I.ICa. KTIlAHOàRK. W
Le corps d'un faclionnaire tué par Texplosion de la mine a été projeté dans le fossé ; le caporal Beulin et 3 hommes, les nommûs Dœlinger, Hendei*cliitt et Steinnam obtiennenl la permission d'aller le relever; ils apportent le corps de leur camarade et en profitent pour reconnaître les travaux de l'ennemi. Ces 4 hommes sont cités à l'ordre de la place.
Le lendemain, 13, on fait une sortie pour démolir les télés de sape ; elle nous coûte 4 hommes ; 5 Chinois sont lues ; on arrête ainsi momenlanément les cheminements de l'ennemi.
Jusqu'alors les Chinois n'ont bombardé la place qu'avec des halles, des biscayens et des obus de 4, mais cà partir de ce moment, ils niellent eu a<:li<m des mortiers d(i 15*= et 6 canons de 12.
Le 22 février, à 6 heures du malin, les Chinois poussent des clameurs, foui l'ulondi-c des appels de trompettes et de trompes, une première mine saute, puis une seconde qui tue le capilaine Moulinay, et euAn une troisième qui acliève d'èventrer le mur sur une longueur de 60 mètres. Les escouades de piquet garnissent les brèches, les travailleurs établibseut, malgré le feu de l'ennemi, des retrauchemenls rapides ; pendant 4 heures les 2 compagnies restent sous les armes.
Cette journée peut compter parmi les plus glorieuses que la Légion ail à sou actif. 1 oflicier et 4 hommes sont tués ; 1 olTicier, 3 sous-oliiciers et 37 soldats blessés.
Le lendemain, à la nuit, les Chinois tentent de nouveau l'assaut, mais ils sont repoussés.
Le 25, nouvelle mine, nouvelle brèche, l'assaut est donné et repoussé comme l'avant- veille : les 2 compagnies pei*dent encore ce jour-là 4 hommes tués et 12 blessés.
Le 27, à 11 htfures et demie du soir, nouvelle attaque préparée comme les précédentes par l'explosion d'une mine ; les Chinois tentent l'assaut par trois points dififérenls avec une vigueur et un acharnement incroyables. Ils plan-
lent sur les brèclies trois drapeaux dont les légionnaii*e6 s'tîinparcnt; ils lancent des grenades, des pétards, des sachets de poudre enflammée aux yeux des défenseurs ; pendant cette nuit, nous avons 3 tués et 9 blessés dont un ollicier.
Le !•' mars, la garnison entend le canon et lamousqueteric dans la direction de Duoc: c'est une colonne qui vient secourir la place, mais dans Tétat d'épuisement où sont les défenseurs il est impossible de songer à tenter une sortie ; il reste 180 fusils en état de fonctionner pour défendre un périmètre de murailles de 1,200 mètres, dont 120 mètres ont été riMiversés par les mines, 4 ou 5 fourneaux sont encore chargés.
Le 2 mars, les Chinois évacuent leurs lignes et masquent leur départ par un redoublement de feux. Dans une galeri(î casematée, 5 soldats du génie chinois meurent bravement à leur poste.
Ce siège a corité aux 2 compagnies du 1" régiment étranger .'52 tués dont 1 capitaine,. 126 blessés dont les G officiers. Il est bon de rappeler que Telfectif total au commencement du siège était de 390 hommes; c'est donc le tiers des légionnaires qui a été mis hors de combat.
Le 3 mars, la brigade Giovanninelli vient délivrer la place. Une compagnie et demie du 1*"^ bataillon du 1*' rtran;,a»r fait partie d'un bataillon de marche commandé par M. Frang(M-. Cette compagnie a quitté Sonlay le 20 février et a fait séjour à Phy-Doan pour attendre la colonne Giovanninelli qui arrive le 28 février; la marche est reprise le» lendemain. Le 3 mars la compagnie, flanquée à droite par les tirailleurs algériens, attaque les positions des Chinois qui barrent la route en avant de Thuyen- Quan ; elle enlève un premier retranchement, un fortin rt une autre ligne de retranchements situés à mi-côte d'une croupe qui descend vers la rivière. Elle traverse un bois, mais à la sortie, elle est assaillie par les feux d'une li^^'iie de forts parmi lesquels on remarque un ouvrage
casemate el flanqué d'un blockhaus enterré. Ce point est attaqué de front par la compagnie du régimcnl étranger . et de flanc par les tirailleurs, mais on ne peut eu venir à bout qu'en le faisant canonner par l'artillerie.
A 8 heures et demie du malin, Tennemi abandonne se» positions ; la 3* compagnie compte 1 tué et 14 blessés. La marche est reprise et la compagnie forme la tête de Tavant-garde qui entre à Thuyen-Quan ; elle va loger dans la ciladelle.
Tout le 1" bataillon est réuni dans la ville. 11 est oniployé aux reconnaissances et aux travaux de baraquements entrepris pour mettre les hommes à Tabri de la chaleur qui se fait déjà ^^entir. On répare les dégâts qu'a subis la place.
Pend.int que les compagnies du 1" baUiillon du 1*' étranger parvenaient à annoter à Thuyen-Quan Tinvasion chinoise venant de Yun-nan, le général en chef Brière de risle préparait la marche sur Lang-Son pour repousser les troupes venant du Quang-Si.
A Kop, ]{} gémh'al do Négrier arrive le .-îO janvier et, à la leto d'une compagnie de tirailleurs, d'un peloton de Tonkinois, fait une reconnaissance sur la route de Bac-Lé; il monte en ballon captif, examine le |)ays environnant, puis la petite colonne rentre à Kep. Ces opérations ont pour but d'attirer les Chinois de ce côté et de les maintenir vers Bac- Lé.
Le 3* bataillon (2" étranger) reçoit l'ordre de prendre deux joiu's de vivres et de se diriger sur Phu-Lang- Thuong où il s'embarque pour Lam : il y arrive le 31 janvier à 8 heurt's du soir. Il y campe; le l*" février il touche à Chu 5 jours de vivres et va cantonnera Ha-Ho, marché très im[iortant où il iH)trouve le 2* bataillon {1" étranger). Le 3*" batciillon reçoit le même nombre de coolies que le 2" baUiillon et doit se tenir pnH à marcher.
Toutes les troupes disponibles des corps du Tonkin sous le commandement du général Brière de l'Isle sont rassemblées sur le Loc-Nam et formées en deux brigades.
La première est sous les ordres du général Giovanninelli, la deuxième sons ceux du général de Négrier; elle comprend : le 3* régiment de marche (un bataillon du 23*^ un du 111" et un du 143")y le 4* régiment de marche (.9 compagnies du 2* bataillony le 3* bataillon de la Légion elle 2* bataillon d* Afrique)^ en outre deux batteries d'artillerie.
L'ohjectif est de repousser les Chinois et de pousser jusqu'à Lang-Son.
Les instructions données par le général de Négrier sont les suivantes :
(')iiU(nc compn^iiio doit uvoir 2 hraiicanlR, 3 musettes à paiisoiiKMit et H petits bidons toujours pleius d'eau.
Lrs honnncs doivent ôtre pourvus de cartouchières eu toile suspendues un cou (ditrs cartoncliioros «le la Ti<'jçion).
H no doit y avoir qu'un homme par compagnie aux bagages.
Les sacs doivent rester faits de jour et do nuit ; et les hommes ne doivent pas se dëchausser la nuit.
On ne met ])as sac à terre pour attaquer les hauteurs.
On ne détache rpie des escouades en Hanc-gardes.
Lo 2 février, Toixlre est donné à une compagnie du halaillou d'Afrique et aux Tonkinois de se mettre en route au lever de la lune et d'occuper le col de Déo-Van, de nianirro à faciliter la marche ultérieure de la 1" brigade.
Le 3, le 2" halaillou (i" étranger) est à l'avant-gaixle, il (iét.iclie deux compagnies sur le flanc gauche ; la 3" compagnie et le 3" bataillon (2" étranger) vont occuper le col avec deux batteries d'artillerie.
A 11 heures et demie du matin, la l'* brigade n'ayant pas paru, le général donne l'ordre au 3* bataillon d'aller oc( uper lo village de Cao-niat, situé à l'extrémité d'un di'tib* (lo 14 kilomètres de longueur. Les pontes de ce défilé sont abruptes, les pics très élevés et les sentiers sont à peine Irac es et plus praticables aux chèvres qu'aux hommes. La colonne suit les deux bataillons étrangers.
A 5 heures et demie du soir, les 2 bataillons s'installent au delà du village et y trouvent des approvision-
454 LA I.K(ilON KTUAN4;kni£.
nemenls de riz et des munilions aliaiidoiinéâ par Toniieini.
Le 4, le 2** bataillon est rejoint par la 4' coiiipagiiio qui jusqu'alors occupait le fort de Nui-I3op, eu amont de Chu.
Les ordres du général sont les suivants :
On manœuvrera par la droite pour rejeter rennenii vers Touest; le 3*" rùgimont de marche est chargé de cette mission et opérera sur les hauteurs. Le 2* bataillon (/'* étranger) déUichera deux coni|>agnies comme soutien de l'artillerie ; les )i autres comiKignies de te lmt;iillon et le 3^ liataillon {^2* étranger) s'avanceront par le fond de la vallée en se réglant sur la marche de Taile di*oite.
La colonne qui suit le fond de la vallée a de grandes difllcultés à surmonter, les croupes arrivent jusqu'au tlialweg et sont coupées à pic ; mais le 3' régiment rencontre sur sa route des obstacles encore plus grands.
Le point dominant de la position est le fort de Thaï- Ho-lla, bâti sur une immense croupe et précédé d'un paliiM* en coiilre-has dt; 2:V> mètres. L'artillerie. eaiioiuM? celte position siins succès. Li.'s 2 compagnifb du 2** Uitaillon, le 3'' bataillon et la i'" conqKignie du l»ataillun d'Afrique reroivenl Tordre diî l'enlever.
A 2 heures et demi(ï, les compagnies desceudiMit dans le nivin avec (le grandes dillirultés, Iranchissent le ruisseau qui coule dans le fond de la vallée et commencent l'ascension qui est longue et pénible.
A 4 heures un quart, la coni|)agnie de tête arrive au dernier palier, à 2îÀ) mètres du sommet.
lilUe est accueillie ()ar une vive fusillade i|ui pin» en même temps du fort, d'une tranchée qui le convro et d*un ouvrage llanquant silué à «UK) mètres de l'éperon. La 1'* conq)iignie du 3' bataillon éprouve de suite ties perles sensibles, mais le mouvement en avant n*en continue i»as moins; la *t* coiupagnitî du 3*" baUillon fait un crocheta gauche et fait ses préparatifs pour réi)0ndre au feu do l'ouvrage qui prend notre ligne en flanc.
Les 200 mètres qui restent à parcourir pour «irriver «iu fort soûl rapidement francliis. Les Chinois abandonnent la tranchée, quelques-uns se jettent dans le fort qui est abordé à 4 heures 40 minutes. Un combat corps à coips se livre; l'ennemi en fuite est poursuivi par les feux de salv(î du iV ])ataiUon qui se porte ensuite vers le nord. L'artilleiie vient rejoindre le bataillon au fort, elle y bivouaque.
La4'' compagnie du 2** bataillon reçoit Tordre du général de K'rlcvorà ^^aucbe i5ur les crêtes qui longent la rivière et (jui sont occupées ptir les forts ennemis. A 3 heures et demie, eHe refoule les avant-postes chinois ; ils se replient sur un petit fort d'où on les chasse rapidement. Le sous-lientenant Ruspoli s*y instnlle et prépare par des feux de salve la marche ultérieure de la compagnie : il y est blessé mortellement.
Vers 4 heures et demie, deux compagnies de tirailleurs viennent soutenir la 4" compagnie du 2* bataillon qui se heurte à un nouveau fort. L^UUique est tentée, le capitaine Gravereau est tué sur le rempart même. Quatre fois les Chinois repoussent notre attaque ; à 8 heures et demie du soir, le lieutenant Lacroix est blessé et passe le commandement (le la compagnie à Tadjudant Molliard ; enfin, à î) iieures du soir, Tennemi évacue le terrain. Les pertes du 2" bataillon (/'' étranger) dans cette journée sont : 2 officiers et 4 soldats tués ; un oilicier et 12 soldats blessés; le ))* bataillon a 1 tué et 45 hommes blessés.
Les fortifications des Chinois construites sur des hauteurs escarpées présentent génémlemenl un angle mort très grand, de sorte que le danger ne devient sérieux pour rassaillaiit (|iie lors(|u'il aniv(! près du sommi?t occupé par l(î fort. Celui-ci se compose d'un fossé en cercle précédé d'aiiatis et de palissades en bambou à travers lesquelbs tirent les défenseurs. Aussitôt qu'ils le peuvent, ils casematfMit les forts et y construisent des abris solides. Cha({iie soldat chinois ne porte qu'une musette dans
456 LA LÊC.IOxN ÉinANG^ÎIlB.
laquelle fb trouve ime honle de riz qui lui suffit peudant pluBÎeui-s jours, mais en revanche il a souvent deux oulil> ; une pelle et une pioche pendues à la ceinture. Ainsi que nous l'avons déjà constaté, ce Font de grands reniueurs de terre, de vrais soldats du génie.
Le 5 février, les deux haUiillons étrangers se sont p.i8 engagés et campent sur les forts conquis.
Le 6, la brigade doit atteindre Dong-Song. Dès le matin, les 2 bataillons étrangers soûl formés à la dmite de la route et complètent leurs munitions.
Le 2* bataillon ronconlre l'ennemi h, \l heures et se trouve sous le feu d'im grand ouvrage qui baiTe la route. La !'• compagnie l'altaqu»; de front et se porte de position en position; le sous-lieutenant de la Londe est blessé. La 2* compagnie est portée à gauche avec un peloton du bataillon d'Afrique; elle attaque un fort qui est pris sans pertes ; la 3* compagnie s'élève sur les hauteurs de gnuche et aide l'autre peloton de la compagnie du bataillon d'Afrique à enlever un fortin ; puis elle se porte au secours de lai "compagnie qui est fortemc ut engagée devant le grand ouvrage qui baiTe la route. Ces trois compagnies ont 19 blessés dont un officier. Le bataillon se ravitaille en cartouches et vient cantonner dans Dong-Song à 5 heures et demie.
Le 3' batiiillon (2* éiranger) a laissé une compagnie de garde à l'artillerie ; une autre est placée on ilanc-garde par le chef d'état-mnjor, les doux autres compagnies se portent à la droite des troupes attaquantes et s'élèvent successivement vers les fortins en menaçant la ligne de reimite de l'ennemi. Elles aident le bataillon d'Afrique à enlever un fort que l'ennemi abandonne, ainsi que la tranchée qui le couvre. A 5 heures et doniie du soir, ces deux compagnies débouchent sur la roule de Lang-Sonetvont bivouaquer dans Dong-Song où elles arrivent h 9 heures du soir; elles n'ont que deux hommos blessés.
Les 7 et 8 février, les 2 bataillons étrangers font séjour à Dong-Song et s'y ravitaillent.
Le 3" l)atailloii se porte au col de Deo-Quan qui fait commuuiquer Doiig-Song avec la roule mandarine. Sur cette roule, vers Bac-Lé, on aperçoit des drapeaux de diverses couleurs et des cavaliers qui se replient sur Lang- Soii.
Le 9, 2 compagnies du 3* bataillon formant les avantpostes de ce côté sont attaquées par de forts détachements eniioinis. Ces avant-postes sont dans une position cissez défavorable : nn bois est à 400 mètres de la droite de la 4** compagnie et permet de l'envelopper complètement. Los (Chinois occupent le bois et tiraillent contre les grand'ganlcs juscpiVi 2 heures. Les deux autres compagnies du bataillon et une section d'artillerie sont envoyées pour repousser leur attaque qui a lieu quand même sur la droite de la 4'' compagnie : il faut charger à la baïonnette pour les rejeter dans le bois.
I/arrivée des renforts permet de les repousser déQnilivement ; le bataillon a 1 homme tué et 5 blessés.
Cette attaque de rennemi avait pour hut de m.isquer la mn relie en retraite de ses convois de vivres et de munitions sur Lang-Son.
Les jours suivants, les 2 bataillons sontàTarrière-garde et oscorlent les convois.
i^e 11, ils sont employés comme soutien de rartillerio, qui, (le position en position, refoule peu à peu les masses chinoises ; la 1" compagnie du 2' bataillon dégage par ses feux une batterie qui est gênée parle tir de Tennemi. Elle a 2 blessés.
Les balaillons bivouaquent successivement à Bac-Boan et à Pho-Vi.
Le 12, le 3* bataillon est î\ Tarrière-ganle, il a mission (le proléger le convoi groupé autour de Pho-Vi et de préparer des caguias pour installer au besoin Tainbulance de la brigade. Le 2' bataillon est en tête de la brigade. Le brouillîird est intense, une pluie flne tombe pendant toute la nuit et la matinée du lendemain. A 9 heures du maliUi
458 LA LÉO ION KTIlANGKnK.
la colonne se met en marche. Deux compagnies du 2" balaillon bont désignées pour aller relever 2 compagnies de tirailleurs de la 1'* brigade en flanc-garde sur la gauche ; elles ont 2 blessés; les deux autres compagnies continuent leur marche en avant avec la colonne, et vers midi elles sont commandées pour enlever une position que Tennemi occupe sur notre droite ; les compagnies ont 2 blessés.
A 7 heures et demie du soir, ces 2 compagnies vont cantonner au village de Bac-Viay, les deux autres compagnies qui étaient détachées en ilanc-garde les rejoignent à 8 heures du soir.
Le 13, le 2' bataillon est en teie de la 2^ brigade et va cantonner dans la citadelle de Lang-Son, qui a été évacuée par les Chinois à rapproche des colonnes.
Le 3* bataillon a 2 compagnies à l'escorte du convoi qui a 11 kilomètres de longueur; la tête du convoi part à 1 heure et demie du soir, et ce n'est qu'à 10 heures et demie que les derniers coolies arrivent à Lang-Son ; le temps est obscur et humide; le chemin est boueux et U*ès diilicile.
Une compagnie du 3" bataillon est laissée à Pho-Yi à la garde de l'ambulance ; une autre escorte la batterie de 4 de marine qui ne peut arriver et qui bivouaque en avant de Pho-Vi. Celte compagnie et la batt(U*io n'arrivent à Lang-Son que le 10 lévrier.
Ce jour-là, la V* brigade commandée par le général Giovanninelli quitte Lang-Son et se dirige par la route mandarine sur Thuyen-Quan, qui est assiégé par les Chinois depuis les pi'emiers jours de janvier.
Les 2 bataillons (2'' ai 3') sont cantonnés dans la citadelle de Lan^-Son ; puis le 2^ va s'installer au faubourg de Kilua.
A dater du IG février, les troupes touchent, deux jours sur trois, la ration substituée qui se compose de: viande 275 à 300 granunes ; riz 1 kilogr., sel 4G grammes et tafia 8, 10 ou 12 grammes suivant les ressources.
L'(Min(Miii, qiioiqiKî (irînioi*;ilis('î p.ir les dof.iitos qu'il a subies les jours précédents, a hien évacué Lang-Sou, mais n'a pas abandonné le territoire du Tonkin, il est concentré en masses considérabbîs à Donjj-Dang, à 17 kilomètres au nord do Lang-Son.
Le 22 février, les troupes touchent 6 jours de vivres, elles quittent Lang-Son le 23 et marchent sur Dong-Dang où les Cbinois se fortiflent. Ils n'ont pas construit moins de 10 ouvrages ; mais les G premiers, placés sur la route de Lang-Son, ne sont pas occupés.
L<î 2* baUiillon est à l'avant-garde, avec une compagnie <b; tiraill(;urs tonkinois (ît uik; batterie crartillerie.
Le i)" bataillon est en tête du gros de la colonne.
On laisseà Lang-Son comme garnison les malingres d'î cba(jue compagnie, organisés en sections dites de forteresse.
A 10 heures du matin, la 2* compagnie qui est en lôte d'avant-garde rencontre l'ennemi qui occupe les hauteurs situées à droite du chemin.
I<illn 80 déploie en tirailleurs et se trouve de suite fortemont engagée. Pour aborder une hauteur occupée par l'onnemi, elle doit desrendre un ravin presque à pic, et gravir le revers opposé sous le fou des tirailleurs chinois. Les perles sont assez fortes : le capitaine Bérard est grièvement blessé.
La 4' compagnie du 2" bataillon vient de se former à la gauche do la compagnie déjà engagée pendant qu'à sa droites se déploie la IV compagnie du 3* bataillon. Toutes trois nMloul)lent d'efforts et parviennent à faire replier les Cbinois sur leur 2' ligno, puis elles continuent leur moiiv<»nMînt ou avant.
La 4'* compagnie du 2* bataillon est dirigée par le général do Nô.t,Micr, sur la route pour soutenir les tirailleurs tonkinois et entre avec eux dans le village de Dong- Dang, pour éteindre l'incendie allumé par les Chinois.
La l"' compagnie du 2* bataillon dégage avec ses feu.x
460 LA LKCiION t^rrilANOKIlE.
une balterio d'artillorio qui est enfilée pnr les feux de l'ennemi ; elle trouve un fort abandonné par ses défenseurs et aiTive près de Dong-Dang.
Deux compagnies du 3* bataillon sont en réserve et appuient le mouvement de la P* ligne.
La 4* compagnie de ce bataillon opère sur la droite un mouvement tournant. ICUo arrive à banteur do Textrôme gaucbe des Cbinois et exécute des feux à longue portée. Mais voyant Tennemi essayer de déborder notre droite, elle se bAte de se porter sur une hauteur, d'où elle peut empocher le mouvement de ra<lvcrsaire. Cehii-ci voyant sa droite en déroute se replie; la compagnie rejoint le gros de la colonne.
Dans cetle journée le 2^ batnillon a un officier et 14 bonimes blessés , le 3*" bataillon 5 tués et 9 blessés, tous à la 2* compagnie quia attaqué Tennemi de front. Dong-Dang a été évacué par les Chinois. Le 2' bataillon y laisse 2 compagnies, pour observer le terrain vers le nord-ouest, dans la direction de That-Ké, puis va camper avec le S** bataillon au hameau de Cua-Aï, tout près de la porte de Chine, entre les deux hauteurs qui bordent la vallée.
La frontière chinoise est délimitée par une muraille qui est percée d'une porte défendue par deux forts <*onslruit8 sur le sommet des hauteurs environnantes.
Le 2* batiiillon occupe Doug-Daug jusqu'au 7 mars, puis il forme Tavant-gardo de la brigade (1(5 Négrier qui, après avoir détruit les munitions trouvées dans les forts, fait sauter la porte de Chine et se replie sur Lang-Son.
A cette date, les bataillons apprennent le dédoublement de la Légion étrangère et la formation des deux régiments étrangei*s. Ils continuent à faire partie de la même brigade.