‹ La Légion étrangère en Espagne, 1835-1839Chapitre 32 sur 106 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Les documents contemporains relatifs à la légion sont en grande partie extraits des Archives du ministère de la guerre. Quelques-uns sont tirés des Archives du ministère des affaires étrangères, d'autres des Archives du général comte de Noue et de celles du lieutenant-colonel Chéré. Un certain noriibre ont été copiés par l'auteur aux Archives militaires espagnoles de Ségovie.

Aucune modification n'a été apportée aux originaux. Cependant, lorsque nul doute ne subsiste sur l'identification des noms propres, leur orthographe a été rétablie. Celle adoptée pour les noms de lieux est généralement, comme l'indique ï Avertissement, celle des cartes reproduites dans le volume ; celle adoptée pour les noms de personnes est celle des pièces d'état civil et, à défaut, des pièces militaires existant aux Archives du ministère de la guerre. Les dates qui, dans la plupart des lettres ou rapports, se trouvent à côté de la signature, sont reportées au commencement de la pièce.

Parmi les documents reproduits, quelques-uns sont touffus et peu compréhensibles ; quelques autres contiennent des longueurs et des incorrections ; d'autres enfin sont semés de phrases embarrassées et de mots étranges. Que le lecteur ne s'en étonne pas, et ne croie pas être en présence d'erreurs d'impression ou de transcription : les pièces reproduites ont été soigneusement collationnées sur les originaux.

Si les documents, écrits à la lueur des bivouacs ou sous le coup d'une émotion, n'ont pas toujours été rédigés avec tout le soin désirable, ils ont du moins une couleur que des corrections illégitimes ne feraient que leur enlever ; peut-être ne

consliluent-ils pas toujours des modèles de dissertation, mais ils sont du moins vivants, et racontent par eux-mêmes Todyssée de la légion en Espagne.

A, H. G., Affaires d'Espagne, carton 44 (original et oopieB).

Le colonel baron de Suarce au maréchal duc de Trévise, ministre de la guerre.

Paris, 18 novembre 1834.

Monsieur le Maréchal,

J'ai fait la dernière guerre du Portugal et je crois remplir le devoir d'un bon citoyen en soumettant à vos lumières les réflexionB suivantee.

Quinze cents Français environ, congédiée du service portugais, vont successivement rentrer dans leurs foyers, et déjà cinq cents d'entr'eux sont arrivés.

Ces hommes ont honorablement servi la cause de la Beine Doâa Maria, et leur bravoure a rappelé, dans maintes rencontres, les vieilles bandes de TEmpire; mais ils rapportent les habitudes de soldats qui viennent de faire, durant trois années, une espèce de guerre de partisane; et ce sont, pour la plupart, des enfants des barricades de 1830 et 1832.

Leurs sympathies, il n'en faut pas douter, sont pour les opinions libérales exagérées et même la misère pourrait les jeter dans ks bras des légitimistes; il est à ma connaissance que ces dernieis ont fait, à beaucoup d'entr'eux, la proposition de s'enrôler sous la bannière de don Carlos, pour, de là, appuyer au besoin un monvement contre-révolutionnaire dans le Midi dft la France, le cas échéant.

Sans doute le gouvernement du Bol est en mesure et la tranquil; lité du pays ne saurait être à la merci de quelques agitateurs ; aussi ne viens-je pas tirer le canon d'alarme, et mon but est-il plutôt. Monsieur le Maréchal, de chercher à appeler votre intérêt sur des hommes dont l'exaltation et la fougue ont déjà été utilisées et poun aient l'être encore.

La guerre qui désole, en ce moment, le nord de l'Espagne est absolument semblable à celle qui vient d'être terminée en Portugal; or, ne conviendrait-il pas, au lieu de laissetr ces homroes, congédiés de ce dernier Royaume, exposée aux dangereuses séductions des partis de France, qu'on les dirigeât sur l'Espagne pour y grossir les rangs des troupes de la Reine ?

Je sais que la fierté espagnole se refuse à la création d'un corpi

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étranger; mais cette^ difficulté, qui parait ne pouvoir pas être abordée de front, est de nature à être tournée, et je crois que j'obtiendrais oe résultat si le gouvearnement m'en confiait la mission.

Je suis une vieille connaissance des Mina, Valdès, Peon et autres libéraux distingués de la Péninsule. Je parle la langue espagnole ; j'ai fait l'ancienne guerre d'Espagne, précisément dans les Provinces Basques, et je crois que si les libéraux (qui sont les seuls opposants) persistaient encore aujourd'hui à refuser d'admettre un corps étranger, je les amènerais très facilement à souffrir l'incorporation de cinquante Français dana chacun de leurs bataillons pour y servir de tête de colonne. Je n'ai jamais remarqué ni en Portugal, ni même en Pologne, qu'on nous contestât à nous autres Français l'honneur de recevoir les premiers coups de fusil.

Je vous prie, Monsieur le Maréchal, de ne voir dans la démarche que je fais que mon désir de donner une preuve de mon dévouement au pays; je me réclame d'ailleurs de M. le lieutenantgénéral Pelet qui, à diverses reprises, a déjà voulu me faire donner par la Guerre plusieurs miàsions à l'étranger.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Maréchal, votre très respectueux.

Le Colonel Baron de Suarce.

25, rue Bleue.

En marge et à V encre rouge^ éPune autre main :

Pour en écrire à M. le général comte Harispe et répondre à M. le colonel Suarce qu'on va examiner sa proposition et le remercier du motif qui la lui a fait présenter.

Le Ministre.

A. H. G, y AS, d'Esp., carton 41, officiers et agents en mission

(original).

Le colonel de Saint- Yon au Ministre de la guerre.

Pampelune, 10 décembre 1834.

Monsieur le Maréchal^

Je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous; mais sans avoir été assez heureux pour servir sous vos ordres, ancien militaire d'AusCerlitz, et ancien officier d'ordonnance de l'Empereur, j'ose néanmoins compter sur votre bonté et sur votre indulgence.

Désigné par M. le maréchal Qérard pour venir remplir en Espagne une mission des plus pénibles, et en outre quelquefois fort difficile, j'ai fait ce que j'ai pu pour répondre à sa confiance. Pé-

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n^trë de reconnaissance pour ses intentions bienveillantes, mon zèle, beaucoup plus sans doute que mes talents, m'a fait obtenir ses suffrages ; je ferai les mêmes efforts, Monsieur le Maréchal, pour me rendre digne de votre approbation, et pour justifier à l'avenir le choix que l'on a bien voulu faire de ma personne.

Pour vous mettre à même, Monsieur le Maréchal, de juger des affaires d'Espagne, sans recourir à des documents nombreux et longs à consulter, j'ai l'honneur de vous adresser un résumé suecinct des événements qui ont eu lieu en Navarre, depuis le commencement de l'insurrection jusqu'à ce jour. Déjà, le 25 octobre dernier, j'ai transmis à M. le maréchal Qérard une partie de ce travail ; mais depuis lors j'ai été à même de recueillir quelques renseignements nouveaux, et d'ailleurs, j'ai pensé qu'il était de mon devoir de porter à votre connaissance tout ce qui mo semblait de nature à mériter votre attention.

Je n'ose espérer. Monsieur le Maréchal, que mes opinions particulières soient dans cette circonstance importante d'un très grand poids à vos yeux; mais elles sont le résultat d'observations faites sur les lieux, en présence même des événements, et si toutes ne vous paraissent pas devoir être également accueillies, je me flatte du moins qu'elles seront justifiées sans peine par les sentiments qui me les ont inspirées.

Je suis avec respect et dévouement. Monsieur le Maréchal, votue très humble et très obéissant serviteur.

Le Colonel A. Saint-Yon.

En marge et à Vencre rouge, d^une autre main :

Le Ministre désire qu'il soit répondu promptement et avec beaucoup d'intérêt et de satisfaction à M. le colonel Saint-Yon. Urgent.

Le Minière.

A. H. G., Aff. d'Esp., carton 41, officier» et agents en missicm (original joint à la lettre précédente).

Le colonel de Saint-Yon au Ministre de la gruerre. Note sur rinsurrection de Navarre (1).

Painpelune, le 10 décembre 1834.

La mort de Ferdinand VII semblait devoir causer l'embrasement de la Péninsule entière. En effet, la question relative à la succes-

(1) La plus grande partie de cette note est la reproduction textuelle d'une lettre adressée par Saint-Yon au Ministre le 26 octobre 1834, de Pampelune; oependant, on peut remaïquer la suppression de conclusions

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sion au trône agitait depuis longtemps les esprits, et chacun s'était pour ainâi dire préparé à une lutte dont cet événement paraissait devoir être le signal. Cependant, soit dissidence d'opinions, eoit indifférence à l'égard d'un gouvernement que l'on avait vu changer plusieurs fois, par suite de diverses révolutions successives, le mouvement ne fut ni aussi spontané, ni aussi général que l'on avait eu lieu de le craindre.

Santos-Ladron, qui d'abord avait montré des sentiments libéraux très exaltés, ayant été mis en non-activité par suite de quelques débats avec les autorités civiles de Pampelune, crut l'occasion favorable pour se faire une position avantageuse. Né en Navarre, oonnaisfiant mieux que personne l'esprit turbulent de cette pro* vince, dont il venait d'être le vice-roi, il était sûr de réunir autour de lui bon nombre de jeunes gens aventureux, qui ne demanderaient pas mieux que de lever l'étendard de la révolte, sans tnême s'inquiéter de sa couleur.

C'est ici l'occasion de combattre une opinion très fauase, mais afisez généralement accréditée hors de l'Espagne, qui attribue l'insurrection de certaines provinces de ce royaume à la crainte de se voir privées de lenirs droits particuliers, ou franchises.

Depuis l'invasion des Français, en 1808, le peuple de Navarre est devenu essentiellement remuant et belliqueux. L'amour-propre national, sentiment qui chez lui approche de la démence, ayant effacé de son esprit jusqu'au souvenir des services rendus à l'Espagne par l'armée anglo-portugaise, il n'attribue qu'à l'héroïsme de ses guérillas l'affranchissement du territoire à cette époque. Appartenir à un corps franc, formé d'après les mêmes principes, semble donc aujourd'hui encore, à beaucoup d'individus, un véritable titre de gloire. D'un autre côté, tous les anciens chefs de bandes, qui de leur propre autorité s'étaient faits alors capitaines, colonels, généraux, ayant par la suite été reconnus dans ces grades, et jouissant maintenant d'une considération analogue à leur rang, sont un point de mire pour toutes les jeunes ambitions. Si l'occasion se présente de recourir aux armes pour une cause quelconque, il est d'après cela facile de concevoir qu'elle soit saisie avec d'autant plus d'empressement, que, chacun espère à son tour profiter de la circonstance pour sortir de son obscurité; obtenir de ces hautes dignités dont tant de simples laboureurs ont été revêtus; ou enfin travailler à sa fortune au moyen des contributions illégales qu'on lève au milieu du désordre.

C'est parmi ces considérations seules qu'il faut rechercher la cause véritable du mouvement insurrectionnel en Navarre; et non dans des idéea d'un ordre élevé, gouvernementales ou politiques, dont on ne pense pas même à se faire un appui dans l'opinion. Personne ici ne vous parlera des intérêts généraux du pays; de ce qu'il a à perdre ou à gagner sous tel ou tel régime; mais tous les jour« vous entendrez dea gens vous dire avec orgueil, que l'on a

très nettes qui figuraient dans cette lettre antérieure, dans lesquelles Saint- Yod affirmait par exemple que la guerre de Navarre n'était pas une guerre nation€de.

proposé le grade de lieutenant-général à Zumalacarregui pour abandonner le parti de Don Carlos. Quelques individus, sang doute, sont aussi excités par les prêtres et les congrégations religieuses, qui ne s'abusent pas sur les conséquences d'un gouvernement constitutionnel; mais junqu'à présent, Tinfluenoe du clergé n'a encore que faiblement agi, et est assez facile à combattre.

Santos-Ladron n'occupa pas longtemps la scène : dès ses premiers pas, il fut atteint par le colonel Lorenzo, aujourd'hui maréchal de camp, qui se rendit maître de sa personne. Malheureusement, ceft officier ne aut pas profiter de l'avantage qu'il venait d'obtenir : au lieu de poursuivre et de détruire le même jour les factieux, enorgueilli par son succès, il se hâta de revenir à Pampelune pour y conduire son prisonnier. Les rebelles, découragés d'abord, ne se voyant plus inquiétés, reprirent peu à peu de l'assurance, et ils ne tardèrent pas à se réunir de nouveau, sous les ordres d'un nommé Iturralde qui était leur commandant en second.

Le brigadier Sola, alors gouverneur par intérim de la Navarre, ne pouvait ignorer ce qui se passait autour de lui ; cependant, il ne prit aucune mesure pour arrêter les progrès du mal. Encouragées par cet exemple, les autorités civiles montrèrent une apathie non moins coupable, de sorte que des bandes nombreuses parcoururent le paya pour provoquer le soulèvement de la population, sans que personne songeât à y apporter le moindre obstacle. D'un autre côlé, les gens les plus sages, voyant l'inaction du pouvoir, tandis que des bataillons s'organisaient à loisir sur différents points, commencèrent à croire que le triomphe du Prétendant ne rencontrerait pas d'opposition sérieuse; et dès lors chacun, ou se livra à ces espérances, ou se résigna aux événements, ou se renferma dans une indifférence complète.

Ce fut peut-être aussi oette erreur qui détourna de ses devoirs la Députation de Navarre. Cette assemblée, qui exerce une autorité assez grande dans la province, au lieu d'user de son influence pour défendre le gouvernement établi, finit par incliner en faveur d'une cause dont le succès lui paraissait assuré; et lorsque ensuite quelques officiers vinrent lui offrir de former des corps de volontaires, pour protéger les merindades ou arrondissements qui se montraient encore fidèles, elle n'accueillit plus ces propositions qu'avec mépris ou dédain.

Par suite de cet état de choses, les forces des Rebelles ne pouvaient manquer de prendre un accroissement rapide ; en effet, bientôt 3.000 à 4.000 hommes furent en mesure de tenir la campagne; et à oette époque seuletment, on songea à envoyer un autre gouverneur en Navarre : oe fut le lieutenant-général Sarsfield.

Ce général jouit en Espagne d'une haute considération; on le regarde comme le militaire le plus éclairé du royaume ; mais, malheureusement, il est atteint d'une maladie nerveuse qui le rend atrabilaire, et qui va même jusqu'à altérer, par moment, ses facultés intellectuelles. Toujours seul, enfermé, personne ne pouvait l'approcher, ni le voir. N'obtenant aucun résultat, Valdès fut bientôt désigné pour le remplacer.

Ce nouveau chef, au dire de tout le monde, réunissait les quar lités nécessaires pour un semblable commandement; mais l'expo

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rience Tayant convaincu qu'il n'avait pas assez de troupes pour combattre avec avantage les factieux, il sollicita des renforts, et pour toute réponse il fut sur-le champ rappelé.

Si, malgré le peu de forces à sa disposition, le général Yaldès n'avait guère laissé de repos aux insurgés, il n'en fut pas de même de son successeur Quesada : ce dernier resta dans une inaction qui devait avoir des conséquences funestes. En effet, un ancien colonel de l'armée, un holnme que Ton dit sans bravoure, mais qui n'en montre pas moins un caractère très énergique, Zumalacarregui en un mot, s'était mis à la tête de l'insurrection, et il était parvenu à réunir soua ses ordres cinq bataillons navap rais, et cinq bataillons levés dans les Provinces Basques. Deux combats, où il obtint l'avantage, lui donnèrent de l'aseniranoe, et dès ce moment les factieux osèrent se mesurer avec les troupes de ligne.

Eclairé tardivement sur l'importance des événements dont le nord de l'Espagne devenait le théâtre, le ministère dirigea enfin sur la Navarre le général Bodil, avec toutes les troupes qu'il ramenait de Portugal. Si ces forces avaient été employées avec discernement, si surtout elles avaient été conduites par des chefs plus actifs et plus résolus, sans doute elles auraient été suffisantes pour pacifier le pay# mais l'incapacité et particulièrement le mauvais vouloir de presque tous les officiers, depuis le maréchal de camp jusqu'au sous-lieutenant, devaient nécessairement paralyser le dévouement et le zèle des soldats. Personne ne faisant son devoir, il itait difficile d'espérer de bons résultats; aussi, bien loin d'obtenir quelques succès, n'a-t-on éprouvé que des échecs : et tandis que le gouvernement usait en détail presque toutes ses ressources, les insurgés, au contraire, augmentaient sans cesse le nombre de leurs bataillons. A l'arrivée du général Rodil, ils en avaient cinq, appartenant à la Navarre ; à son départ, ils en comptaient neuf; aujourd'hui ils organisent le douzième.

Pendant l'intérim qui a eu lieu entre le départ du général Rodil et l'arrivée du général Mina^ Zumalacarregui, qui manquait d'armes, a enlevé un convoi de 1.000 fusils. Peu de temps après, dans une affaire aux environs de Yitoria, il a entièrement détruit deux bataillons et s'est emparé de quatre pièces de montagnes. Tant d'avantages successifs, sans jamais le moindre revers, devaient nécessairement porter au plus haut point l'audaoe des insurgés, et abattre au contraire la confiance et le courage des troupes de la Reine. C'est malheureusement ce qui est arrivé. Aujourd'hui, les soldaits éclairés sur le compte de leurs chefs; fatigués par des courses longues et pénibles ; dégoûtés par dès marches continuelles, sans un seul résultat heureux, n'ont plus ni assurance, ni ardeur : déjà même quelques hommes ont passé à l'ennemi, et si beaucoup d'autres ne les ont pas suivis immédiatement, c'est parce que l'arrivée du général Mina leur a fait suspendre l'exécution de leur projet. To.ut le monde exaltant la réputation de ce nouveau chef, ils sont bien aises de voir ce qu'il va faire : s'il est heureux, le contentement et le zèle renaîtront ; mais s'il a seulement una affaire douteuse, rien alors ne pourra empêcher la défection la plus complète.

Le gouvernement espagnol a beaucoup compté sur le prestige dont il croit le nom de Mina entouré en Navarre; puisse-t-il ne

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s'être pas abusé!... Ce général a eu sans doute un grand nombre de partisans dans le pay«, quand il était l'instrument de la population ; mais aujourd'hui qu'il agit contre elle, l'on se convaincra bientôt peut-être de son peu d'influence. Il a, à la vérité, une parfaite connaissance des localités et des individus, mais cela ne suffit pas dans une guerre qui n'exige pas seulement des baïonnettes, mais une politique habile, un esprit tout à la fois ferme et conciliant, et surtout de bonjies vues administratives. D'un autre côté, l'armée n'est nullement favorable aux militaires qui n'ont acquis leurs grades qu'à la tête des bandes levées de 1808 à 1813 contre les Français : beaucoup d'officiers sont donc mécontents de ce choix, et la sévérité qu'il sera forcé de déployer à leur égard ne contribuera certainement pas à améliorer oette disposition fâcheuse des esprits.

Voyons maintenant quel est l'éta/t actuel des forces de l'insur^ rection. Il n'est pas nécessaire de prévenir que nous ne dirons que ce qui est pour nous d'une vérité reconnue et incontestable,

Zumalacarregui, le généralissime de Don Carlos, n'est pas un homme ordinaire. Il passait pour un des bons colonels de l'armée, surtout pour un excellent administrateur, et il a fait voir que l'opinion ne s'était pas trompée à son sdl^t. En effet, quoique sans cesse harcelé, poursuivi, et ne pouvant avoir aucun point fixe de dépôt, ni aucune espèce de base d'opérations, il n'a pas moins trouvé le moyen de recruter sans cesse de nouvelles forces dans le pays, et de leur donner une organisation régulière. Aujourd'hui ses bataillons marchent, manoeuvrent et combattent avec plus d'ordre et d'ensemble que les régiments de ligne. Leur comptabilité est en même temps simple et sûre : ainsi, non seulement le? troupes de Zumalacarregui ne sont plus des bandes errantes et indisciplinées, mais ce sont des corps bien habillés, bien armés, bien équipés, et aérant en un mot une organisation et une instruction parfaitement appropriées au genre de guerre qu'ils doivent faire. Zumalacarregui a en outre l'avantage immense d'exercer l'empire le plus absolu sur tous les habitants de la Navarre : les uns lui sont dévoués par opinion, les autres lui sont soumis par la crainte; car il a cherché tous les moyens d'accroîtne la terreur de son nom. Ainsi, par exemple, lorsqu'il tombe des prisonniers en son pouvoir, il n'ordonne pas qu'ils soient mis à mort, sans exception, immédiatement; mais il les promène avec lui pour bien les faire voir, et il les fait ensuite fusiller en détail dans différentes localités, pour que chacun connaisse et son caractère inexorable et sa puissance sans borne.

Il a organisé une correspondance qui, pour la rapidité des communications, est pour ainsi dire télégraphique. Des hommes placés isolément sur les hauteurs qui avoisinent les lieux où sont les troupes de la Reine tirent un certain nombre de coups de fusil, pour annoncer la marche, la force et la direction des colonnes ennemies; ce signal est répété de montagnes en montagnes; de sorte qu'en peu d'instants, sur quelque point que Zumalacarregui se trouve, il a un premier avis des mouvements dirigés contre lui; lesquels lui sont ensuite confirmés par des hommes envoyés par les villages, pour aller lui en faire un rapport plus circonstancié et plus positif.

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Il a aussi créé un système de douanes, qui non seulement lui procure des ressources considérables en numéraire, mais qui sert encore merveilleusement ses opérations. Dans tous les lieux habités, stationnent trois ou quatre douaniers. Ces fonctions largement rétribuées sont remplies par des gens du pays. Pendant le jour, ces individus se tiennent sur des points culminants, d'où ils peuvent éviter les eurprisefi et voir tout ce qui vient par les différentes routes; dans la nuit, ils descendent sur les communications et rien ne passe sans être visité par eux. Ils ne se contentent pas de percevoir un droit sur les marchandises, ils interceptent aussi toute correspondance avec les points occupés par les troupes, et fusillent sans miséricorde ceux qui cherchemt à échapper à leur surveillance; de sorte que les autorités locales établies par le gouvernement, de mê: me que les colonnes mobiles qui parcourent la province, sont par suite de cette mesure dans l'isolement le plus absolu.

On a essayé quelquefois de surprendre de ces douaniers ; mais la chose est extrêmement difficile; parce qu'étant protégés par la population, ils sont toujours prévenus du danger qui les menace assez à temps pour pouvoir le fuir; ou bien, n'ayant pas d'uniforme, il suffit qu'ils cachent leurs armes pour être confondus parmi les habitants qui se garderaient de les dénoncer.

Quant au plan d'opérations de Zumalacarregui, on aurait pu le deviner aisément, dès le premier jour; pouitant ce n'est que depuis la prise d'une correspondance assez curieuse entre lui et l'un de ses principaux officiers, que Ton a enfin cessé de se faire illusion à cet égard. L'on a vu alors, clairement, que son but est de faire courir et de fatiguer les colonnes envoyées contre lui, en leur présentant seulement deux ou trois bataillons, qui ont ordre de se faire suivre sans jamais s'engager sérieusement; jusqu'à ce que les troupes de la Beine, étant harassées, puissent enfin être conduites à une position, désignée d'avance, où toutes les forces des Rebelles sont réunies et combattent, si elles croient pouvoir le faire sans craindre un échec. Par suite de ce système, fort bien conçu, et parfaitement exécuté, les bataillons de Zumalacarregui, bien loin d'être fatigués, comme on le croit, par des poursuites dirigées contre eux, ont au contraire beaucoup de repos; car ils n'ont pas même besoin de se garder; les habitants des villages qu'ils occupent leur épargnent ce soin. Par les mêmes raisons, on conçoit aussi qu'ils soient mieux nourris et mieux habillés que les régiments de l'armée : seulement, de temps à autre, ils sont dans le cas de faire quelques courses assez longues, pour se réunir inopinément sur le point qui leur présente des chances de succès.

D'après cela, comment, avec une ou deux colonnes, peut-on se flatter d'atteindre un ennemi, parfaitement servi par la population, et dont les mouvements sont des plus rapides, parce qu'il n'a aucun bagage et qu'il peut sans danger se fractionner en autant de détachements qu'il le désire; tandis que les troupes de ligne, au contraire, étant obligées de porter avec elles des vivres, qu'elles n'obtiendraient pas des habitants, sont encore forcées de rester réunies, et de composer nécessairement des masses très peu mobiles. Il est facile de conclure de cet état de choses, que l'on ne peut espérer quelque avantage, que par une grande supériorité numérique; de manière à ce que les forces agissantes soient assez multipliées

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pour permettre de traquer pour ainsi dire les Rebelka^ et les forcer à 8j& disperser ou à combattre.

En supposant Tarmée fidèle et dévouée, les ressources des factieux sont telles, comme on le voit, qu'il est nécessaire aujourd'hui de forces considérables pour les soumettre. Avec ce qui est en Navarre, 20.000 hommes de renfort suffiraient en ce moment pour terminer cettei lutte ; mais si Ton ne se décide pas à les envoyer sans retard, il en faudra 40.000 avant trois mois : 12.000 seulement «mt annoncés, et probablement ils 89 réduiront à 8.000; à coup sûr, ce secours sera insuffisant. Cependant, le gouvernement espagnol devrait songer que la question va probablement se décider cet hiver; car si Ton ne profite pas du moment où la mauvaise saison ferme leB hautes vallées aux Rebelles, et restreint par conséquent, de près de moitié, le théâtre des opérations, tous les efforts qu'il pourra faire plus tard deviendront certainement inutiles. Il doit savoir d'ailleurs que, dans une guerre de ce genre, ne pas gagner c'est tout perdre.

Maintenant j'oserai envisager la chose sous le rapport des intérêts de la France ; peut-être, trouvera-t-on qu'il y a une grande présomption de ma part d'émettre une opinion sur un sujet d'une importance si grande; mais je suis sur le théâtre des événements, et il pourrait se faire qu'à Madrid M. de Rayneval lui-même ne se trouvât pas en position de juger aussi bien que moi de la véritable situation du pays. Il ne peut guère voir et entendre que par l'intermédiaire obligé des organes ministériels, et par conséquent il doit nécessairement être induit en erreur; car rien n'est plus mensonger que les rapports adressés au gouvernement espagnol soit par les autorités militaires, soit par les autorités civiles.

Tout le monde est convaincu, dans les provinces du nord de l'Espagne, que la guerre ne peut finir sans la participation de la France; et il n'est personne qui n'appelle son intervention de tous ses vœux. Armée, population, agents du pouvoir, toutes les classes de la société, en un mot, n'ont à cet égard qu'une même manière de penser, et qu'un même désir. Cependant, il ne faut pas croire pour cela que nous trouverions ici de puissants secours. En Navarre, le parti libéral se compose, ou de gens exaltés qui veulent aller trop loin, et qu'on ne saurait soutenir sans danger; ou d'hommes raisonnables, qui n'ont aucune influence sur le peupla Les premiers ne se soucieraient guère des libertés sages que la France pourrait leur offrir ; les seconds regardent toute intervention comme une nécessité funeste, en ce qu'ells dévoile la faiblesse des soutiens du gouvernement ; oe qui a pour conséquence inévitable de laisser les Carlistes en conspiration permanente, mais remettant seulement leurs espérances à des temps plus heureux. Fort aises du retour de la tranquillité, ils seront néanmoins, d'après ce que nous venons de dire, des auxiliaires très froids, et même entièrement passifs. Quant à l'armée, ceux des officiers qui appellent maintenant à grands cris notre aide, et qui sont les moins disposés à marcher contne les Rsbelles, retrouvent tout aussitôt cet orgueil démesuré qui est la base du caractère national; et dès que le danger leur paraîtra s'éloigner, ils seront les premiers à se plaindre que l'on ait eu recours à des étrangers pour rendre la paix à leur patrie.

D'après cette disposition peu favorable des esprits, il est évident

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que si notre politique nous oblige à nous mêler des affaires de nos voisins, devant être livrés à nos propres forces, il est d'une haute importance que nous agissions avant que tout le royaume ait été mis en mouvement par Un clergé redoutable et par une faction puissante. Dévoué, comme je le suis, aux intérêts du Boi eb de mon pays, j'ose donc le dire, avec une conviction entière : ou la France doit abandonner l'Espagne à elle-même, et se contenter de se mettre à Tabri dea atteintes qu'un changement de gouvernement dans la Péninsule pourrait lui porter; ou si elle croit devoir protéger un trône qui lui offre des garanties de plus d'un genre, il faut qu'elle se décide promptement; car, attendre pourrait la jeter dans des embarras inextricables.

Il y a quelques Espagnols qui pensent que le meilleur moyen de combattre l'insurrection serait le mariage du fils aîné de Don Oarlos aveo la jeune Beîne Isabelle. Ce n'est point ici le lieu de discuter les inconvénients ou lee avantages de cette alliance ; mars ce que jo puis assurer, c'est que Don Carlos, auquel quelqu'un a parlé de ce projet, a répondu qu'il renoncerait volontiers au trône, en faveur de l'un de ses enfants, pourvu que l'on établît une autre régence que celle qui existe aujourd'hui.

Le Colonel d' état-major, A. Saint- YoN.

A, A. E,, Espagne, 1835 (janvier à juillet), volume 767 (traduction d'uue note).

Le Ministre de la g^uerre espag^nol à Tambassadenr de France

à Madrid.

Madrid, le 23 juin 1836.

Monsieur le Comte,

M. le premier secrétaire d'Etat m'annonce, par une note en date du 19 de ce mois, que S. M. la Reine Gk)uvernante a daigné approuver ce qui a été résolu par le Conseil des ministres le 14 courant.

Dans cette séance, il fut rendu compte d'une dépêche de l'ambassadeur de Sa Majest<é à Paris où il était dit que le gouvernement français était prêt à accorder à la juste cause de Sa Majesté Catholique la Reine Isabelle II l'appui de la légion étrangère d'Alger, forte de 6.000 hommes; qu'il la porterait au nombre de 10.000 à 12.000 au moyen de recrues qui se feraient en France avec la permission et l'autorisation spéciale de S. M. le Roi des Français; que cette autorisation s'étendrait aux généraux et officiers de son armée qui voudraient entrer au service de Sa Majesté Catholique; et qu'il se chargerait d'armer, d'équiper et de transporter les recrues au point de la Péninsule que désignerait le gouvernement espagnol.

L'^g 00 étrangère. 26

En conséquenoe de cette communication^ le Conseil décida qu'il fallaib approuver la conduite du représentant de Sa Majesté à Paris, lequel s'était empreeeé d'accepter ses offres généreuses, et lui transmettre des ordres positifs pour hâtelt la formation, T équipement, l'armement et le transport en Espagne des troupes auxiliaires.

Cette résolution ayant été approuvée par la Reine Qouvernante, Sa (Majesté m'a ordonné, pour ce qui concerne le ministère de la guerre, dont je suis chargé, d'informer Votre Excellence qu'elle désire vivement que la légion d'Alger soit transportée en Espagne aussitôt que possible et que son débarquement ait lieu à Tarragone^ où seront transmis les ordres relatifs à sa destination ultérieure.

Sa Majesté souhaiterait encore que l'on procédât sans aucune perte de temps au recrutement et aux autres opérations nécessaires pour porter cette légion, ainsi qu'on le lui a offert, au complet de 12.000 hommes, et que ce surcroit de forces pût entrer en Ei^agne dans le plus court délai possible par la route de Jaca et Saragocse, afin de ee réunir dans cette ville ou dans quelqu' autre point avec la légion d'Alger.

Du reste, Sa Majesté est certaine quet le gouvernement français en tout ce qui le concerne n'épargnera ni soins ni précautions pour que ceux qui, avec sa permission et son autorisation spéciale, seront portés sur les listes de Recrutement, se montrent dignes en toute occasion et sous tous les rapports, de leur nation et de la noble cause qu'ils seront appelés à défendre.

L'intention de la Reine étant que la division de 12.000 hommes conserve l'organisation, la discipline et le genre de service auxquels est habituée la légion étrangère, Sa Majesté verrait avec plaisir que le gouvernement français envoyât en commission à Madrid un général ou un officier supérieur de confiance, avec lequel le ministère qui m'est confié pût s'entendre directement pour tout ce qui aurait rapport à la discipline et à la direction de cette force.

Il serait également convenable qu'elle fût accompagnée d'un nombre strictement nécessaire d'employés de l'administration militaire qui seraient chargés de la distribution des sommes que leur remettrait le trésor royal et de tous les détails de comptabilité générale et particulière de la division et des divers corps qui en feront partie, en suivant en tous points les règleiments français. Par là OD éviterait des incertitudes et des complications embarrassantes et en même temps on rendrait plus facile le commandement et la direction des forces auxiliaires que Sa Majesté se propose de confier à un général distingué, accompagné d'un état-major convenable.

Si Votre Excellence, vu l'importance de ces communications, les transmet au gouvernement allié qu'elle représente (et je me flatte qu'elle se prêtera à le faire), j'espère qu'elle voudra bien me faire part de la résolution qui sera prise à leur égard, comme de toutes celles qui auraient rapport aux forces auxiliaires qui ont motiv^é la présente note. Dieu conserve longtemps les jours de Votre Excellence.

Signé : le duc de Ahukada.

BOCUMEIfTS CONTEMPOBAIKS 403

A. E. G., AfiF. d*Esp., carton 44 (minute) (1).

Le maréchal marquis Maison, ministre de la guerre, à son aide de camp le chef d'escadron de La Rue*

Paris, le 2 juillet 1835.

Monsieur, je vous préviens que j'ai fait choix de vous pour remplir la mission de commissaire du Roi, dans la cession de la légion étrangère au gouvernement de Sa Majesté la Reine d'Espagne.

Cette légion devant être embarquée à Alger, vous partirez immédiatement de Paris pour vous rendre en cette ville. A votre arrivée, vous vous présenterez devant le comte d'Erlon, gouverneur général des possessions françaises dans le nord de l'Afrique, auquel je fais connaître votre mission; et, en votre qualité de commissaire du Roi, vous arrêterez, de concert avec lui, les dispositions qui seront jugées les plus propres à faire atteindre le but qu'on se propose, l'envoi en Espagne de la totalité de la légion étrangère augmentée des Français des bataillons d'infanterie légère d'Afrique, des compagnies de discipline et des zouaves, et même des indigènes qui demanderaient à servir comme volontaires slls ne veulent faire partie de la légion étrangère.

J'adresse à cet effet des instructions à M. le comte d'Erlon. Tous en trouverez ci-joint une copie que je vous remets, afin que voua ayez une pleine connaissance de tout ce qui est prescrit, et que vous concouriez plus efficacement à en assurer l'exécution, en donnant à cet égard les éclaircissements que le gouverneur général en Afrique, ou des militaires de la légion étrangère pourraient désirer. J'ai la confiance que vous parviendrez à' lever les difficultés qui se présenteraient; que vous mettrez dans vos rapports avec M. le comte d'Erlon, pour l'accomplissement de la mission que vous allez remplir, toute la déférence et tout le respect dus à sa position, on même temps que vous veillerez à ce que la mesure prescrite à l'égard de la légion étrangère reçoive sa complète exécution.

Tous verrez, par la copie ci-jointe de l'instruction déjà citée, que les militaires de tous grades de cette légion doivent suivre leur corps. Dites-leur que je compte qu'ils ne s'en sépareront point. Si, ce que je ne puis prévoir, quelques-uns d'eux méconnaissaient le lien qui attache tout officier, sous-officier et soldat à son régiment, vous leur feriez connaître la position dans laquelle ils se trouveraient. Les officiers étrangers ne pourraient qu'être replacés dans leur position militaire antérieure; les officiers français et ceux qui servaient dans l'armée française avant leur entrée dans

(1) Il y eut plusieurs minutes successives, ce qui s'explique par le fait <iue les instructions à donner au commandant de La Rue étaient d*un caractère très délicat. La pièce reproduite ici est la minute définitive.

la légion perdraient leur emploi et net pourraient qu'être mus en demi -solde, par licenciement; et les sous-officiers, caporaux et soldats français liés au service par un engagement contracté conformément à la loi, seraient placés en subsistance dans des régiments, en Afrique, en attendant de nouveaux ordres; ceux qui ne seraient tenue au service que par un engagement passé devant le sousintendant militaire recevraient des certificats d'annulation d'engagement.

Mais je me peasuade que vous n'aurez pas besoin de donner ces explications, et qu'on ne sera pas dans le cas d'appliquer les dispositions ci-dessus. Vous ferez d'ailleurs connaître que les avantages accordés par l'ordonnance d'organisation de la légion étrangère sont conservés aux militaires français de tous les grades qui la suivront; vous informerez les officiers de la mesure qui sera prise pour la conservation de leurs droits à l'avancement et de ceux que leur assurent leurs servioee, y compris les droits que pourront avoir les veuves et les orphelins. La même communication faite aux bataillons d'infanterie légère d'Afrique, ainsi qu'aux compagnies de discipline et aux zouaves, déterminera sans doute un grand nombre d'hommes de ces corps à demander à passer dans la légion étrangère; on suivra à leur égard les dispositions contenues dans ma lettre du 2 de ce mois au gouverneur général, dont je vous remets également copie ; c'est-à-dire qu'ils pourront être reçus volontaires pour l'Espagne, s'ils ne veulent faire partie de la légion étrangère. Le commissaire espagnol les organisera comme il lui conviendra.

Vous me rendrez compte de votre arrivée à Alger et de la marche progressive de votre mission; lorsqu'elle sera accomplie, vous rentrerez en France et vous reprendrez vos fonctions auprès de moi.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.

Le Maréchal^ ministre de la guerre, Marquis Maison.

P. -S. — Si l'appol fait aux disciplinaires et aux indigènes produisait plus de 1.500 à 2.000 hommes, vous m'en informeriez de suite, afin que je prenne les mesures convenables pour ne pas trop dégarnir les diverses garnisons d'où ils seraient tirés.

Aussitôt que vous aurez fait au commissaire espagnol la cession de la légion étrangèie, elle devra remettre son drapeau et quîlter la cocarde française-. Vous me rapporterez le drapeau.

Marquis Maison.

DOCUMENTS CONTEMPORAINS 40o

A. H. (?., Aff. d'Esp., carton 44 (8« ot dernière minute).

Ii6 maréchal marquis Maison au général comte d'Erlon> gOQTerneur général à Alger.

Paris, le 2 juillet 1835.

Monsieur le Comte, je vous ai déjà fait connaître, par mes lettres des 10 et 25 de ce mois, que la légion étrangère devait recevoir une autre destination; aujourd'hui que ce corps est cédé au gouvernement espagnol, il devient nécessaire de régler tout ce qui peut résulter de cette cession, tant sous le rapport de Tadminisiration que sous celui de l'armement, et enfin relativement au personnel. Je voua adresse, ainsi qu'à l'intendant militaire du corps d'occupation, des instructiona spéciales en ce qui concerne le service d'administration et l'armement.

Quant au personnel, vous devrez engager les officiers, sous-officiers et caporaux à suivre la nouvelle destination qui leur est offerte ; c'est d'ailleurs une nécessité pour les militaires étrangers. Dans le cas où quelques-uns des officiers compris dans les 3^ et 4* catégories de l'état ci-joint montreraient de l'hésitation et s'y refuseraient, ce que je ne puis supposer, vous les préviendriez qu'ils perdraient leur emploi et n'auraient droit à aucune espèce d'indemnité, le gouvernement ne se trouvant nullement obligé de les conserver à sa solde : ils seraient alors remis à la disposition de l'autorité civile et n'auraient droit à aucun subside, car ils ne pourraient plus être traités comme réfugiés. Quant aux sous-officiers et caporaux étrangers, tenus au service par un engagement, ils ne pourraient quitter la légion qu'à l'expiration de la durée de cet engagement; ils sont donc liés jusqu'à un certain point au sort de la légion.

Les Français qui, avant leur admission danâ la légion étrangère, n'étaient régulièrement pourvus d'aucun gradé militaire en France, et qui sont portés dans la 3* catégorie de l'état ci-joint, seraient replacés dans leur position antérieure s'ils refusaient de suivre cette légion.

Il est donc de l'intérêt des militaires qui se trouvent dans l'une ou l'autre de ces positions de ne point se séparer du corps auquel ils appartiennent. Vous les éclairerez sur leurs situations, et si les avis ou conseils que vous leur donnerez étaient sans résultat, vous renverriez en France, ou vous autoriseriez à rester en Afrique, comme partieniiert, ceux qui ne suivraient pas la légion, et voua m'en adresseriez des états nominatifs par grade et indication de la nation à laquelle ils appartiennent.

Quant aux officiers ou sous-officiers régulièrement pourvus de leur grade dans l'armée française, et qui sont compris dans les 1^ et 2* catégories de l'état ci- joint, leur position est différente : ils sont susceptibles d'obtenir des avantagpes positifs, s'ils consentent à rester dans la légion ; vous les préviendrez qu'ils seront considérés

comme en mission, et en conséquence maintenus sur les contrôles de l'armée; qu'ils conserveront leurs droits aux récompenseA que leur assurent leurs anciens services et ceux qu'ils rendront dons leur nouvelle position. Les officiers supérieurs et les capiaines seront claasés à leur rang d'ancienneté, sur les lifltes générales des officiers d'infanterie; les lieutenants et les sous-lieutenants seront clarifiés dans dca régiments, et chacun d'eux concourra à l'avancement et à l'ancienneté, conformément à la loi du 14 avril 1832.

Cependant si, malgré ces avantages, des officiers, sous-officiers, caporaux ou soldats français se refusaient à suivre le corps dont ilri font actuellement partie, les officiers ne pourront qu'être mis en non-activité avec demi-solde par licenciement de corps, seule position oii ils puissent être placés, d'après la loi du 19 mai 1834. Les sous-officiers, caporaux et soldats qui ne sont liés que par un engagement spécial pour la légion étrangère, contracté devant un sous-intendant militaire, recevront un certificat d'annulation d'engagement; ceux qui sont liés au service par un engagement conforme à la loi seront mis en subsistance dans des corps employés en Afrique, en attendant de nouveaux ordres.

Il est encore à prévoir que des officiers et sous-officiers des régiments français qui sont en Afrique demanderont à suivre la destination de la légion étrangère : je vous autorise à les faire permuter avec les militaires français de la légion, compris dans les l'^ et 2" colonnes de l'état ci-joint, qui voudraient rester en Afrique. Ces permutations ne pourront se faire qu'autant que, conformément à la décision du 8 juin 1627, le plus ancien des deux permutants consentira à prendre le rang du moins ancien dans le classement, consentement que vous m'enverrez avec l'état des permutations que vous aurez autorisées.

Je vous adresse, pour vous éclairer sur la position des officiers de la légion étrangère, un état qui vous fera connaître l'origine de chacun d'eux, afin que vous puissiez apprécier les demandes qui vous seront faites, et statuer en connaissance de cause, conformément aux dispositions contenues dans cette lettre toute confidentielle et pour vous seul.

Je vous envoie aussi la nomenclature des états que vous devrez m'adres&ier, pour me faire connaître la position dans laquelle les officiers, sous-officiers et caporaux de la légion étrangère se trouveront placés.

Il sera dressé des procès-verbaux pour constater la remise ou la cession de la légion étrangère au gouverneonent espagnol.

Ces procès-verbaux seront dressés à Alger et à Toulon où est le dépôt.

Ils contiendront une situation numérique, faisant connaître les différentes catégories dans lesquelles auront été classés les officiers, sous-officiers et soldats composant l'effectif de la légion étrangère.

Les dispositions de la présente instruction seront appliquées aux officiers, sous-officiers et soldats actuellement en congé, ou aux hôpitaux, lorsqu'ils rentreront de congé ou qu'ils sortiront des hôpitaux.

La légion étrangère conservera ses registres matricules ; mais le major aura soin de m'adresser les états de signalement ei de mutations, jusqu'au jour oîi la légion aura été remise au gouver-

DocuMEinrs contemporains

nement espagnol. Les mutations indiqueront la destination qui aura été assignée à chacun des sous-officiers, caporaux et soldats français.

Vous me rendrez un compte détaillé de ce que vous aurez été dans le cas de faire pour l'exécution de la mesure qui est prescrite à regard de la légion étrangère.

Recevez, Général, l'aseurance de ma considération très distinguée.

Le Maréchal ministre de la guerre.

De la main du Ministre :

P.'S. — Aussitôt que la cession de la légion aura été faite par le commissaire français au commissaire espagnol, elle devra remettre son drapeau et quitter la cocarde française. Mon aide de camp me rapportera le drapeau.

A. H. 0., AfP. d'Esp., carton 44 (copie). État indiquant l'origine des officiers de la légion étrangère (1).

A. Provenant des troupes françaises.

FRANÇAIS (1" catégorie).

Bemelle, colonel.

Oonrad, lieutenant-colonel.

Gros d'Avenafi, chef de bataillon.

Kléher, id.

MonsT, id.

Magnier, id.

OhtTon (naturalisé), capitaine adjudant-major.

"BùuïLlon, id.

Audigé, lieutenant-adjud.-maj.

BesouXf capitaine trésorier.

FoucHKR, 2» adjoint au trésorier.

Jîû/oiix, lieutenant d'habillement.

IXumontez, lieutenant-adjudant.

Mohorél-Lamiorère, capitaine.

Drouanlt, id.

Wbis, id.

PaccATTs, id.

DUGOMMIBB, id.

BniQUELOT, id.

Febbbr, capitaine.

MOTNBT, id.

Minoty id.

Dorémieulx, id. Flory, id.

Qbnbt, id.

Raimond, id.

PlàCUOLIER, id.

Mangeon, id.

DUCHASTKLBT, id.

Godeau, id.

Pierrot, id.

Gallbmant, id.

GoGOBNO (naturalisé), id.

Fremiet, id.

CouTRAT (naturalisé), id.

MoiSAN, id.

JOUBKRT, id.

Bourgeois, id.

Mailet. id.

(1) Une note de l'auteur placée à la suite de cet état explique comment les divers caractères employés pour les noms des officiers indiquent la destinée qu'ils ont eue par la suite.

FRANÇAIS (l»* catégorie) BuiU.

IlosiBR, capitaine.

Floust, id.

Mbrcibr, id.

Galle, id.

De Lalandb, id.

Lassansaa, id.

CeUes, id.

Lombard, id.

De Carlos (naturaliiiA), lieutenant.

Barthélémy, id.

De Noue, id.

Lapouyade, id.

LebéallCj id.

Cousinat de Sommev^sle, id.

Simonin^ id.

Brbnnbtuit, id.

AuHonneau, id.

BUTTAFOCO, id.

LAMAKObSS, id.

Roux, id.

Galant, id.

Chastaing, id.

Lbcompte, id. Oiérault, id.

Couturier, id.

Laurent, id.

Henry, id.

SlTDRB, id.

Ouézei, id.

MOURKAU, id.

Hue, id«

Leblanc, lieatenant.

GiLLT, id.

Lapoter, id.

Le jeune, id.

D'Aoeto (naturalisé), récompense

nationale, sous-lieutenant.

Baret, id.

Herouard, id.

Montera, ici.

Pillé, id.

Courtois, id.

Dahian-Duvern^gue (1), id.

Rossi. id.

Brandoly; id.

Chapeau de Nozeroy, id.

Baumier, id.

Heffner, id.

Richard, id.

Bassin, id.

Coppée, id.

Gilbert, id.

MONTESQUIOU, id.

Basaine, id.

Bourdilliat, id.

Marmbt, id.

Delcamhre, id. Verçé, id.

Gaillard, id.

Mazs, id.

Erny, id.

Total : 99.

ETRANGERS (2* catégorie).

Uorn, major. 1 Bellando, sous-lieutenant.

Ferrary, lieutenant adjud.-major. Pfersdorff, id. Veratti, capitaine. j Total ; 5.

B. Provenant des troupes étrangères* FRANÇAIS (3« catégorie).

De Cléric, sousrlieutenant (2* suisse, garde royale)

Orto, capit. (service de Naples).

Studinger, lient. (2* suisse de la

ligne).

Mallet, lieutenant (2* suisse, gar- Total : 4.

de royale).

ETRANGERS (4« catégorie).

Poerio, chef de bataillon, naturalisé (service de Naples),

Horain, chef de bataillon (service

de Pologne).

De Câpres (1), capîti. adjudantmajor, 2* suisse, garde royale.

Rochat, lient, adj.-maj., 4« suisse. Meyer, lient, adj.-maj., 2« s^ifise.

Cousaudier, lieutenant-adjudant (2»

suisse).

Chariatte, porte-drapeau (garde du

corps à pied).

(1) Est allé par la suite en Espagne. Voir aux annexes la nomenclature alphabétique des officiers de la légion étrangère en Espagne.

DOCUMENTS CONTEMPOSAIXS

ÉTRANGERS (4* catégorie) (suite).

GiORNi, capitaine (Sardaigne^.

ISherléf capitaine (1*' suisse ae la garde).

Gnone, capitaine (Naples).

Paldi, capitaine (^Sardaignc).

Closmann^ capitaine (Bade).

ToNBLLi, capitaine (Modène).

Bonjour, capitaine (4* suisse).

Montallegri, capitaine (Italie en 1815, dans le 8« étranger).

Tanski, capitaine (Pologne).

Bonorand, capitaine (4* suisse).

Feyer, lieutenant (gardes à pied).

Hébich, lieutenant (Wu^emberg).

Meyer, lieutenant (2* suisse do la ligne).

Pego, lieutenant (Portugal) .

Cremonini, lieutenant (Italie).

BoTTERo, lient., natur. (Gênes).

Angeli, lieutenant (Italie).

Gaucz, lieutenant (Pologne) .

Josefowice, lieutenant (Pologne).

Welker, lîeut. (Wurtemberg).

Wern, lieutenant (Pologne).

Zarembecki, lieutenant (Pologne).

Bucimeti^re, aliàs Monod, lieutenant (2* suisse de la garde).

Kapft, lieutenant (Wurtemberg).

Elarazkewicz, lieutenant à la suite (Pologne).

Zalbacbowski, lieutenant à la suite (Pologne).

Zeoca, sous-lieutenant (Italie).

Boldriniy sous-lieutenant (natif d'Espagne).

Luscber, sous-lieu t. (4* suisse).

Stisrnswabd, Bous-lieut. (Suède).

Chenevard, sous-lieutenant (2« suisse de la garde).

Zauli, sous-lieutemant (Piémont).

I>elétra, sous-lieutenant (2* suisse de la garde).

Ludechowski, sous-lieut. (Pologne).

Wierzbinski, sous-lieutenant (Pologne).

Borkacki, sous-lieutenant (Pologne).

Cartier, souA-lieu tenant (Grèce).

Aneth, sous-lieut. (4« suisse).

Kuezkowski, sous-lieut. (Pologne).

Tittenbroiin, sous-lieut. (Pologne).

Fbymann, sous-lieutenant (2« suisse garde royale).

Sawicky, souR-Iieu tenant à la suite (Pologne).

Iwanczewski, sous-lieut. (Pologne).

Socbacki, sous-lieut. (Pologne).

Total ; 51.

Noie de Vauleur relative à Vélal précédent.

Cet état, qui ne porte aucune date, a été établi au moment où il était question de laire passer la légion étrangère au service de TEspagne, mais doit être modifié si l'on veut avoir letat des officiers réellement partis.

La destinée des officiers dont les noms figurent dans ce document a été mise en lumière grâce aux renseignements puisés dans les registres ^matricules de Tancienne légion étrangère.

A cet effet, les règles suivantes ont été adoptées :

I. Les noms des officiers qui sont passés au service d'Espagne sont écrits en romaine ;

IL Les noms de ceux qui ont refusé et qui, conformément aux instructions du Ministre, ont été mis en non-aclivilé ou ont perdu leur emploi, sont écrits en petites capitales ;

II L Quelques cas particuliers sont écrits en italique.

V) Ont été nommés :

Mangeon (John), — capitaine, provisoirement commandant du Fort-Neuf, à Alger, le 25 juillet 1835.

Barthélémy (Laurent), lieutenant, au 10* léger, le 21 juillet 1835.

Vergé (Charles), sous-lieutenant, au 3« escadron de spahis réguliers, le 10 avril 1835.

MaUet (M.), lieutenant, au 3« bataillon d'infanterie légère d'Afri. que, le 21 juillet 1835.

Cléric (A.), sous-lieutenant, au 63* de ligne, le 21 juillet 1835.

2"*) Sont passés au dépôt de liquidation et ne sont pas

allés par la suite en Espagne (1) :

Oheron (Jean), capitaine adjudant-major, le 20 août 1835. Besoux (Jacques), capitaine-trésorier, le 20 août 1835. Eidoux (Auguste), lieutenant d'habillement, le 20 août 1835i

3^) i\ 'étaient plus à la légion au 27 juillet 1835 :

Galle (Auguste), venu par permutation à la légion, le 31 janvier 1834; rayé des contrôles le 20 août 1835, n'ayant jamais rejoint la légion.

Hichardy sous-lieutenant, tué dans le combat livré aux Arabes, près d'Oran, le 28 juin 1835.

Horn (Gustave), major, mort à Toulon, le S54 juillet 1835.

Heffner (Jean), sous-lieutenant, mort à Toulon, le 26 juillet 1835.

Eherlé (Henry), capitaine, mort à l'hôpital de Marseille, le 14 juin 1835.

Josefowicz (Victor), lieutenant, tué dans le combat livré aux Arabes, près d'Oran, le 28 juin 1835.

Kapft (Ernest), lieutenant, mort à l'hôpital du Dey, le 17 août

Boldrini (Vincent), sous-lieutenant, tué dans le combat livré aux Arabes, près d'Oran, le 28 juin 1835.

4**) Officiers qui, n'ayant pas voulu suivre la légion en Espagne, ont été embarqués pour France le 25 juillet 1835 sur la demande du colonel Bernelle (2) :

Kléher (Antoine), chef de bataillon (admis au traitement de nonactivité pour infirmités temporaires).

Bouillon (Hippolyte), capitaine adjudant-major, ayant- refusé de suivre la légion en Espagne.

Rohorel-La^norère (Jean-Baptiste), capitaine, id.

Minci (3) (François), capitaine, id.

Doré.mieulx (Joseph), capitaine, id.

Celles (Etienne), capitaine, id.

Lombard (4) (Louis), capitaine, id.

(1) D'autres officiers scmt passés au dépôt de liquidation et ont rejoint plus tard la légion en Espagne. On les trouvera à leur rang alphabétique dans la nomenclature des officiers de la légion étrangère en Espagne.

(2) Voir la pièce n<> 8.

(3) Mimot.

(4) Lombart.

Lapouyade (Joseph), lieutenant, ayant refusé de suivre la légion en Espagne (autorisé à rester par le gouverneur général).

Lébéalle (1) (François), lieutenant, ayant refusé de suivre la légion en Espagne.

De Sommevesîe (Louis), lieutenant, id.

Chastaing (François), lieutenant, id.

Couturier (Jean), lieutenant, id.

Guézet (Antoine), lieutenant, id.

Le jeune (Victor), lieutenant, id.

Chapeau de Nozeroy, sous-lieutenant, id.

Baumier (Paul), sous-lieutenant, id.

Bassin (2) (Pierre), sous -lieutenant, id.

Delcamhre (Charles), sous-heutenant, id.

5") Officiers portés sur l'élat par catégories et dont on ne

trouve pas Irace dans les registres matricules de Tancienne

légion :

Gilbert, sous-lieutenant.

Meyer, lieutenant.

6**) Ne sont pas portés sur Tétai et ont été mis en non-activité par suite du licenciement de la légion :

Gouget (Jean), lieutenant d'état-major.

Grammaccini (Noël), chirurgien aide-major.

A. H. G,, Algérie, Corresp., prov. d'Alger, juillet 1835 (original).

Le colonel Bernelle au lieutenant-général baron Rapatel.

Devant Alger, le 24 juillet 1835.

Mon Général,

J'ai appris d'une manière indirecte, mais assez positivement cependant) que plusieurs officiers parmi ceux qui n'ont point voulu suivre la légion et dont j'ignore le motif, tâchent, par des paroles insinuantes, de jeter la perturbation et le découragement parmi leurs camarades et même parmi leurs subordonnés.

Si cet état de choses doit se prolonger et surtout à l'approche de l'embarquement, je ne doute pas qu'il produirait un très mauvais effet et aurait des conséquenoes extrêmement fâcheuses.

Je m'empresse donc de vous demander avec instance de vouloir

(1) Lebéal.

(2) Bassin est parti pour l'Espagne. Voir aux annexes la nomenclature des officiers de la légion étrangère en Espagne.

bien provoquer do qui de droit l'ordre de faire partir avec le premier bateau oeux des officiers portés sur Vét&t de filiation ci-joint •qui pourraient y trouver plaoe, en commençant par la droite et dans Tordre où ils sont placés sur ledit état.

J. BERNEU.E,

Commandant les troupes à Alger,

(Une note de Kapatel est jointe, prescrivant, en conformité des ordres du gouverneur général, aux officiers portés sur Tétat, de partir le 25 à midi, par le bateau à vapeur.)

A. H. O., Algérie, Corresp., prov. d*Alger, juillet 1835 (original).

Légion étrangère.

Etat de fiHation des militaires qui doivent s'embarquer pour France,

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