‹ La Légion étrangère en Espagne, 1835-1839Chapitre 12 sur 106 · L*APOGÉE DE LA DIVISION AUXILIAIRE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L*APOGÉE DE LA DIVISION AUXILIAIRE FRANÇAISE

Après quelques alertes sans conséquences sur la ligne du nord, Bemelle reçut à nouveau, le 9 juillet, Tavis que les Carlistes avaient l'intention de bloquer Puenle-la-Reyna, au sud de Pampelune. Une première expédition de ce côté n'eut pas de résultats. Une seconde ne fut guère plus importante : Bemelle coucha, le 17, à Puente-la-Reyna avec les six bataillons de la légion, l'artillerie et la cavalerie ; le 18, il se dirigea au sud vers Larraga ; puis, se rabattant dans la direction d'Estella, rejoignit à Oteyza la division de la Ribera ; le 19, les troupes de la Reine et les Carlistes se trouvèrent en présence, sans engager d'action plus sérieuse qu'une fusillade entre leurs tirailleurs. Bemelle regagna ses cantonnements près de Pampelune (1).

A la fin de juillet, alors que Bemelle se disposait à menacer Estella et Los Arcos, ce fut vers le nord que se produisit une nouvelle attaque des Carlistes, contre les points fortifiés situés entre Zubiri et Viscarret. Bernelle se porta en hâte vers Zul^i le 30 juillet, avec ses troupes françaises et espagnoles ; le 1" août, il mit les Carlistes en fuite et les rejeta sur les pics inaccessibles situés derrière Saigos. Celle action eut de grands résultats, en ce qu'elle amena, non seulement la dispersion des 16 bataillons carlistes qui avaient pris part à Taflaire, mais encore la déconsidération de Villareal qui les commandait. Les Carlistes avaient perdu, suivant Bernelle, 1.000 à 1.200 hommes tués, blessés, prisonniers ou déserteurs ; l'armée de la Reine n'avait eu que 20 morts et 90 blessés; mais parmi les morts se trouvaient le capitaine adjudantmajor Borzewski, des lanciers polonais, et un commandant des tiradores d'Isabelle II (2).

A la suite de cette affaire, Bernelle adressa aux troupes un ordre du jour de félicitations dans lequel il leur disait : « Soldats, je ressens un noble orgueil de me voir à la tête de troupes dont la valeur et la discipline sont au-dessus de tous éloges, et j'éprouve une bien vive satisfaction d'avoir de si nombreux et de si justes motifs pour le déclarer hautement...

(1) Rapport de Bernelle, de Pampelune, 6 août 1836. A. E. G., Aff. d'Esp., carton 44 (original).

(2) Ibid. — Bemelle écrit le commandant Toyo dans son rapport ; dans son volume, il orthographie lee deux noms : Borjewski et Hoyos (p. 355).

La cavalerie espagnole et polonaise s'est couverte de gloire en offrant à Tannée le spectacle d'une charge sur une position ardue (1). >>

La légion se trouvait donc, au début du mois d'août, dans une situation militaire particulièrement brillante, et la joie qu'elle éprouvait de son dernier succès se trouvait accrue par une excellente nouvelle : la France lui préparait l'envoi d'un renfort qui devait se monter à près de 6.000 hommes, en organisant à Pau la nouvelh légion étrangère.

(1) Ordre du jour du corps d'opérations de Navarre, de Zubiri, 2 aoûfe 1836.^. H. G., AS, d'Esp., carton 46, liasse 1, pièce 111 (traduction signée par Bernelle).

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