CHAPITRE IV
LES 3 nATAILLONS DES RÉGIMENTS ÉTRANGERS AU TONKIN {suUe)j ANNÉE 1885.
liecoTuiîiissaiice du camn chinois de Bing-Thuaiig par le 3« bulaillon.
— li'nuiomi osl sigimlé m j^nindis nmssos prrs <lo la juïrle do Cliinc. — La l)riga»le alUicfue 5 loris qui dclendcul le camp de Bang-Bû. — Prise dos forls n" l ri 2. — Éclicc de la brigadr». — Bplrailf d»* la brigadr. — ('nTilinnnLinn dn la rflrailo sur Lan^-Son.
— Alla'pn; de Lang-Sou par l«;s (Chinois. — Le géuôral de N«igrler bl«'«s«' muni le couuuandcuieul au lieulenanl-colonel llcrbinger. — C»*lui-ri décide la relrailo en deux colonnes. — Lnng-Son esl évacué. — Arrivée des l balaillons étrangers à Dong-Dang. — Nouvelle allarpie dos Chinois. -- Arrivée à Clui. — Signulure des prtdiminniros de la poix. — Le 2« bataillon occupa Chu et Mi-Cau. — Opérations ronlre los pirates. — Choléra et dyssenlerie. — Le 3« i)a- Inillou oecupe Thaï-Nguyen. - Opéra lions du l»' balaillon du côlô de Phu-Lau'î-Tlniong. — Perles subies par suit^ du choléra — Or- (^aiiisalinii d'une S'M-iiou auxiliaire du ^êiiie. - Chasse aux pirates.
— Organisation des coloiuies pour ces opéralious.
Le 7 mars 1885, le 3' balaillon (2* étranger) quille ses canloniiemeiils de Ki-Lua el vienl relever à Laug-Son le 2" balaillon (/•' étranger). Il pousse ensuite une reconnaissance vers le camp chinois, installé à Bing-Thuonget y remarque des ouvrages en terre nouvellement construits et forlemenl occupés.
L'ennemi en grandes masses esta 8 kilomètres des troupes fraiiraises, il peut arriver par plusieurs directions, aussi le 6(Mvice d(j grand'garde esl-il très chargé, le 3* bataillon ruHlo (hins C(*tl(; situation jusqu'au J7 mars, les homint^s reroivrnt la ration substituée tons les deiLx jours.
Los Chinois ont formé un petit corps de cavalerie qui vient faire des reconnaissances jusqu'à nos avant-postes. On signale de forts rassomblemenls de troupes chinoises dans deux directions différentes; leurs espions, hommes cl femmes, sont arréléi près de nos lignes, les bruits les
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plus conlradictoirrs circiileiU dans les camps, un se seul vaguement à la veille de graves événements.
Le 17, à 7 heures 20 min. du malin, la hrigatlepnïnd les armes elsiulirigesnrDong-Dan;;, un (dlearriveà 1 1 lienres; elle l'ontinne sii marche vers hi porte de («liine et nnitre le soir à Dong-Dang; dans cette marche un a reconnu le cump retranché de liing-Tliuong et les positions de Hang- Bô.
Le lendemain 18, la hrigade rentre à I^uig-Son. Le 3' bataillon est employa aux travaux de fortilications et le 2* bataillon est dirigé sur Cut pour travailler à la i*onte, mais il n'y reste qu'un jour, il revient à Lang-Son et escorte le parc d'artillerie jusqu'à Dong-Dang.
fie 22 mars à f) heures du matin, hïs truu|HYS qui (Mtcupeut Ki-Lua entendent distinctement la fusillade dans la direction du nord ; ce sont les Chinois qui attaquent les avant-postes depuis 2 heures du matin. On est prêt à toute éventualité, les hommes ont toujoui*s leurs G jours do vivres d'avance, et touchent clnuiue jour la ration du lendemain.
Les Chinois sont sii^nalés dans trois directions différentes : à l'est vers l)ang-Dô; au nord-ouest vers Tliat-Ké et au sud-est, où ils oui rorniê un camp très considérable. Chaque jour ils d(^vienm*nt plus pressants, et menacent de nous enserrer dans un cercle de Jeu. 11 faut donc, pour ne pas étrtî écrabtS entre ces trois mabbcs ennemieh, prendre l'offensive, cherchera lesbatti*een détail; euAn se ilonner de l'air.
A 3 heures, la brigade se met en route; le 3' bataillon est en tête du gros de la colonne, le 2' va bivouaquer en avant de Dong-Dang.
Le 2.*i mars, le 2^ hataillun se masse de bonne heure derrière la porte de Chine et reeoit l'onlre à 11 heures d'aller occuper une monlagnii boisée, coumunée [uiv le fort n* 1. A mi-cote, se trouve mi Tortin que l'un suppose inuccu|é.
AU TONKIN ET A KOllMOSK. 4G3
Le fortin, qui est au contrairo garni de troupes, accueille le bataillon par un feu très violent.
On met sac à terre et on se porte en avant à la baïonnette. I/t»nnerni tente nn retoin* ollonsif qui est repoussé par 2 compagnies. A 2 lieures, le fort n® 1 est enlevé et occupé, Tennemi est en retraite.
Le bataillon reçoit alors Tordre d'appuyer Taltaque du fort n** 2 qui est ( onliéo au bataillon du 143'; le fort enlevé, il bivouaque sur les empl.acenients qu'il occupe, une compagnie est de garde au fort n" 1 où se trouve le général .
Pendant ces opérations, le 3** bataillon fait une démonstration vers Test pour repousser bs Cbinois qui tentent nne attaque sur notre ilanc droit, mais Tennemi se retire.
Le 2*" bataillon a 14 blessés dans cette journée. Le lendemain 24, au matin, le silence règne sur tout le champ do bataille; tout le monde est sur pied.
A 9 heures, le brouillard se lève et quelques coups de feu se font entendre.
Il s'agit aujourd'hui de continuer la besogne commencée la veille, c'est-à-dire, d'enlever les forts qui défendent le camp retranché de Bang-Bô.
Le 143'' est chargé d'enlever le fort n" 3. Le 2* bataillon occupe le fort n^ 2 abandonné. Le chef de bataillon reçoit une section d'artillerie pour préparer l'attaque du fort n** 3, cette attaque a lieu à 3 heures.
La 1'*" compagnie du 2* bataillon déborde l'ennemi à droite, mais en arrivant elle est fusillée de firent et de flanc, son capitaine, M. Cotter, est tué.
fies compagnies du H;)' kc replient.
f^a r* compagnie du 2' bataillon a ordre de soutenir la retraite pour proléger l'évacualion des blessés, les 3 autres compagnies sont placées à l'aile droite de la brigade et repoussent toutes les tentatives des Chinois.
f^e S'" bataillon forme la réserve générale, il envoie sa
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2* compagnie sur le chemin qui mène au camp chinois * situé sur notre droite et occupe avec les 3 autres compagnies les forts situés à droite et à gauche de la porto de Chine. Ces compagnies sont rejointes par les ronlorts destinés au 2* bataillon qui arrivent à marches forcées de Kep et sont pirtis de Cut le matin.
L'attaque de la brigade a échoué ; la retraite commence. Pour la protéger, la 3" compagnie du 2^ bataillon va occuper un mamelon a droite de la route, tandis que la 4*" compagnie du môme bataillon est envoyée sur la roule. Ces compagnies éprouvent des pertes sérieuses. Les lieutenants Durillon et Comignan sont blessés.
Pour assurer la retraite, le général appelle la 3^ et la 4' compagnie duS** bat;iillon qui s'établissent sur la gauche de la route allant de la porte de Chine à Bang-Bô et se relient par la droite à la 4*' compagnie du 2^ bataillon. Pai* suite du mouvement débordant des ChiuoiSi ces 2 compagnies sont complètement déployées en tiraillem^s: les renforts destinés au "2*" balaillon sont employés à renforcer la ligne elà boucheries intervalles qui se produisent par suite des pertes. Pendant 2 heures, ces compagnies luttent éuergiquement avec des alternatives de revers et de succès.
A 4 heures et dcmiiî, les f(»nx ronvergenls do rennomi deviennent écrasants, le seul moyen de parer au danger qui devient inimincnt, c'est de charger à la baïonnette.
Au moment où l'attaque commence, le capitaine Drunot do la 3' compagnie du 3' bataillon est blessé mortellement.
Les légionnaires s'élancent en criant : A la baïonnette ! et font reculer les Chinois, mais ce n'est qu'un succès passager, leurs réserves descendent en courant des hauteurs où elles étaient massées^ à la droite des deux compagnies, le centre et la droite de la ligne française battent