LE DÉPART DE BERNELLE
Sommaire. — Les causes de la démission de Bernelle. — Un ordre da jour instituant les coups de bâton comme moyen de répression contre lee légionnaires coupables. — Punitions sévères infligées aux officiers. — Haines soulevées par ces mesures^ presque nécessaires cependant pour le maintien de la discipline.
Impopularité de Mme Bernelle. — Le général dominé par sa femme.
— (( Isabelle III, reine de la légion ». — Les moqueries des légionnaires. — Quelques anecdotes. — Mme Bernelle et Conrad.
Les légionnaires licenciés desservent Bernelle auprès d'Harispe. — La correspondance relative au lieutenant-colonel Josse : Bernelle défend les intérêts de ses officiers. — Mécontentement d'Harispe; sa rancune contre Bernelle. — Bernelle expose au Ministre de la guerre à Paris ses griefs contre le gouvernement français. — Il écrit une lettre peu diplomatique à Tambassadeur d'Espag^ne à Paris. — Le remplacement de Bernelle est décidé.
Lebeau choisi comme successeur de Bernelle. — Manifestations des officiers de la légion partisans de Bernelle. — Les pressentiments du général sur la destinée future de la légion. — La dignité de sa conduite.
— Accusations odieuses portées contre lui par ses ennemis : sa justification. — Son départ fut regrettable à tous les points de vue.
Bernelle ne devait pas profiter des renforts qu'il avait si ardemment désirés et si impatiemment attendus. Au moment même où la nouvelle légion étrangère lui envoyait un bataillon, il faisait accepter sa démission par le gouvernement espagnol et par le gouvernement français.
Cette démission était due à la fois aux maladresses de Bernelle et aux intrigues de ses ennemis.
Bernelle aimait beaucoup ses soldats, mais il s'était montré extrêmement dur avec eux. Dès le 23 août 1835, il leur avait adressé un ordre du jour par lequel il mettait en usage comme punition les coups de bâton, et qui était rédigé dans les termes suivants :
« Article premier. — Ainsi que cela est prescrit par 1c code pénal de Tarmée espagnole, dans laquelle la légion se