‹ La Légion étrangère en Espagne, 1835-1839Chapitre 52 sur 106 · IP LETTRE · texte numérisé non relu

IP LETTRE

(Evénements de fin septembre - oammenceni en t octobre 1836.)

Après notre dernière expédition (2), nous sommes rentrés dans nos anciens cantonnements. Notre bataillon a été réformé et verse dans les autres (3).

Nous sommes partis pour une seconde expédition ; elle a consista à parcourir le pays qui appartient à la Reine dans la Navarre, afin de raffermir les paysans ; nous nous sommes d'abord dirigés sur Lodosa, près de Logrofio (4); c'est une petite ville <iui ne présenta rien d'intéressant. Nous avons visité ces campagnes, qui sont cùùtinuellement infectées par les factieux ; nous y avons levé quelques contributions de toute nature.

De là, nous sommes allés à Olite (5) : c'est une ville ancienne, qui possédait un château appartenant aux rois de Navarre (6); mais Mina le ât sauter à l'approche des Français en 1809 (7) et il

(1) Ce doit être la vraie raison de la retraite inexplicable de Lebeau; elle est certainement plus acceptable que celle donnée par Lebeau luimême dan& son rapport, qui dit à propos de Toocupation du mont Jurra : <c Chacun sait que de là on peut foudroyer" tout ce qui est au-dessous. Estel la, oh les rebelles rentrèrent en confusion, est au piedj nous n'eu voulûmes pas, pour leur laisser le piège où nous prendrons don Carlos. »»

(2) Il s'agit de Texpéditian d'Arroniz.

(3) Le bataillon venu de Pau avait pris le n® 7. Peu après rexpéditkra d'Arroniz, il fut dissous et versé dans les autres j cette mesure « nécessitée par les circonstances et la diminution de l'effectif de la légion n,* suivant l'exprcesion de Conrad, mécontenta beaucoup lés officiers et les soldats qui en faisaient partie. (Conrad à Harispe, 12 octobre 1836.)

(4) Lodosa, sur TEbre, en aval de Logrono. La légion y arriva le 4 octobre 1836 avec Lebeau. Lebeau au Ministre, 2 novembre 1836. A. H. C. Aff. d'Esp., cai-ton 44 (original).

(6) Lebeau arriva le 6 octobre à Peralta, au nord-est de Lodosa sur TAr^^a ; il en partit le 7 pour Olite, ville plus au nord-est sur le rio Zida- C09 de Navarra, affluent de PAragon.

(6) Olite avait été en effet, jadis, le séjour des rois de Navarre qui n'allaient même à Pampelune que les jours de représentation; ce fut Charles III, roi do Navarre, qui y bâtit un palais au xv» siècle.

(7) Olite était occupée, en novembre 1808, par les troupes de Moncey. Voir la lettre de Moncey au major-général, de Tafalla, 11 novembre 1808, dans Balagny, Campagnes de VEmpereur Napoléon en Espagne, tome II, p. 32.

RÉCITS ET MEMOIBES 619

n'en reste plus que les ruines (1). Le souvenir des Français subsiste, parce que Napol6on fit fusiller les cent habitants les plus notables de la ville, pour des crimes commis sur des Français quelques jours après leur entrée. Cependant une dame, malgré ses malheurs, me disait : « J'ai perdu toute ma fortune; mais cela m'importerait peu si je n'avais appris la mort d'un brave colonel français qui me sauva l'honneur, à moi et à plusieurs de mes amies. »

Le lendemain de notre arrivée à Olite, nous sommes partis pour Tafalla (2), petite ville assez bien distribuée, qui était menacée par les factieux; après y être restés quatre jours pour assurer sa sûreté, nous sommes retournés à Pampelune, notre quartier général.

Rien dans cette expédition qui mérite d'être raconté en détail ; dans ma prochaine lettre, je ferai la description de Pampelune.

Page 1