‹ La Législation de l'Alcool en FranceChapitre 3 sur 47 · ITS UE · texte numérisé non relu

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On voit par là toute Pimportance qu'en un siècle a su prendre une source de revenu naguère presque ignorée; mais les besoins des hommes sont éminemment variables, el ce nouveau besoin, la soif de l'alcool, était trop ecaptivant pour ne pas devenir bientôt une véritable passion, créant du même coup un nouveau danger social, l'alcoolisme. La question paraît avoir atteint un point culminant où il importe de prendre des décisions :« L'alcool fait, de nos jours, plus de ravages que ces trois fléaux historiques, la famine, la peste et la guerre, disait déjà en 1880 Gladstone. Plus que la famine et la peste il décime, plus que la guerre il tue; il fait pis que tuer, il déshonore. » :

Il nous à paru utile de suivre dans le détail la voie qu'a tracée le législateur et de peser les diverses préoccupations auxquelles il a obéi ; nombreuses et parfois contradictoires furent les propositions faites en vue d’endiguer le torrent ou d'en diriger la course. Mais les intérêts en jeu sont si complexes que lon comprend les hésitations et même les revirements qui ont marqué celte histoire ; une transformalion dans les cultures et des nécessités économiques ont lait des producteurs d'alcool d'un grand nombre de propriétaires français, etil ne convient de rappeler ici que pour mémoire le grand nombre de propriétaires terriens que possède la France, pays du monde où la terre est le plus morcellée, par rapport à la superlicie cultivable ; de x un point de vue très digne d'intérêt, celle silualion constituant, en effet, une

source de travail et de revenu fort importante qu'il est essentiel de ne pas contrarier où même de ne pas tarir. Mais en face du producteur et le menaçant, va se dresser lantôt sournoisement au nom de l'hygiène et de la moralité publique, lantôt ouvertement au nom d’une prospérité financière à maintenir ou peut-être à créer, FEtat, le législateur anonyme, qui va gueltant la poule aux œufs d'or. Car les quelques chiffres que nous avons cités plus haut nous ont montré ce que l’on pouvait demander à lPimpôt sur lalcool; l'alcool est devenu dans nos sociétés modernes un boucémissaire quidoitalimenter les caisses publiques, on songe à lui pour être la réserve formidable où l'on puisera en cas de besoin urgent d'une somme élevée, pour subvenir aux frais d'une guerre... c'est un argument que l’on trouve dans la bouche de parlementaires (1), du moins cet argument à servi il y a peu d'années, car depuis, la réserve a été quelque peu entamée.

Le but de cette thèse est done, après létude eritique des diverses lois qui ont touché à l'alcool, de rechercher quelle solution nous parait comporter le problème à la fois économique, social et fiscal que pose la question de l'alcool.

(1) Journ. Off., 13 novembre 1900. Ch. Dép. — M. Plichon: « On oublie trop que l'impôt sur l'alcool est notre trésor de guerre; c'est lui en grande partie qui a payé les frais des guerres de 1S54, de 1859, de 1870. Il estimprudent d'aliéner celle ressource éventuelle. I faut Ta

garder précieusement en souhaitant de n'en avoir pas besoin, »

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