‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 85 sur 117 · Voir aux piôccs jusUncaUves · texte numérisé non relu

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i; ici; I mi: NT ktiianciKu et i.kiuon ÉTUANOÊnK. 399

sont à signaler, car relies eurent une grande influence sur lîi composition de la Légion et amenèrent son elTeclif à un (hilVre ionsi«léral)le. La première, en date du 7 mai 1881 ', suspend eu principe les annulations d'engagement faites liu faveur des militaires de la Légion étrangère. Ces annulations avaient lieu sur la demande des ambassades ou môme des familles. La deuxième circulaire, en date du 29 ocIoImo ', autorise reu^agrment des Français à la Légion étrangère.

1, 2. Vfiir oux iiiiîccs jusiilicnlivcs.

CIIAPITRK m

EN AFRIQUE (dE 1882 A 1885).

1882. — Constnictiou (rime roulo sur Kiguig. — Culunno de Négrier sur lo (^iioU Tigri. — Mossucre <ic lu mission tupographique au Chou Tigri. — Héroïque déreuso do rcscorle. — Marche thi colonel do Négrier qui recueille les restes des deux com|iagni<^s. — Lo colonel do Négrier prend lo coinniundeuioiit supérieur des colonnes de Géryville, de Ben-Ivhclil et d'Aïn-Sefra. -— Inspection du général Thouiassin. — Kuiplucemeuts des baluillons. — 1883. — Holèvement dos baluillons. — Korniutiou des h* et G* bataillons. — Lo colonel de Négrier est nomnié général de brigade et remplacé par le colonel Grisot. — Départ du \*' et au 2» bataillon pour le Tonkin. - 1881. — Kuiphicemenls dus iMUiillons. • Les \'- ri 5'* bataillons aux manœuvres. — Les S*' el \* bataillons parlent pour le Tonkin. — Licencieiuent de la Légion. — F'onnatiou do deux régiments élraugers à \ bataillons et une compagnie de dépôt. — Singulière situation faite aux oiliciers de ces régiments.

1882. — Lo 3 janviiîv, lo l""' b.itailloii l'sL envoyé au toi de Founassa, où il doit, de coucerl avec les zouaves, qui la traceul vers le sud, ouvrir uue route carrossable sur Figuig. La route, de 3 mètres de largeur, est faite presque tout entière à coups de miue ; elle est poussée jusqu'à 10 kilomètres de Toasis, située au milieu du col; cette oasis tire sou existence d'une excellente source qui arrose des palmiers et des térébintUes, dont Tun, énorme, peut abriter uue cenlaiue de chevaux.

Les massifs du Mekter, du Mir-Djebel, du Mzietdu Beui-Smir sont séparés par les déiiiés du Djeliba \ du Fouuassa et la vallée de rOued-lIallouf. Sur rOued-lIalloufselronve le petit ksar d'Ich, lieu de déport^ilion des parents de l'empereur du Maroc. Les gens d'Icli sont très pauvres et se livrent an janlinai;e; en revanche, comme

1. Une aouvollu route, praticable aux voilures, a depuis éié Iracêo {vit le Djeliba et ee relie aux ksours des Moglinr.

nKGIMENT ÉTllANGER ET LÉGION ÉTHANGÈnE. 401

parents de l'empereur et desceiidanls de Mahomet, ils sont tons chéri fs et marabouts.

liO 1"^ bataillon est relové le 2G janvier par les tirailleurs et part le 27 pour Géry ville en ]»assant par Aïn-Sefra, Thiout et Asla. Il arrive à destiuation le 3 février et fait I)arlie de la coloinie de M. le chef de bataillon Fossoyeux, commandant supérieur de Géryville. Il est installé dans d('s lentes au camp du Nord.

Le 22 janvier, le 2" ))ataillon quitte Méchéria ; il est Iransporlé par le chemin de fer jusqu'à Tizi, et arrive le 21) il Hel-Abbès, après 10 mois de colonne.

A la date du 20 janvier 1882, le général Colonieu prend le counnandemenl supérieur des colonnes et des postes du Sud ; il élablit son quartier général à Méchéria.

Des renseignements certains annoncent que les campements des Beui-Guill, des Chamba et des Hamyan dissidents, sont à il ou 4 journées vers l'ouest, dans le Tame- Ict et In Mederouïrat, montagnes an sud du Chott Tigri.

La colomie est dirigée de ce côté ; le 2î) janvier, elle francliit le col do Saddana, longe le Djebel-Gueltar, arrive à Forlassa-Uarbia, en 2 jours elle a fait 82 kilomètres.

Le 27 au matin, la compagnie montée et Tescadron se dirigent en avant pour soutenir legoum, qui est tombé par sui prise sur deux douars des Beni-Guill, leur a tué 53 hoimncs et b^s a razziés complètement.

Les prises se composent de 10,000 moutons, 583 chamoMux et 30 chevaux ou poulains.

Pendant que la colonne fait séjour à Aïn-Safra, une comission d'olliciers fait Tinvcnlaire de la razzia.

îja marche est reprise par Oglat-Monssa et Galloul sur Kcu-Khélil, où la colonucî arrive le 2 février. Le produit de la vente de la razzia s'élève à 39,335 fr. 60 c, qui sont intégralement distribués aux goums, sauf 300 chameaux, qui représentent la part de prises du Gouvernement.

Le 20 février, on reçoit la nouvelle que les BeniGuill

« LKO. KTR.VNOftKK. W

402 LA LÉGION ÉTRANGKnE.

et les Hamynii dissidents ont établi leurs campeinenis prèâ du Chott Tigri.

La colonne de Ben-Ktiélil, sous le commandement du colonel de Négrier, a i'autorisalion de pousser une pointe de ce côté.

La colonne fait 2 étapes sans eau et vient c;miper à rentrée du Chott. L'avani-garde, composée de la compagnie montée I do Tescadrou de cavalerie et du goum^ a pris les devants à la 1'" étape et a doublé Télape du lendemain; elle arrive le 2G au soir à Oglat-Moussa. La colonne y an*ive le 27, fait grand'iialte et poubse, le lendemain, sur ElGuessaoù elle rejoint Tavant garde, qui a razzié 417 chameaux et 15,000 moutons aux dissidents.

IVévenu dans la nuit que les dissidents ne sont qu*à 3 heures de marche, Tavant-garde s'était mise en route à 1 heure du matin, de f*inon à atteindre l'ennemi à la pointe du jour. Mais celui-ci était prévenu et avait connnencé son mouvement de retraite.

L'escadron de chasseurs d'Afrique prend le devant et se porte sur la ligne de retraite de l'ennemi, le charge plusieurs fois et le met dans une déroute complète'. La compagnie montée arrive sur ces entrefaites et fait des feux de salve contre le gros des Arabes, qui jettent leurs armes pour fuir plus vite; 9 douars restent entre nos mains. Quelques cavaliers des Heni-Guill reveinisde leur panique se concentrent et cherchrnt à inquiéter noir.: retraite; il suliit de quelques feux de salve pour les disperser. Une compagnie est chargée de conduire la razzia à Ben-Khélil.

La colonne continue sa marche vers le sud-est et se dirige sur Bou-Arfa. L'avant-garde reprend le contact de l'ennemi ; les Chamba se défendent sur un mamelon dans le Teniet de Bou-Arfa et cherchent à retarder la poursuite qui S(j continue jus(iu'â Miugoub. On leur prend suciossivenient 10 troupeaux de moutons.

Le coloml fait pié\enir les gens d'Aïn-Chaïr qu'ils n'ont rien à craindre de la colonne; la Djemnia l'eu re-

iiiercie et lui fait connaître que le sultan du Maroc leur a ordonné de ne rien faire qui puisse nuire aux Français.

On appnîud (juo Si-Sliinan et les IJraherci, à la nouvelle du coup de main de la colonne fraiiraise, se sont repliés dans le pays d îs Brabers. La colonne retourne alors à Ben Khélil en passnnt par Ain-Defla, Aïa Safra, Fortassa-Rarbia ; le 10 mars, elle rentre à Ben-Kbélil.

IjG mois d'avril est employé à tracer des pistes permettant de relier les points d*eau environnants. Trois compagnies sont employées à ce travail, qui a contribué puissamment à notis faire connaître les liants plateaux et à perm ttre aux délacliementsde voyager sans guides.

Le IG avril, le général Saussier, commandant le lO*" corps, accompagné des généraux Delebecque, commandant la divisoii, Coîonieu et Gand, arrive à Ben-Kliélil, passe la revue de la colonne et félicite les troupes sur leur bonne tenue et les services qu'elles ont déjà rendus.

Il (piitte B(;n-Kliélil le 18 et se rend à Méchéria. Le 20 avril, une mission topograpliique, composée de 2 oflit iers et de plusieurs soldats, dirigée par M. le capitaine de Caslries, escortée par 2 compagnies de la Légion, 11 chasseurs d'Afrique et 10 goumiers, sous les ordres du capitaine Barbier, se met en marche sur Galloulpour aller levtr le Choit Tigri. Elle emporte 7 jours de vivres sur son convoi.

Le 2ô, une lettre du capitaine Barbier fait connaître, que jnès des puils d'Kl-Mérir il a rencontré rennemi, qui lui a tiré des coups de fusil, mais qu'il Ta mis en fuite et lui a enlevé 1,800 moutons.

Mais, le 20, à 3 heures 50 minutes, on reçoit une lettre du capitaine de Castries, qui annonce que le détachement topographique est aux prises avec l'ennemi depuis 6 heures du matin et demande des renforts ; les bandes qui l'altaquent sont fort nombreuses.

Bou-Amema venait en eOet de réunir tous ses contingents dans le Chott Tigri, dans le but de tenter une expédition

404 LA LÉGION ÉTRANGÉUE.

soit Bur les Ahmours, soit vers le nord-est. Les Béni- Gnill, qui ont été razziés le 211 par le capitaine Harhier, déclarent au marabout que, s'il ne veut pas les aider à reprendre la razzia et à écraser cette petite troupe de i*oumis, ils le chasseront de chez eux.

Bou-Ameuia^ quia déjci fait une jonrniîedo marche vers le nord-est, revient alors sur ses pas et, de concert avec les Deni-Guill, attaque les 2 compagnies de laLôgionprès d'Haci-l)en-Salem.

La mission topographique savait l'ennemi près d'elle, puisqu'elle l'avait razzié 3 jours auparavant, qu'elle se voyait observée par de nombreux cavaliers, que la nuit ]n'ccédeute on lui avait inilevé 3 fusils et qu'enhn un honnne avait disparu.

Le 20, à G heures du matin, une heure après la mise en marche sur Fortassa-Rarbia, 800 à 900 cavaliei*s et 1,500 à 1,()00 fanUissins se portent violemment contre l'arrièregarde et le flanc droit de la petite colonne, qui est part<igée de la manière suivante :

A l'avant-garde, une section d'infanterie; l'ai^rière-ganle comprend les cliasscurs d'Afrique, les goumi(n*â et les 23 hommes de la compagnie montée ; le reste de l'infanterie encadre le convoi, qui chemine péniblement au milieu des dunes et des ravins.

Le capitaine cherche à gagner une gara élevée de 40 mètres au-dessus du Choit, où il pourra masser sa troupe, repousser l'ennemi et, au besoin, attendre le secours de la colonne de Ben-Khélil.

L'aiTièrc-garde, serrée de très près, ouvre le feu, les cavaliers arabes chargent avec furie, venant déchai'ger leurs armes à bout portant sur les légionnaires. Le terrain favorise l'ennemi, les fantassins tirent à. bonne portée, couronnant toutes les croies; on voit à peine la fumée des coups de feu, les cavaliers en nombre considérable x)euvent s'approcher à l'abri des mille ressauts du terrain et commencer la charge de très près. Nos soldats ne peuvent les

HKIÎIMKNT KTllANGER ET LKGION KTR.VNGÈFIE. 405

alteiiidic qu'au moment où ils arriveat sur eux ou lorsqu'ils jKisseut d'une dune à l'autre. L'avantage de notre armement disparaît complèlement.

L'arrière-garde, cernée une première foie et coupée à .•îOO mètres du carré, a beaucoup de peine à se dégager: les lionnnes de la compagnie montée, qui ont chacun un mulet, coinljattent à clieval et sont géités par leur monture; la iutle devient tdlement acharnée que le capitaine

narl)ier envoie une section, commandée par le sous- lieutenant Mcsnil, pour la diigager. A son arrivée, le lieutenant Nhissone était tombé frappé de 5 balles et de 6 coups de sabre; 17 hommes étaient tués. Le sous-lieutenant Mesnil arrive à dégager h; capiUine de Caslrios, les goumiers et les () chasseurs d'Afrique, mais eu perdant 14 hommes.

lia section d'avanl-garde, commandée par le lieutenant Delcroix, s(î porte en avant pour gagner la gara, où les Aral»es nieuacent de nous précéder; attiiquée sur ses deux lianes, (îllo lait leii à droite et à gauche ; les chasseurs •l'Afriqucî charg.Mît les quelques Arabes qui se trouvent sur la vrrlr ; lastîction les suit à la baïoinielle et s'y maintient jusqu'à l'arrivée du carré.

Le capilaine Barbier pousse son monde sur la gara; les « hanieanx du convoi sont aiVolés ; hîs sokrars montrent autant de lâcheté que de mauvaise volonté, au lieu de nionlor directement, les chameaux contournent la gara en (Ifsoidt e.

Les hommes d'escorte sont bousculés par le convoi ; le «apitaine Barbier chenhe à mettre de l'ordre dans ce péleniéle, mais une charge furieuse des Arabes arrive sur le larrè ; hî capitaine Barbier peu entouré est tué, il reçoit î) balles (H 7 (onpsde sabre. Les cavaliers arabes enlèvent bî «'onvoi, les sokrars s'échappent; 8 hommes sont tués, le lieutenant Wêber' tomlxî à son tour, il a une balle dans

:. Iiic il For m ose.

l'aine ; Tarrière-garde el le capitaine de Castries rejoignent le carré ; le sous-lientenant Mesnil, qui a reçu une balle dans l'épaule, est emporté par son cheval, qui le conduit sur la gara auprès des chasseurs d'Afrique.

Le capitaine de Castries, chef de la mission topograpliiqne, prend le conimandcnicnu dn détaclieinoiil; il arrive à masser son monde sur la gara, où l'on a un champ de tir découvert, tente des retours offensifs pour ramasser les blessés \ le soldat Ândroesco rapporte sur son dos le corps du capitaine Barbier, que l'on armche 3 fois des mains des Arabes.

Jusqu'à une heure, le df^Uiclioment soutient les attaques de l'eum^mi et lui fait subir de grandes pertes. Celui-ci ilovicul moins pressant cl le capilaino counnencc su retraite; les cavaliers arabes inquiètent encore la marche. On arrive à Galloul à 6 heures et demie du soir. Le Ccipitaine de Castries donne diMix Inutres de repos à sa troupe et se remet en i*oute sur iien-Khélil. Nous avions penlu. 2 officiers et 49 Iégionnaii*es tut^s, 2 officiers el25 légionnaires blessés.

A la réception de l'avis du capitaine de Castries, le colonel de Négrier fait rentrer les cbameaux, qui étaient an piUurage près du col de Saddana, fait prévenir le génénil Colonieu, puis le commaudaut de la colonne d'Aïn-Sefray •t à f) hennis 20 minutes (2 heures après la réception du billet du capitaine de Castries), l'ii vaut- garde de la colonne se met en marche, suivie à 6 heures par le gros de la colonne.

On doit marcher jusqu'à ce qu'on rencontre le détachement topograi»hique ; l'avaut-garde le trouve vers 2 hennis et demie du matin, campé à hauteur du Tenirt-el-llamza sur rOued-Zemri. Le convoi et le gros de la colonne y arrivent à 7 iKîurosdu matin.

A 11 heures, la colonne se remet en marche et vient camper aux puits de Galloul. Elle en repartie 28 au point du jour et fait grand'halte tout près du Chotl.

Le goum ramène un Arabe, les mains ensanglantées et qni est porlenr de dépouilles franraises; il est fusillé.

Le renvoi et les bagngps gardés par 2 compagnies et Tarlillnrie font halte, pendant que Téchrlon de manœuvre, fort de 3 compagnies, de la cavalerie, du goum et des mulets du tr;iin, porteurs do tonnelets d'eau, continue le mouvement en avant snr Aïn-hen-Salem. 11 marche pendant 3 heures au milieu des dunes en suivant les traces laisbées par le détachement précédent; on trouve quantité d'objets brisés, des chiwaux morts, des cartouches, etc. ; on arrive à 5 heures 30 minutes du soir sur le lieu du combat.

On nîtronvcî les ca«lavri\s <lr.s 2 olliciors et ceux dos 40 lrgi(Hinaires, 10 <lievaux arabes, pins une douzaine de tombes hAtivcintMit creusées, où l(*s licni-Guillont dû enterrer leurs morts. L'endroit où le convoi a été pillé est encombré de débris.

La conip.M^nie montre cnttirre bîs morts ; l(»s cadavres de MM. Barbier et Massone sont enveloppés dans des toiles de tenies et sont dirigés sur Ben-Khélil, où ils sont inhumés.

L'infanterie bivouaque sur la gara, les cavaliers, les mnbîts ri le gonm vont faire boire à Haciben-Salem ; on y remplit les tonnelets. A minuil, ces opérations sont terminées, et la cavalerie rentre au camp.

Le lendemain, le détachement se met en marche, reprend son convoi à l'entrée du Chott et se replie sur Fortassa- Cherguia *, la colonne rentre à Ben-Khélil le 2 mars.

A peine les troupes se sont-elles reposées, que l'on prépare une expédition pour atteindre les contingents de Bou- Aniema, qni sont campés au sud-ouest du Chott Tigri.

La cob)nno, dont font partie les 3** et 4* bataillons de la Légion, se mot en marche le 5 mai et arrive le 6 à Oulak- \\î\k; elle se porte ensuite sur Souk-el-Kesser, Aïn-Della, Ain el-Orak et Mengoub, qu'elle atteint le 11 mai.

Une caravane qui arrive d'Ouchda, annonce que les

408 LA LÉGION ÉTRANtiKIiE.

Beni-Guill fuient vers le nord \ mais elle ne peut donner aucune nouvelle sur la mardio des marabouts.

L'avantgarde razzie dans les montagnes an nord d'Aïnel-Orak 100 chameaux, 3,000 moutons et quelques tentes, mais les douars ont eu le temps de s'enfuir.

Le 13 mai, la colonne (rAïu-Snfra, qui avait poussé vei*s l'ouest, vient camper auprès des troupes de la colonne de Ben-Khélil.

Dans la nuit, des voleiu's enlèvent 70 iKfuifs du troupeau, le cheval d'un capitaine adjudant-major et 6 chevaux de goumiers.

La nuit suivante, on tend une embuscade \ des coups de feu sont tirés, 1 tirailleur do la colonne d'Aïn-Sefra est tué.

Le 14, la colonne se met en marche sur Ben-Khélil; elle prend une direction un peu plus au nord que celle suivie précédemment, par llari-Uadda, ilaci-SaiVa, Ksar- Rarbia, où elle apprend que la colonne d'Kl-Ariclia s'est portée sur Matarka. Le goum a i'ordriî de se relier ave cette colonne, mais il n'y réussit pas, la colonne s'étaut portée plus haut dans Test.

Deux ksouriens d'Aïn-Sofra arrivent au camp. Partisan nombre de 9 pour porter le courrier de la colonne d'Aïu- Sefra, ils ont été surpris par uu djich de 10 Beni-Ouill et eux seuls out pu s'échapper. Le 19 mai, la colonne rentre à Beu-Kliélil, oùiHle dhI n;joiute le lendemain par le goum.

A la hu du luois de mai, le général Gaud remplace \ii général Colonieu qui rentre en France.

Le colouel de Négrier se reml à Méchéria et prend le commandement supérieur des colounes d(î Géryville, de Ben-Khélil et d'Aïn-Sefra.

Le 2" hatiiillou, (jui (îst resté r.n st«'ition à Si<li-bel- Abbès depuis le mois de jiuivier, en part le 3 juin, arrive à Méchéria le 5, pour relever à la colonne do Ben-Khélil le 3* bataillon, qui quitte ce poste le 9 al arrive .à Bel-

nÉOIMENT ÉTUANi;EII et LÊr.lON ÉTRANfiÈRE. 409

Abbès par les voies ferrées. Il reste dans cette place jusqu'au mois d'octobre.

Le li(Mil.en;int-colonel Dncliesnc prend le coïumandeiiient de la coloinie de Bnu-Khélil.

A partir de cette époque, les expéditions dans l'ouest fîossent complètement. On escorte les convois réguliers sur M(3chéria et sur Aïu-Aïssa, où l'on a installé un sanilariuiu. La lièvre typlioïdc sévit dans les divers x>osles et les bnlaillons de la Légion subissent des pertes sérieuses.

Le 16 avril, le général Thomassin passe l'inspection générale de; la Légion, à I3en-Khélil.

Le 4'' bataillon reste dans ce poste et le 2" va occuper Mécliéria.

Au mois d'octobre, le P*^ baLiillon vient faire partie do la colonne : ce bataillon étaiten station à Géryville depuis le 8 février. 11 était campé au nord de la redoute sous des grandes Lentes, on s'est seulement occupé à construire des abris poin* bîs cuisines. Tous b's vieux gourbis b;Uis avant 1870 ont été rasés et brûlés. Le génie a construit sur leur emplacement quelques baraques et des écuries ; c'est ce que l'on appelle le camp sud. Il est à remarquer que, depuis 20 ans qu'on occupe ce poste important, Tinstallalion d(^s troupes est toujours très précaire. Les opérations militaires ont été nulles.

An mois de septembre, le 1*' bataillon a fait une marcliemau(i»uvre par Hassoul et Brézina et est revenu par le uirnn^ cliemin à Géryville qu'il quitte délinitivement le 10 octobre pour n(uî-Kliélil, où il arrive le 17, en passant par iMai;ran (ît Mécliéria.

Le 4" balaillon, que le 1"' vient relever à Ben-Kliélil, va remplacer à IJel-Abbès le ;^®, qui part pour Géryville, où il arrive le 25 octobre. A cette date, la Légion occupe les postes suivanls : I'^^ bataillon, colonne de nen-Kliélil ; 2 balaillon à Mécliéria ; iV bataillon à Géryville ; 4* balaillon et les 2 compagnies de dépôt à Bel-Abbès.

Le .*>" bataillon fait une petite exj)édition à la Un de Tan-

née sur EI-Abiod-Sidi-Cheik, et rentre le 24 décembre à Géryville.

1883. — Eu 1883, la Biluation est la nulnio.

Lo 1*' bataillon quitte ncn-Khélil le 18 avril et rentre à Bel-ÂbbÙB en passant par Bou-Gneni et Ras-el-Ma.

Le 2* bataillon, qui occupe Mécbéria, détache à Ben- Khélil wno campagnie avec une section montée, qui forme Tavantgarde de la colonne de Méchéria. On a construit, dans ce dernier poste, une redoute et un baraquement |K)ur 1 bataillon, 1 escadron et 1 section d'artillerie.

Le 3** bataillon part de Géryville b; 8 mars, pour Kl- Abiod-Sidi-Cbeik, allant au-devant du gc^néral de division. Il rentre le 22 mars. Il repart le 10 avril pour aller tenir garnison à Méchéria.

Le 4* bataillon quitte Bcl-Âbbès en avril pour Géryville, où il doit tenir garnison.

La section de discipline ebt à liou-Guern, à l'ouest du Chott Chergui.

Par décret du 12 juillet 1883 ', un 5« et un 6« bataillon sont formés. L'organisation de ces bat;iillons a lieu d'apW's les règles suivantes :

Les 1'' et 2' compagnies du 1*' bataillon et le 1^ peloton de la 1" coui[)aguio de dépôt concourent à former la f compagnie du fr bataillon ; les 2'' et 3* compagnies du V bataillon et le 2* peloton de la 1^ compagnie de dépôt forment la 2* rompagnie du ô* bataillon, etc.

Les noms des officiers, sous-ofliciers, caporaux, tim-

1. Voir uui pièccA justiflcalivus. — Ui furniation do cas Italaillont avait été uëciMsitùu pur suitu du grand nombre d'engagomonis voloolairus «fui avuioni eu liuu à la fuilu do la décision iniiiistdriclle do mai IHat, olivrani les engagement! à la Légion pour tou3 les étrangers. Ou a pu remaniuer qu'à poine avuit-il été «luestion do la camiMignc du Toukio, lot Alaacioii^lAirrains, fiour «lonuor uno prouve do leur atlachomoul i la Krauco, étaient arrivés en foule demander i servir sous ses drapeaux.

nÊGIMENT ÉTRANGER ET LÉGION ÉTRANGÈRE. 411

bours de chaque groupe sont mis dans Turne et ceux sortants sont désignée pour former la nouvelle compagnie. Kn ce qui concerne la troupe, les noms des soldats de 1'* classe, des élèves-caporaux, et des soldats de 2' classe sont mis dans Tiirnc, le premier quart sortant forme la 1'' compagnie du 1*' bataillon; le 2* quart, la 2" compngnie du 1" bataillon ; le quart suivant, la 1" compagnie de dépôt, et le d<uniier quart, la V^ compagnie du 5* bataillon.

Dans les groupes qui ne comprennent pas de compagnie de dépôt, on tire seulement les noms par tiers.

L'opération de tirage au sort a lien le 20 «août et les bataillons sont constitués à la nninie date.

Ii(» f/ bataillon est dirigé sur Tiarot et détache une compagnie à Aflou, une compagnie à Frendah, un peloton à El-Ousseugh.

Le G" bataillon va à Saida et détache 1 peloton à Ain- (d-lladjar.

Ces opérations sont à peine terminées, que le colonel de Négrier, qui, pendant 2 ans, a tenu la campagne et conduit la Légion dans les colonnes du Sud oranais, est nonnné génér;d de brigade par décret du 31 août 1883.

11 est reniplac é au corps par le colonel Grisot, du 88* d'infanterie.

Le 12 septembre, le l**' bataillon reçoit Tordre de se

tenir prêt à partir pour le Tonkin'; il quitte Bel- Abbés les

24 et 25 septembre pour aller s'embarquer à Alger, le 27.

11 esl n'uiplaré à Bel-Abbès par le 2* bataillon venant

de Méchéria.

En novembre, tous les bataillons occupant les postes du Sud sont mis en alerte et viennent occuper différents points, de manière à surveiller les tribus des llarrar, dont r.îglia 1^1 lladj-Saliraoni a élé arrêté à Tiaret, puis dirigé

I. I/Iiisloriqiio «les baiaillons <lo la f.ôgion onvoyus au Toiikin fnil Tobjjt (lu livre X de col ouvrngo

412 LA LÉGION KTIIANGÈRE.

sur Oran et interné ensuite dans la province de Consitantine.

Trois compagnies du bataillon de Uùryville se portent à Aïn-Tiinendert et gardent le sud. La compagnie montée et la cavalerie de la colonne de Méchéria sont dirigées sur Slissifa dos Cliotls ; le G** iKitaillon se rend à Krondali et le :V bataillon se rapproche d'El-Ousseugli. Mais ces précautions sont inutiles \ les Uarrar ne l)Ougent pas, laissent arrêter leur aglia et se désintéressent de son sort.

Les bataillons reprennent alors les emplacements suivants : le G* l)ataillon va à Tiaret et occupe les mômes garnisons que celles occupées par le à* bataillon. (lelui-ci rallie ses fractions détiichées et va occuper (icryviile, où il arrive le 11 janvier 1884.

Le 23 décembre, le 2* bataillon reçoit Tordre de i>artir pour le Tonkin avec des renforts pour le 1*' bataillon; le détachement est sous le commandement dn lieutenant-colonel Duchesne ; ce détaciiement s'emlKmjue le 27 décembre à Oran.

Jnsqu'en 1883, les officiers du régiment étranger et de la Légion «ivaient porté eu grande tenue la tuniqne à collet rouge avec épaulettes ; en petite tenue, la tunique à ga- Ions et le gib't. Une décision ministérielle dn lô mars 1H83 supprime la luuiqne et les éjiaulettes dans T infanterie et les remplace par ledolman, à 7 rangées de brandebourgs ; le collet pour la Légion est noir et porte 2 grenades au lieu des numéi*os.

1884. — Le 4* liataillon qnitle Géry ville le 12 janvier et arrive à son nouveau poste, Méchéria, le IG.

Une comp.ignicî va oci:uj»er Daya.

La compagnie montcedu 3** bataillon en quittant SU n^ifa des Chotts suit l'itinéraire lien-Atab, Géryville, Magran, Tismouline; elle rejoint à Méchéria le 3* IwUailhui. Kn

IIKC.IMENT KTHANOKn KT LKHION KTliANORRE. 413

p.Kssîuit à CjiM-yvillo, pUo a remis à une compagnie du 4'' J)<ilaillon lotit son malériel, niulols et iianiachements.

Dorênav.iiit, la comp.ignie montée Fait partie dn bataillon (Il gaiMiisoM à (îéry ville.

liO sud de la division d'Oran se trouve ainsi surveillé par doux compagnies montées : celle des tirailleurs à Aïn-Sefra ; celle de la Légion à Oéryville.

Le 17 janvier, le iV bataillon quitte Mécbéria pour Hel-Abbès, où il arrive 10 25 remplacer le 2' bataillon, parti au Tonkiii 1(^ 27 décembre précédent.

A la lin de janvier 1884, les quatre bataillons restés en Algérie occupent les postes suivants :

Ktat- major et 3'" bataillon, Bel-Abbès;

4" baliiillon, Méchéria et 1 compagnie à Daya;

iV bataillon, (îéryville;

G'' bataillon Tiaret, AIlou, Frendah et El-Ousseugh.

(^es emplacements sont conservés toute Tannée. Aux inanrnMvres d'autonnu*, bîs 4'' et iV bataillons manrrnvrent entre Mékalis et Aïn-Aïssa; le 3'' bataillcm entnî iJen- Yonb, Ilas-el-Ma et Daya.

A la riMitrée des maiuruvres, f) liommes meurent du cboléra à liel-Abbès.

Les 11) et 21 novembre, les 3* et 4* bataillons quittent Ibd-Abbès el sV;mbarquent à y\lg(;r pour le Tonkin ; le 3** bataillon, le 30 novendjre el le 4* le 3 décembre.

Le îV bataillon laisse deux compagnies à Géry ville et va orcuper Mécbéria avec les 1'''* et 2*" compagnies.

Par décret du 14 décend)re 1884*, la Légion étrangère est licenciée et forme deux régiments étrangère à 4 bataillons el une compagnie de dépôt.

Les l*"' et 2" bataillons et le 5" dédoublé prenant les numéros 3 et 4, avec la T" compagnie de dépôt et la musifjue forment le V régiment étranger, sous le commandement dn colonel (irisot, de la Légion étrangère.

i. Voir niix pièces Juslific;ilivos.

Les 3* el 4* balailloiis et le 6' bataillon dédoublé pi*enant les» numéros 1 et 2, avec la 2"" compagnie du dépôt forment le 2" étranger soub le commandement du colonel lingot du 117* d'infanterie.

Les sapeurs ouvriers d'art, les armurieri, les tailleurs, les cordonniers sont répartis par la voie du sort et par moitié entre chaque régiment. Les trois quarts dos cadms inféri Mirs sont fournis par dos régiments de France, et Tautre quart par dus régiments d'Afrique.

Toutes ces opérations sont closes le 31 décembre 1884 et font l'objet d'un procès-verbal rédigé en présence du général commandant la subdivision d'Oran et du sousintendant militaire, chargé de la surveillance administrative de la Légion \

A la date du 1*^ janvier 1885, les 2 régiments sont constitués.

Nous ne pouvons passer sous silence la singulière situalion faite aux chefs de ces deux nouveaux régiments.

Déjà en 1884, le colonel de la Légion éUiit rosté à Bel- Abbès, alors qu'il avait au Tonkin les 2/3 de sou régiment. Celte siluation ne faisait que s'aggraver en 1885, où l'on pouvait voir à Bel-Abbès deux colonels, deux lieutenants-colonels et deux majors à la tête de deux compagnies de dépôt, tandis que les 4 bataillons des régiments étrangers étaient au Tonkin, sous les ordres d'oHiciei^s supérieurs d'autres corps.

11 en était de même pour les cadres inférieurs. Tous les renforts envoyés au Tonkin éUiient commandés par des ofliciers venus de France, et toutes les vacances étaient comblées par des ofliciers qui ne faisaient pas partie des régiments étrangers.

1. l\ eùi éié beaucoup plus simplo, 4 lD;itailloii« ûtuiit ftu Tonkin et i autres restés eu Algérie, de de'doubler cos deux derniers et de furmerlus X réginioiits élniiigei-s : l'un uvec les 4 bolailluns du Tonkin» raulre avec les 4 batuiiluus dédoublés restes eu Algérie. Cob eût évité dus complicaliens do coiumundeiuont et d'écritures qui durent encore aujourd'hui et qui ne sont pas prés de Unir.

nÉGIMENT ÉTRANGIÎR ET LÉGION ÉTRANGÈRE. 415

C'est la première fois que pareil fait se présentait, d'un réginient conduit à Tennemi par des ofiiciers pris dans d'autres corps, alors que ses propres olliciers se morfondaient dans les postes du sud, «ni atlondaut, mais eu vain, leur ordre d*endjarquement. Ce n'est pas ainsi que Ton forme l'esprit de corps, qui seul peut maintenir les légionnaires en campagne.

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