‹ La Légion étrangère en Espagne, 1835-1839Chapitre 25 sur 106 · LA RÉVOLUTION DE PAMPELUNE · texte numérisé non relu

LA RÉVOLUTION DE PAMPELUNE

SoMMAiBB. — Le lieutcnant-oolonel Gros d'Avenas, chef intérimaire de la légion; son manque d'autorité. — Situation numérique de la légion. — L'infanterie réduite à un bataillon. — La batterie d'artillerie; la section de Reilk. — Les lanciers polonais devenus corps espagnol; le colonel Kraiewski. — La destinée de l'infanterie; le lioutenantKX>îonel de Senilhes. — Une lettre collective des officiers le 8 août 1837. — Les causes du mécontentement à la légion. — Iixégularité àea divers services. — Une lettre de Senilhes : Ja situation à Pampelune au milieu d'août. -T- Les désertions ; une lettre de Basai ne. — Le lieutenant-colonel Ferrary chef de la légion. — Sa carrière et ses qualités. — Son arrivée dans la deuxième quinzaine d'août.

Agitation des libéraux avancés à Pampelune. — La révolution militaire du 25 août. — Réunirai des autorités de la ville. — Les sou&K>fficiers espagnols. — Assassinat du général Sarsfield et du colonel de Mendivil. — Attitude de Ferrary. — La légion à Villaba est chargée de la protection contre les Carlistes. — La junte insurrectionnelle de Navarre. — Réserve de Ferrary. — Instructions du général Harispe. — Mécontentement du parti exalté. — Agression contre deux officiers de la légion : mort du sous-lieutenant Bravard. — Concentration de la légion à Villaba et Huarte.

Après la mort de Conrad, le lieutenanl-coloneî Gros d'Avenas avait pris le commandement de la légion; il n'était ni assez énergique ni assez influent pour reconstituer le corps placé sous ses ordres et il le sentait si bien qu'il avait demandé à rentrer en France. Senilhes écrivait au Ministre que cet officier supérieur était un honnête homme, un brave militaire, mais sans ascendant sur sa troupe; il était d'avis que, si le gouvernement n'avait pas Tintention de modifier la malheureuse situation de la légion, il devait du moins lui envoyer un chef ayant de fautorité et inspirant confiance. Aussi engageait-il le Ministre à accepter au plus tôt la démission offerte par Gros d'Avenas (1). D'Ortasini, qui

(1) Senilhes au Ministre, de Pampelune, 25 juillet 1837, pièce nP 72.

TLA LEGIOX ÉTRANGÈRE EN ESPAGNE

crit toujours les officiers de la légion en termes colorés, t de lui qu'il était « doué d'autant de bravoure que de ng-froid, mais mesquin par son extérieur, et incapable de riger Tadministration (1) ».

Avec un chef aussi peu entraînant, la légion ne pouvait prendre son ancienne vigueur. La situation numérique du rps montrait d'ailleurs sa déchéance; au P' juillet, le !•" taillon seul avait un effectif comprenant 24 officiers et ue illier d'hommes ; les autres avaient été réformés et ne mptaient plus que pour mémoire sur les états (2) ; seuls > corps auxiliaires, c'est-à-dire la batterie d'artillerie e1 ) deux escadrons de lanciers, avaient encore des cadres el aient restés avec le général Oraa.

La batterie d'artillerie, qui était en bon état et pourvue

munitions, fut attachée à l'armée du Nord, tout en con [•vant des rapports directs avec la légion ; elle priUpart auî •érations dirigées par les généraux Escalera et Espartero le de ses sections fut tout d'abord détachée à l'armée di idi sous les ordres de Reilk et remporta à la bataille de â un brillant succès que le baron de Meer se plut à recon ître; cette section ne rejoignit plus tard la batterie que r l'ordre réitéré du comte de Luchana.

Quant aux lanciers polonais, ils se détachèrent à peu prèî mplètement de la légion pour constituer un corps espa ol. Le colonel Kraiewski, qui les commandait, demanda

gouvernement de Madrid de les considérer comme unité dée, et il obtint leur affectation à l'armée du Nord. Ils ûent d'une bravoure que tous les partis ont su reconnaître, isqu'un officier carliste a écrit dans ses Mémoires : « J'ai

un de leurs escadrons charger nos fantassins jusque r des rochers où les piétons avaient peine à se tenir, el, and leurs chevaux manquaient de pied, ils sautaient en s de la selle et combattaient ainsi, la lance à la main, sans 3oir de vaincre, mais jusqu'à la mort (3). » Le comte de ichana fut d'autant plus heureux de recevoir ce renfort e le manque de cavalerie se faisait vivement sentir à l'arîe du Nord; il les prit comme escorte.

L) Gnido d^Ortasini, VEspagne constitutionnelle, p. 343.

2) Situation de la légion au 1«' juillet 1837, pièce n^ 70.

î) A. T., Campagnes et Aventures d'un volontaire royaliste, p. 114.

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