se dirige sur (ilicllala par Ain-el-Or.ik.

Là elle trouve la tombe de M. Lameyniiî, sons-lieutenant au 4" chasseurs d'AI'riqiKi lui*' à Cliollala, violro et profanée. Trois Vrabos convaincus de crimes contre les lois (le la guorn* sont fusillés. La colonne revient sur les Aibaonal ni se porte sur Kl-Abiod-Sidi-C^hcik.

Les habitants de ces ksours sont faits prisonniers et (îmincnés par la colonne. La konbba qui contient les restes du marabont des Ouled-Sidi-Cheik est minée et saute lorsque les troupes quittent le camp le 19 août*. La rolouM'j HMitre ensuite à Géryville. Les jours suivants sont (.Muployés à l'escorte des convois de ravitaillement.

JiO 17 sc'pUîin'iir, uikî \rUn) d(î M. Icî j^iMiéral commandant la suhdivisio i de Mascara fait connaître que les gens de l3ou-Alem ont tiré d(.'s coups de feu contre des spahis du bureau arabe el des cavaliers du goum d*Allou et qu'il y a lion de punir les habitants de ce ksar.

Une colonne, forte de GOO liommes dMnfanterie dont 4()() du 2' bataillon de la Légion, quitte Géryville le 18 septciidiro, ciuiic le ksar et exerce contre les liabitants les mesures de rigueur nécessaires. VA\e ramène des prisonnlcMs ri i\ri^ troupeaux razziés, fouille, en revenant, le ksar de Siitien on se sont réfugiés des dissidents inllnenls rju'rlbî lait prisonniers et rentre le 25 septembre à Géryville.

i^e mois suivant, 2 compagnies du 1" baUiillon et le 2" bataillon (ont [partie d'une coloiui'î dirigée sur Kl- Abiod-Sidi-Cheik. Klle a pour but de ramener les der-

:. Celle Koubba n 616 roconstriiilo depuis aux frais de la Franco.

«^92 L/V LKl'.ION KTII \N(;i{IŒ.

iiiers habilants de ces ksours qui sont internés à Frendah, 80US la gai*de dn Bacli-Agha. Sa mission Icnninée^ la colonne rentre le 17 octobre à Géryville.

La saison devient plus propice pour les opérations militaires. On forme trois colonnes sous les ordres des généraux Louis, Colonien et du colonel de Négrier, sous le commandement supth'ieur du général de division Delcbecque.

La colonne de Négrier se compose de deux bataillons de la Légion, d*un escadron du 4* cbasseurs d'Afrique et d'une seclion d'artillerie.

* Elle a l'ordre de se diriger sur Tliiout et de rallier en passant les troupes qui doivent la compléter.

Les expérienci's faites pendant les niarcbes précédentes ont permis au colonel de Négrier de fixer les règles d'apràs lesquelles on doit former nue colonne appelée à opérer dans les plaines des Ilauls-Plateaux.

Jusqu'alors différents systèmes étaient employés. Ainsi parfois une coloniie était formée dans l'fndro suivant :

Une compagnie d'avant-garde en bataille, à 200 motres une compagnie dins la même formation, la section d'artillerie de combat , l'infanterie en colonne à demi-distance, la réserve d'artillerie, l'ambulance, les bagages, une compagnie formant l'arrière garde avec un certain nombre de cavaliers ; la < avalerie marcbant sur un des flancs de la colonne et le convoi de cliameaux escorté de cavaliers sur l'autre flanc.

D'antres fois, la colonne marchait en carré ; la V* et la 4' face, formées en bataille ; les deux autres faces marchant par le liane. Une compagnie à l'avant-garde et une h l 'arrière-garde ; le convoi de chameaux marchant sur un des llanis protégé par la cavalerie.

Voici le dispo.Mtif (le marche adopté par le colonel de Négrier.

On forme le carré pour encadrer la réserve d'artillerie,

nKf.IMKNT ÉTHANGCR ET LÉGION KTllANGÈHB. 393

rambulaiice, les bagages et le convoi de chameaux. Les compagnies d'escorte marclicntpar le flanc des sections et ont une arrière-garde.

Les Tractions disponibles et la section d'artillerie de combat forment un échelon de manœuvres flanquant la marche du convoi et prêt à se porter où le besoin s'en fait sentir. J/avant-gardo se compostî des goums, de la cavalerie ctdnne ( ompagnie montce à nmiets. Elle est destinée à se porter rapidement en avant, à razzier les tribus ennemies et à porter les premiers coups, font en s'appuyant toujours sur le gros de la colonne.

Celte formation a l'avantage de faire marcher le convoi bien à l'abri des attaques de la cavalerie ennemie, d'éviter fju'il ne s'allonge outre mesure, ce qui est arrivé à Chellala. Mais elle a un inconvénient, c'est d'user promptemcnt les chameaux, qui, réglant leur marche sur celle de rinTanterie, ne peuvent brouter en marchant.

Le 21 octol)re, la colonne de Négrier, avec le !•' et le 2* bataillon de la Légion, se met en marche et rallie à Asla, le 4'' bataillon qui a quitté Tiaret le 8 octobre, et est arrivé ;\ Méchéria le 21 en passant par Frcndah et Saïda. Ce baUiillon, avec une section d'artillerie, escorte un convoi de 2,000 chameaux chargés de 30 jours de vivres. Le 31 octobre, la colonne arrive en bon ordre à Aïn-Sefra où doivent commencer les oj)érations contre les Ahmours.

Les Ahmours sont une réunion de tribus indépendantes habitînit les massifs du Mekler, du Mzi, du Mir-Djebel et du I3eni-Smir, montagnes situées au sud des ksours de Thiuut, d'Aïn-Sefra et de Sflssifa, s'étendant jusqu'au nr)rd de Fignig.

Ils r.'iiHaieiU ancienn(Mn(Mil partin dn la puissante confédération du Zegdou avec les Douï-Menia et les Beni-Guill, qui venaient razzier les tribus algériennes jusque dans le Tell. Leur répulition de coupeurs de route, de pillards, est bien établie même chez leuri coreligionnaires. Ils se sont toujours montrés nos ennemis, et dans une colonne,

394 LA LÊiilON ÊTIIANGKUE.

dirigée en 1868 par le lieutenant-colonel Colonieu, ils ont assassiné plusieurs de nos soldats et un capitaine du régiment étranger.

Le 4*" bataillon et Tartilleric restent à Alii-Sefra pendant que le V et le 2' bataillon, avec le colonel, vont rejoindre, à Aïn-Siissifa, la colonne du général Colonieu.

L'intention du général de division est d'attaquer les Ahmours jusque dans leurs montagnes, en commenrant par celles du Beui-Smir. Les zouaves, sous le commandement du général Louis, doivent les gravir par le nord-est en partant d'Ich, et le général Colonieu avec sa colonne par le sud-ouest.

A cet efl'et, la colonne campe, le 3 novembre, à Sidi- Abdallali, konl)l)ii bâtie près d'Icli, et qui donne son nom à la tribu campée sur le massif du Beni-Smir.

Le 4) on marciie sur Alt<iticli près de rOued-lIalIouf ; le 5, on campe à Kl-Touméiat; le 0, la colonne fait grand'halle au pied d'un contrefort du Beni-Smir. Les tirailleni^s installent le c^iiup près d'um; ]>eLite oasis, plantée de palmiers, pendant que les 2 bataillons de la Légion se préparent à gravir la montagne. On n'a aucun moyen de caments s^ les ofliciers supérieurs sont à pied et les médi- ' -transporLU'éil ni rient au sac d'ambulance.

Deux compagnies et demie du 2*" batiiillou montent directement par la croupe sud-ouest de la montagne ; une compagnie et demie lile vers l'ouest t^n suivant une cornicbe que surplombent les crêtes supérieures et Unit par trouver un sentier qui la mène sur le plateau. L'ennemi occupe le liant du sentier, mais en voyant les compagnies qui montent derrière lui el menacent sa retraite, il cède rapidement, cependant un Arabe se fait tuer sur place. Une des compagnies qui a gravi à gauche, x)eut enlin arriver au sommet de l'éperon où l'a déjà devancée le reste du bataillon.

A droite, le V' bataillon doit suivre le mouvement et prendre par le versant de droite. 11 tiraille avec quelques

UKC.IMENT ÉTRANGEIl ET LÉGION ÉTUANGÈRE. 390

Ariil»08 fnibii8(]uÔ8 dorriènî les rocliors (ît gagne peu à peu les crêtes ; il a 1 tué et 1 blessé.

A mesure qu'on s'élève, on trouve des chênes verts, des térélii utiles, des ])ins, drs genévriers.

A 8 heures du soir, hîs 2 bataillons s'arrêtent à portée l'un de l'autre. îls étaient sac au dos depuis le matin. Ilfe soiil obligés d'allumer de gr;uids feux; à Taltitude de 1,800 mètres, la température est froide, et l'on bivouaque, car il est trop lard pour flresser les tentes.

JjC 7 novembre, l(\s 2 bataillons, répartis par compagnies, battent la montagne au prix de fatigues inouïes, car b' terrain qu'ils parcourent est très mouvementé et couv(»rt «le rochers i}normes.

Les Abmours défendent le terrain pied à pied pour donner aux troupeaux, aux fcîinmes et aux enfants, le temps de se transporter dans un autre massif.

Le 8, l(»s compagnies continuent à remonter le cours du ravin <;l gaguiml le point culminant Ks-S(îrdj , (roû l'on aperçoit la colonne Louis qui s'éloigne dans la plaine. Les 2 bataillons réirogradent alors par b» chemin qu'ils ont suivi, font grand'haUe à la maison du Roi de la montagne qu'ils brûlent et redescendent au camp qu'ils rejoignent à 6 heures du soir '.

Le 9, la colonne» va camper à l'Oued-Dermel, à 31 kilomètres de Kiguig, et le 10, à Oglat-Foukani, situé au sud des cols de Founassa et de Djeliba.

Le 12, on reconunence dans le Mir-I)jebel, large plateau situé à 1,890 mètres d'élévation, refuge de la tribu des Ouled-Selim, la même opération que dans le Beni- Smir.

Lr colonel de Négrier, av(îc bî l**"^ baUiillon et 2 compagnies du 2% est chargé de l'expédition. 11 doit entrer dans

]. Un vieil Almiour avec ses deux lits avait hftli un gourbi el cuUivô un jardin presque au sommet du Dcni-Smir; do tomps en tomps, il dosccndail dans ];i plaine et exdcutait une razzia porsonnollc, on rappelait le Roi de la montagne.

39G LA LÊiilON ÊTILAMGÊHE.

le col du Djeliba, prendre sur la gauche et iM>usser les Arabes dans le Founassa où les zouaves les attendent pour lei razzier.

Pour donner le temps aux Irou^ieaux de se dérolier, les Arabes défendent les rochers, où nous avons 2 hommes tués et «) blessés. LVnneini cède peu à peu, mais les zouaves ne sont pas là |»our arrôler les troupeaux, et du camp, on les voit tiler dans un autre massif.

Le général Colouien, qui s j rend compte du mouvement de Tenaerni et craint que les troupeaux ne nousécbappent, donne Tordre à la 2^ compagnie du 2* bataillou, restée au camp, d'aller s*en emparer. Cette compagnie arrive sur les premières crêtes à 2 heures et engage le feu aussitôt avec 150 Ahmours, en tue 20, saus éprouver de pertes, s'empare des ti*oupeaux, des vivres, des tentes et ramène au camp les femmes et les eufants.

Le lendemain, ropémlion e^t reprise, les compagnies opèrent par di*ux. Ui 1" comiuignie du 2^ bataillon a un engagement avec les Arabes placés au sommet delà crote, y brûle des lentes et ramène une vingtaine de chameaux. Les comi)agnies ont dû passer la nuit sur les crêtes au milieu des rochers et des bois qui sont assez touifus ; elles ont trouvé de Teau dans b.'s rochers et des petites sources.

La colonne reste campée ô jours dans la plaine de Peïdja, pendant qu'on traite de la soumission des Ahmours.

Le rj, la colonne se remet en marche sur Aïn-Sefixi parMoghar, Aïn-el-lladjaj, Thiout-, elle est disloquée a la date du 21 novembre.

Le 22, le 1*' bataillon est chargé de conduire un convoi à la colonne du général Louis campée dans la plaine d'El- Feïdja et refait en sens inverse la route par Thiout et les Mogliar. Le 2G novtnnbrc, il revient occuper Aïn-Sefi-a , où il <!hl <;iii|»lnyé aux osr.orliîs de convois et aux travaux d'insUiilalion de ce poste.

Le 25 novembre, le 2* et le 4« bataillon quittent Aïn- Sefra et vont chercher un grand convoi à Méchéria; ils y

IlÉGIMIiNT KTUANGEn ET LÉGION ÉTIIANGERE. 397

trouvent le 3* balaillon cjiii a fait partie tle la colonne de Ras-cl-Ma jusqu'au 10 octobre, puis a été dirigé sur le Kreider et Mécliéria, d'où il a détaché une compagnie vers Kl-Biodh pour garder la ligne ferrée en construction. Ce Jataillon remplace le 2* à la colonne, celui-ci reste à Mécliéria jusqu'au 22 janvier 1882.

Les 3" et 4* bataillons quittent Méchériale 30 novembre escortant un gros convoi jusqu'à Ain-Sefra. Ces 2 bataillons, ronforcés par une batterie d'artillerie et 1 escadron de cavalerie, composent une colonne qui doit aller occuper Ben-Kbélil.

VjUg se met en mnrclie le 3 décembre, campe à Toumit't(point sans eau) etarrive à Ben-Kbélil le G décembre, après avoir fait un séjour à M.agboum, par suite de la neige tombée en abondance. La colonne campe près du vieux bordj ^

Dans cliacjue régiment, zouaves, tirailleurs, Légion, on a organisf'î une coinpngnii' moutée sur des nnilcis arabos ; il y a pour 2 hommes un nuilet qui, outre le cavalier, porte les effets des 2 soldats. Les selles sont organisées avec des bals arabes (cbouari), les elTets des liommes sont arrimés avec leurs vivres dans des sacs de distribution, le bavrt sac est supprimé.

Le colonel de Négrier prescrit de faire confectionner des cartouchières dites de la Légion. Elles sont faites en toile et en cuir, sont suspendues au cou et maintenues h la ceinture. Ces carlourliières sont plus connnodes que celles en servici*.

A la lin de l'année, le marabout Si-Sliman, à la tôle d'un parti rie cavaliers de Maïa, se porte, en tournant

1. D(.Mi-Klinlil u<tt un niirion poste qui n éié fondô en 1850 pour surveiller les n.'imynn ; ahnndosiuù depuis. Situ(3 au milieu dos dunes, reau esl .1 I nièlro ou so contimêlres nu-dessous du sol. I.o bois est loin et en polilo quaiitito. Tous les jours le vont s'élève cl soulôvo des lourblllons do s;d)le qui rendent ce poste 1res dds.-tgrdubic. Lors des expéditions dans le sud, il a souvent servi de hiscuil-ville.

398 LA I.ÉUION KTIlANûkllK.

MOchéria par le nord, sur les campements des Ilamyan réunis vers Fekarine et les razzie.

Il traverse TAnlaravec son butin et se dirige à marches forcées vers Touc^t. Uni; colonne légère est immédiatement organisée à Ben-Kliélil ; elle est composée de 2 seclions montées à mulets, 2 compagnies do la Légion, 1 seclion (l'artillerie, 2 pelotons de cavalerie et 100 goumiers. La portion dite d'avaut-garde comprend les 2 sections montées, les 2 pelotons de cavalerie et le goum.

Les hommes emportent quatre jours de vivres.

La colonne se met en route le 10 décembre, passo le col de Scliiahka, va camper à Ogliit-Naadja, dans le Chott Rharbi, tandis que l'avant-garde se jette plus à l'ouest. La marche se continue le lendemain ; on arrive dans le Chott des Maïa, on apm-oit les feux de la colonne d'El-Aricha.

Le goum et Tavanlgarde ont razzié aux dissidents un troupeau de 2,000 têtes de bétail \ mais le gros de Tenncmi, grûce à la mollesse du gouui qui n'ose le poursuivre vigoureusement, franchit la fronlère et passe au Maroc.

Le 16 décembre, la colonne rentre à Ben-Khélil.

Les soldats s'occupent à construira* des gourbis pour se garantir des intempéries. Le froid est très vif, hi neige tombe en abondance.

En 1881 , la section hors rang, restée seule à Bel- Abbès, avait 780 honunesà l'eilectif; le chiiron-major, le sergent maître d'armes et quelques gradés malades, restaient seuls pour l'encadrer.

Pour parer à cet état de choses, le décret du 22 septembre 1881* prescrivit la formation de 2 compagnies de dépôt à la Légion étrangère*, mais l'exécution n'eut lieu que le 13 caout 1882, conformément à la circulaii*e ministérielle du t^O juillet, lorsque les fonds nécessaii*es fuient votés parla Chambre.

Deux décisions ministérielles signées du généi*al Farre

Page 1