LE DÉPART DE BEENELLE
)uve incorporée, tout soldat qui par récidive se sera adonné l'ivresse de manière à occasionner du scandale et à ne plus uvoir faire son service et suivre sa compagnie dans ses arches, pourra recevoir de 25 à 50 coups de bûlon sur les ;ses, sur la demande régulière du commandant de la comgnie portée au rapport journalier.
» Article II. — La punition des coups de bâton ne pourra e prononcée que par le chef du corps après avoir reçu vis du chef de bataillon et du lieutenant-colonel. » Article III. — Tout soldat d'élite qui se sera mis dans le s de recevoir la correction des coups de bâton sera préalaîment dégradé et fait fusilier dans une compagnie du [lire (1). »
Bernelle se montrait plus dur encore à l'égard des officiers 'à l'égard des soldats ; le 18 novembre, il décidait de rayer s contrôles de la légion le capitaine Simonin et de le faire conduire jusqu'à la frontière française (2) ; le 26 février, infligeait un mois de prison dans un fort de Pampelune capitaine Picot de Moras, pour s'être porté à des voies de il sur un sous-officier devant la troupe (3) ; le 29 avril, il ndamnait à deux mois de prison dans un fort le sous-lieulant Grosglod qui s'était enivré aux avant-postes près de ibiri, et avait frappé des soldats (4).
Toutes ces mesures peuvent paraître excessives, surtout ; coups de bâton distribués aux soldats, si Ton ne se rend s compte de la situation particulière dans laquelle se trouil la légion et de la composition de son effectif. Elles suscitent contre Bernelle des haines nombreuses, sans cependant e ces haines se trahissent par des actes d'insubordination. Ortasini, qui reconnaît que les coups de bâton « sont plus 'une horreur dans un corps français », ajoute avec iulgence : « Il paraît admirable qu'une telle mesure ait pu 'e exécutée sans avoir de suites fâcheuses pour les chefs,
1) Ordro du jour du 23 août 1836. A. A. G, y dossier Bernelle.
2) Ordre du jour de Bernelle, du 9 janvier 1836. A, A, 6?., dossier Berlle.
3) Ordre du jorur de Bernelle, dû 26 février 1836. A, A. G., dossier Berlle.
4) Ordre du jour de Bernelle, du 29 avril 1836. A. A. G., dossier Berile.
dans un pays où les révoltes et l'indiscipline étaient choses fréquentes et presque habituelles, et où la séduction eût pu facilement exalter les têtes, si les mesures n'eussent pas élé si bien calculées (1) ». L'ancien officier christino laisse même entendre que la rigueur employée vis-à-vis des légionnaires pouvait avoir de bons effets : « Bernelle, écrit-il, sans s'arrêter aux règlements qui, dans les circonstances ordinaires, établissent la supériorité de l'armée française et sont regardés comme plus convenables, décidait selon son esprit, cassait les conseils de guerre s'ils lui paraissaient trop faibles, ou plutôt il dictait d'avance les jugements. On fusillait pour des fautes qui, en tout autre temps, eussent semblé très légères, mais que la position de la légion en Espagne changeait en crimes. C'est pour cela que, dans les annales de l'histoire de ce pays, la discipline de Bernelle sera toujours regardée comme unique dans son genre, et l'excuse de ces rigueurs est d'autant plus juste que le gouvernement espagnol annihilait, par sa lâcheté, de semblables avantages (2). »
Quelque utile que pût être, au point de vue de l'intérêt général et du maintien de la discipline, la sévérité de Bernelle, elle n'en indisposait pas moins contre lui les militaires de la légion.
Bernelle lui-même n'avait cependant pas soulevé autant de haines que sa femme. Une lettre écrite par un officier espagnol au général Cordova donne à ce sujet des détails curieux : « Il n'est personne, disait-il, qui ne murmure contre celte dame; le soldat, l'officier, le Français, l'étranger, les amis, les indifférents, tous, sans exception, la détestent et la maudissent. Sans doute il y a de l'exagération, comme il arrive toujoui*s dans des circonstances semblables ; mais on ne peut nier que sa présence au corps sera une des causes prochaines de la perle de cette légion (3). »
La trace des dissentiments qui furent amenés par la présence de M°* Bernelle se retrouve d'ailleurs chez tous les historiens qui ont appartenu à la légion ou qui ont pu voir
(1) Guido d'Ortasini, VEspagne constitutiormclle , p. 319.
(2) Ihid,
(3) Lettre de M. L. au général Cordova, de Villaba, 14 juiUet 18S6. A. H. 6?., Aff. d'Esp.. carton 17 (traduction jointe à la lettre d'Harispe au Ministre, du 26 juillet 1836).